Dans l’épisode de cette semaine, je reçois Dany Dias, professeure à l’Université de l’Ontario français.
Elle nous parle de formation initiale autrement : 16 mois intensifs, 80 jours de stage, et une pédagogie ancrée dans la pratique réflexive.
On aborde la posture enseignante, le pouvoir d’écoute, la paix intérieure… et l’importance de se montrer humain avant tout.
Dany partage comment la pandémie a transformé sa façon d’enseigner et comment elle accompagne aujourd’hui ses étudiants à devenir des pédagogues bienveillants et engagés.
Un échange inspirant pour tous ceux qui croient que l’éducation peut – et doit – se vivre autrement.
🎧 À écouter dans “Tout le monde est un leader”.
Tout le monde est un leader
👥 À qui s'adresse ce podcast ?
À toutes les personnes qui veulent faire avancer l’éducation.
Chaque semaine, Marius vous dévoile des stratégies éprouvées, des analogies puissantes, des perspectives éclairantes et des pistes concrètes pour inspirer la transformation en éducation. Amener un changement en éducation, c'est possible. La transformation est avant tout un processus intérieur. Il ne s’agit pas de travailler plus fort, mais d’être intentionnel chaque jour.
🎤 À propos de Marius Bourgeoys :
Passionné du leadership et de l’éducation, Marius se déplace partout pour partager des idées et des stratégies afin de faciliter la transformation en éducation. Tout le monde est un leader, c’est sa conviction mais c’est aussi son histoire. À ce jour, Marius a déjà offert plus de 450 conférences dans la francophonie canadienne et mondiale.
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[00:00:00] Ce qui est important, c'est que nos étudiants qui sont avec nous et qui suivent la formation, le billet de sortie, ce qu'on aimerait dans le fond, on veut... J'ai jamais aimé le mot formation, c'est comme si on forme, non je ne forme pas, je suis là pour accompagner, mettons. À la fin de ça, ce sont des personnes qui vont être le meilleur d'eux-mêmes en tant que pédagogues.
[00:00:29] En tout premier lieu, on développe un sens justement de réflexivité, la pratique réflexive, donc qu'ils soient capables de porter un regard critique sur leurs propres pratiques.
[00:01:14] Sous-titrage Société Radio-Canada Bienvenue à Tout le monde est un leader, un podcast pour transformer l'éducation. Et aujourd'hui, mesdames et messieurs, j'ai le bonheur et le privilège d'accueillir Dani Diaz, qui est professeure adjointe à l'Université de l'Ontario français, pôle d'études et de recherche en enseignement et apprentissage. Salut Dani, comment ça va? Salut Marius, ça va très bien et toi? Bien certainement. J'espère que je t'ai présenté comme il faut.
[00:01:43] Oui, absolument. C'est ce que je fais présentement, bien que j'ai eu bien d'autres années. Je suis un nouveau chapeau, mais là, oui. Comment ça va dans ce nouvel univers-là, qu'est l'Université de l'Ontario français? Je dis nouvelle parce que relativement, tu sais. C'est relativement, oui. Bien comparé à d'autres universités et d'autres institutions. Bien c'est ça. Oui, on est très, très jeune. On est un bébé. Mais oui, je suis contente que je suis la première qui parle, qui vient d'être là. Bien oui, c'est super.
[00:02:12] On est bien content de pouvoir parler de notre université. En fait, moi, ce qui occupe beaucoup de mon temps, je vais dire, c'est côté enseignement. C'est certain qu'on a un nouveau programme de formation initiale à l'enseignement, donc qui prend beaucoup de place à notre université, bien qu'on ait d'autres pôles ou facultés, si tu veux, qui existent depuis ses tout débuts.
[00:02:36] Mais je pense que pour moi, ce qui me touche moins, c'est que je suis dans le pôle justement enseignement et apprentissage et donc le programme du baccalauréat en éducation. Et on a une première cohorte qui vient de terminer leurs études en décembre. Donc, c'est un programme intensif de 16 mois. Et notre première cohorte a fait le premier cycle. Puis là, en ce moment, on a notre deuxième cohorte à temps plein qui est bien entamé dans leur parcours.
[00:03:06] Et on a aussi des cohorts à temps partiel. Donc, on a vraiment un bon nombre d'étudiants, au-delà de 200 étudiants inscrits et inscrits à la formation. Donc, ça, c'est certain que ça occupe beaucoup de notre temps parce que, comme tu dis, on est quand même nouveau, très jeune. Et donc, c'est comme toujours l'expression que quelqu'un dit tout le temps, on construit l'avion en la pilotant. Ah oui, ah oui. Mais c'est très enrichissant.
[00:03:34] Tu m'as dit tantôt, je suis apprenante. Bien, moi, je suis apprenante. Donc, on est en bonne compagnie. OK. Hé, 200 inscriptions, c'est quand même… il y a de l'intérêt. Là, je ne sais pas jusqu'où vous pouvez aller dans le sens de ce que vous connaissez, des motivations de ces personnes-là. Qu'est-ce qu'on sait de la clientèle qui s'inscrit et qui s'intéresse à la belle profession enseignante en 2025?
[00:04:01] Je trouve ça fabuleux que 200 personnes soient inscrites à ça. Là, on parle de votre programme chez vous. Oui, on parle de… oui, oui, notre programme du baccalauréat en éducation. Puis, je vais commencer par la première question. Après ça, je vais faire un petit… OK. …une petite suite sur ce sujet-là. Mais qu'est-ce qu'il y a de dire? Je pense que c'est certain, tu sais, notre université est une université uniquement francophone.
[00:04:28] En Ontario, on est très fiers d'avoir eu cet élan-là. Puis là, de bouche à oreille, le succès, tu sais, de notre toute première cohorte qui vient de terminer, ça roule quand même assez vite. Puis, on va chercher justement… on se fait connaître davantage par rapport au programme qu'on offre en français. Puis, je pense que pour les gens qui nous choisissent, c'est des gens qui… on a une grande, grande diversité d'étudiants.
[00:04:54] Tu sais, on a des étudiants qui sont issus de l'immigration, comme on a des étudiants qui sont nés et ont grandi en Ontario toute leur vie. Et d'autres régions francophones minoritaires au Canada aussi, là. Oui. Qui entendent parler de notre programme en français, puis qui s'intéresse, tu sais, à cause de plusieurs aspects. Puis juste, par exemple, un des aspects, c'est qu'on est un programme qui offre nos cours majoritairement en ligne. OK.
[00:05:23] Mais les stages se font dans les écoles là où nos étudiants résident. Donc, il y a ce côté-là qui… vraiment qui m'arrive, théorie et pratique parce que nos stages ont lieu pendant tout le parcours. On a quatre périodes de stages pour faire 80 jours en total. Et puis, ça se passe pendant tout le parcours. Donc, pas juste, tu sais, à deux moments ponctuels, là, comme typiquement dans les facultés d'éducation. Moi, je l'ai vécu comme ça, là, où est-ce que…
[00:05:52] Tu sais, c'est deux périodes de stages. Mais là, c'est vraiment tout le temps. Donc, on a les cours, on a les stages, puis les étudiants peuvent vraiment faire le lien entre les deux. Puis je pense que ça, c'est gagnant. C'est vraiment un… Tu sais, ça vend le programme parce que c'est… Tu sais, c'est sûr qu'on peut apprendre comment devenir un enseignant, une enseignante, mais… Quand on est capable de voir et mettre en pratique tout de suite qu'est-ce qu'on apprend en classe au fur et à mesure, ça, c'est gagnant. Je pense qu'on a toutes et tous… La théorie. Oui. La théorie prend envie.
[00:06:21] On a aussi espéré vouloir mettre en pratique puis voir qu'est-ce qui s'avère en vrai dans la salle de classe. Donc, ça, c'est un aspect de notre programme vraiment qui offre ça. Puis, bien sûr, tu sais, c'est en français… C'est dans la région du Grand Toronto. C'est au centre-ville de Toronto. Donc, on a des gens qui proviennent de la région du Grand Toronto, mais on a des gens aussi dans la région d'Ottawa, dans le nord de l'Ontario, dans l'est ontarien. Donc, on commence à…
[00:06:50] Ça commence à être un petit peu plus populaire puis les gens commencent à nous connaître davantage. Donc, les gens peuvent prendre leur cours en ligne, mais les stages, c'est dans leur milieu. Mais on parle quand même des stages en Ontario, c'est ça? Oui, absolument. C'est dans les écoles de langue française de l'Ontario. Donc, tu sais, si j'ai un étudiant à Sturgeon Falls, bien, il prend des cours en ligne puis son stage, bien, mettons qu'il nous a dit, bien, moi, c'est mon choix d'école, c'est une petite école élémentaire qui est dans mon… où j'habite.
[00:07:20] Bien là, il peut faire son stage-là. OK. Et ainsi de suite. Donc, c'est vraiment intéressant pour les étudiants de pouvoir avoir ces choix-là. Et cette accessibilité-là aussi. OK. Une belle collectivité. Et 16 semaines, votre intensif 16 semaines, c'est quand même intéressant pour les gens qui ont l'âge de… Puis intéressant aussi pour les conseils scolaires qui cherchent la main d'œuvre. Oui, oui, oui.
[00:07:46] Je pense que, tu sais, il n'y a pas juste nos cours d'étudiants et d'étudiantes qui sont contents, mais on a des belles collaborations avec les conseils scolaires, justement. Et puis, tout le monde est content. C'est vraiment gagnant-gagnant parce qu'on a leur appui. Nous, on leur offre aussi beaucoup de soutien par rapport au mentorat pendant les stages, par exemple, les supervisions de stage. Notre philosophie, c'est beaucoup basé sur le mentorat qu'on offre avec la stagiaire et avec le personnel d'accueil.
[00:08:16] Donc, les gens aiment ce genre d'accès-là ou ce qu'on offre comme programme. Et puis, le 16 mois, bien sûr, c'est le plus vite qu'on peut entrer dans la carrière le mieux. Donc, le programme actuel du bac en éducation est 16 mois.
[00:08:39] Mais on s'en vient justement avec un nouveau bac, un bac combiné, bac en art, bac en éducation, quatre ans dès la sortie du secondaire. Ça s'en vient, là. C'est sûr, on n'a pas l'approbation encore, mais les démarches se font. Puis, rester aux aguets pour septembre 2026 parce que là, les gens n'auront pas besoin d'aller chercher un diplôme de premier cycle.
[00:09:06] Ils vont pouvoir tout de suite, s'ils veulent faire carrière en enseignement, après la douzième année, de s'inscrire pour faire un bac très intensif, bien sûr, parce que c'est un bac combiné. OK, mais spécialisé là-dedans, tout de suite, axé sur l'emploi, en éducation. Sur l'éducation, oui, sur l'enseignement, c'est ça. OK. Oh wow! J'ai hâte de voir ça. Oui! On est bien excités. En tout cas, j'en parle, j'en ai un petit peu sa l'oreille, mais ça s'en vient.
[00:09:35] C'est bon. Fascinant. Qu'est-ce qui amène Danny Diaz avec tes expériences variées? Qu'est-ce qui t'amène toi à choisir, « Hey, c'est-tu quoi? Moi, je veux œuvrer à la formation initiale. » C'est quoi l'élan qui est en arrière de tout ça? Puis l'espoir que tu te positionnes là avec ton vécu? C'est une belle question parce que c'est ça. J'ai pas eu un parcours, j'ai pas eu un chemin très droit. OK. Vraiment, ça a été très sinueux, mon affaire.
[00:10:04] J'ai commencé, je suis ici maintenant dans un programme de formation initiale à l'enseignement, mais si je regarde en arrière mon expérience de vie, j'ai fait plein de choses. J'ai œuvré entre autres dans le domaine de la santé mentale pendant longtemps. OK. Justement, quand je faisais ça, j'ai décidé de retourner aux études pour terminer un bac en éducation. Ce que j'ai fait à l'époque, c'était un an. Moi aussi, c'était ça dans le temps.
[00:10:33] Oui, oui. Donc, on était chanceux. Mais bref, c'est ce que j'ai fait. J'ai retourné aux études. Puis là, j'ai commencé à enseigner tout de suite dans une école secondaire. Non, bien, j'ai fait du primaire aussi. OK. Mais j'ai fait la majorité de mes années en tout 13 ans d'enseignement à Hockbury, à l'École Le Sommet. Puis moi, même mon cœur. Bien, voyons donc, pour vrai. Oui, oui. Bien, je savais même pas ça. On était juste à un côté de l'autre.
[00:11:02] Bon, voilà. Mais c'est ça, donc, moi, j'enseignais au niveau intermédiaire. Donc, la huitième année, ça a été mon coup de cœur pendant des années. OK. J'ai enseigné là. Puis quand j'enseignais à l'école au sommet, j'ai juste… Puis moi aussi, je suis apprenante. Puis j'adore apprendre. J'adore l'école. Ça a toujours été. Et puis, on dirait que, bon, ça a commencé avec le bac. Mais après ça, je pense que je vais aller prendre ma maîtrise.
[00:11:32] Donc, j'ai fait ma maîtrise en ligne avec l'Université d'Ottawa pendant que je travaillais comme enseignante. Puis là, c'est là que j'ai pu vraiment… Tu sais, le fait que j'étais dans une classe, dans un milieu scolaire, ça m'a vraiment permis de faire des liens avec ce que j'apprenais lors de la maîtrise. OK. Puis après ça, je ne me suis pas arrêtée là. Moi, j'ai une passion pour apprendre. Donc, j'ai continué. J'ai voulu faire mon doctorat. Et puis, c'est ce que j'ai fait.
[00:11:58] J'ai trouvé un programme qui me donnait la liberté de faire mon doctorat tout en continuant à enseigner. Donc, j'ai fait mon doctorat en éducation durable à Nipessing University. Et puis, donc, c'était des cours en ligne, mais des séminaires intensifs durant l'été. Donc, je me rendais sur place à North Bay pour ça.
[00:12:22] Puis, j'ai eu la grande chance de pouvoir faire ma recherche doctorale avec mes élèves en classe. Wow. Donc, ma thèse doctorale qui est une longue, longue thèse, elle tire vraiment des propos de mes élèves qui sont devenus participants dans mes recherches. Donc, ça a été… Puis, tout ça pour finir, la question que tu me posais, je reviens à la question. Ah, c'est super intéressant. C'est que le parcours, tu sais, j'ai fait ça.
[00:12:51] Le but, c'était que je voulais faire le doc, mais… Ta recherche démontrait quoi? J'avais toujours en tête. Avec… Oui, puis j'avais toujours en tête que j'aimerais ça contribuer à l'éducation autrement, donc la formation à l'enseignement. Et donc, c'est pour ça que tout de suite après ma soutenance de thèse, j'ai commencé à regarder s'il y avait des postes. Puis là, il y a eu un poste en Nouvelle-Écosse que j'ai accepté. Puis, j'ai travaillé là deux ans avant d'arriver à l'Université de l'Ontario français. Oui.
[00:13:22] Donc, ma thèse, oui, ma recherche… Comme toute recherche, tu sais, nous, les chercheurs, on se pose plein de questions, comme toi d'ailleurs, Marius. On se pose des questions en éducation, puis c'est ça qui nous alimente, c'est ça qui nous fait avancer, n'est-ce pas? Oui. Et puis, la question… Ma question de recherche est née justement avec mes élèves dans la salle de classe. Donc, à Hotsbury, tu connais l'environnement, c'est assez homogène, hein? Oui.
[00:13:49] On n'a pas une super grande diversité, ethnique surtout, même linguistique. Tu sais, c'est pas mal francophone, blanc, etc. Alors, moi, j'ai grandi là, je suis allée à l'école là, et là, j'enseignais là, puis j'avais pas vraiment une grande différence au niveau de la diversité. Puis, je me suis… tu sais, je me suis… tu sais, on… Je me suis demandé comment est-ce que les élèves vont se projeter comme… comme citoyens dans le monde. Si… tu sais, c'est certain qu'il y a certains élèves avec leur famille,
[00:14:18] ont la chance de sortir, de voir le monde et de voyager et tout ça, puis d'avoir des expériences autres, mais pas tout le monde. Puis, je me suis dit, avec les enjeux qui se passent dans le monde, les enjeux de la justice sociale, les événements, la politique et tout ça, comment est-ce que mes élèves, comme, sont au courant de ça, puis comment est-ce qu'ils se voient ou se considèrent comme un membre actif, citoyen du monde, surtout…
[00:14:47] C'est ça qu'on essaie de développer chez les élèves, avec les compétences du 21e siècle et tout ça, comme, OK, mais ça veut dire quoi ou juste… Alors, j'enseignais français, j'enseignais anglais en 8e année, et puis je me suis dit, hmm… Je pense que ce que j'aimerais, c'est de le faire à travers la littérature, la littérature jeunesse multiculturelle. Alors là, je suis allée vraiment achaler ma directrice à l'époque. Écoute, moi, ça me prend ces livres-là,
[00:15:15] je ne vais pas enseigner avec des livres nécessairement classiques. Voici des livres qui traitent de différents enjeux de la justice sociale, comme le racisme, l'équité des genres et tout ça. J'aimerais ça avoir des copies et puis qu'on puisse faire ça tout au long. Alors, c'est ce qu'on a fait pendant toute l'année scolaire, on a lu des romans jeunesse. Et puis, ça a été merveilleux, ça a été super percutant parce que… Ça doit, ça doit. Ah oui, écoute, c'est… Puis, ça a vraiment permis…
[00:15:44] Ça a permis… Moi, j'ai vraiment grandi là-dedans parce que ça m'a permis d'apprendre à être une enseignante autrement aussi. OK. OK. En ayant plus l'écoute de ce que les élèves découvraient à travers les histoires, à travers les personnages dans les histoires, parce que ça attachait vraiment aux personnages de ces romans-là, de ces histoires-là. Puis là, ils faisaient des liens avec leur propre vie à propos de ce qui se passe dans le monde. Et puis, c'est justement le but.
[00:16:13] Comment est-ce que ça va, tu sais, leur ouvrir au monde? Et puis, c'est ça. Dans le fond, lisez ma thèse. Je vais lui te comprendre. Là, tu viens de dire un mot qu'on entend beaucoup en éducation parce qu'on souhaite… Je dis « on » là. En tout cas, les gens avec qui je collabore, il y a comme ce souhait-là de faire mieux pour nos jeunes. Tu as dit « ça t'a permis d'être enseignante autrement ». Ça veut dire quoi pour toi, ça, le « autrement » ?
[00:16:42] Oui, puis c'est vraiment vrai, je l'ai dit. Oui, oui. On le sent. Ça continue. Oui, puis ça continue pour moi. Ce n'est pas quelque chose qui est arrivé. Puis là, j'atteins une destination. Ce n'est pas un événement. Non, non. Non, non, non. C'est vraiment continu. Ce n'était pas ponctuel, mais c'était comme vraiment un moment où j'ai pu réaliser certaines choses.
[00:17:04] Je parle beaucoup, pas juste dans ma thèse, mais dans les textes que j'ai écrits par après, du praticien réflexif, d'être réflexif dans sa pratique enseignante. Puis qu'est-ce que ça veut dire ça ? Puis ça, ça m'a permis de faire ça. Puis juste un petit à côté avant que je réponde à ta question, mais ma recherche doctorale a eu lieu en plein dans la pandémie. OK.
[00:17:29] Au mois de mars 2020, j'ai commencé ma cueillette de données. Oh boy. Oui. Donc, quand on est arrivé, quand on est, on est, on est, on s'est retrouvé en ligne. Puis tu sais, je ne sais pas si tu te souviens, mais à l'époque, c'était pas organisé. Non, non, non, non. Ça, on n'avait pas peur. Non, non, non, non. À l'époque, on avait, on voyait les publications dans les réseaux sociaux, c'était, on a basculé en ligne en 24 heures. C'était le verbe qui était utilisé, basculer.
[00:18:00] Oui. Puis quand on bascule, c'est pas trop ordonné des fois, là, on tombe à terre. On déboule. Ben ouais, c'est ça, exactement. Puis c'est ça, tu sais, on n'avait pas vraiment de directives très claires, tu sais, de la part de nos conseils ou de nos écoles. Puis c'est normal, là, parce que tout le monde a essayé de s'agiter. En plus de, tu sais, ce qui se passait qui était très, très, tu sais, pas sécurisant, puis il y avait beaucoup d'inconnus. Ah oui. Ah oui. Donc, il fallait se démêler nous-mêmes, en tout cas.
[00:18:27] Ça fait que moi, avec les romans et tout ça, tu sais, on a basculé. Puis, mais j'ai dit, OK, ben, on est déjà sur Google Classroom, fait qu'on va faire ça sur Google Meet. OK, on se rencontre une fois par semaine, tu sais. Puis, tu sais, avec des jeunes de 8e année, c'est quoi, c'est 13-14 ans, là, tu sais, il n'y avait rien d'obligatoire, là, à l'époque. Tu n'étais pas obligé, tu sais, d'être en ligne en classe. Mais j'avais plus que la moitié de mes élèves à chaque semaine, là, parce qu'ils voulaient continuer. On continuait nos histoires, on continuait.
[00:18:56] Puis, tu sais, tantôt, quand j'ai dit, ben, qu'est-ce qui m'a, tu sais, comment est-ce que je suis devenue enseignante autrement, c'est que là, j'ai vraiment... Moi, j'ai une personne qui aime, tu sais, être bien organisée, bien planifier mes affaires, puis avoir un plan B, C, D, là, puis bon, OK, je sais où je m'en vais, puis voici, tu sais, c'est tout bien planifié. Mais il a fallu que je décroche de ça. Il a fallu que je laisse ça tomber un peu, puis laisser...
[00:19:22] Il faut que j'écoute beaucoup plus, puis que j'arrête, puis que je sois correcte avec l'inconfort d'arrêter ma planification. Oh my God! Oui, je le sais, les enseignants, on n'aime pas s'entendre ça, on ne veut pas ça, mais il y a eu une nécessité de le faire. Tu sais, peut-être, tu sais, le contexte de la COVID, il y a eu une nécessité de le faire, puis je suis contente que j'ai eu cette expérience-là, parce que maintenant, bien qu'on n'ait plus la nécessité nécessairement de le faire,
[00:19:50] parce qu'on n'a pas de pandémie qui se passe actuellement, mais les bénéfices, puis les avantages, puis toutes les valeurs qui ont ressorti avec ce changement de posture-là que j'ai fait, en réponse à ce que j'avais besoin de faire à ce moment-là, bien là, je vois les bienfaits maintenant, même dans un contexte normal.
[00:20:16] Bien, je t'écoute parler, puis je me dis, fantastique que tu aies eu cette prise de conscience-là pendant la pandémie, mais je me dis, on n'a pas besoin d'être en pandémie pour être à l'écoute, pour suivre l'apprenant, pour s'ajuster à où ils sont rendus. Je te laisse poursuivre, je ne veux pas te couper. Oui, non, tu as absolument raison qu'on n'a pas besoin de ça, puis je pense que c'est le message que je veux dire aujourd'hui, tu sais, que c'est important, puis comment on le fait?
[00:20:46] Bien, tout d'abord, il faut commencer à réfléchir sur le comment, puis le pourquoi qu'on fait, qu'est-ce qu'on le fait. OK. Donc, tu sais, puis je le vois, là, tu sais, puis j'essaie de trouver un équilibre même maintenant à la formation, à l'enseignement. Donc, tu sais, on est en train de former des éducateurs enseignants, donc en classe, tu sais, d'enseigner ça, d'enseigner cette notion-là de souplesse. Enseigner la souplesse.
[00:21:12] Oui, mais parce qu'on penserait que ce serait juste un acquis, que ce serait juste comme, mais ça ne l'est pas. Ça ne l'est pas, il faut en parler, il faut, tu sais, comment on fait ça, pourquoi on fait ça, parce que je veux dire, sinon, tout, tu sais, le contenu, les attentes, le curriculum, ça prend beaucoup de place déjà en partant. Ça, c'est comme l'anglais, ça n'a pas d'aide pour prendre de la place.
[00:21:38] Ça n'a pas besoin d'aide, tu sais, tu sais, là, ça prend déjà beaucoup d'espace. Non, ça va être là par défaut. Exactement, par défaut. Alors, qu'est-ce qu'on fait pour faire entrer des choses qui ne sont pas nécessairement là, mais qui sont aussi importantes sinon plus? Donc, ça, c'est cette partie-là, tu sais. Puis, je vais donner un exemple, peut-être que les gens qui écoutent, tu sais, ça demande, mais qu'est-ce que ça veut dire, ça, tu sais, plus de souplesse, écouter tout ça.
[00:22:04] Bien, à un moment donné, tu sais, on était en ligne, c'est la pandémie. Bon, on avait déjà lu plusieurs romans et on avait, on venait de finir en mars le roman Ghost Boys, tu sais, puis c'était dans le cours d'anglais. Donc, c'était un roman en anglais, anglais langue seconde, puis, mais la beauté de ça, c'est que, tu sais, dans une école de langue française, moi, dans mon cours d'anglais, c'était en anglais, on lisait en anglais, mais, tu sais, les élèves pouvaient s'exprimer comme ils veulent.
[00:22:32] Puis, c'est pour ça, dans ma thèse doctorale, moi, j'ai voulu que, j'ai voulu insérer des citations directes de mes participants, des élèves, en français ou en anglais. Alors, tout est traduit. La thèse est en anglais, mais il y a des traductions parce qu'il y a des journaux réflexifs que les élèves ont écrits tout au long du processus de cette année scolaire-là, qui était en anglais ou en français, mais c'est important qu'ils puissent s'exprimer dans la langue qu'ils veulent. Puis, des fois, c'était même les deux.
[00:23:00] Alors, par exemple, si on venait de finir un roman qui s'appelait Ghost Boys, le sujet étant le personnage principal d'un jeune noir de 12 ans qui joue dans un parc avec un pistolet, un jouet, un pistolet. Mais il y a un policier blanc qui pense que c'est un vrai pistolet, puis bon, il se fait assassiner. Puis ça, c'est comme le début, c'est comme les premières pages du roman. OK.
[00:23:27] Puis tout le reste, il est là comme en... Le titre Ghost Boys, il est là en esprit. Personne ne le voit, mais il est là en esprit. Puis là, tu as toute cette histoire de comment se sent, puis il y a le tribunal du policier qui se passe tout au long de ça. Puis, en tout cas, ça a eu un gros impact quand on l'a lu. Mais là, quand on est revenu en ligne, puis on était presque à la fin de l'année scolaire, c'était en mai. Oui, 2020, ça.
[00:23:56] En 2020, donc... C'est tout au récent, là. Oui, tout le monde se souvient du meurtre de George Floyd qui a touché tout le monde. Tout le monde dans le monde. Alors, mais là, quand ça s'est arrivé, nous, on se voyait là sur Google Meet, en classe et tout ça.
[00:24:13] Donc, là, ça a eu comme un résultat incroyable parce que les connexions, tout ce qu'on avait jasé par rapport au racisme, par rapport à la discrimination, les idées préconçues, en tout cas, tout ce qu'on avait jasé autour du roman qu'on avait lu, c'est revenu là comme...
[00:27:03] C'est revenu, tout ça. Mais tout ça pour dire que nous, on peut avoir nos intentions, nos objectifs de leçon. C'est notre planification qui suit le curriculum. C'est correct aussi. C'est bien beau.
[00:27:15] Mais dans ça, d'avoir toujours cet intérêt de savoir qu'est-ce qui se passe et qu'est-ce que nos élèves valorisent maintenant. On a des élèves, on a des corps... On a des élèves, des vrais élèves qui vivent des vraies vies et des vraies réalités qui ne sont peut-être pas les nôtres devant nous.
[00:27:33] Puis on se doit de s'informer pour voir vraiment c'est quoi les intérêts, c'est quoi les désirs, c'est quoi les souhaits. Tu as mentionné espoir tantôt. On leur pose-tu cette question-là? Est-ce qu'on donne la place à ça? Puis il ne faut pas que ça soit comme en surplus. Je sais que tu fais un... Tu animes un webinar cette semaine en quelques jours sur la survie, la survie en éducation.
[00:27:58] Puis l'affaire, c'est qu'il ne faut pas que ça soit comme un add-on. Parce qu'on n'a pas de place pour des add-ons en éducation. On n'a pas le temps de ça. Mais ça, ce n'est pas un add-on. C'est justement d'essayer de se l'imaginer comme que c'était en dessous. Ça passe en dessous de tout ce qu'on fait. Puis ça soutient vraiment toutes les actions puis les mots qu'on enseigne, qu'on dit. Ce n'est pas à part de ce qu'on fait.
[00:28:24] Ton invitation, si je peux me permettre une façon de l'interpréter, tu parlais de faire l'éducation autrement. Traditionnellement, on voit l'enseignement comme un rôle d'émetteur. Alors, toi, ce que tu es en train de nous dire, c'est qu'il faut parfois se donner la permission d'être en mode récepteur, puis de s'ajuster. Ça devient dialogue. Puis toi, tu as ton expertise, puis tu sais c'est quoi les cibles, puis les contraintes systémiques. Mais ce qui est important, c'est l'élève.
[00:28:53] C'est ce qui progresse vers ça, ce qui apprend à se découvrir. Donc, il y a toute une philosophie de l'enseignement derrière ces façons d'être et de faire, que tu adoptes en cohérence avec qui tu es comme pédagogue. 100 %. Puis je pense que tu évoques l'idée de Paulo Freire, qui justement a présenté ça. En tout cas, moi, c'est Paulo Freire.
[00:29:21] C'est quelqu'un qui m'a vraiment parlé dès le début même de mes études doctorales. Je n'étais pas au courant de lui avant. Puis là, tu sais, je suis dans la salle de classe, je suis en train de prendre mes études doctorales. Puis là, tout d'un coup, dans le cours de théorie, Paulo Freire, qui est évoqué avec sa philosophie, justement, qui dit l'éducation, la façon que ça a été justement, c'est une transmission, c'est des dépôts dans un vase vide, des transmissions de savoirs et que l'éducation ne devrait pas être comme ça.
[00:29:50] Puis lui, il parle beaucoup de la relation dialogique, donc de la récricité, comme tu viens juste de mentionner. Et puis, ça fait un petit bout de temps qu'on enjose dans l'éducation de ça. Ce n'est pas nouveau. Les enseignants savent que, tu sais, mais comment ça se passe pour vrai? Moi, je pense que c'est plus ça. C'est le saut de, oui, je sais ce que je dois faire. En théorie, il y a beaucoup de concepts qui se font lancer dans les arts. Je donne, par exemple, l'inclusion. Ah, c'est un environnement inclusif.
[00:30:20] C'est des mots qu'on garroche un peu. Pas sûr que tout le monde sait vraiment comment la mise en application, comment ça a de l'air en vrai vie, ça. Un environnement inclusif, par exemple. L'un du matin, il se passe quoi? Oui, comment on crée ça. Tu sais, tu l'as bien dit, tantôt t'as dit, on est quand même, nous, en connaissant le curriculum, les attentes, les théories, le développement de l'enfant. On a plein de connaissances en tant qu'enseignants. On a été formés pour ça.
[00:30:51] On est capable quand même de piloter l'avion. On est quand même capable de diriger, guider, mettons. Parce qu'il y en a, je sais qu'il y a plusieurs pédagogues qui disent, ah oui, mais cette affaire-là de, tu sais, c'est quoi l'expression? Tu sais, voyons, c'est quoi l'expression en anglais? Sage on the stage. Oui, oui, oui. Guide on the side. Ça veut dire que j'entends ça. Guide on the side, sage on the side. Mais c'est pas blanc ou noir.
[00:31:21] Tu sais, il y a du gris là-dedans. On est-tu capable de vraiment discerner et de dire, écoute, je suis capable, moi, d'avoir cette relation-là avec mes élèves? De toute façon, ça va être bénéfique, pas seulement pour l'élève, pour toute la communauté de classe, pour moi, pour tout le monde. Bref, comment est-ce que je suis capable de saisir mon rôle? Que je suis quand même capable de rediriger ou de reprendre ou d'arrêter quelque chose? Si je suis quand même, c'est moi l'adulte dans la pièce.
[00:31:51] Dans mon cas, en formation initiale, on était des adultes. Oui, oui, oui. Je suis quand même là avec un rôle différent de ceux des étudiants ou des apprenants. Mais comment est-ce qu'on peut rendre ça plus démocratique? C'est possible. Oui. Puis on va être bien plus heureux. Tu sais, quand on parle de mode de survie, moi, ça m'inquiète tellement, je me dis, parce qu'à un moment donné, on n'est pas heureux là-dedans aussi. Bien, écoute, moi, la raison pourquoi j'en parle, c'est parce que j'étais là.
[00:32:20] J'étais là, puis ce n'était pas à cause des connaissances que je n'avais pas reçues. C'était à cause de ma posture puis de ma perception du coaching informel que je recevais. Le grand besoin d'être en contrôle. Puis le grand besoin de voir certains élèves se comporter de certaines façons pour me rassurer dans ma compétence. Quand tu n'es pas conscient de ça, bien, tu es en mode survie. Quand tu es en mode survie, tu es axé sur tes besoins.
[00:32:49] C'est impossible d'être à l'écoute de l'autre parce que tu penses à ce que toi, tu as besoin pour être heureux dans ta journée. Puis plus en mode service. Là, on écoute les gens qui disent qu'il faut être à l'écoute des élèves. Tu dis, bien là, ça n'a pas de sens, ça. Quelle suggestion pitoyable. Tu sais, je me dis, je suis attiré par les gens qui me disent qu'ils sont en mode survie justement parce que ce que je dis aux gens, moi, quand moi, j'ai changé, ma carrière a changé. Puis c'est ce que je fais présentement dans la vie.
[00:33:19] C'est ce qui m'a, mon élan, en tout cas, pourquoi je fais ça. Pourquoi je prends le temps de rencontrer des gens que je ne connais pas pour parler de leadership? C'est justement pour parler de ce qui nous permet d'avancer. Puis c'est tellement important. Le shift, mettons, que j'ai dû faire dans ma posture, peut-être pour m'aligner avec ce que tu étais en train de dire, tu sais, le sage on the stage. C'est tellement important de faire de l'enseignement de façon explicite à certains moments.
[00:33:47] Mais j'ai, à un moment donné, j'ai comme pris conscience qu'il fallait que je gagne mon stage. Ah! En autres mots, ce n'est pas parce que c'est moi le prof puis qu'ils sont censés m'écouter parce que ça le dit dans le code de vie. qui sont nécessairement obligés de m'écouter. Je dois gagner la permission. En autres mots, je dois m'intéresser. Je dois créer un lien réel, pas juste stratégique, pas juste pour manipuler une situation.
[00:34:14] Sincèrement, il faut que je m'intéresse à ces jeunes-là. Et j'ai une posture depuis ce moment-là. Je te ramène en 2002. Depuis ce moment-là, ma posture, puis encore à ce jour, quand on m'invite pour faire des conférences, ma posture, c'est toujours, je dois gagner mon stage. En autres mots, je ne prends pas pour acquis que j'ai des auditeurs. C'est sûr que je veux écouter d'abord. Ça me fait penser à ça, tout ce que tu dis. Absolument.
[00:34:45] Comme tu dis, c'est tellement important. On est dans un moment où est-ce que ça, c'est vraiment important. Puis on parle du bien-être de l'enseignant, on parle du bien-être des élèves, le bien-être de tout le monde, le bien-être collectif, mais aussi individuel. Puis tu mentionnes, il y a deux choses, ça m'a fait penser à deux choses. Je t'entends parler de ton chiffre de paradigme, et puis ça me fait penser à, parce que nous, on le ramène sur la table continuellement,
[00:35:14] le code de Dianto, le site de l'ordre. C'est bien beau, tu vas sur le site de l'ordre, tu as le beau petit visuel, les deux petits ronds, les normes d'exercice, le code. Mais ça veut dire quoi, ça? Vraiment, ce n'est pas que ce soit juste des mots. Quand on parle d'empathie, on parle de confiance, respect, intégrité, ça veut dire quoi? C'est parce qu'on est une personne humaine dans la classe aussi. Les élèves sont des personnes humaines, nous, on est une personne humaine. C'est pour ça qu'on parle de ce code d'éthique-là. Mais ça veut dire quoi? Tu viens de le dire, tu sais,
[00:35:45] que si on ne le réalise pas, on est vraiment, vraiment encore trop acharné, parce que c'est dur, là. C'est systémique, notre affaire. Ça fait depuis toujours qu'on fonctionne comme ça en éducation. Ça fait que oui, c'est dur de changer ça. J'aime comme ton petit slogan, c'est « les temps changent, les amis ». J'aime ça parce que c'est vrai. Les temps changent, les amis, absolument. Les temps changent. Mais qu'est-ce que ça veut dire? Mais je voulais dire ça pour le code.
[00:36:14] Mais je voulais aussi… C'est important. Je vais revenir sur le code après. Je vais te laisser finir. Je veux juste faire un ajout là-dessus qui est important pour moi personnellement. OK. Ça fait qu'on ne l'oublie pas. Mais ce que je voulais ajouter, c'est que c'est super pertinent parce que c'est la voix d'un élève. OK. Tout récemment, la semaine passée, j'étais à Toronto. On a fait Destination réussite. Donc, on a, à notre université, à l'Université d'Ontario français, on a accueilli une soixantaine d'élèves
[00:36:41] 11e, 12e année des écoles de la région du Grand Toronto. Puis le thème, c'était une carrière en enseignement en Ontario. Est-ce que c'est pour moi? Oui, c'est pour recruter, mais c'est aussi pour jaser et vraiment d'avoir le pouls. Qu'est-ce que ces jeunes-là pensent de l'éducation aujourd'hui? J'ai animé un atelier, puis j'ai décidé dans mon atelier avec mon collègue, Samuel,
[00:37:07] qu'on a décidé de faire des centres d'apprentissage. Donc, on a organisé la classe physiquement, la salle de classe, avec six centres d'apprentissage. Donc, j'avais des blocs, la porte à modeler, j'avais côté saignette, poème, iPad, peinture. Puis la grande question, c'était, qu'est-ce qui est important pour vous par rapport à la relation élève-enseignant? Qu'est-ce que vous imaginez qui est une relation idéale comme ça? Puis il devait faire une création
[00:37:37] qui reflète qu'est-ce qu'il pense. OK. Dans un des six centres. Oui, bien, on les envoyait dans les centres. Ils choisissaient leur centre. C'est ça. Après, on revenait en grand groupe, puis ils partageaient vraiment, tu sais, je vais travailler seul ou avec quelqu'un. On avait des petits groupes de 20 à la fois. Donc, on a répété l'atelier quatre fois dans la journée. OK. Mais juste pour dire que les élèves ont tellement aimé ça. Ça a été comme un changement de pace, là. Mais j'ai eu une élève qui a dit,
[00:38:06] ça m'a marquée, vraiment, parce qu'on parlait justement de l'enseignant. Tu sais, qu'est-ce qu'ils s'imaginent, qu'est-ce qu'ils aimeraient voir plus? Elle dit, tu sais, il faut que l'enseignant ait une paix intérieure. Parce que ça, c'est une paix intérieure. Parce que sinon, nous, on le sait. Si ça ne va pas, là, comment veux-tu être ouvert et nous écouter si tu n'as pas cette paix intérieure? En tout cas, elle avait fait un tableau sur un petit cannevar, une petite peinture qui reflétait ça.
[00:38:37] Puis ça, c'est une personne sur une soixantaine. Je pourrais t'en dire comme 60 victoires qui étaient aussi persistantes. Quelle grande vérité, hein? Oui. Écoute, ça ferait un beau T-shirt. Oui. Seulment. Oui. Mais tu voulais revenir sur le code. Je ne veux pas t'oublier. Je pense que je fais partie de la première cohorte de la faculté d'éducation, ou une des premières,
[00:39:05] quand l'Ordre des enseignants est arrivée et que l'Ordre a décidé de nous attribuer E à O, les trois lettres de noblesse. Ah oui, OK. Et il y a une dame de l'Ordre, à ce moment-là, qui faisait le tour et qui nous demandait notre avis comment on voyait ça, tu sais. Et je ne me souviens pas de la conversation, mais j'ai trouvé ça une question importante parce que pour moi,
[00:39:34] c'est encore à ce jour tellement une fierté, un, d'avoir E à O, d'associer à qui je suis, de faire partie de ça. Puis oui, il y a un code de déontologie. Mais ma façon de le voir un peu comme il faut que tu gagnes ton stage, ces trois lettres-là pour moi, c'est comme trois lettres qu'il faut que tu gagnes chaque jour. Je ne les ai pas gagnées en 2001. Puis là, c'est fini, tu sais. C'est chaque jour, dans ma façon de me présenter, l'intégrité, c'est dans le moment présent. Ce n'est pas dans ce que tu as été,
[00:40:04] c'est qui tu es et qui tu es en train de devenir, tu sais. Fait que je me dis, je trouve ça tellement beau qu'on ait ça. Ce n'est pas tout le monde qui a ça en éducation. L'ordre, le code de déontologie, les trois lettres qui nous unissent. Tu sais là, c'est comme notre identité. Fait que je trouve ça, je voulais juste le nommer parce que c'est important pour moi. On parle beaucoup de valoriser la profession enseignante. À quel point c'est important? Pour moi, une façon de valoriser de la profession, c'est de valoriser
[00:40:32] le code de déontologie. Valoriser ces trois lettres-là pour ne pas les prendre comme acquises pour dire parce que j'ai fini ma formation. Tu n'as pas fini d'être E.A.O. Toute ta vie, tu vises à, tu aspires à ces lettres-là. Je ne pense pas qu'il y a de fil d'arrivée. Ça, c'est mon opinion personnelle. C'est ma façon de me comporter envers ma profession. Je ne vous dis pas que j'ai raison. C'est un peu le même que je me présente quand je suis autour d'une table. Aujourd'hui, j'essaie d'être le meilleur E.A.O. possible.
[00:41:04] C'est tellement bien dit. Tu as raison. Je pense que le mot que je me suis allé c'est quand on parle de document vivant. C'est un document vivant. On continue à travailler ça. Mais ça, c'est une posture vivante. C'est ça. Ça ne s'arrête pas. Ce n'est certainement pas le mot empathie, intégrité. Ce n'est pas un terme ponctuel. J'ai un badge d'empathie. C'est ça. Je l'ai fait. Je l'ai fait. Oui, c'est ça. Been there than that. C'est ça. C'est ça.
[00:41:33] À la formation, nous, c'est important de justement parler de ça et de ne pas juste dire que c'est le code ou que c'est les normes d'exercice, mais de vraiment les amener à réaliser ce que tu viens de dire. Ça, c'est quelque chose qui devrait t'habiter et avec lequel tu devrais continuer à transiger parce qu'on ne termine pas. Si on dit un autre cliché, oui,
[00:42:03] je suis apprenante à vie, OK, mais ça ne veut dire quoi au juste. Il faut mettre nos... Il faut que nos babines suivent nos... Il faut que nos babines suivent nos babines quand on dit je suis apprenante à vie. Ça, ça veut dire, juste un petit à côté à ça, c'est que ça peut nous demander des fois d'être vulnérables, de montrer notre vulnérabilité. Puis ça, en tant qu'enseignant, comme on n'aime pas trop ça parce qu'on équivaut ça à, bien,
[00:42:33] je pars le contrôle si je montre des babines. C'est pas... C'est encore là où on peut walk and chew gum. Faire deux choses en même temps. Mais c'est super important parce que, comme on a dit tantôt, on est des êtres humains comme les élèves sont des êtres humains et c'est ça notre connexion là-dedans. Absolument. Absolument. Avoir une paix intérieure avec l'idée d'être vulnérable puis de faire une place à l'autre, être en paix avec ça, qu'on est capable de composer avec ça. Oui. Puis que si on ne termine pas
[00:43:02] qu'est-ce qu'on s'est dit qu'on était pour terminer aujourd'hui, c'est pas grave. La formation initiale, c'est un sujet de discussion quand on s'élève à 70 000 pieds d'altitude puis qu'on regarde en éducation puis qu'on regarde tout ce qui se passe. là, on se dit OK, la formation initiale avec ta philosophie de l'éducation, avec ce que vous offrez comme programme dans ton université, c'est quoi la job en mots simples,
[00:43:32] pas la description des programmes, mais c'est quoi la tâche de la formation initiale? Qu'est-ce qu'elle donne? Qu'est-ce qu'elle vient déposer dans le bagage d'une personne qui va faire une carrière en éducation? ta perspective à toi là-dessus, qu'est-ce que c'est? Hum, c'est une bonne question, une question qui est comme multi-level. Oui, parce qu'il y a toi, on enseigne qui on est, il y a Dani, elle, elle va te donner ça. La formation initiale est censée donner comme, c'est quoi le package,
[00:44:02] disons que je suis mes formations avec toi, qu'est-ce que j'ai dans mon bagage qui est important? Oui, je comprends ce que tu peux dire. Bien nous, qu'est-ce qui est important, c'est que nos étudiants, les étudiants qui sont avec nous et qui suivent la formation, le billet sorti, là, si on aimerait, dans le fond, on veut, j'ai jamais aimé le mot formation, c'est comme, on forme, non, je ne forme pas,
[00:44:32] je suis là pour accompagner, mettons, à la fin de ça, ce sont des personnes qui vont être le meilleur d'eux-mêmes en tant que pédagone. en tout premier lieu, on développe un sens justement de réflexivité, la pratique réflexive, donc, qu'ils soient capables de porter un regard critique sur leur propre pratique. Ça, c'est vraiment comme, c'est un gros sens dans pas mal
[00:45:01] tous nos cours, là. Mais, tu sais, bien sûr, on veut, tu sais, former des futurs enseignants qui vont être attentifs aux enjeux actuels, donc, attentifs aux besoins des élèves. Donc, tu sais, c'est certain que quand on parle de la diversité, de l'inclusion, de l'équité, on traite beaucoup ça dans nos cours, mais qu'est-ce que ça veut dire en vrai? Donc, dans le sens d'être sensible,
[00:45:32] d'avoir une pédagogie vraiment sensible à ce que les élèves que tu as devant toi, individuellement et aussi en groupe classe, collectivement, comment est-ce que je vais répondre à ces besoins-là? Bien sûr, avec des compétences et des connaissances qu'ils vont développer dans, tu sais, de comment enseigner chaque matière. c'est certain qu'on ne peut pas mettre ça de côté. Donc, ils sont dans la l'apprentissage de justement c'est quoi le contenu, mais aussi c'est quoi
[00:46:02] le contenant. Oui. Et c'est quoi la posture surtout. Puis je pense qu'en ayant, en formant ces enseignants, ces tous enseignants-là, les mots qui m'arrivent dans la tête, c'est vraiment intègre, bienveillant, à l'écoute, responsable, qu'ils soient capables de partager cet esprit critique-là puis ce regard critique-là parce que c'est ça qu'on veut vraiment développer
[00:46:32] chez les élèves. Donc, tu sais, cette différente façon d'être un enseignant ou une enseignante plutôt que, comme tu as dit tantôt, tu sais, l'ancienne façon de transmettre des savoirs. Donc, pour nous, dans notre programme, oui, il y a les connaissances que nos étudiants vont apprenner. Ils apprennent sur la didactique de chaque matière, donc il y a des connaissances, ils apprennent au niveau curriculaire, c'est quoi les attentes,
[00:47:00] c'est quoi la profession même, mais ils apprennent aussi à qui je devrais être en tant qu'enseignant. Qu'est-ce que ça veut dire pour moi? Comment je vais réagir à telle situation? Puis là, de ce côté-là, on peut parler peut-être de la gestion de classe. C'est quoi les stratégies? C'est quoi les moments que je vais peut-être vivre? comment je vais réagir à ça? Puis ça, ça revient aussi à qui ils sont en tant que personnes. Donc, le développement
[00:47:29] de leurs propres personnes en tant que pédagones. La connaissance de soi aussi à travers ça. Oui. Bien, beaucoup, beaucoup, parce que, puis ça, je l'ai entendu, j'ai comme l'écho des voix de mes étudiants, par exemple, de notre première cohorte qui a terminé. À un moment donné, on parlait des billets inconscients, des idées préconçues, tout ça. Puis on a fait vraiment un gros, j'ai fait une séance, vraiment, on était
[00:47:58] en pleine conversation, mais on a eu beaucoup, beaucoup d'échanges là-dessus. Et puis, ça a été révolutionnaire pour un étudiant. Donc, une autre étudiante, tu sais, va peut-être reconnaître que le fait qu'on prenne le temps, qu'on, tu sais, qu'on personnalise notre enseignement, tu sais, les petits courriels. Moi, j'envoie un petit coucou à chaque vendredi par courriel, tu sais, un petit check-in pendant mes séances aussi, tu sais, comme juste des petits à côté, tous des petits à côté comme ça qui font que
[00:48:28] je suis en train, on est en train de dire aux étudiants, mais moi, je te vois, c'est important pour moi, je reconnais ton potentiel. Mais en faisant ça, nous, les profs, dans notre programme, bien, on est en train indirectement de dire, bien, on veut que tu fasses ça quand tu vas voir tes élèves aussi, tu sais, c'est une pratique qui est, qui est, qui est, qu'on doit prendre parce que, justement, c'est une pédagogie
[00:48:58] plus humanisante que juste dire, bon, moi, je vais être formée, je sais que je dois enseigner, fait que je vais l'enseigner, puis c'est au-delà de ça, là. J'ai fait un petit peu du coq à l'ange, j'allais un peu partout, mais... Non, non, mais c'est super intéressant. On voit, on voit ta toile, là. Oui. Oui. Puis t'accompagnent. Oui, puis dans le milieu de cette toile-là, c'est l'être humain devant nous. Bref. Bref, oui, c'est ça. Ah, c'est, c'est, c'est fantastique.
[00:49:28] Je suis, je suis content, je suis content de rencontrer quelqu'un qui est à la formation initiale et qui porte cette philosophie-là, cette approche-là ou qui l'incarne, tu sais, c'est, c'est, je me dis, l'avenir de notre profession est en bonne main. Il n'y a rien comme rencontrer les gens qui sont responsables de ces programmes-là, tu sais, pour comprendre ce qu'il y a derrière le programme parce que l'université, c'est pas juste une bâtisse, c'est des personnes qui sont là, tu sais,
[00:49:57] qui ont des approches, qui ont des convictions, qui ont des fondements, tu sais, fait que c'est, c'est vraiment beau ce que tu dis, Dany, vraiment, ça me touche d'entendre ça. Bien, merci. Je pense que, tu sais, en tout cas, il me semble que, moi, c'est le même que moi, je vois ça, mais à l'université de l'Ontario français, à l'université de l'Ontario français, là où je suis maintenant, on dirait, des fois, je m'arrête pour voir, pourquoi qu'on, qu'est-ce qui est essentiel dans notre programme
[00:50:27] du bac en éducation, puis dans les programmes qui sont à venir aussi. Pour moi, c'est vraiment, c'est pas répété, peut-être, qu'est-ce qu'on aurait pu améliorer dans le passé dans la formation, tu sais, je te passe à travers un programme de formation, moi aussi, tu sais, puis c'est, oui, je peux en retirer des points positifs, bien oui, c'est ça, mais il y a vraiment, tu sais, il y a des petits bouts qu'on peut améliorer, c'est certain, puis je pense que là, on se penche vraiment là-dessus, tu sais,
[00:50:57] on a la chance, on est une jeune université, c'est un jeune programme, alors on se lance, on essaie d'être courageux avec ça, puis on est à l'écoute aussi de ce que nos étudiants, tu sais, comme là, notre cours finissante, on est à l'écoute de ce qu'ils nous suggèrent, peut-être, pour comment améliorer même, qu'est-ce qu'on avait déjà, tu sais, préparé pour eux, pour les cours, ça venez, donc on est vraiment à l'écoute de ça, parce qu'on ne peut pas juste dire, bien, on fait ça comme ça, puis là,
[00:51:27] on va construire notre programme, créer les cours, puis ça va être ça. Il est monté, puis on est fini. Non, c'est ça. Je pense qu'une formation, une formation à l'enseignement, c'est ça, c'est un document vivant, tu sais, et puis le fait, tu sais, puis je voulais ajouter un point qu'en tout, que j'ai oublié de mentionner, je l'ai dit au début, tu sais, mais le fait qu'on a notre structure où les étudiants vivent des expériences de stage pratique tout au long
[00:51:56] de leur parcours. Et puis, on a tellement de belles collaborations, tu sais, on a l'appui du personnel enseignant, du personnel d'accueil. Quand je dis personnel d'accueil, tu sais, je parle des directeurs d'école, l'enseignant, tu sais, les gens qui sont dans l'école d'accueil de notre stagiaire, qui, tu sais, nous, on a comme un système de portfolios vivants, si tu veux un document vivant, ou un portfolio professionnel
[00:52:26] dans lequel la stagiaire, le stagiaire écrit vraiment l'évolution de ses journées de stage. Et nous, en tant que mentor, on peut commenter dans ce portfolio-là. L'enseignant d'accueil peut commenter dans ce portfolio-là. Puis on se rencontre périodiquement. C'est vraiment comme une conversation à trois à tout moment pendant les périodes de stage. Puis ça, il y en a quatre de ça tout au long. Fait qu'imagine les moments où on peut revenir sur les apprentissages
[00:52:56] de l'étudiant à l'étudiant, puis de faire des liens avec la pratique. Puis les questions qui sont soulevées. Parce que, tu sais, c'est les questions qui sont importantes. On veut qu'ils soulèvent des questions. On veut qu'ils aient un regard. Oui, mais j'ai observé ça, mais je me pose cette question-là. Justement, c'est la pratique réflective. Alors, on se pose des questions pour nous-mêmes. On pose des questions aux gens qui sont autour de nous pour nous soutenir pendant qu'on est là.
[00:53:26] On est là pour ça. Après ça, quand tu es rentré en carrière, c'est certain que le programme de mentorat pour l'insertion professionnelle de nos enseignants en Ontario, ça, c'est super bien. Mais pendant qu'ils font leur parcours au programme, on a cette occasion-là d'avoir ces conversations-là puis ces discussions-là. Puis ça, ça rend vraiment la formation encore plus riche, je pense. Ça, c'est quatre fois vingt jours.
[00:53:55] C'est ça que j'ai compris? C'est bien, la façon que nous, c'est divisé, c'est dix jours pour le premier stage. C'est un stage d'observation vraiment pour se tremper l'orteil un petit peu et pour établir des liens avec la classe d'accueil. Ensuite, on a vingt-cinq jours, ensuite vingt jours puis vingt-cinq jours. Wow, quand même, C'est ça. 80 en tout, mais c'est ça la répartition. OK. Puis c'est tout au long. Alors, il y a un stage à l'automne, un stage
[00:54:26] en janvier, à l'hiver, un stage printemps-été puis le tout dernier stage final qui est à l'automne. OK. Et là, il termine, il termine. C'est sûr que là, on a, comme j'ai dit tantôt, des cours d'étudiants en temps partiel. Bien eux autres, leur parcours est plus long, donc leur période de stage est plus étendue. C'est ça. Wow. Fait que tu sais, je fais le lien entre le journal puis la journalisation que tu avais avec tes élèves, avec ta lecture. Il y a sûrement des parallèles là,
[00:54:55] d'une présence, un accompagnement qui se fait en asynchrone ou même ça permet de créer des moments où on se dit OK, il faut se parler dans un Zoom ou un Meet ou peu importe. Oui. Puis avant, aujourd'hui, honnêtement, j'avais même pas fait le lien. J'avais même pas fait le lien avec... Oui. Avec le journal réflexif que j'avais décidé de faire avec mes élèves de huitième année dans ma recherche doctorale, pendant toute
[00:55:25] l'année scolaire avec eux autres. puis le journal réflexif des stagiaires en ce moment. Il y en a un. Tu sais, de un, le journal réflexif avec mes élèves, c'est moi qui avais décidé de faire ça. Puis le journal réflexif, c'est sûr que quand je suis arrivée à l'EOS, bien, c'était toute ta mise en place. Ce n'est pas moi qui ai inventé ça, mais il y a des liens tellement serrés entre les deux. Peut-être c'est pour ça que je me sens bien à le faire. Bien, c'est qui tu es, tu sais. Oui, c'est ça. Oui, c'est ça.
[00:55:55] Mais tu as absolument raison. Parce qu'un journal, tu sais, puis c'est pas, il y en a qui vont dire « Ah ouais, ça prend du temps le journal, je ne sais pas, pour donner ça à mes élèves, pour quoi je les lise, puis ça prend du temps à les lire, puis les commenter, puis oui, oui, c'est vrai, ça prend du temps. Mais ce temps-là, il y a une façon quand même d'organiser le temps. tu ne fais peut-être pas ça tout le temps, tu ne fais pas ça en plus de quelque chose d'autre. tu sais, il faut faire des choix pour dire « Ah, peut-être que je vais faire la journalisation, je vais demander à mes élèves de faire ça comme pendant quelques mois, pendant qu'on fait
[00:56:25] cette unité-là, pour vraiment aller recueillir des preuves, recueillir des idées, vraiment des réflexions sur leur propre apprentissage. Parce que dans le fond, qu'est-ce qu'on veut pour nos élèves dans nos écoles, c'est qu'ils s'approprient leur propre apprentissage. Ça ne soit pas une affaire séparée pour dire « Je suis à l'école, j'apprends, alors là j'apprends. » Non, mais moi j'apprends, alors quelle sorte d'apprenant que je suis, comment je peux m'améliorer.
[00:56:55] C'est un point qui est revenu la semaine passée chez les élèves de 11-12e. Plusieurs fois dans les différents groupes qu'on a fait pendant les ateliers. Nous, on aimerait ça savoir comment on peut s'améliorer. Ça fait longtemps qu'on parle du formatif. Ils veulent de la rétroaction. Oui! Puis encore là, ça m'a comme indiqué que c'est un souhait. Je leur ai demandé d'imaginer l'école idéale,
[00:57:23] la relation enseignante-élève efficace et tout ça. Et puis, ils ressortaient des idées. Oui, ça a peut-être lieu, mais il y a place à l'amélioration encore. Je pense qu'on a du chemin à faire encore un petit peu là-dessus. Donc, la journalisation, c'est un médium pour faire ça. Puis c'est vraiment précieux parce que souvent, tu vas peut-être avoir des élèves ou des étudiants, dans mon cas, qui sont pas...
[00:57:52] Ils sont plus réticents à dire quelque chose soit à haute voix, face à face ou quoi que ce soit. Mais dans un journal, c'est comme on établit on établit une façon d'être dans un journal. Une intimité, oui, une intimité, mais c'est pas comme « Ah là, voici, faites un journal puis écrivez tout ce que... » Mais non, c'est parce que ça a été graduel,
[00:58:21] l'affaire. C'est comme avec mon étude doctorale, on faisait ça depuis le premier roman. Puis je vais te dire, au début, c'est comme « Qu'est-ce que j'écris dans mon journal, madame? » Je ne sais pas quoi écrire dedans. Fait que là, explicite, l'enregistrement explicite. J'avais mis sur un tableau une affiche, j'avais écrit « Ok, bien, voici un début de phrase. » Fait que j'avais tout mis comme des débuts de phrase pour les partir. Oui. Je pense que je me demande
[00:58:50] pour les partir dans leur... Mais rendu une couple de mois après, même quelques semaines après, il n'y avait plus besoin de ces petits prompts-là. Il savait ce que c'était. C'était rendu une habitude, c'était rendu une façon de faire et d'être. Et puis là, c'est là que j'ai commencé à voir et à lire des bijoux, des petites pépites extraordinaires de leurs pensées, de leurs idées, leurs questions, leurs sentiments. C'est important, tout ça. Puis moi,
[00:59:20] à mon tour aussi, comme j'ai dit tantôt pour la vulnérabilité, des fois, on peut dire comment on se sent vis-à-vis des choses, des enjeux surtout. Si on a ces conversations-là, nous, on n'est pas rien. On a aussi nos pensées et la façon qu'on s'en a. C'est correct aussi de les exprimer. Wow. OK. Fait que mettons qu'on te ramène dans ta posture d'enseignante au sommet, t'enseignes tes romans,
[00:59:51] journalisation. Pour les enseignantes et enseignants qui nous écoutent présentement, qu'est-ce qu'on gagne? Parce que, tu sais, on a dit ça demande un investissement de temps, mais c'est le reflet des priorités et d'une vision que tu as. qu'est-ce qu'on gagne quand on investit du temps dans cette culture-là? Parce que ce n'est pas un événement, c'est un mode de fonctionnement qu'on entretient, qu'on nourrit. Qu'est-ce qu'on gagne dans tes mots à toi d'enseignante? Je pense que, puis tu l'as dit, je voulais dire culture
[01:00:20] tout à l'heure puis là, je ne l'ai pas dit, mais c'est exactement ça. OK. C'est comme si tu nourris une culture de cette chose. Ce n'est pas quelque chose que tu peux juste dire, fête ça, si tu n'as jamais fait ça, c'est bizarre. C'est vraiment quelque chose qu'on fait, tout comme on développe une relation avec nos élèves. Ça ne se fait pas tout d'un coup, juste deux mois, trois mois plus tard, je pense que je vais décider d'apprendre à te connaître. C'est quelque chose qui se fait dès le début puis tout au long qui se développe.
[01:00:50] Mais pour la journalisation, ce que je dirais aux enseignants, c'est tantôt, j'ai mentionné faire des choix. On est encore en mode, l'évaluation, c'est toujours le sujet un petit peu pointilleux. Bon, il faut que j'évalue, donc une évaluation sommative. On est encore trop, je pense, dans l'ancienne façon de devoir avoir des évaluations ponctuelles. Si on fait un portfolio, moi, je faisais faire le portfolio. Le journal,
[01:01:19] il était dans son portfolio. Là, j'avais dit, OK, vous allez avoir chacun votre portfolio puis vous allez développer tout au long de l'année scolaire dans mon cours. C'était quoi le portfolio? Je peux te demander l'outil. C'était-tu juste un Google présentation? C'était même, c'était ce que l'élève voulait. J'en avais qui aimait papier crayon. Donc, on avait fait vraiment un folder dans la classe. Puis là, il mettait toutes ses œuvres là-dedans parce que moi, je faisais beaucoup
[01:01:49] de multimodal. Fait que des fois, je demandais, tu sais, au travers de la poésie, le dessin, tu sais, peu importe. Puis, il y en a d'autres qui préféraient, ah bien moi, je veux mettre sur, tu sais, une application, une plateforme en ligne. Donc, ça, c'était correct aussi. Mais l'idée du portfolio, c'est que, l'idée, peu importe le contenant, c'est ça, c'est que là-dedans, il y a une progression
[01:02:18] des preuves d'apprentissage et pas juste des preuves d'apprentissage pour que nous, on recueille des preuves pour évaluer. C'est pas ça que je peux dire. Mais des preuves d'apprentissage pour l'élève même. Parce que l'élève retourne vers ça. Tu sais, c'est comme nous. Mettons que moi, j'ai sorti à un moment donné, tu sais, l'article que je t'ai partagé, bien, ça faisait un bouton, je ne l'avais pas lu. Tu sais, ça avait été publié en 2023. Puis là, je me suis dit, ah, wow, c'est le fun de relire ça. Puis, même aujourd'hui, comment j'ai changé depuis
[01:02:46] que j'ai écrit ça encore. Mais c'est la même chose pour les élèves. Ça fait qu'on leur donne, on leur permet d'avoir un retour sur leur propre évolution en tant qu'élèves. Qu'est-ce qu'ils ont appris? Comment ils voyaient les choses? Qu'est-ce qui a changé? Puis, qu'est-ce qu'ils n'ont pas aimé? Qu'est-ce qu'ils aimeraient? Puis là, je leur donnais aussi la chance de dire, s'il y a des choses dans ton portfolio dont tu n'es pas fière trop, ou tu veux améliorer, il y a toujours cette opportunité-là. Alors, tu dis, OK, ça, mettons,
[01:03:16] on ne le prendra pas, on ne le contera pas. Propose-moi quelque chose d'autre pour le remplacer. Puis, il y a une certaine liberté et il y a une certaine liberté de créativité pour l'élève là qui n'est pas là tout naturellement. Donc, il faut être, en tout cas, pour moi, c'est super important de pouvoir leur offrir cette liberté-là. OK. Puis nous, en retour, bien, écoute, si mettons, tu fais une unité sur quelque chose
[01:03:46] puis tu proposes un portfolio, tu proposes la journalisation, bien, ça compte. Tu sais, ça peut compter. Tous les jours comptent. Oui, oui. Tu sais, c'est comme la fameuse question de l'élève, ça compte, tu se regardes, tout compte. Tout compte. Quand je circule là puis qu'on se jase puis que je circule puis je vous vois, tu sais, engagé ou investi ou vous poser des questions ou vous participez, bien, ça compte. Ça compte, je le vois. Tu sais, je vous vois. Je vous entends.
[01:04:16] Bien, c'est un peu la même chose pour les journaux réflexifs. une autre affaire sur les journaux réflexifs quand je, avec mes élèves, là, c'est qu'il n'y avait pas juste moi qui les lisait. Des fois, mettons que je donnais des prompts, je donnais une question, mettons, on avait lu, tu sais, on avait lu un chapitre et puis là, je donnais des prompts de questions pour, qui faisaient en lien avec, mettons, un concept ou un enjeu. OK. Et puis là, je les invitais à répondre. Puis, ponctuellement,
[01:04:46] je disais, OK, ça, ça va être une réponse qui va être partagée avec vos pères. Donc, là, ils partageaient leur journal et puis les amis, les amis de classe lisaient leurs réponses et répondaient. Alors, c'est comme, on développait une conversation écrite entre les élèves. Ça, c'était très riche aussi. Puis moi, bien, je voyais cette conversation-là puis là, j'allais ajouter mon petit, mon petit commentaire de temps en temps, mais c'est juste
[01:05:15] une autre plateforme qui, qui vient comme ajouter une dimension, je trouve. Absolument. Il y a une profondeur dans vos relations, veut, veut pas, quand, quand on, quand on accorde l'importance de créer un espace où l'élève est tendu qui il est en train de devenir, dans le fond. C'est une manifestation physique ou numérique du fait que, hey, c'est important qu'il tuait. C'est un peu comme ça que je le reçois, ce que tu dis. c'est, oui.
[01:05:46] Puis tu sais, il y a tout l'aspect aussi, tu sais, comme je me souviens, que, c'est ça, la pandémie, donc, tu sais, c'était au mois de mars quand on est revenus. Oui. Après la semaine de congé de mars, on est revenus tout en ligne. Les journaux, tu sais, les journaux continuaient, je veux dire, parce que c'était sur Google puis tout ça. Oui. Mais là, il y avait des trucs beaucoup plus, beaucoup plus personnels que je trouvais là-dedans. Puis, un point important que j'avais dit dès le début, tu sais, parce que dans toute
[01:06:17] conversation qu'on avait autour des sujets qui étaient parfaits délicats, là, donc, tu sais, autour d'un roman qu'on, tu sais, je veux dire, si tu parles de racisme ou si tu parles de pauvreté ou de les enfants dans la guerre, tu sais, on avait ça dans, maintenant, à propos de, tu sais, l'histoire de la petite Asgane pendant l'ère du Taliban, le contrôle du Taliban, mais les élèves avaient comme, il n'en venait pas que, il n'en venait pas que, tu sais,
[01:06:47] ailleurs dans le monde, là, que ça se passait, ça. Mais ça fait remonter des sentiments. Puis là, pendant la COVID, on avait beaucoup d'inquiétudes aussi. J'ai lu, tu sais, dans les propos des élèves, ces inquiétudes vraiment, vraiment authentiques, là, mais ce qu'on avait, ce que j'avais dit au début, c'est que votre journal réflexif, là, s'il y a des moments ou des entrées qui sont plus privées, que vous ne voulez pas partager, là, c'est correct aussi, vous le dites.
[01:07:16] Puis ça restait privé, tu sais. Fait que le journal réflexif partagé avec les autres, bien, c'était pas tout le journal, tu sais, c'était comme, OK, bon, bien, là, on va lancer une discussion qui était moins sensible, mettons. OK. bien, si, tu sais, ils savaient qu'ils pouvaient partager dans leur journal, mais que c'était pas nécessairement partagé avec d'autres. Oui. Oui, oui. Puis, en passant, moi, personnellement, quand je faisais ça, j'ai pas évalué le journal réflexif. OK. En huitième année,
[01:07:46] quand j'ai fait ça pendant ma recherche, je n'étais pas évalué ça dans le contexte scolaire. Mais, le principe du journal réflexif pourrait techniquement être un outil d'évaluation qui est vraiment bénéfique pour l'élève, là, dans son apprentissage. Bien, je peux voir, juste avec ce que tu viens de décrire, à quel point ça crée un espace où les jeunes peuvent peut-être parler de leurs émotions, peut-être en prendre conscience, les nommer, sortir ça de la tête, mettre ça par écrit,
[01:08:15] de façon organisée. Puis, il y a comme un récepteur quelque part, même si ça reste privé, entre madame et moi ou monsieur et moi, tu sais, il y a comme lieu, ça a été dit. Tu sais, c'est sorti. Fait que je me dis, juste ça, là, la charge émotive qu'on peut avoir comme jeune et moins jeune, que ma tâche, ce n'est pas juste de démontrer ce que mon cerveau sait, mais ce que je vis aussi. Il y a une place pour ça. Je me dis, wow,
[01:08:45] quel bel accompagnement. C'est comme une façon, comment je dirais, donc, ça tient compte de la dimension holistique d'un être humain. C'est une approche globale de se donner la permission. Oui, absolument. Puis c'est vrai que ça a une différence. comme on le dit même dans nos propres bies personnelles, professionnelles. Si on a quelque chose qu'on a de la difficulté avec, le fait de parler à quelqu'un
[01:09:13] ou de l'écrire, d'écrire dans un journal ou peu importe, les fables exercices, une fois que ça sort, que c'est partagé ou que ça sort de nous, ça peut être très efficace au niveau de pouvoir gérer après ça les émotions qui sont rattachées à cette difficulté-là, si on veut. Puis c'est juste pour le journal, juste rapidement. Tantôt, j'ai parlé du journal réflexif, la journalisation que je faisais avec mes élèves. Là, on a un journal réflexif
[01:09:43] par rapport à l'expérience de stage. C'est sûr que les propos vont être différents parce qu'ils sont en train d'ajouter des entrées qui sont en lien avec leurs apprentissages tout au long de leur stage. Mais c'est correct ça. C'est juste de dire, OK, quand tu donnes cette plateforme-là de journaliser, c'est quoi le but, c'est quoi l'objectif? Des fois, ça va être plus comme un journal intime. Des fois, ça va être plus comme une façon d'avoir posé un regard critique sur nos actions,
[01:10:13] nos questions, nos mots, etc. Puis je voulais juste m'assurer que tout le monde comprenne qu'on peut faire ce qu'on veut avec l'idée du journal. Mais là, ça dépend du contexte aussi. Puis on met les balises nécessaires dépendant du contexte. Puis ça varie selon si on est avec des enfants ou des adultes aussi. On s'entend. Absolument. Oui, c'est certain. On comprend tout ça. Je ne t'ai pas posé la question. On en parle depuis tantôt. J'ai comme le goût de te poser la question.
[01:10:44] C'est quoi la différence entre Danny Diaz, la pédagogue, avant la pandémie et post-pandémie? Parce qu'il y a des éléments qui sont communs que tu as transférés, mais vois-tu, y a-tu quelque chose? Parce que tu as fait ton doctorat pendant, tu as commencé à documenter des entrées à partir du... Mais y a-tu un avant puis après, c'est peut-être pas noir et blanc, mais y a-tu une différence? Comment ça a transformé qui tu es comme pédagogue de vivre ça? Je pense que...
[01:11:16] La différence, c'est qu'il y a eu comme un... Il y a eu un déclic. C'est sûr, il y a eu un déclic pour moi. OK. Parce que bien que c'était une deuxième carrière, tu sais, l'enseignement, c'est une deuxième carrière, moi, j'avais déjà... Ah oui? C'est fait. Mais, donc j'avais quand même un bagage d'expérience de vie et tout ça, mais quand j'ai pris... Quand j'étais à... J'ai fait ma formation, c'est mon bac en éducation puis que là, j'ai commencé à enseigner, j'avais quand même... Puis ça faisait partie aussi de la formation que j'ai reçue. Qu'un enseignant,
[01:11:46] c'est ça. Puis, tu sais, à l'époque, c'était... C'est en 2008, moi, que j'ai terminé ma formation parce que c'était une deuxième carrière, comme je dis. Donc, à l'époque, tu sais, c'était encore voici ce que tu dois connaître puis là, tu vas transmettre ça aux élèves que tu vas avoir. C'était encore cette approche-là un peu. Tu sais, on était moins dans la réciprocité. Et puis, moi, la personne que j'étais, que je suis encore... Ça fait partie de mon fibre aussi,
[01:12:16] très organisée, avoir maîtrisé les choses. En tant qu'enseignant, je pense qu'on est beaucoup comme ça. Puis, avant la pandémie, je savais que j'étais comme ça, mais j'étais aussi très passionnée. Ça fait que des fois, j'avais comme la pensée plus grande que... Je faisais des trucs, je n'avais jamais le temps de tenir avec mes élèves parce que là, je pensais, telle nouvelle affaire que je voulais faire avec eux autres ou tel projet. Quand la pandémie est arrivée, que j'ai eu ce déclic-là, que j'ai des élèves devant moi
[01:12:46] qui souffrent. Qui souffrent comme littéralement. Puis, qui souffrent pour différentes raisons. Qui souffrent qu'ils ne voient pas leurs amis. Qui souffrent qu'ils sont isolés à la maison. Oui, la solitude. L'incertitude qui se passe dans le monde. Tout le monde meurt. Eux autres, ils voyaient ça comme ça. On ne sait pas, ça va-tu dire je vais mourir? On ne sait pas, il n'y avait rien qui était connu à propos de tout ça. Et puis, c'était vraiment insécurisant. Puis moi,
[01:13:16] si j'avais juste dit qu'on continue avec nos affaires, je n'aurais pas vu ça. C'est important que je le voie ça puis que je m'arrête comme j'ai dit tantôt. Alors, ça a été un déclic comme ça. Aujourd'hui, qu'est-ce qui fait que c'est différent pour moi en tant que pédagogue? C'est que je continue à voir ces états de mal-être-là. Je les vois beaucoup et souvent. Puis je pense que c'est juste dans le monde dans lequel on vit. Je te mentionnais tantôt, moi,
[01:13:45] tu viens me chercher, on vient de terminer la semaine de prévention du suicide. Puis les statistiques que je vois, par rapport à ça, je trouve ça, je ne peux pas voir qu'aujourd'hui, on est dans un monde où ce mal-être-là est tellement prenant et présent. Puis, dans mon rôle de professeur, bien, je vois, puis peut-être
[01:14:14] que je l'aurais vu avant aussi, mais là, on dirait que je le vois vraiment. C'est comme, qu'est-ce qui est important? C'est quand il faut que vraiment que je m'arrête de miser sur la matière ou le contenu sur lequel je dois avoir contrôle, puis de laisser de l'espace dans un moment opportun, dans un moment imprévu peut-être, ou même de ce que la personne vit dans sa vie. Comment est-ce que moi, je peux être en commandant, flexible? Comment est-ce que je peux comprendre? Comment est-ce que je peux venir en aide, donner du soutien?
[01:14:44] Tout ça, c'est ce qui fait de moi une pédagogue. Je ne suis pas en train de dire que je n'étais pas de même avant, mais je le suis beaucoup plus maintenant. C'est comme si tu étais plus consciente de la portée de l'autre qui est devant toi. Oui, puis que cet aspect-là de l'humain, d'être bien ou pas bien, c'est à l'avant-plan. Tu sais, quand on parle d'un tableau, il y a comme
[01:15:14] des perspectives, un avant-plan. Ça, c'est à l'avant-plan maintenant, tout le temps. Puis ça fait une différence, je trouve, je pense que ça fait une différence. En tout cas, je l'entends dans les rétroactions de mes étudiants que si je prends le temps pour faire quelque chose, faire un check-in ou discuter ou tendre la main et dire, écoute, je vais t'en parler ou même juste changer
[01:15:44] ce que je fais dans mon plan de cours. Comme, OK, on a un plan de cours. À l'université, voici le plan de cours. Le plan de cours, c'est la Bible. Mais, je me dis, on écrit dans nos plans de cours, le calendrier des séances, c'est provisoire parce que vous faites partie de la communauté d'apprentissage. Alors, ça se peut qu'on aille à dévier quelque chose puis qu'il y a quelque chose qui arrive ou quoi que ce soit. Puis qu'on se donne cette liberté-là ensemble en tant que communauté et l'apprentissage, que ça se peut que ça change un peu.
[01:16:14] Puis qu'on se donne la permission d'être souple et d'être flexible et de répondre à ce qu'on a besoin au moment. C'est vraiment fantastique. Vraiment. Fait que là, mettons, mettons que je te pose la question, on arrive à la conclusion de notre entretien. Je ne sais pas si c'était la question que je devrais te poser, mais ça serait le fun de t'entendre. pourquoi devenir enseignante ou enseignant en 2025? On a tellement besoin de gens
[01:16:43] avec cette posture-là, en avant-plan, l'autre, ils sont bien-être, ils sont devenus. Pourquoi on devrait y être enseignante ou enseignant en 2025? C'est une question super chargée, mais c'est la question du jour. Oui. Parce qu'avec tout ce qui se passe, puis nous, à la formation, il faut trouver cet équilibre-là, de infuser la patience
[01:17:11] puis l'excitement de devenir enseignante, mais pas de cacher les réalités. Non, non, non. Il n'y a pas de lunettes roses et pas de feu d'artifice. C'est ça. Alors, on navigue cet équilibre-là pour vraiment bien préparer parce que c'est dans la préparation, on va avoir la meilleure préparation possible pour nos étudiants et les étudiantes. Ce que je dirais, c'est pourquoi, tout ce qu'on a discuté aujourd'hui, la personne humaine
[01:17:40] que sont les élèves, bien, ils passent vraiment beaucoup de temps. Puis ça, je disais au groupe de jeunes d'oncième et douzième année la semaine passée, imaginez le temps que les élèves passent à l'école. C'est vraiment un bon morceau de temps, chaque jour, semaine, année. Et puis, donc, si on peut faire une différence, si on peut contribuer justement à ce temps-là qui est passé à l'école, mais que ça soit pas, que ça soit quelque chose
[01:18:09] de enrichissant, mais de, quelque chose de, qui leur rapporte un grand bien en tant qu'humain. Oui. Puis nous aussi, nous aussi, donc, que nous, on soit là pendant tout ce temps-là, comme la jeune qui avait dit, tu sais, la paix intérieure. Ça fera une paix intérieure. Oui, que c'est pas comme en attendant, en attendant que je sois bien, je vais aller à l'école, je vais faire ma job, je vais revenir. C'est pas une salle d'attente, là. Non,
[01:18:39] c'est pas une salle d'attente. Donc, si vous avez, puis tu sais, les enseignants, tu sais, en tant que toi, tu as quelque chose à partager, tu as un souci de l'autre personne, tu as un souci de partager, tu sais, ces moments-là d'apprentissage en enseignant, puis en apprenant aussi, en même temps, bien, je pense que c'est ton devoir de devenir enseignant, parce que
[01:19:08] pourquoi garder ça tout à toi? C'est un petit peu égoïste. Alors, tu me dis, tu sais, ça vaut la peine d'apprendre comment bien gérer rendu là, comment bien l'équilibrer tout ça pour pas que ça devienne difficile comme on peut peut-être l'entendre parler, puis la pénurie, je veux dire, on entend parler, c'est certain que c'est pas ça qui est le vendeur en ce moment-là. pour recruter dans notre profession. Mais de l'autre côté, moi, je dis, c'est la plus belle profession au monde.
[01:19:37] C'est la plus grande responsabilité d'une profession, mais en plus, c'est la plus belle parce qu'on est avec, justement, des citoyens en devenir. Donc, c'est important de reconnaître que ce qu'on a à partager pour faire fleurir, justement, ces citoyennes, citoyens-là, bien, c'est une expérience
[01:20:07] qui est incomparable à d'autres professions. c'est une histoire d'amour. C'est une histoire d'amour. C'est une histoire d'amour puis autant une histoire d'amour envers nous parce que, comme je l'ai dit tantôt, il faut aussi se prendre soin de nous à travers de tout ça. Mais c'est possible. C'est possible. En jasant, en ayant ces conversations-là, par exemple, Marius, je pense que ça aide qu'on en parle comme ça, qu'on soit ouvert,
[01:20:37] qu'on ne soit pas aveugle aux réalités de la profession. Non, non. Moi, j'aime beaucoup dire aux gens que c'est la plus belle profession, mais ça te prend des stratégies. Oui. Oui, parce que ça peut être difficile. Même avec des stratégies, ça le dit. Mais pourquoi les jeunes qui sont là, c'est tellement important? Oui. Je reviens à ce que je disais, c'est de réfléchir à notre pourquoi et notre comment. Et voilà. C'est parce que le quoi, le quoi, il va être là. Le quoi,
[01:21:07] c'est comme... Mais le pourquoi et le comment. Alors, si ça, c'est vraiment quelque chose qui vient, tu sais, chercher une personne, ça vaut tellement la peine, je dirais. Ma chère Dani, quel plaisir de jaser avec toi aujourd'hui. Qu'est-ce qu'on te souhaite en 2025 qui s'en vient, mettons, que tu anticipes positivement? Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter à toi qui te ferait du bien comme pédagogue? Hum, comme pédagogue, je dirais...
[01:21:37] Moi aussi, j'apprends et moi aussi, j'apprends à prendre soin de moi et je suis encore dans ce processus-là. Donc, je pense que ce que tu pourrais me souhaiter, c'est de continuer à être capable de laisser aller certaines choses, de reconnaître, prioriser et de reconnaître que j'ai besoin que je sois bien en dedans parce qu'une dany qui est bien en dedans, qui a une paix inférieure va être la meilleure dany pour ses étudiantes à la formation et à l'enseignement. Fait que c'est ça.
[01:22:07] C'est ça mon souhait de pédagogue pour moi-même, I guess. Ah, écoute, écoute, c'est de toute beauté. Merci d'avoir pris le temps de jaser avec moi aujourd'hui. C'était vraiment un bonheur et un privilège. Bien, c'est réciproque. Merci beaucoup de l'invitation, Marius, c'est le meilleur des succès et le meilleur du bien-être à nos futurs enseignants et enseignantes qui vont entrer en profession. Yes, c'était Danny Diaz à Tout le monde
[01:22:36] est un leader. Merci d'avoir pris le temps d'écouter l'épisode de cette semaine. J'espère que vous avez des idées concrètes à réinvestir dans votre milieu. Si vous appréciez le podcast et que vous n'êtes pas encore abonné, je vous invite à vous abonner dès maintenant sur la plateforme de votre choix. Un, ça me fait tellement plaisir et deux, c'est une façon très concrète pour nous de savoir que le podcast répond à un besoin. Si vous êtes à la recherche de podcasts francophones portant sur l'éducation, connaissez-vous
[01:23:06] baladopédago.com? C'est votre répertoire de balado pédagogique en français fait par des passionnés de l'éducation. Ça vaut vraiment la peine d'aller jeter un coup d'œil au baladopédago.com. Et pour ne rien manquer de mes activités, je vous invite à me suivre dans les réseaux sociaux et à consulter le site web au mariusbourgeois.ca. Ensemble, mes très chers collègues, transformons l'éducation. À bientôt. Sous-titrage Société Radio-Canada et sous-titrage Société Radio-Canada

