Le printemps, c’est le temps du renouveau. On ouvre les fenêtres, on laisse entrer l’air frais… et on laisse aller ce qui ne nous sert plus. Mais qu’en est-il de notre espace mental, émotionnel et professionnel? 🤔
Dans cet épisode, on parle de laisser aller. Comme cette vieille chaise rose pleine de souvenirs (vous allez comprendre en écoutant l'épisode), il y a des histoires qu’on se raconte sur nous-mêmes, nos collègues, nos élèves, et même l’éducation en général… qui nous freinent plus qu’elles ne nous propulsent.
Comment créer de l’espace pour le nouveau? Comment avancer ensemble vers un avenir lumineux? C’est ce qu’on explore aujourd’hui. ✨
🎧 Mettez vos écouteurs et venez faire le ménage avec moi!
Tout le monde est un leader
👥 À qui s'adresse ce podcast ?
À toutes les personnes qui veulent faire avancer l’éducation.
Chaque semaine, Marius vous dévoile des stratégies éprouvées, des analogies puissantes, des perspectives éclairantes et des pistes concrètes pour inspirer la transformation en éducation. Amener un changement en éducation, c'est possible. La transformation est avant tout un processus intérieur. Il ne s’agit pas de travailler plus fort, mais d’être intentionnel chaque jour.
🎤 À propos de Marius Bourgeoys :
Passionné du leadership et de l’éducation, Marius se déplace partout pour partager des idées et des stratégies afin de faciliter la transformation en éducation. Tout le monde est un leader, c’est sa conviction mais c’est aussi son histoire. À ce jour, Marius a déjà offert plus de 450 conférences dans la francophonie canadienne et mondiale.
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[00:00:00] Il y a plein de choses qu'on ne contrôle pas en éducation, mais ce qu'on contrôle en éducation, c'est comment on se présente au quotidien. Qu'est-ce qui se trouve dans ma zone de contrôle? Mes façons d'être, mes façons de faire. Qu'est-ce que je dis? Qu'est-ce que je fais? Est-ce qu'il y a des super de bonnes idées qu'on peut s'échanger le vendredi soir autour d'une bonne bouteille de vin pour parler de ce qui pourrait améliorer ce qui est présentement hors de notre contrôle? Absolument. Est-ce que les gens responsables du système ont des grandes responsabilités? Absolument.
[00:00:29] Mais si je passe tout mon temps à me raconter des histoires et que je passe mon temps à parler de ça, je me place inconsciemment dans une position d'impuissance. Il n'y a rien à faire, il faut que j'attende que ça change. C'est souffrant, ça. Bonjour, je m'appelle Marius et vous écoutez Tout le monde est un leader. Un podcast pour transformer l'éducation. Parce que les temps changent, les amis.
[00:01:01] Depuis plus de dix ans, j'aide les leaders à inspirer la transformation dans leur milieu. Pour être un agent de changement, il faut être un agent en changement. Le système d'éducation, c'est du monde. Et tout le monde est un leader. Bienvenue à Tout le monde est un leader. Aujourd'hui, mes très chers collègues, j'ai le bonheur et le privilège de vous offrir un épisode en toute intimité. Ça fait un petit bout que je n'ai pas parlé tout seul.
[00:01:30] Puis, bien c'est le printemps. C'est le printemps. Et puis, aujourd'hui, j'ai le goût de vous parler de laisser aller. Laissez aller des choses au printemps. C'est comme si la nature reprend vie. Et puis, juste avant le printemps, bien la nature laisse aller des choses. Je ne sais pas si vous faites ça dans votre coin, mais le printemps, souvent on fait le ménage. On appelle ça les grosses vidanges vont passer.
[00:01:59] On fait le ménage de la maison, on fait le ménage du garage, on laisse aller des choses. Ça fait de la place pour le neuf. Ça fait aussi juste de la place. C'est le fun, des fois, quand il y a de la place. Et qu'on peut juste apprécier ce nouvel espace-là. Il y a des choses qui prennent de la place dans nos vies, physiquement, émotionnellement. Et c'est la même chose en éducation, puis il y a un lien direct. Je prenais un café avec ma chère épouse. On a un petit rituel du matin où on se raconte notre cheminement,
[00:02:28] où on en est dans nos tâches, dans nos vies, dans notre couple et tout ça. Nos enfants, maintenant, sont dans la début vingtaine. Si vous avez des enfants qui sont plus vieux, vous allez peut-être vous reconnaître. Souvent, on se parle et on se dit, « Te souviens-tu quand les enfants étaient plus jeunes? » Puis des fois, on aurait le goût que nos enfants aient encore 3, 4, 5 ans, juste pour une journée, tu sais. On s'ennuie parfois de cette version-là de nous qu'on a été.
[00:02:58] Puis en lien avec le message, le ménage du printemps, ça m'a rappelé une histoire. Et il y a un lien direct entre cette histoire-là et l'idée d'innover en éducation, puis la collaboration dans nos écoles. OK? Donc, je vous demande d'être patient avec moi. Je vais essayer d'aller droit au but. Je jasais avec ma femme, puis je me rappelais d'une histoire à un moment donné, tu sais, quand on a commencé à faire notre vie ensemble, les enfants étaient très jeunes.
[00:03:26] Bien, tu sais, la famille, des fois, on s'aide, on reçoit du ménage, des meubles d'un grand-père, un sofa d'une place, une table d'un oncle. Tu sais, tu commences dans la vie. Puis nous, on avait reçu une vieille chaise rose de mon grand-père paternel, donc le père de mon père, puis un genre de Lazy Boys en velours, vieux rose. Puis à un moment donné, il y a une vis dans le côté qui tombait toujours.
[00:03:54] On ne pouvait plus la faire tenir là, donc il fallait se lever, trouver la vis, aligner les trous en bas, replacer la vis comme ça. La chaise demeurait alignée et solide, mais c'était la chaise à moi et les enfants. Chaque fois qu'on regardait des émissions pour enfants, un film, peu importe, c'est avant l'époque du streaming en ligne, on s'entend, là. Et puis, on passait du temps ensemble, tu sais.
[00:04:21] Les enfants étaient assis sur les plus bras de chaque côté, puis on regarde les choses. Le fauteuil était incliné vers l'arrière un petit peu. Vous voyez l'image, hein? Tout le monde a eu ça, une chaise de même, je pense. Je ne sais pas si c'était vieux rose la couleur, mais en tout cas, vous pouvez vous imaginer la chaise. Un moment donné, elle était brisée, puis on a été capables, dans notre planification, de dire, hé, on va s'acheter une nouvelle chaise. Tu sais, c'est normal.
[00:04:47] On se disait, OK, celle-là n'est plus très agencée avec ce qu'on a dans notre maison. Elle nous a rendu de précieux services. On apprécie que la famille nous ait aidés. Puis, à un moment donné, tu te dis, regarde, on va s'acheter un Lazy Boy de notre choix. Puis, ça s'adonnait, je pense, au printemps. Ça fait qu'on sort la vieille chaise, tu sais. Bien, notre chaise. On va la mettre au chemin pour les grosses vidanges.
[00:05:18] Elle était brisée, tu sais. Et mon garçon, Xavier, à ce moment-là, il a 3-4 ans. Puis, il m'accompagne parce que, tu sais, on l'implique dans les tâches, puis tout ça, comme on fait avec nos enfants. Puis, à un moment donné, bien, tu sais, on parle aux meubles, on parle à… Tu sais, quand les enfants sont jeunes, la personnalisation, là, on personnifie toutes les choses, tu sais. Je ne sais pas si c'est de même pour vous et vos enfants. Mon point, c'est que j'ai invité mon garçon. Hey, on dit-tu bye?
[00:05:48] On dit-tu bye à notre vieille chaise? Puis, moi, à l'intérieur de moi, on dit bye à la vieille chaise. C'est un peu un soulagement et une fierté de pouvoir en acheter une nouvelle. Donc, mon invitation est remplie de bye. On passe à un prochain chapitre. On a une nouvelle chaise. J'ai hâte d'aller l'essayer. On va être plus confortable et plus solide. Vous me suivez? Il y a juste des avantages dans ma tête. Puis, mon garçon est bout dans l'entrée, dans le driveway.
[00:06:18] Il regarde la chaise puis il se met à pleurer. Là, je ne comprends pas. Je dis «qu'est-ce qu'il y a, gars? » Je ne m'attendais pas à ça. Il me dit «bien, pape, » Puis, il dit «ça me rend... ça me rend émotif, là. »
[00:06:42] Ce qui me rend émotif, c'est «c'est une belle époque, tu sais. » Je n'attendais pas à ça en vous parlant de ma chaise. Mais, belle époque dans le sens, tu sais, tu te souviens tellement des vos souvenirs. Ça fait qu'on dit «bye » à notre chaise.
[00:07:12] Puis, mon gars, c'est ça qu'il me dit. Il dit «pap », il dit «bien, c'est notre chaise. » Lui, là, la nouvelle chaise, là. On s'en fout de la nouvelle chaise. On est en train de dire «bye » à notre chaise. «Laissez-aller. » «Laissez-aller. » Puis, quand j'ai raconté cette histoire-là à mon épouse,
[00:07:41] bien, on était émotifs les deux, un peu comme je suis là, parce qu'on se rappelle de cette époque-là. Mais j'ai expliqué à quoi ça me faisait penser, tu sais, puis ça m'a inspiré pour l'épisode d'aujourd'hui. Puis, c'est quoi le lien avec ça, Marius, faire le ménage du garage, s'acheter une nouvelle chaise? Euh... Tu parles pas de leadership en éducation, d'habitude, toi? M'en viens. Prends une petite gorgée d'eau.
[00:08:09] Partout en éducation, présentement, on essaie d'améliorer les choses. Puis, pour améliorer les choses, le véhicule connu, c'est la collaboration. C'est le seul véhicule connu, efficace, systématique, qui nous permet d'améliorer les choses. Et ce que j'aime bien dire aux gens quand je les accompagne, que ce soit en formation, que ce soit en coaching,
[00:08:30] peu importe, c'est que pour obtenir des résultats qu'on n'a jamais obtenus, il faut devenir une personne, une équipe, qu'on n'a jamais été. Et ça, ça veut dire qu'il faut laisser aller une version de nous individuelle, une version de nous collective, qu'on aime peut-être.
[00:08:59] Vous me suivez? Et ça, ça permet de faire de la place pour le champ des possibles, pour ce qu'on pourrait devenir. Mais quand tu laisses aller quelque chose, ça crée un espace. Quand on a mis notre chaise au chemin, la nouvelle n'était pas arrivée encore. Vous me suivez? On faisait juste de la place. On avait un plan. On l'avait choisi en éducation quand on choisit nos nouvelles étapes. C'est pas toujours clair. Ça crée de l'espace, ça crée de l'incertitude.
[00:09:29] Puis il y a une grande victoire pour améliorer les choses dans sa vie, comme en éducation. La grande victoire, c'est de passer à l'action face à l'incertitude. Parce que de l'autre côté de l'incertitude, ce qui nous fait peur dans le fond, c'est que de l'autre côté de l'incertitude, qu'est-ce qui nous attend? Bien, c'est une version de soi, une version de l'autre qu'on n'a jamais été. Puis des fois, on a peur de la lumière.
[00:10:00] On a peur de la lumière. Tu sais, l'expression « la meilleure version de soi-même », quand on laisse aller des choses... Moi, ce que je découvre, je ne sais pas si vous allez être d'accord, en vieillissant, je découvre que la meilleure version de soi-même, c'est pas d'essayer d'être quelque chose que je ne suis pas. Non, c'est d'enlever ce qui m'empêche d'être pleinement qui je suis. C'est pas du développement professionnel qu'on fait en équipe, c'est du dépouillement professionnel.
[00:10:30] On enlève ce qui ne nous sert plus. On enlève ce qui nous empêche de briller, pas briller pour notre égo. Mais il y a une raison pourquoi on est en éducation. Il y a une raison pourquoi vous êtes où vous êtes présentement dans votre poste. Vous avez quelque chose à offrir. Vous avez déjà en vous la lumière, mettons, là. Ce qui fait que vous avez quelque chose à offrir. Et quand on parle de laisser aller aujourd'hui,
[00:10:58] c'est de laisser aller ce qui met un filtre, qui cache cette lumière-là, qui vous empêche de réellement vous épanouir. Parce que quand on est dans notre lumière, quand on est dans notre raison d'être, dans notre essence, on sent qu'on est aligné, on sent que tout prend son sens. Tout est plus lumineux. Ouais. Donc, l'invitation que j'ai pour vous aujourd'hui, qui part de cette histoire-là, de mettre une chaise rose au chemin, c'est que ça me fait penser au travail d'équipe, tu sais.
[00:11:27] Puis, j'ai comme cinq choses que j'aimerais qu'on… C'est des histoires. Cinq histoires qu'on se raconte, que je vous invite peut-être à laisser aller si vous pensez que ça s'applique à vous. Moi, je ne vous connais pas. C'est sans prétention. Mais c'est des choses que moi, je travaille activement à faire depuis plusieurs années,
[00:11:54] mais que je fais encore aujourd'hui, c'est de laisser aller des histoires. Et l'objectif aujourd'hui, c'est de laisser aller des histoires pour briller individuellement puis en équipe. Si on veut avancer ensemble dans l'éducation, la seule façon d'avancer, c'est ensemble. Mais dans plusieurs milieux, le bout qui s'appelle « ensemble », c'est le frein. Tu sais, c'est comme « oh, on veut avancer, mais faut-tu vraiment que j'avance avec ce monde-là? » Ouais.
[00:12:22] Fait que mon invitation, rapidement, aujourd'hui, cinq histoires, laissez aller cinq histoires qui nous empêchent de briller. Et la première histoire que j'aimerais vous inviter à laisser aller, moi, je ne la connais pas, l'histoire. Mais la première histoire, c'est l'histoire que je me raconte à propos de moi-même et de mes capacités en éducation.
[00:12:50] Je ne veux pas savoir à quel point ça me stimule, ça, d'aider les gens, particulièrement les gens qui me disent « Marius, je ne sais pas ce que je peux faire, j'ai l'impression d'avoir tout essayé. » « Marius, je me questionne, je suis-tu à la bonne place? » Je comprends, c'est légitime comme question, tu sais. C'est légitime. Il n'y a aucun jugement ici, là. Mais comment on se sent au quotidien, comment on se sent dans notre réalité, ça vient de l'histoire qu'on se raconte.
[00:13:18] Êtes-vous conscient de l'histoire que vous vous racontez à propos de vos capacités en éducation dans votre poste? Parce qu'on a tendance, comme être humain, à se donner raison. Si l'histoire que je me raconte, c'est que je ne suis pas à ma place, que mes jeunes ne m'aiment pas, qu'ils ne sont pas engagés, que ça ne marchera pas avec tel collègue, que je ne suis pas dans la bonne école,
[00:13:44] j'ai toutes les bonnes idées, mais les 72 membres du personnel, c'est drôle, ils ne me comprennent pas, donc je ne suis pas à la bonne place. Vous me suivez? C'est quoi l'histoire que je me raconte à mon sujet sur mes capacités? Je ne peux pas innover, Marius, cette année avec ce groupe-là. Je n'ai pas les bons élèves. L'année prochaine, je vais être capable, je vais avoir l'autre groupe. Marius, moi, je trippe sur l'éducation, mais moi, je suis juste une direction d'école. Je ne suis pas techno. Moi, je laisse ça à l'équipe.
[00:14:12] Moi, je vais gérer des choses. Si vous écoutez les gens vous parler, les paroles qui sortent de notre bouche au quotidien racontent, révèlent l'histoire qu'on se raconte à notre sujet.
[00:14:32] Dès que j'utilise la formulation « je suis », c'est le setup, c'est le début de phrase le plus puissant de la langue française, mesdames et messieurs. Dès que je dis « je suis », ce que je mets après ça, c'est gros. Je suis en train de révéler qui est mon identité.
[00:14:54] Et c'est drôle parce que l'identité détermine, l'identité que je me donne détermine toutes mes paroles et mes actions, tout ce qui est possible ou non pour moi. Donc, mon invitation, c'est que si on veut avancer ensemble, si on veut être capable de travailler en équipe, l'histoire que je me raconte à propos de moi-même. Il y a des gens qui sont très sévères à leur endroit. « Oui, mon mari, ça fait tellement d'années que je n'ai pas suivi de formation.
[00:15:24] Je ne peux pas aller m'asseoir avec des collègues puis collaborer. Je n'ai même pas les mots pour parler de la pédagogie. » Je ne peux pas vous imaginer ce que j'entends quand je suis en un à un avec les gens. On se raconte des histoires. Je vous rappelle, il y a zéro jugement. Il y a juste de l'empathie de ce que je suis en train de vous dire. OK? Donc, quelle est l'histoire que je me raconte à propos de moi-même présentement? Ce serait ma première question.
[00:15:53] C'est-tu une histoire qui parle de tout ce que j'ai à offrir et ce qui est possible pour moi? Ou est-ce que c'est une histoire qui me garde petit, qui me garde dans ma vieille chaise, que j'ai besoin de réparer? Vous me suivez? Première histoire. Deuxième histoire. C'est quoi l'histoire que je me raconte à propos de mes collègues?
[00:16:24] Des fois, on prend des grandes décisions. On ne sait même pas parler. On a vu un regard. On a vu un soupir. On a vu une réaction non-verbale en rencontre. On l'interprète. Puis là, on prend une décision. On se dit, ah, c'est sécuritaire ou pas aussi. Moi, ce que je peux vous dire, c'est qu'il n'y a pas une personne en éducation qui ne vit pas des grands défis dans son poste présentement. Chaque jour, on part en randonnée, puis on essaie de stimuler l'engagement et l'apprentissage
[00:16:54] chez les enfants qui nous sont confiés ou les personnes avec qui on collabore en fonction de votre fonction, votre rôle, vos responsabilités. Et on surmonte des défis humains, puis on se raconte des histoires sur ce que les autres pensent de nous. Ça freine l'éducation, ça. Un excellent livre. Je ne sais pas si vous le voyez, si vous êtes dans YouTube, peut-être que vous le devinez sur ce côté-là.
[00:17:25] Un livre avec la couverture jaune. Unreasonable Hospitality de Will Guedera. Top 3 livres dans mon vécu jusqu'à date. Et là-dedans, il parle de... Il invite les gens à... « Make the charitable assumption ». Si je vois quelque chose chez un collègue qui me déclenche, il n'y a rien comme des collègues pour déclencher notre histoire de vie, notre histoire en éducation. Vous me suivez?
[00:17:52] Si je suis déclenché, l'invitation de Will Guedera, c'est « Make the charitable assumption ». Présumé de bonnes intentions. Pourquoi? Hey, les collègues, ils sont là en éducation. Il est là, là. Il est là. Il est dans la reine. Chaque jour, il essaie. Et les gens, là, une des choses les plus fantastiques qu'une collègue m'a dit en début de carrière,
[00:18:18] la collègue m'a dit « Marius, te rends-tu compte qu'à chaque fois qu'une collègue ou un collègue te partage une idée, c'est sa meilleure idée ? » Des fois, les gens nous disent des choses et puis disent « Ah, ouais, hein. On voit pas ça de même pendant tout. » Ça, là, c'est la meilleure idée de cette personne-là présentement. Dites-vous une chose, les personnes qu'on côtoie se racontent des histoires au sujet de leur capacité.
[00:18:48] Vivent des choses dans leur poste qu'on nomme pas toujours parce qu'on se dit « C'est-tu permis ici d'avoir des doutes ? C'est-tu permis ici d'avoir de l'incertitude ? C'est-tu permis ici de dire « Hey, sais-tu quoi ? » Je ne sais pas. Je ne sais pas ce que je peux faire. C'est-tu permis ça ? Donc, c'est quoi l'histoire que je me raconte à propos de mes collègues ?
[00:19:12] Parce qu'inconsciemment, peut-être que ça m'amène à devenir un frein pour l'équipe. Sinon, verbalement, je communique haut et fort qu'il y a une histoire à l'intérieur qui n'est peut-être pas positive au sujet des gens qui sont là. Si vous avez déjà pensé à ça, s'il y avait une caméra qui vous observait, si vous étiez capable d'être l'observateur, de vous observer dans le feu de l'action, pensez-y, vous êtes en rencontre.
[00:19:40] Ce qui vous vient à l'intérieur, il y a une histoire que vous vous racontez. Cette histoire-là affecte comment vous vous présentez autour de la table. Mais si je n'ai pas conscience de ça, je ne peux pas agir là-dessus. Moi, ce que je vous invite, c'est de laisser aller les histoires qui vous freinent malgré le vécu, malgré les preuves que vous pensez que vous avez, il y a des gens qui sont là et qui essayent.
[00:20:10] C'est quoi l'histoire que je dois laisser aller au sujet de certains de mes collègues? Troisième histoire. Je ne vais pas prendre trop de votre temps aujourd'hui. L'histoire que je me raconte au sujet des élèves d'aujourd'hui. Comment je parle des élèves? Comment je les vois?
[00:20:35] Il y a des atrocités qui sont mentionnées chaque jour de façon inconsciente au sujet des enfants, en fonction des cotes de cours. Quand on fait l'organisation scolaire et qu'on dit « OK, ça, c'est les noms sur ma liste de classe », comment on nomme, comment on réagit aux listes de classes qu'on nous confie? On est-tu content de travailler avec ces jeunes-là? Il y a toujours le sel dans les mains.
[00:21:06] La grande distraction. On m'a demandé récemment d'offrir une nouvelle conférence que j'ai développée. Ça s'appelle « La grande distraction ». Je vais vous donner le titre comme il faut. « La grande distraction ».
[00:21:36] À l'époque où ils sont nés, puis je me dis « C'est-tu juste de gérer une distraction qu'on veut faire? » Où est-ce qu'on veut? On a vraiment le souci de ces enfants-là et qu'on veut les amener à prendre conscience du temps dont ils disposent dans leur vie, de la lumière qu'ils portent en elles et en eux, et de les amener à peut-être faire des choix conscients qui sont au service de qui ils sont en train de devenir.
[00:22:01] On veut-tu juste gérer le sel ou on veut élever, élever les individus qui nous sont confiés? Parce qu'il y en a une grande distraction. Faites juste penser à vous en tant qu'adultes, votre temps d'écran à vous. Donc, c'est quoi l'histoire que je me raconte au sujet des jeunes d'aujourd'hui? Si je me raconte une histoire d'impossibilité,
[00:22:27] quelles sont les chances que ces jeunes-là soient bien servis en ma présence? Si j'ai déjà décidé, il n'y a rien à faire avec ces jeunes-là. Donc, je vous invite peut-être à laisser aller cette histoire-là qui ne vous sert plus. Elle ne sert pas vos élèves. Et elle vous coûte sûrement beaucoup plus cher le vendredi soir. Vous me suivez?
[00:22:55] Quatrième histoire qu'on laisse aller. L'histoire que je me raconte à propos de l'éducation. Comment ça marche? Il y a plein de choses qu'on ne contrôle pas en éducation, mais ce qu'on contrôle en éducation, c'est comment on se présente au quotidien. Qu'est-ce qui se trouve dans ma zone de contrôle? Mes façons d'être, mes façons de faire. Qu'est-ce que je dis? Qu'est-ce que je fais? Est-ce qu'il y a des super de bonnes idées qu'on peut s'échanger le vendredi soir autour d'une bonne bouteille de vin pour parler de ce qui pourrait améliorer
[00:23:25] ce qui est présentement hors de notre contrôle? Absolument. Est-ce que les gens responsables du système ont des grandes responsabilités? Absolument. Mais si je passe tout mon temps à me raconter des histoires, puis je passe mon temps à parler de ça, je me place inconsciemment dans une position d'impuissance. Il n'y a rien à faire, il faut que j'attende que ça change. Hey, c'est souffrant ça.
[00:23:49] Si je laissais aller cette histoire-là qui m'empêche de regarder là où j'en ai du pouvoir. Cinquième chose. Cinquième histoire à laisser aller. L'histoire que je me raconte au sujet de l'arrivée des intelligences artificielles. Qu'est-ce que je me raconte par rapport à ça? Est-ce que j'ai la tête dans le sable, puis je me dis non, ça va juste passer? Est-ce que je me raconte des choses atroces comme, bien là, on va se faire remplacer par la machine?
[00:24:19] Est-ce que j'ai même commencé à explorer des choses? C'est quoi l'histoire que je me raconte par rapport à ça? C'est-tu juste une distraction parce que là, il faut que je repense mes façons d'évaluer? C'est-tu juste une chose de plus que je dois gérer? Le plagiat dans les écoles, le code de vie doit être revu. Comment je vois l'intelligence artificielle? Qu'est-ce que j'en connais réellement?
[00:24:46] Si l'histoire que vous racontez au sujet de l'IA, c'est un frein, je vous invite à la laisser aller, cette histoire-là. Pas se mettre la tête dans le sable, puis se mettre des lunettes roses, puis faire semblant que ça n'existe pas, puis qu'il n'y a aucun défi de relier à ça. Il y a des défis qui sont majeurs. Maintenant, est-ce que votre histoire vous sert? Est-ce qu'elle vous propule? C'est ça l'idée ici.
[00:25:12] Parce que l'histoire qu'on se raconte au sujet de soi, au sujet de ses collègues, au sujet des élèves, au sujet de l'éducation, au sujet de notre société qui va de plus en plus inclure l'IA comme l'électricité, vous me suivez, c'est big de même. Bien, tout ça, ça devient des freins potentiels. Quelle histoire? Je me raconte. Toutes ces histoires me gardent dans ma vieille chaise rose,
[00:25:41] qui ne demande pas mieux que d'être mis au chemin. C'est une chaise qu'on connaît. C'est une chaise dans laquelle peut-être on est confortable, parce qu'elle est prévisible. Je le savais que la vis allait tomber, puis exactement au même moment. C'était prévisible, puis quand c'est prévisible, ça me donne le sentiment d'être en contrôle de quelque chose. Puis l'invitation à collaborer en éducation, c'est une invitation à aller, laisser aller des choses. C'est pas invitant à première vue, là.
[00:26:12] Collaborer. On va aller écouter des gens qui ne voient pas les choses comme nous. On va aller écouter des gens qui ont un vécu différent d'une autre. On va aller écouter des gens parler de comment eux se sentent par rapport à l'idée de laisser aller certaines choses. Ça me semble que ça irait plus vite si j'étais juste tout seul, tu sais. L'éducation est un sport d'équipe. Donc, quand on collabore ensemble, si on revient à ça, on ne peut pas juste parler de la chaise neuve.
[00:26:41] On ne peut pas juste parler « Hey, wow, c'est Sharp, l'IA! » parce que moi, je trouve que c'est Sharp, l'IA. On ne peut pas juste parler des outils ou des stratégies ou des choses qui vont bien marcher parce qu'on voit tout le potentiel et on est excité par la nouveauté. Il y a des gens comme ça, là, qui voient juste ce côté-là. Il faut juste être conscient qu'il y a deux côtés à la médaille. Autour de la table, il y a aussi une chaise rose qu'on laisse aller. Parce que si j'ajoute quelque chose, je laisse aller quelque chose. Et quand je laisse aller quelque chose, ça fait de la place pour le nouveau.
[00:27:12] Ce n'est pas parce que c'est nouveau que c'est mieux. Mais on parle ici de créer de la place pour des nouvelles histoires qui nous propulsent. Ce qu'on veut laisser aller, ce n'est pas juste ce qui est vieux. On veut laisser aller ce qui ne nous propulse pas. On veut laisser aller le handbrake. Ça se peut-tu, ça? Le handbrake, c'est l'histoire qu'on se raconte. Oui. Lorsqu'on laisse aller les histoires qui nous freinent, qui nous empêchent d'avancer,
[00:27:42] on s'ouvre au champ des possibles, mes très chers collègues. On s'ouvre au champ des possibles. Et mon invitation aujourd'hui, pourquoi je vous ai parlé de ma chaise rose et du message, le ménage de garage, c'est qu'on peut transformer l'éducation en transformant les histoires qu'on se raconte au sujet de l'avenir qu'on tente de créer dans l'ici et maintenant. Je vous laisse avec ma question finale.
[00:28:11] Quelle histoire avez-vous envie de raconter? Quelle histoire avez-vous envie d'écrire avec vos collègues? Je vous laisse penser à ça. Merci d'avoir pris le temps d'écouter l'épisode de cette semaine. J'espère que vous avez des idées concrètes à réinvestir dans votre milieu. Si vous appréciez le podcast et que vous n'êtes pas encore abonné, je vous invite à vous abonner dès maintenant sur la plateforme de votre choix.
[00:28:38] Un, ça me fait tellement plaisir et deux, c'est une façon très concrète pour nous de savoir que le podcast répond à un besoin. Si vous êtes à la recherche de podcasts francophones portant sur l'éducation, connaissez-vous baladopédago.com? C'est votre répertoire de balado pédagogique en français fait par des passionnés de l'éducation. Ça vaut vraiment la peine d'aller jeter un coup d'œil au baladopédago.com.
[00:29:04] Et pour ne rien manquer de mes activités, je vous invite à me suivre dans les réseaux sociaux et à consulter le site web au mariusbourgeois.ca. Ensemble, mes très chers collègues, transformons l'éducation. À bientôt. Sous-titrage Société Radio-Canada

