Dans ce premier épisode du balado Prof, ma fierté!, Catherine et Pierre abordent un enjeu qui touche les profs : l’équilibre professionnel. Pas toujours facile de conserver une vie équilibrée quand on exerce une profession humaine où la ligne peut être mince entre l’engagement et le surmenage. Pour en discuter, ils reçoivent une mère et sa fille, Manon et Rosalie, deux enseignantes à des moments bien différents de leurs carrières.
[00:00:10] Hey tout le monde, bienvenue au premier balado de Prof, ma fierté qui est une initiative de la FSE et de la CSQ. Je suis vraiment content et je vous présente ma co-animatrice, l'enseignante selon moi, la meilleure au monde, celle que j'aime le plus. C'est ma femme, c'est mon épouse, c'est ma partenaire. Catherine, comment vas-tu? Ça va bien. Catherine, ça va super bien. Je suis content de faire ce projet-là avec toi parce qu'à la base, si un jour j'ai été porte-parole de Prof, ma fierté, c'est à cause de toi
[00:00:34] parce que tu es enseignante depuis tellement longtemps. J'ai vu à quel point c'est difficile, à quel point vous avez besoin aussi qu'on montre à quel point. Ce que vous faites, c'est fantastique. Donc, c'est à cause de toi. Puis là, on fait un balado aujourd'hui. Est-ce que tu veux te présenter un peu? Oui, bien sûr. Alors, Catherine Poulin, je suis enseignante au troisième cycle, plus précisément en sixième année. Moi, je suis une fille de grand, donc j'ai fait tous les niveaux aux primaires, mais j'aime vraiment beaucoup les grands de sixième année.
[00:00:58] J'ai gradué en 2011 à l'UQAM. Puis après ça, j'ai décidé de me spécialiser parce que, bon, je suis une fille qui a une soif d'apprendre. J'ai toujours aimé l'école depuis que je suis rentrée à la maternelle. Je disais que je voulais être prof. Puis, bon, ça m'a amenée à faire ma maîtrise à l'Université de Sherbrooke. J'ai vraiment eu la piqûre pour les cours puisque c'était des cours davantage de psychopédagogie. OK. Donc, par rapport à l'intelligence émotionnelle, gestion des comportements, bon oui, de la gestion de classe, on poussait vraiment davantage les concepts théoriques.
[00:01:26] Puis, j'ai trouvé que ça a mené un plus à ma pratique, mais ça a mené quelque chose aussi dans ma vie personnelle qui a été teinté par ces nouveaux apprentissages. Puis après ça, bon, bien, ça m'a amenée à faire des congrès, des colloques, des ateliers. Bref, j'ai eu la piqûre aussi pour transmettre à des plus grands. Puis, bien, depuis deux, trois ans, je suis chargée de cours à l'Université de Sherbrooke où est-ce que j'enseigne notamment gestion des comportements difficiles, gestion de classe.
[00:01:51] Donc, là, j'ai vraiment des grands étudiants. Fait que j'ai mes élèves le jour et le soir, j'ai mes grands étudiants. Mais je tripe vraiment, je suis une passionnée d'éducation. Parce que moi, je vais être là pour l'animer, mais l'experte ou celle qui se connaît le plus en éducation, c'est vraiment toi. Bien, écoute, je pense que j'ai certaines connaissances, mais il y a toujours de quoi apprendre. Donc, tu sais, la science, bien, en fait, en éducation, c'est une science, donc ça évolue constamment. Mais j'aime vraiment me mettre à jour. Oui, puis on ne sera pas seul. On va avoir des invités sur différents sujets, différents thèmes.
[00:02:20] Mais juste avant, j'ai le goût d'aborder la raison pour laquelle on a décidé de faire un balado. Comme je l'ai dit tantôt, en fait, je suis porte-parole de professement fierté depuis vraiment beaucoup d'années. Puis au début, c'était vraiment dans un but de valoriser la profession des enseignants et des enseignantes pour dire à quel point c'est important, à quel point c'est plus difficile qu'on pense. Puis leur donner une table sur l'épaule pour dire, hey, votre travail, on le voit, c'est fantastique. Après ça, on était vraiment dans le changement aussi de la mentalité par rapport au public de dire,
[00:02:46] hey, qu'un prof, ce n'est pas facile, ce n'est pas une vocation, ce n'est pas vrai que c'est juste deux mois de vacances puis que c'est facile, tu sais. Après ça, on est allé dans l'humour avec les capsules vie de prof. Et là, je cherchais une façon d'être pertinent parce que tu en parlais, tu donnes beaucoup de formations puis tu vas également à des formations, à des congrès. Puis des fois, tu parlais de trucs que tu avais donnés, mais de trucs aussi que tu avais reçus par rapport à d'autres professionnels de l'éducation. Puis je trouvais ça tellement intéressant. Puis je me disais, ces trucs-là, tout le monde devrait les avoir
[00:03:15] parce que c'est des trucs qui peuvent te donner des fois un coup de main dans ta pratique, un coup de main dans l'enseignant ou l'enseignante que tu es. Ça fait qu'on a décidé de monter ce balado-là, Prof ma fierté, pour que les gens nous écoutent puis qu'ils fassent, hey, ça, j'aime ça, ça, c'est intéressant. Je n'aime pas le coffre à outils, mais tu sais que les gens puissent en retirer des choses à notre écoute. Je pense que c'est de rendre le contenu accessible, donc vraiment de faire briller notre communauté puis de savoir d'aller rencontrer les professionnels de l'éducation. Puis quand on parle de professionnels, c'est qu'on va rencontrer des enseignants aussi
[00:03:44] qui vont venir nous partager aussi leur quotidien, des chargés de cours, bref, du monde qui gravite dans le monde de l'éducation. Puis je trouve ça important d'avoir leur perspective, oui, parce que, bon, bien, ça nous amène des fois à nous questionner, oui, puis à découvrir un peu tout ce qui se fait au Québec. Donc, tu sais, oui, moi, j'ai mon chapeau de prof de primaire, mais on va couvrir vraiment large. Tu sais, prix scolaire, primaire, secondaire, formation aux adultes, les classes en adaptation scolaire, la francisation, bref, c'est important. On va tout faire ça? Je suis déjà épuisé.
[00:04:14] Je suis déjà épuisé. Mais c'est gros, l'éducation. Oui, absolument. Puis aujourd'hui, on choisit un thème parce qu'on vous a fait une demande sur la page Facebook de Profs, ma fierté. De quoi vous avez envie qu'on parle? Et il y a un sujet qui est revenu souvent. Oui, c'est l'équilibre. Comment avoir l'équilibre? Parce que moi, je te vois travailler des fois très, très, très tard. Tu sais, il y a des profs qui vont quitter, évidemment, parce que la charge est trop lourde. Comment garder la passion pour l'éducation, mais garder un équilibre qui fait en sorte que tu as du plaisir puis tu continues d'avoir une vie saine par rapport à tout ça.
[00:04:44] Et là, on a eu un flash que j'adore. On a invité une maman et sa fille qui sont tous les deux enseignantes. Exact. Ça, c'est quelque chose que j'avais en tête depuis vraiment longtemps parce que, bon, Manon, Rosalie, c'est des personnes que, bon, j'ai côtoyées. Puis je me disais, oh mon Dieu, je pense que ça pourrait être super intéressant de voir cette perspective-là. Surtout en sachant que Rosalie a décidé de suivre les traces de sa mère, d'être enseignante elle aussi. Donc, je trouve ça vraiment incroyable. En sachant aussi la lourdeur de notre tâche, si on ne se le cachera pas.
[00:05:12] J'adore ce que je fais, mais n'empêche que c'est beaucoup de tâches connexes aussi en enseignement. Et là, on va commencer, mais juste avant, je vais prendre le temps de dire merci aux enseignants, aux enseignantes, aux spécialistes, aux directions, tous les gens qui gravitent dans l'éducation, qui nous écoutent. Je le dis, premièrement, merci pour votre travail. C'est incroyable. On vous aime. On fait ça pour vous. On espère de tout cœur que le balado va vous servir, va normaliser, va vous déculpabiliser, va vous rendre fiers. Alors, soyez prêts. C'est parti. Bon balado.
[00:05:46] C'est un moment historique. C'est le premier balado officiel de Prof. Ma fierté. Et Rosalie et Manon, bienvenue. Merci. On est super contents que vous soyez là. On a vraiment réfléchi longtemps. Puis il y a un thème qui revenait. Puis on s'est dit, il faut absolument partir avec ça. C'est l'équilibre. Oui. Et Catherine, pourquoi? Parce qu'évidemment, Catherine, tu connais beaucoup plus d'intervenants dans le milieu d'éducation que j'en connais. Pourquoi tu as pensé à Manon et à Rosalie?
[00:06:12] Bien, en fait, Manon, c'est un coup de foudre pédagogique. Disons-le comme ça. On s'est connus via les réseaux sociaux en premier. Puis après ça, on a eu la chance de se rencontrer à un congrès, congrès de la KEP. C'est là que tu m'avais annoncé, moi, j'étais à quelques années de ma retraite, mais j'aime ça, je viens m'inspirer. Ça me stimule, moi et mon équipe. Puis j'ai fait, oh my God, moi, à quelques années de ma retraite, je vais être une Manon. Je vais être comme elle. Je me disais, en fait, tu parlais, puis on le voyait, tu étais pétillante à l'émine, puis tu l'es toujours.
[00:06:41] Mais je me disais, oh mon Dieu, je vais être comme elle. Et par le biais, bien sûr, des réseaux sociaux de nos discussions, j'ai appris que tu avais une fille, Rosalie, et qui avait suivi tes pas, donc qui a gradué au printemps dernier en enseignement. Puis je me suis dit, pour parler d'équilibre, je trouvais que vous étiez vraiment deux personnes parfaites, puisqu'on a déjà eu la discussion, nous, avec notre grande fille, Rosalie, par rapport au métier d'enseignante. Oui. Oui. Puis Rosalie, elle avait hésité, infirmière, enseignante, je ne sais pas.
[00:07:11] Puis elle me voyait travailler des fois de sortes, puis elle était comme, bien non, moi, je ne veux pas faire ça. Je ne veux pas ramener des choses à la maison, parce que clairement, moi, l'équilibre, c'est difficile. Je le nomme, puis on le sait. Oui, puis moi, j'ai goût de vous poser la première question, comment on fait pour être aussi pétillante, si près de sa retraite, et pourquoi on choisit cette job-là, quand on sait que ça va si mal et que c'est si difficile? À quel point vous êtes résiliente? Bien, je vais commencer. En fait, moi, j'ai choisi ce métier-là parce que, tout d'abord, j'aime les élèves, j'aime les enfants.
[00:07:38] Puis j'avais un bon lien, c'était facile pour moi d'être avec des enfants. Puis l'autre affaire, j'aimais ça aussi leur faire apprendre des choses. Mais tu ne veux pas au début, tu penses aussi vacances. Moi, j'avais une tante extraordinaire qui était prof d'éduc. Puis je me disais, mon Dieu, ça a bien l'air facile à être prof. Tu comprends? Puis j'allais la voir dans son gymnase. Puis moi, ça m'allumait vraiment. Mais c'est pour ça, j'aime ça. J'aime toujours ça. Je suis à trois ans de ma retraite.
[00:08:06] Puis j'aime toujours ce que je fais. C'est les à-côtés, des fois, qui sont un petit peu plus rock'n'roll. Puis Rosalie, qu'est-ce qui a fait en sorte que tu as vu ta mère aller? Parce que, tu sais, on en parle souvent que oui, c'est une belle profession, mais que c'est difficile, que la tâche est difficile. On en parlait d'ailleurs tantôt à microfermé, que ça ne s'en va pas nécessairement. On va faire les choses pour que ça s'améliore, mais ce n'est pas facile. Qu'est-ce qui a fait en sorte que tu fais malgré tout ça? Je plonge. Je pense que c'est vraiment le côté humain.
[00:08:35] Comme ma mère, les enfants, ça a toujours été un intérêt pour moi. Je pense que c'était vraiment de faire une différence au quotidien pour ces enfants-là. Parce que oui, c'est enseigné, mais c'est plus qu'enseigné. C'est de les aimer, c'est de leur offrir de la sécurité. Oui, c'est de leur faire apprendre des choses, mais c'est plus que ça. Je pense que c'était d'avoir ce rôle-là dans leur vie à eux qui m'a motivée à devenir enseignante, malgré tout ce qui est à côté. C'est quoi vos parcours? C'est quoi votre étude? Vous enseignez à quel niveau présentement? Je commence avec toi, Manon. Moi, j'ai terminé en 1994.
[00:09:05] Ça fait quand même longtemps. J'ai enseigné en adaptation scolaire au début. Après ça, je suis allée au régulier. J'ai fait de la troisième année, des classes jumelées. Et là, ça fait 16-17 ans que je suis en sixième année. C'est mon niveau. C'est ton niveau. Oui, vraiment. J'adore ça. Moi, j'ai fait des stages, dont un en Afrique, dans mon parcours scolaire universitaire. Puis là, c'est mon premier contrat, dans le fond.
[00:09:30] Je suis dans une école en classe relations, avec six élèves TSA. Moi, je suis vraiment content qu'on parle de l'équilibre, parce que c'est un enjeu à la maison. On fait souvent des blagues, mais des fois... Il y a comme eu une évolution. Au début, j'étais comme, « Là, Catherine, ce serait le fun qu'on ait du temps ensemble. » Puis je le tournais vraiment vers moi. Des fois, j'étais comme, « Ce serait le fun qu'on écoute un film. » Puis elle me disait, « Ça ne te dérange pas. Je vais faire des petites choses en même temps. » Au début, c'est comme, « Pas de problème. » À un moment donné, c'est comme devenu la norme.
[00:09:58] Puis il y a des années que, si on voulait faire des affaires ensemble, on plastifiait des affaires. Là, j'étais comme, « Là, c'est pas une activité romantique, plastifier des affaires. » Puis c'est-à-dire, moi, je découpais parce que je n'avais pas le droit d'être celui qui mettait des affaires dans la plastifiause parce qu'il y a moins de remords cet écran. Elle me regardait. Mais tu sais, on en fait souvent des blagues, mais j'ai l'impression que tu sois au secondaire, que tu sois au primaire, peu importe. C'est difficile de trouver cet équilibre-là entre le travail, à la maison,
[00:10:28] la surcharge, la correction, la planification. On en parlait, puis on en parlera des pédagogiques où vous faites de plus en plus enlever des pédagogiques pour faire d'autres choses. En fait, des fois, on se fait imposer des rencontres ou des fois de la formation également aussi dans nos pédagogiques qui sont précieuses. Ce que tu dis par rapport à l'équilibre, c'est ça. Puis on pourra vous poser la question par après. Moi, il y a quand même eu une certaine évolution. C'est sûr qu'au début, quand on est en insertion professionnelle, je trouve que c'est là que ça a été un gros enjeu puis qu'il y a eu une mise au point de mon côté
[00:10:57] à savoir, OK, je ne peux pas faire ça de mes soirs parce que moi, en fait, le feeling que j'avais, c'est vraiment d'un métier sans fin. Au sens qu'on pourrait toujours en faire plus. Puis tu sais, c'est une science, l'éducation, ça l'évolue énormément. Ça fait qu'on a tendance des fois à dire, OK, bon, mais là, je veux un peu changer, bonifier mes pratiques aussi, se mettre un peu à jour dans tout ce qu'on fait. Donc, à un moment donné, ça vient, je trouve, à nous envahir tout ça. Puis là, bon, c'est d'aller choisir puis de se préserver aussi comme personne parce qu'une enseignante qui ne prend pas soin d'elle,
[00:11:25] mais ne pourra pas prendre soin des enfants aussi. Donc, tout ça à aller, bien, faire attention, là. Une question que j'ai le goût de te poser à toi, Manon, c'est de savoir, bien, comment tu as fait au fil des années pour trouver un certain équilibre? Parce que j'imagine qu'il est arrivé à certaines périodes que tu t'es dit, bon, bien là, c'est le travail qui a pris le dessus, pardon. Oui, c'est clair qu'au début, quand tu commences, là, c'est l'école, l'école, l'école, l'école. Tu sais, tu en fais beaucoup, là, tu t'investis. Puis on recule aussi d'il y a 30 ans, là,
[00:11:54] on n'en avait pas de travail comme ça, nous autres, là. Alors, il fallait faire ses preuves. Il fallait aller se vendre aussi dans les écoles, tu sais. Ah oui? Bien oui, il fallait aller porter notre CV. Puis là, il fallait, oui. C'est les directions qui choisissent, c'est la mémoire, leur personnel. Oui, exact. Donc, ça, c'est une autre dynamique, là, maintenant. Maintenant, tu sais, comme Rosalie est arrivée cette année. C'est moins stressant, tu sais. Je le sais, moi, que, bien, pas je le sais, mais... Qu'elle a un travail, mettons. Tu sais, il en manque du monde, fait que je le sais que je vais avoir un travail un peu... Mais au début, c'était toujours ou presque l'école, tu sais,
[00:12:23] les week-ends, la semaine. Tu en fais beaucoup, tu sais, tu te dis, on plastifie, on découpe, on planifie, on fait des petites feufeuilles. Bon, peu importe. Mais quand Rosalie est arrivée, oh, là, c'était plus pareil, là. Tu sais, ma vie a changé, là. C'est comme, OK, j'ai quelqu'un à la maison. Tu sais, j'avais mon conjoint, là, mais je veux dire... Alors, avec l'arrivée de Rosalie, c'était différent. Donc, là, j'ai pas eu le choix de faire... OK, là, ma priorité, c'est ma fille, ma famille. Mais du moment où tu dis que c'est ma priorité, taper les corrections des 100 pas.
[00:12:52] Non, mais sauf que tu le fais autrement, dans le sens que, tu sais, j'allais la chercher tôt à la garderie, je m'occupais d'elle, puis après ça, tu sais, le soir, bien, des fois, je corrigeais. Mais j'étais pas toujours en sixième année. C'est en sixième année, Catherine, tu sais, si la correction est intense. Mais quand t'es avec des troisièmes années, la correction est un peu moindre. Mais mon équilibre, c'est ça. Puis maintenant, là, j'ai plus de... Enfant à la maison, donc je m'occupe, bien, plus de moi, dans le sens que j'ai plus de temps à moi. Je comprends. Je reviens du travail, je me détache du travail.
[00:13:23] Tu sais, j'essaie le moins possible d'apporter de choses à la maison. Mais dans les temps de bulletin, par contre, non. Là, c'est un, deux, trois semaines intense. Préparation de la rencontre de parents. Tu te prépares, tu te prépares. Et là, tu rencontres les parents. Tu sais, c'est intense. C'est un métier, comme tu disais, sans fin, j'aurais toujours quelque chose à faire. Il faut arriver à faire des choix puis se mettre des limites, je pense. Là, moi, ça fait juste trois mois. Puis là, au mois de novembre, après trois mois, où est-ce que j'ai l'impression que depuis trois mois, je cours partout puis j'essaie de tout faire tout le temps. Là, on dirait que j'ai comme eu un petit deux minutes
[00:13:53] de « Ouh, je ne pense pas que je vais pouvoir maintenir ça pour les 35 prochaines années. » Fait que tu sais, je pense que c'est beaucoup des choix, des limites, tu sais, avec les réseaux sociaux. On peut toujours voir des belles activités. On peut toujours voir « Oh, elle a fait ce projet-là. » Tu sais, ça peut toujours être plus. Mais à un certain moment, je pense qu'il faut plus que tu prennes en compte ton horaire que tu as pour le faire et non tes envies nécessairement. Moi, j'ai une question par rapport à ta pratique, Rosalie, qui est différente de la pratique de Manon, justement à cause des réseaux sociaux.
[00:14:21] Est-ce que des fois, quand tu suis des comptes, quand tu regardes des gens, tu as l'impression que tu n'en fais pas assez? Est-ce que tu as l'impression... Oui. Parce que moi, des fois, je suis d'autres profs puis je fais comme « Moi, si tu es un prof, j'aurais l'impression d'être plate, plate, plate. » Oui. Ça te met cette pression-là maintenant, les réseaux sociaux? Bien, complètement. C'est sûr que, oui, ça met cette pression-là. Puis surtout, moi, je suis en adaptation scolaire. Ça fait que c'est différent. Il y a beaucoup de projets que je vois qui sont super le fun. Mais qui ne s'appliquent pas. Mais qui ne s'appliquent pas.
[00:14:49] Ou souvent, je vais prendre des trucs déjà faits sur des sites, mais je dois toujours les adapter parce que ce n'est pas nécessairement adapté pour mes élèves. Ça fait que c'est sûr que ça amène pression. Puis les réseaux sociaux, tu peux toujours les regarder le matin en te levant sur l'heure du midi. Tu te couches avec ça. On dirait que des fois, c'est quand même envahissant du matin au soir. Je vais à l'école, je travaille, je planifie. J'arrive pour me coucher. Je regarde encore des trucs. C'est le fun. J'aime ça. Mais des fois, il faut que je me ramène et me dire, OK, là, tu es assez.
[00:15:20] C'est correct. Tu es une bonne enseignante. Il va regarder autre chose. Je fais une façon de coupure. Oui, exact. Il faut que tu sois capable de faire cette coupure-là, je pense. C'est ça. C'est difficile à faire, mais ça va toujours être là, les réseaux, je pense. Est-ce que tu soulèves aussi comme point que ça peut devenir envahissant? En effet, ça peut être anxiogène. Moi, personnellement, oui, j'ai un compte, tout ça, mais des fois, je vais choisir de ne pas publier ou quoi que ce soit ou de ne pas aller consulter parce que là, je suis dans une période un peu plus fragile, notamment dans la période de bulletins, corrections. Si c'est des moments plus intenses, je vais faire, ah non, ça va juste m'envahir
[00:15:47] de qu'est-ce que j'aurais donc dû faire. Puis des fois, j'ai ce questionnement-là aussi quand je partage des choses parce que le but, c'est pas... Mon but, c'est jamais de venir à se comparer, mais plutôt aider notre communauté. Le partager, oui. A stimuler, oui, le partage, exactement. Mais quand là, ça vient envahir les autres personnes ou quand ça vient m'envahir, je me dis, OK, bon, mais là, Catherine, tu dois te parler. C'est pour faire la part des choses. Puis une coupure est peut-être nécessaire à ce moment-là parce qu'en effet, on dit, on pourrait décider de le faire, mais des fois, la réalité
[00:16:17] est autrement avec notre classe aussi. Exact. Des fois, c'est ça qu'on oublie. On n'a pas toutes les mêmes réalités au Québec. Est-ce qu'à ce moment-là, une partie de la solution, parce que je t'entends parler des bulletins, j'entends parler de la correction, Manon, est-ce qu'une des solutions, ça peut être, il y a des moments dans l'année où ça ne se peut pas, où je le sais. Moi, je le sais maintenant en tant que chum de prof que la rentrée scolaire, je suis monoparental. J'exagère parce que Catherine s'occupe toujours bien des enfants,
[00:16:45] mais je le sais qu'elle va être moins disponible, qu'elle va être plus dans sa tête. Mais ce que c'est de se dire en tant que prof, ça, ce sont mes périodes, mais parce que je connais beaucoup de profs qui ont ces périodes, mais qui ne vont pas ouvrir les autres ou les autres périodes ne seront pas plus lousses aussi. Mais ça, c'est vrai. Parce qu'il y en a qui, c'est non-stop, sont toujours, toujours, toujours en train de faire du travail, faire du matériel, inventer des choses, prendre des choses. Puis là, on te propose des affaires aussi à gauche et à droite, mais oui,
[00:17:15] il y a toujours des gens qui sont constants. Mais tu sais, tu sais, tu essaies qu'il y a un peu de l'expérience ici, Manon, je sais qu'il y en a qui nous écoutent en ce moment puis qui font dans leur char puis ils font « J'aimerais ça, moi, en faire. » J'aimerais ça, là. Tu sais, j'ai envie, moi aussi, d'écouter un film avec mon chum, mais j'ai ma pile, j'ai ci, j'ai ça, j'ai encore ça. Je serais la première contente à aller au spa pendant deux jours, mais je ne peux pas. Mais je comprends. Dans le sens qu'il y a des jobs que si toi, tu ne le fais pas, il y a quelqu'un d'autre qui va le faire. Oui. Mais nous, non.
[00:17:45] Puis c'est surtout que nous, ça va avoir un impact. Tu sais, si on ne le fait pas, ça va avoir un impact sur notre travail le lendemain. Tu sais, il faut comme faire du travail avant de faire notre travail. Notamment la planification. Oui, c'est ça. On la met où, la limite? Comment on fait, mettons, pour s'enlever cette surcharge-là? Bien que je suis la plus expérimentée, comme tu dis, je pense qu'il n'y en a pas de truc officiel pour, c'est ça, la marche à suivre. Moi, je pense qu'il faut vraiment s'écouter puis dire, OK, là, j'ai un trop plein, je décroche, mettons, des réseaux sociaux. Tu sais, moi,
[00:18:15] je regarde beaucoup de comptes puis moi, je suis dans la comparaison. Je me dis, hey, elle a une classe Pinterest, c'est donc bien beau. Mais dans mon milieu, c'est impossible. Moi, je pense qu'il faut aussi faire, OK, non, ça, c'est pas possible. Je vais décrocher de ça parce que vu qu'on est très, très sollicité, mais il faut se dire aussi, bon, aujourd'hui, mon sac d'école, même si je l'apporte à la maison, il faut s'écouter, là. Bien, je le ferai pas. Je vais le regarder puis je l'ouvrirai pas, là. Fait qu'il faut, mais c'est difficile parce que pour moi, ça peut être cette marche à suivre-là.
[00:18:45] Pour toi, Catherine, c'est quelque chose d'autre pour Rosalie. Tu sais, il y en a qui vont courir, qui font du jogging pour s'évader. Moi, j'aime ça regarder la télé. Tu sais, je vais suivre les séries québécoises, honnêtement. Particulièrement les petits tenants, c'est ce que tu me disais. Oui, exact. On adore ça. Tous les soirs. Bon choix. Mais quand je vais sur les réseaux sociaux, je vais aussi voir d'autres choses que des affaires d'école. Mais c'est important de trouver, pas son échappatoire, mais ce qui nous fait du bien. Oui. Puis ça t'a pris combien de temps?
[00:19:14] Tu travailles encore là-dessus. Tu travailles encore là-dessus parce que des fois, je fais comme, OK, là, j'ai pas le choix, il faut que j'apporte ça à la maison. Mais ça me tente pas plus de le faire à la maison. Mais si je le fais pas, comme Rosalie disait qu'il va le faire, faut que je le fasse. Mais ça me rend pas toujours de bonne mort. Non. Je pense aussi, c'est de s'entourer de gens qui nous font du bien. Aussi. Puis moi, à l'école, je suis nouvelle dans le milieu. Bien, je me sens entourée d'une équipe. Notamment, j'ai des collègues qui souvent... Souvent, moi, je vais rester un peu plus tard ou pas. Puis souvent, ils me disent,
[00:19:43] OK, c'est le temps, là. On s'en va puis t'amènes pas ton sac. Fait que, tu sais, de s'entourer des gens qui sont capables aussi de nous le dire puis de faire la part des choses. Puis tu sais, des fois, ça l'amène des discussions entre toi puis moi. Moi, je suis en adaptation scolaire, fait que j'ai pas beaucoup de corrections. Moi, c'est plus des comportements. C'est plus... C'est dans le jour. C'est plus dans le jour. C'est intense. Oui, c'est mentalement. C'est rare que j'ai de la correction. Puis si j'en ai, bien, j'ai six copies. Fait que c'est différent de toi qui en a 25, tu sais. 23. Mais des fois, ça l'amène des discussions
[00:20:13] entre nous. De là, toi, tu me dis, OK, bien là, on est dimanche. Tu planifies pas? Je suis comme, non, moi, je planifie. Tu sais, moi, la fin de semaine. Fait que, tu sais, ça l'amène aussi des fois des questionnements. Puis là encore, ça amène la comparaison. Fait que, tu sais, c'est ça qui est difficile. Mais je pense, c'est essayer de se mettre une limite puis de la tenir tout le temps, même quand les périodes sont plus grandes, tu sais. Quand c'est possible, évidemment. Malgré qu'elle, elle commence, mais des fois, elle est plus équilibrée que moi. Parce que moi, tous les dimanches ou les samedis, il y a une journée dans le week-end que je vais prendre
[00:20:43] une demi-journée puis là, je regarde ma semaine qui s'en vient, je corrige. Ah là, OK, puis là, je me prends des notes, il faut que j'aille faire une photocopie. Puis là, cette période de spécialité, tu sais, je fais tout ça. Puis elle, elle me dit, non, moi, je fais pas ça. C'est pas vrai, je vais faire ça pendant 35 ans, non, les week-ends. Non, elle, elle refuse ça. Mais elle fait autrement, mais sa tâche, elle est différente de la mienne aussi. Oui, évidemment. Mais moi, tu nommes quelque chose, Rosalie, tantôt que je trouve essentiel, c'est l'équipe école. Puis moi, tu vois, c'est ça qui a changé ma vie puis qui m'a permis
[00:21:12] aussi un certain équilibre et on est là-dedans avec ma gang, notamment à se répartir les tâches, que c'est pas juste une personne qui le fait. Donc, ah, une peut s'occuper du plan de travail, l'autre va s'occuper des travaux plus autonomes pendant la semaine. Donc, il y a une répartition qui est faite, ce qui nous permet de nous alléger, je trouve, énormément. Puis le fait aussi qu'on va se partager des outils, la triangulation des preuves d'apprentissage, notamment, de se dire, il n'y a pas juste des tâches papier-crayon. C'est possible aussi d'aller voir avec des observations pour alléger. Parce que moi,
[00:21:42] je me rappelle, quand j'ai commencé, des productions écrites, t'en avais en tabarouette dans une table. Ça n'avait aucun sens. Donc, on est allé aussi dans cet équilibre-là auprès des élèves à savoir, OK, bien, je n'ai pas besoin d'avoir six, sept productions écrites dans une étape. Donc, je peux y aller avec des observations. Ça aussi, ça m'a permis de trouver un certain équilibre dans mon milieu. Parce que sinon, avec toute la correction qui s'engendrait, ces tâches-là, puis tu voulais donner de la rétroaction à tes élèves, bien, ça nous amenait vraiment des questionnements. Mais est-ce qu'on a
[00:22:12] trop valorisé ça? Qu'est-ce que tu faisais? Dans le sens que, tu sais, on a eu souvent l'image d'une prof qui corrige, qui arrive avec des trucs et on fait, elle corrige même pendant le temps des fêtes, elles tombent bien dévouées. Est-ce qu'on a trop normalisé la surcharge des professeurs? Je pense que oui. Parce que, tu sais, moi, je suis nouvelle puis moi, tu sais, c'est ça, moi, je le dis, tu sais, moi, la fin de semaine, j'en fais pas. Les soirs, je vais rester plus tard puis des fois, même toi, t'es comme, c'est bizarre. Oui,
[00:22:42] c'est bizarre. C'est fun que tu t'as jugé par ta main. Oui, c'est ça. C'est fantastique. Elle me juge tous les dimanches. C'est vraiment agréable. Oui. Mais oui, je pense qu'on a normalisé ça puis là, c'est difficile de ramener à comme, ben non, on le fera pas puis du temps, tu sais, nos pédagogiques, ben on part à trois heures quand même puis tu sais, de ramener à plus des limites. Mais aussi, ce que je veux ajouter, c'est que l'évaluation a changé. Tu sais, à l'époque, je veux dire, j'ai pas 40 millions d'années
[00:23:11] mais tu sais, on travaillait puis c'était bon, on a un petit test de lecture, on évalue, on corrige. Je corrige encore des choses comme ça, mais l'évaluation a changé, tu disais, avec des observations, mais aussi, il faut se faire confiance dans notre jugement professionnel. Totalement. Et là, c'est ça des fois, moi, que je trouve difficile parce que le jugement professionnel, dans mes yeux, à moi, cet élève-là, exemple, vaut tant, mais si j'ai pas d'évaluation pour... Le justifier. Le justifier. Tu comprends, aux parents, bien là,
[00:23:41] je pourrais pas juste dire... Mais je trouve que, en tout cas, tout ça a changé, mais oui, c'est normalisé. Je pense qu'un prof, à la base, ça enseigne, ça corrige, ça apporte du travail à la maison, puis je pense. Je te pose une question personnelle. Oui, vas-y. Puis si jamais tu veux pas répondre, tu répondras pas, puis on te coupera, là. As-tu déjà frôlé l'épuisement? C'est arrivé. As-tu déjà arrêté? Oui, une fois. OK. Une fois. J'avais un groupe extrêmement difficile. Ça faisait longtemps
[00:24:09] que je demandais à ma direction, cet élève-là. Il me faisait des signes de ciseaux, tu sais, de la gorge. Comme tu allais te couper la gorge. Bien oui, j'étais comme... Violent. Violent. Troisième année. C'était un petit pire de troisième année. Puis ça faisait... Plusieurs fois, je disais à la direction, faut que tu me le sortes. Là, ça n'a pas de bon sens. Et là, j'ai mis partie. Ma santé est en jeu. Oui. Et là, je suis partie. J'étais bébé aussi, il me semble. Oui. Oui. Fait que là, trois semaines, je suis partie. Puis finalement, ça a duré six semaines. Puis je suis revenue. Et l'année suivante, j'avais pris un allègement de tâche, qu'on appelle. Oui.
[00:24:40] Fait que là, je me suis dit, OK, je vais prendre une journée, six jours à moi. Parce que dans mon centre de service, c'est une journée sur six, peu importe. Et je l'ai fait une année. C'est tout. Le reste du temps, je suis toujours à temps plein. Mais tu disais tantôt, tu parlais de l'équipe. Oui. Moi, cette année, j'ai un collègue jeune homme. Hum hum. Un jeune homme, mais une madame, c'est pas pareil. Dans le sens que, lui, il est zen. Tout est zen. Oui. Tout est différent. Il n'y a rien là.
[00:25:09] Puis là, je suis comme, bon, bien maintenant, on apprends de lui. Je trouve ça vraiment, vraiment trippant d'être avec lui. La vibe est différente. La vibe est différente. Parce que, nous autres, les madames, j'imagine, je ne sais pas, on est... Ben non, mais on est différentes. Mais je comprends parce que... Je pense que votre changement est différent. Peut-être aussi. Je pense que vous en mettez beaucoup sur les épaules. Parce que, tu sais, nous, on a Marc-André, que je salue, qui, lui, nous a amenés dans notre équipe aussi à dire, « Hé, voyons, les filles, prenez votre poids un peu. » Là, vous n'êtes pas obligés de faire ça. Puis des fois, il est comme,
[00:25:39] « Est-ce que c'est vraiment essentiel? » Puis on se regardait, tu sais, Marie-Pierre et moi, on se dit, « Ben, t'as bien raison. » Ce n'est pas si essentiel que ça, finalement. Un peu à nous « grounder », tu sais, vraiment, à nous ancrer. Oui, à mettre en perspective un peu. Parce que des fois, Catherine, elle arrive à l'école et je ne sais pas ce qui s'est passé. Puis là, mon Dieu, le setup, je suis comme, le soit, tu as dû débarquer. Parce qu'elle m'appelle et elle fait, « Là, là, il y a un élève. » Puis là, je suis comme, mais c'est une histoire inintéressante. Ah, OK. Pas nécessairement inintéressante. OK. Mais pour nous, c'est gros, oui,
[00:26:08] parce que dans mon émotivité, oui. L'émotivité, oui. Puis je trouve que des fois, parce que tu sais, on essaie de trouver des trucs pour comment arriver à avoir l'équilibre. Puis ça, je trouve ça intéressant ce que vous dites dans le sens que, hey, des fois, d'avoir un pas de recul puis de dire… Absolument. Hey, même si je rends cette correction-là dans trois jours… Ben, exact. C'est pas la fin du monde. Tu sais, je pense que ça peut être un des outils ou du moins une des pistes de réflexion. Puis moi, tu sais, tu parlais tantôt, on parlait de direction, mais moi, je pense que cette ouverture-là aussi de nos directions,
[00:26:37] nous, c'est déjà… On est déjà allé l'avoir. Pour être honnête, en disant, ben nous, ça sera pas possible. On va être honnête avec toi, les exigences que là, tu nous montres, ce qu'on doit faire, ça sera pas possible. Alors, il va falloir trouver une solution. Parce que là, nous, on t'indique qu'on met nos limites en ce moment. Des fois, je pense que ça demande du courage à aller voir, de nommer, puis de dire, ben non, mais j'y arriverai pas à un moment donné. Moi, j'ai une question pour toi. T'as l'expérience, là, mais tu sais, quand on parle
[00:27:07] à quelqu'un comme Rosalie qui commence, là, comment tu fais pour aller voir ta direction puis mettre tes limites? Ben, c'est sûr, c'est vraiment difficile, mais je pense, encore une fois, je pense que tout dépend de l'équipe qui est autour de toi. Ben oui, parce que j'ai l'impression que toi, t'avais la force d'y aller parce que vous étiez un groupe puis vous étiez d'accord. Ben oui, puis nous, à notre école, justement, on a des nouvelles personnes qui se sont intégrées. Mais nous, là, on est des mamans lionnes. Oui. Dans le sens que pour ceux qui arrivent, sont en insertion professionnelle, font partie du programme de mentorat,
[00:27:37] ben, s'il passait quelque chose bon, des fois, dans des classes qui ont besoin de davantage de ressources, ben là, on s'est mobilisés comme équipe école. Moi, pendant ma période de libre, si tu veux, je vais venir te donner un petit coup de main. Je vais venir t'aider, on va demander des ressources. Puis on s'est mobilisés. C'est déjà arrivé l'année passée que j'ai offert ma période d'orthopédagogie. Étant donné que là, ça allait bien, j'étais capable de compenser avec mes élèves physiquement en classe, ben, on a offert cette période-là à une enseignante qui avait des défis plus grands. Donc, on y va vraiment. Nous, on mise beaucoup sur l'équipe qui, moi,
[00:28:05] m'a apporté un équilibre à la maison aussi, ma santé mentale, le fait que t'es heureuse au travail grâce à tes collègues. Oui. Je pense que c'est pas banal. Ça fait vraiment toute une différence. Oui. C'est que ces personnes-là, ils sont quotidiens avec toi. Ils savent les situations que tu vis. Quand toi, t'arrives avec des grosses émotions, des grosses affaires, de l'extérieur, ça a l'air banal, mais ton équipe était là pis, tu sais, elle te comprend. Je pense que ça, ça fait toute la différence. Mais évidemment qu'il faut beaucoup de courage pour aller voir sa direction, demander des ressources. C'est sûr que les 0-2... Tu sais, moi,
[00:28:35] je suis 0-2 ans enseignante. Fait que tu sais, j'ai une mentor avec moi. Fait que ça, ça fait toute la différence. Pis elle est dans mon équipe d'adaptation scolaire. Ah, tant mieux. Fait que tu sais, ça fait que, ben, depuis le début de l'année, tu sais, il s'est passé plein de choses. Fait qu'elle a toujours été en arrière de moi en me disant, viens, on va y aller. On va le faire ensemble. Tu sais, ça, ça fait vraiment toute la différence. Parce que, tu sais, moi, je le vis de l'extérieur. Je le vis en parlant avec Catherine, en la regardant aller, tu sais, pis je comprends que des fois, il y a des corrections. Pis ce que j'aime beaucoup de ta pratique, Catherine, depuis quelques années,
[00:29:05] c'est que t'es capable d'alléger, on en parle un peu tantôt, mais la correction. Oui. Je suis capable d'avoir un portrait pis d'évaluer sans nécessairement être obligé de corriger plein d'affaires, mais ça vient avec l'expérience. Tu sais, c'est difficile. Mais moi, ce que j'entends de plus en plus, pis de toi, pis de plein de profs, c'est, nous, on perd nos pédagogiques. Il y a des réunions qui sont de plus en plus longues. Moi, là, on me dit, je vais avoir des pédagogiques pour corriger, pour planifier, pour organiser mon matériel. Mais finalement, on arrive, pis on est plus à avoir une réunion de 45 minutes avec la direction qui en dure pendant deux heures et demie.
[00:29:35] On vient cogner à ma porte, on me dérange, on veut pas que je fasse ma pédagogique chez moi. On met comment ses limites à ce moment-là pour avoir le peu de temps qui est supposé être à toi pour que tu le gardes? Il manque de personnel. Donc, on pourra pas placer, mettons, certaines formations dans des journées de classe parce qu'on manque de personnel pour vous remplacer. Donc, on le fait en pédago. Mais ça devient bien, bien, bien frustrant c'est tout ça. Mais tu parlais aussi, nous autres, cette année, c'est nouveau, on peut faire, bien, dans la nouvelle convention. Vous autres aussi, j'imagine,
[00:30:04] on peut faire certaines pédagogiques en télétravail à la maison. Ça, ça peut aider, mais c'est pas tout le monde qui aime ça faire ça non plus. Mais ça reste que si tu le fais pas en télétravail, la direction peut quand même pas mettre des réunions cette journée-là. ils peuvent pas. C'est ça, c'est très intéressant, mais je pense qu'on revient toujours à mettre ses limites. Pendant les pédagogiques, c'est plus difficile, mais mes collègues, ils vont rire, parce que moi, je suis bien à cheval sur mes limites puis si ça finit à 5 heures, bien, moi, à 5 heures, je me lève
[00:30:33] puis je m'en vais. Je pense que c'est important de faire ça dès le début. T'as raison, Rosalie, parce que moi, quand j'ai commencé, moi, je mettais pas mes limites. C'est ça. Du sens qu'on devait, là, on disait que ça nous irait 30 minutes, ça débordait, puis j'étais là encore. Mais là, maintenant, je suis de ça qui disait, non, si tu me dis que c'est 30 minutes, je m'attends que ça soit 30 minutes, puis après ça, je vais quitter. Puis des fois, tu sais, auparavant, je me sentais mal, mais après ça, je me dis, non, je suis payée ce temps-là. C'est mon temps. Puis après ça, moi,
[00:31:03] j'ai même besoin d'un million. Oui, puis c'est ça, exactement. Des fois, tu te dis, OK, non, excuse-moi, moi, ça, je veux une reconnaissance de temps. Puis si t'es pas capable de me l'offrir, bien, c'est désolé, mais je la ferai pas. Des fois, tu peux le faire en équipe aussi. Tu peux le faire bien. En sens que si toute l'équipe du troisième cycle fait, non, ça veut dire une demi-heure, on se lève, tu te sens moins. Bien oui, Le mouton noir qui se lève puis qui fait, moi, j'entends dans ma classe. Exactement. Puis c'est ça, nous, de notre côté, que notre collègue, Marc-Antré, nous a amenés, entre autres, puis bon, beaucoup d'autres choses aussi, mais qu'on se disait, OK,
[00:31:33] bon, bien, on va se soutenir comme équipe. C'est tout le monde, on lance ce message-là qui dit, hé, excuse-nous, mais nous, c'est le temps que tu as dédié. Super, on est là, puis on est pleinement là. On va participer, on va donner notre avis, mais après ça, quand c'est écoulé, parce qu'à un moment donné, c'est bien contre-productif. Tu sens que là, des réunions qui durent le double, le triple du temps. Puis plus tôt aussi, vous avez abordé votre échappatoire. Puis je trouvais ça intéressant dans l'équilibre. Moi, de mon côté, ça a été la course. C'est quelque chose de nouveau puis c'est grâce à toi, Pierre, que j'ai commencé à courir. Merci tout le monde. J'ai tellement un beau modèle
[00:32:03] à la maison. C'est pas ton entraînement, on va faire la même chose. On va faire la même chose. Moi, j'en ai déjà parlé avec ma psy puis elle m'a dit ton problème, toi, c'est que t'aimes-toi de ton travail, mais ça reste un travail quand même dans lequel tu vas trouver autre chose. Exact. J'ai à Catherine, je fais, il faut que tu fasses d'autres choses parce que je me rappelle l'année passée, je fais, Catherine, ça fait deux semaines que je me couche à 10h30 puis t'es encore en train de travailler. Au début, j'étais fâché en me disant, on n'a pas de temps pour nous. Puis là, je suis rendu
[00:32:33] à l'autre étape. Je fais, ça revient à dire la job sans fin, c'est que au-delà de la correction, des fois, il y a des choses, il y a des activités. Moi, je suis une fille qui est très créative, qui est inspirée partout. Puis là, des fois, je vais avoir une idée puis je me dis, oh mon Dieu, je veux tellement le faire vivre à mes élèves. Là, c'est une bulle au cerveau puis là, je vais vouloir créer quelque chose. Mais je sais que je ne suis pas obligée de le créer, mais des fois, c'est plus fort que moi.
[00:33:02] C'est comme viscéral. J'ai le goût de mettre ce projet-là. Puis le côté, Pierre me ramène à l'ordre puis il a raison de le faire, à savoir, OK, bien là, ce n'est pas essentiel de le faire nécessairement tout de suite. Puis c'est pour ça aussi qu'il y a la course, de me mettre à courir pour aller me vider l'esprit. Puis j'ai commencé à le faire aussi dans mes périodes libres, à m'offrir le temps d'aller à l'extérieur aussi. Je pense à une stagiaire
[00:33:32] qui a fini de notre côté puis elle, elle allait marcher sur l'heure du disant. Puis tu sais, je lui ai parlé puis j'ai fait, mais mon Dieu, quelle bonne idée d'aller marcher. Moi, je n'aurais jamais fait ça en stage. J'étais dans la classe en train de planifier la prochaine activité. C'est ça. Je trouvais déjà que ces bonnes habitudes de vie, ça amène comme un mode de vie sain. C'est un équilibre justement. Mais je trouve que la nouvelle génération d'enseignants arrive plus équilibrée. Mais ce n'est pas toujours bien vu. Je trouve. Non, c'est ça.
[00:34:01] Ça, c'est l'autre chose à changer. Oui, c'est ça. Tu sais, on parle de, un, avoir un échappatoire, deux, d'avoir ton équipe qui te suit, de mettre tes limites. Mais tu sais, je pense qu'en tant que bon collègue, c'est aussi ta job de ne jamais passer de commentaires culpabilisants à quelqu'un. Tu pars tout de suite. Des fois, tu ne te rends pas compte parce que toi, tu as plein de jobs. En moins, tu as déjà fini. Tu sais, il faut arrêter de penser qu'un bon prof, ça travaille de 7 heures à 11 heures. Il y a des bons profs. Vas-y, excuse-moi maintenant. Excuse-moi, mais je te coupe.
[00:34:31] C'est juste que moi, je suis confrontée cette année avec mon collègue jeune homme. Oui. Lui qui fait un travail extraordinaire. Monsieur Simon, salut. C'est juste que lui, il arrive comme, bien, à peu près à la même heure que moi le matin, mais le soir, il quitte. Puis au début de l'année, je dis, non, mais là, tu t'en vas. Toi, c'est confrontant. Ça me confond, là, je me dis, comment il fait? Comment il fait? Mais j'ai compris que lui, les récréations, il est passé aussi dans sa classe, le dîner dans sa classe, puis il travaille, mais il travaille
[00:35:00] dans ses pauses quand même, mais qui fait qu'il y a des jeunes enfants aussi à la maison. Mais il y a probablement aussi peut-être plus de lâcher prise. Oui, je pense qu'il y a plus de lâcher prise que moi. C'est ça. Moi, je suis plus dans le... Tu sais, une correction, OK, c'est beau, mais si je la remets la semaine prochaine, les élèves, ils... Mais ça, on se confronte, là-dessus. Oui, ça, on n'est pas d'accord sur ces points-là, tu sais. On va vous en entendre. OK.
[00:35:33] Mais souvent, je veux dire, je remets mes choses, mais ça peut arriver que ça me prenne plus de temps, mais je me suis respectée dans mon horaire. Tu sais, moi, je ne connais pas ta réalité, là. Je connais celle des profs avec des groupes d'istandards, qui n'ont pas nécessairement des besoins. Ça se guélière. Exactement. Puis je suis certain qu'il y a des profs en ce moment qui nous écoutent puis qui font, bien moi aussi, j'aimerais ça faire ça, Rosalie.
[00:36:03] Complètement différent. ça reste que moi, j'ai six élèves. Oui, c'est ça. vous en avez 20. Fait que là, à un moment donné, ça va plus vite, tu sais. Fait que c'est sûr que moi, je peux plus me permettre de repousser ma correction. Mais je pense que ta philosophie est la bonne quand même. C'est ça. Mais tu sais, dans ma journée, par contre, mes périodes libres, bien souvent, je les perds parce qu'il faut que je rencontre des élèves, parce qu'il faut que je fasse des appels à la maison, que j'aille acheter des lunches, des vêtements pour mes élèves. Fait que tu sais, il y a tout ça aussi qui sort du cadre, qui fait que souvent, moi, la correction, je la fais,
[00:36:33] mais c'est pas nécessairement ma priorité avec ma clientèle cette année. C'est ça aussi. Là, tu trouvais ton échappatoire à toi, Rosalie? Ben là, j'ai commencé à faire du coloriage. Je le conseille à tous. C'est mon grand échappatoire cette année. C'est bon. Des mandalas? Ben presque, mais les petits cahiers sur Amazon, on les salue. Fait que coloriage, j'aime beaucoup, mais tu sais, moi, c'est ça, j'ai pas d'enfant, j'ai pas de conjoints, fait que c'est vraiment mes amis, tu sais, qu'on essaye le plus souvent. Là, on s'est parti à un petit club de marche le soir,
[00:37:03] qu'on essaie d'aller marcher. Et quand j'habitais chez mes parents, ben c'est ça, c'est mon échappatoire. Mais nous, c'était pas un échappatoire, mais on s'en parlait longtemps dans la journée le soir, mais c'était toi. Ben ça, moi, je trouve ça intéressant. c'est trop. Là, moi, je mets mon chapeau de mari-prof. Ça te fait du bien, sauf que ça t'habite tellement, t'en parles tellement, on arrive avec des amis ou on est supposé dans l'échappatoire,
[00:37:32] tu finis par en parler. Puis, je suis comme, à quel point, mettons, ça te fait vraiment du bien d'en parler ou à quel point ça te fait parler d'autres choses, mais ça t'habite aussi, mais on en parle avec passion. J'ai l'impression qu'il y a aussi quelle place on laisse à ce métier-là dans notre vie. Parce que, tu sais, on disait, la manière, il faut couper. Oui. Tu sais, il y a de quoi d'intéressant aussi. Nous, on est vraiment super chanceux puis on est privilégiés qu'à Catherine et moi, on gagne bien notre vie puis ça fait en sorte que souvent, quand les vacances sont finies, on fait ça depuis deux, trois ans, on part le lendemain.
[00:38:02] On part le lendemain, souvent dans le sud ou à Disney puis je vois un changement chez Catherine d'un coup. C'est sûr, je suis en vacances. On ne planifie plus. Non, mais c'est vrai que c'est différent. Je la vois se couper d'école. Des fois, je fais comme, c'est-tu une solution moins parlée ou la solution, c'est plus en parler? C'est difficile à déterminer. Mais je pense que ça dépend de nos années aussi. Moi, il y a des années où j'ai eu des cohortes à grand besoin que j'avais besoin de ventiler parce qu'au niveau de mon empathie,
[00:38:32] il fallait que je sois capable de me détacher de oui, je comprenais la réalité de mon élève en disant du moins que je pouvais me l'imaginer plutôt. Mais après ça, ce n'était pas de vivre ces émotions parce que sinon, ça venait à m'envahir. Des fois, il est arrivé des moments aussi dans des équipes écoles, des fois avec des directions ou des fois juste avec tes collègues qui a des malentendus et que là, c'est venu à m'envahir que là, j'arrivais. Ce n'était pas agréable, mais je trouve que dans les dernières années, en tout cas de mon côté, puis là, tu te regardes dans les yeux que tu es... Je ne peux pas dire la vérité. Prépare-toi.
[00:39:02] Mais je trouve quand même que ça fait 17 ans qu'on est ensemble. Je trouve que dans les dernières années, je parle beaucoup moins d'école. Dis-t'elle. Je ne devais pas être là à ces moments-là. Je vais faire d'autres choses. Je vente-t'elle en faisant des vocaux à Jean-Marie-Pierre. Non, mais je trouve évidemment avec les années, ton équilibre est mieux, mais pas toujours. Non, non, ça, je suis d'accord, ce n'est pas parfait. Il faut quand même être dans la transparence. Tu as 80 % de tâches. Aussi, heureusement. Ça, c'est une autre chose que je voulais dire. J'ai l'impression qu'elle fait 100 %
[00:39:32] dans son 80. C'est ça qu'on a des fois. L'impression que son 80 permet d'avoir 100 %. J'ai une question pour toi. C'est supposé être toi qui poses la question. Ton 80 % la journée où tu ne travailles pas, est-ce que tu fais des choses d'école? En fait, c'est difficile parce que moi, je suis une fille à projet. Moi, je sais, mais je suis une fille à projet. J'ai ma charge de cours à l'université. J'ai ma page aussi où j'alimente des projets. Après, c'est ça que je me rends compte et qu'on a déjà eu la discussion.
[00:40:02] Mais moi, je me rends compte que l'enseignement, c'est aussi une passion que j'ai. Au sens que je suis passionnée par ça, parler d'éducation, du développement de l'enfant. Mais il a fallu que je trouve un à côté aussi parce que là, je ne faisais que ça. C'est pour ça la course. Mais c'est sûr que dans mon 80 %, il y a des éléments que je vais aller faire comme de la planification. Je suis mentor aussi à l'école, mentor en littératie, mais en même temps, je suis payée pour ça. Ça vient à toucher, oui, une certaine façon, mais il y a des mandats que je suis payée pour faire dans cette période-là.
[00:40:32] Il faut accepter son niveau de passion. Tu sais, je dis souvent à Catherine, je fais, ton niveau de passion, il n'est pas dans la norme. Oui. Tu adores ça. Tu sais, tu fais des congrès, tu aimes ça, c'est parfait. Mais il y a sûrement des gens qui nous écoutent dans ce moment et qui font, « Ah, mais moi, mon niveau de passion, il n'est pas à toi. » Mais c'est bien correct. Exactement. Ça varie aussi. Il y a des journées que ça tente. Oui. Puis on n'en a pas parlé tantôt, mais tu sais, moi, je trouve ça quand même important d'en parler. C'est niaiseux,
[00:41:01] mais une qui peut aussi aider pour l'équilibre, tu sais, c'est l'aide professionnelle. C'est niaiseux, mais c'est un psy ou un psy ou n'importe quoi. Parce que des fois, tu sais, en tant que mari, moi, je suis comme dépassé et je fais, ben tu sais, si tu as besoin d'en parler à quelqu'un, trouve-le. Je sais que des fois, au niveau des écoles ou syndicalement, c'est pas des longues, mais je me dis, s'il y en a quatre, je ne connais pas exactement votre affaire, mais je fais, prenez-le. Absolument. Oui. Ça donne un regard nouveau aussi,
[00:41:31] des fois, sur ce qu'on vit. Oui, exactement. Mais tu sais, moi, j'ai appris aussi à mon intensité, parce que je sais que je suis intense, mais moi, je n'ai jamais jugé ceux qui ne l'étaient pas comme moi. C'est souvent l'inverse. Qu'est-ce que tu veux dire? C'est les gens qui vont se regarder en se disant, mon Dieu, elle a préparé, parce qu'il y a un de tes projets que j'adore, qui est sur une espèce de crime qui s'est commis et il y a de la littérature policière là-dedans et tu fais une scène de crime dans ta classe, que moi, que je trouve extraordinaire à chaque fois, mais tu sais, il y a sûrement des gens qui font, mais moi, je n'ai pas fait ça. Tu sais,
[00:42:01] moi, je le vis en tant qu'humoriste. Des fois, je me dis, lui, il n'a pas les mêmes forces et il n'a pas les mêmes faiblesses que moi. Je ne peux pas tout le temps avoir les forces de tous les collègues que j'ai, tu sais. Non, puis moi, c'est pour ça que ce que j'aime de mon équipe... Il faut se déculpabiliser. Oui. On est comme on est aussi. Il faut se respecter avec qui on est. Exact. Moi, si j'ai envie de faire ce projet-là, c'est parce que j'ai envie de le faire, je l'ai fait. Il faut aussi se mettre un frein. Tu sais, toi, je te sens très passionnée. Je suis... J'aime ça, j'adore ça. Mais à un moment donné,
[00:42:31] cette année, on dirait que dans ma tête, je me dis, c'est un travail, Manon. Oui, oui. C'est un travail. Totalement. Tu sais, je veux dire, j'adore les élèves que j'ai. Je suis contente d'être à l'école. Je me lève tous les matins et je ne me pose pas de questions. Ce n'est pas comme, ça ne me tente pas, mais c'est un travail. C'est difficile, des fois, de faire la part des choses. Je suis la plus expérimentée. Oui, mais tu vois, nous, on sert... Ça t'a pris combien de temps? Ah, 30 ans? 30 ans. Mais tu sais, nous, c'est pour ça qu'on sert des forces. C'est beau. Mais c'est pour ça
[00:43:01] qu'on sert des forces de notre équipe. Moi, c'est ça aussi qui a fait la différence pour justement se décharger puis ça, ça l'a vraiment aidé parce que moi, ma charge mentale était vraiment très grande. Parce que c'est ça, tu as l'impression que tu peux toujours en faire plus. Le fait de se partager les tâches comme ça puis de faire confiance aussi aux autres. Oui. C'est du sens que... Ce n'est pas parce que c'est pas fait à ta façon que c'est nécessairement pas bon. C'est ça. Du sens que là, moi, dans les dernières années, il y a eu cette acceptation-là de « Hey, vas-y, go! Vas-y!
[00:43:31] Je te laisse aller puis moi, je vais embarquer peu importe ce que ça va donner. » Mais Catherine, l'inverse, c'est vrai aussi. Je reviens avec mon gars qui est en dehors de tout ça puis des fois, tu me dis « Je ne sais pas comment je vais y arriver. » Puis là, je fais « Catherine, ça fait 10 ans que tu y arrives. » Oui. Oui, ça, c'est dans les périodes de bulletin. Non, mais tu sais, tu dis faire confiance aux autres mais je pense qu'à un moment il faut que tu te fasses confiance aussi. Oui, totalement. Arrive quand même un débordement à un moment donné de quand tu es en période de bulletin avec ce que tu as à faire avec les rencontres et toute autre tâche connexe, les plans d'intervention qui arrivent en même temps. Oui, arrive un moment puis c'est parce que toi, comme conjoint,
[00:44:01] c'est là aussi que je ventile. Le moment que je dis que j'ai un débordement et que je n'y arriverai pas, ce n'est pas devant mes élèves que je vais dire ça et ce n'est pas nécessairement devant mes collègues non plus parce qu'il ne peut pas être décourageux. C'est toujours le moment où moi, j'ai commencé à écouter une série. Si je veux que Catherine me parle, il faut que je sorte mon iPad puis je pèse sur play. Tant que je ne pèse pas sur play, il n'y a pas de parler. Si je pèse sur play ou la fin d'une série, il reste deux minutes. Là, c'est le bon moment de venir en parler. Décharger tout ça. Mais oui, je trouve ça important pour vrai
[00:44:32] parce que Catherine, elle déborde avec moi. Toi, Rosalie, tu débordes avec qui? Je reviens à ta question de est-ce qu'on en parle ou on n'en parle pas. Je pense que c'est important de se mettre des limites parce qu'au début de l'année, j'habitais chez mes parents. Là, maintenant, j'habite seule dans mon appartement. Mais au début de l'année, c'était difficile. On revenait à trois heures puis on pouvait en parler jusqu'à temps qu'à un moment donné, elle dise bon, je vais aller écouter la télé. Il est rendu sept heures. Je faisais comme OK. Bon, OK. C'est beau.
[00:45:03] Non, mais c'est parce que c'est des fois, c'est interminable. À qui je ventile? Souvent à mes collègues, sur l'heure du midi à trois heures où je t'appelle. Ou ta grande amie qui est aussi une nouvelle prof comme toi cette année. Oui, ma grande amie, exact, je salue Alizé, ma meilleure amie de vie. Qui vit la même chose que toi. Qui vit la même chose que moi. Ça reste que ça aussi, je pense que c'est un bon pilier de je le sais que peu importe qu'est-ce que j'y parle de mon travail, elle va pas seulement m'écouter, mais elle va le comprendre. Il y a des non-dits. Exact, ça rajoute comme plus d'importance
[00:45:32] à son écoute. Mais c'est ça, je pense que c'est difficile quand même de mettre une limite de on en parle, mais à un moment donné, il faut arrêter parce qu'à chaque fois qu'on en parle, ça fait qu'on dirait qu'on revit la situation aussi de notre journée parce que ça reste un travail humain. C'est ça qui est difficile parfois. Moi, j'ai un conjoint depuis bientôt 30 ans, mais le conjoint ne travaille pas du tout dans le domaine. Mais même si je mentile, il va m'écouter, mais il y a une solution, tu comprends? C'est comme,
[00:46:02] cet élève-là, fais ça, fais ça, mais c'est comme, non, non, je veux juste que tu m'écoutes, tu comprends? À un moment donné, je n'ai pas nécessairement des solutions possibles. Vous n'êtes pas à la recherche de solutions, vous êtes à la recherche d'écoute. Exact. Mais moi, je rentre beaucoup avec mes collègues. Vraiment, avec mes collègues. Puis l'équipe est super importante. À mon école, on a des équipes fortes à tous les niveaux. Ça, c'est super important. Mais cette année, il y a des gens qui, c'est que c'est plus difficile, les cohortes, ou peu importe ce qu'ils vivent dans leur vie. Donc, ils quittent.
[00:46:32] Ça amène du nouveau monde à l'école, mais qui ne sont pas nécessairement, ça aussi, c'est une autre réalité, des gens qui arrivent qui ne sont pas nécessairement légalement qualifiés, qu'on appelle, ils ont tout le bon vouloir, mais on vit beaucoup d'entraide. Dans une école, il y a beaucoup, beaucoup d'entraide entre nous. Tu sais, c'est comme, viens, je vais t'aider, tu pourrais faire ça, tu pourrais faire ça. Mais c'est ça, on se comprend tous. Je veux dire, on vit toutes la même chose. Mais il y en a qui ont des plus grands besoins que d'autres, de ventiler.
[00:47:02] Des fois, ça devient lourd. Cette année, moi, j'avais une collègue qui est mon amie aussi. Puis là, on dit ensemble, on va se détacher peut-être un petit peu plus. On va aller manger, juste toi puis moi, puis on n'a pas le droit de parler d'école. Mais ça revient quand même à mettre ses limites. Oui. À avoir des limites personnelles, à avoir des limites coups, ça fait beaucoup de bien de ventiler. Mais après ça, c'est ça, on réalisait que dans le fond, nos soirées, on faisait juste parler d'école. Enfin, on ne décrochait pas, on ventilait, mais on ne décrochait pas. j'ai une boucle. Des fois, j'ai une boucle. Des fois, j'ai une boucle. Puis là, je fais, oh,
[00:47:33] ça repart. Oui. Le disque, il repart. Oui. Puis là, je l'ai vu cet épisode-là. Tu sais, c'est drôle. Mais quelque chose que Catherine a fait que je trouve quand même extraordinaire cette année que je trouve bon puis on parle de s'écouter, c'est des fois, elle fait, là, aujourd'hui, je ne corrigerai pas, je vais me coucher tôt. Oui. Parce que ce repos-là va me faire plus de bien que de corriger. Puis tu sais, moi, à m'en ai aussi, évidemment, avec mon travail, je réveillais beaucoup. Puis ma petite, elle m'avait dit une phrase qui avait vraiment changé ma vie. Elle a dit, se reposer, c'est être productif. Oui.
[00:48:03] J'ai fait, mais mon Dieu, pourquoi on ne m'a pas dit ça à mes débuts? Se reposer, c'est être productif, s'arrêter, c'est pas... J'ai l'impression qu'à chaque fois qu'on se repose ou qu'on prend une pause ou qu'on s'amuse, c'est comme si on trichait. C'est comme si on n'avait pas le droit de faire ça. C'est comme si c'était une récompense, alors que s'arrêter, ce n'est pas une récompense. Je trouve qu'on le voit surtout dans les écoles, justement au récré, au dîner. Tantôt, tu parlais de ton collègue qui ne prend pas nécessairement
[00:48:33] pendant 30 minutes, mais souvent, c'est comme, ah, bien là, je vais aller travailler. Souvent, il y a une culpabilité qui vient avec, bien moi, je prends mon heure de dîner au complet ou je prends mon 15 minutes de récré. Non, je ne garderai pas d'élèves puis non, je vais juste aller... Il faut se respecter dans ce qu'on a. Je vais aller aux toilettes premièrement parce qu'on n'y va jamais puis je vais faire autre chose. Ça, il y a souvent une culpabilité qui vient avec prendre des pauses même dans notre journée ou dans les week-ends ou tout ça, je trouve. Oui, mais c'est primordial. Moi, je le vois dans mon métier.
[00:49:03] Des fois, je suis en train d'apprendre des textes ou de travailler des choses puis là, je fais, là, tout ce que je fais, c'est plus bon parce que mon tête n'est plus là. Exactement. On va être dans le fond plus productif, productif du moins si on a pris une pause justement à la fin de semaine. Moi, j'ai commencé à faire ça d'être davantage présente à la fin de semaine puis d'en ramener moins ou du moins, si j'en fais, c'est pendant les moments où est-ce que des fois, bon, toi, tu es en show puis les enfants dorment, je vais prendre un petit une heure de ce temps-là mais je sais que ça me fait du bien parce que notamment en début de carrière, moi, de mon côté,
[00:49:33] j'ai frôlé l'épuisement professionnel parce qu'on arrivait dans un milieu, c'était sans cahier aussi, notamment entre autres en univers social, à essayer de t'approprier les différents, les matières, le programme, c'est quelque chose. Même en sortant de l'université. Même en sortant de l'université, oui, de l'adaptation de l'équipe école, de l'horaire puis de tout, exactement. C'est beaucoup de choix en début de carrière. c'est 20 % des enseignants qui vont abandonner dans les cinq premières années. Oui, oui. Je pense vraiment que c'est une... Tu sais, moi, tu sais, on parle, oui,
[00:50:03] à des enseignants depuis 20, 20, 25 ans, mais j'espère que ce podcast-là va être écouté par des gens comme toi, Rosalie, qui font, OK, bien moi, comment je peux faire en sorte d'avoir du plaisir, de me sentir compétente pour faire ça toute ma vie. C'est ce que j'ai envie. Je sais que maintenant, il y a des programmes aussi de mentorat. Moi, ça n'existait pas moi quand j'ai commencé puis le fait d'être soutenue puis que ça soit au moins reconnu aussi pour le mentor parce qu'au départ, moi, j'ai déjà eu une mentor puis là, j'ai mis en guillemets mais son temps n'était pas reconnu mais elle m'outillait, m'aidait puis ça m'a amené le goût de moi aussi
[00:50:32] redonner à ma communauté puis dire, OK, bien moi aussi, je veux aider puis c'est un peu ça que j'essaie de transmettre dans mes congrès avec mon atelier que je donne parce que je me dis moi, j'ai frôlé l'épuisement professionnel en début de carrière puis je refuse qu'on perde encore des profs qui sont compétents, qui sont qualifiés, qui sont pétillants parce que justement, c'est difficile de tout s'approprier d'un coup. C'est tenté d'y aller graduellement mais je pense que d'avoir en tête ce que tu nommais, Rosalie, des moments de pause le soir, le coloriage ou je pense à Gabrielle Anne qui va marcher
[00:51:02] sur ses heures de pause puis s'accorder le droit de, même si tu es à l'école, tu n'es pas obligé de faire, dans ta période libre ou ton dîner, tu n'es pas obligé de faire des trucs d'école. En fait, c'est de choisir ta routine. Si toi, tu as envie de faire plus pendant tes pauses mais de rien rapporter le soir, tu peux faire ça aussi. Puis il y a une affaire que je trouve intéressante avec Catherine puis je te pose la question à toi, Manon, mais as-tu déjà acheté du matériel pédagogique qui était déjà prêt? Absolument. Oui? OK, bien ça, moi des fois, je suis comme avec Catherine, vas-y.
[00:51:31] Puis elle se sent coupable. Elle dit ça, mettons, je trouve ça parfait mais là, tu sais, je pense, des fois c'est l'argent les chats-là, je vais dépenser 12 piastres. Je comprends mais ça va coûter 9 piastres puis c'est déjà prêt. C'est déjà prêt, c'est déjà hot. Mais honnêtement, moi je suis sur les réseaux sociaux, tu sais, partage, troisième cycle, bon. Et oui, je vois plein de choses passer puis là, je fais comme, OK, je l'enregistre, OK, je l'enregistre. Est-ce que je vais l'acheter? Moi, je ne sais pas, je l'enregistre.
[00:52:01] Puis là, je vais voir plus tard. Oui, je me dis, ah, ça c'était super intéressant. Bien, ça coûte 2 piastres. Mais il y a souvent beaucoup de choses gratuites aussi. Par rapport au temps que ça te prend. Oui, toi tu mets toutes les choses gratuites. Oui, je partage gratuitement parce que c'est mon, moi c'est ma façon d'ordonner à la commune. C'est correct. C'est ce que je me dis mais j'en veux pas, tu sais, aucun jugement par rapport à ceux qui décident de le faire payant parce que je suis consciente du temps que ça demande de créer tout ça. Donc, tu sais, moi je vais en acheter. J'encourage aussi des créateurs, créatrices
[00:52:31] qui leur produisent son payant puis je le comprends. moi je trouve ça formidable. Oui, c'est ça qui me dit vraiment. Moi je trouve ça super beau la mise en page et tout j'ai fait. T'as l'affaire de correction, c'est exactement ce que tu cherchais pour 3 piastres. Pourquoi on s'ostine? Pourquoi on s'ostine? T'es rendu à ton troisième café, achète-les, tu sais, on parle de l'équilibre mental mais l'équilibre monétaire aussi. De dire à un moment donné, je pense que c'est important de dire, OK, bon, ben là, ça sera pas tout sur mon budget. Parce qu'on peut dépenser
[00:53:01] beaucoup sur notre budget. Oui, parce qu'en début de carrière, j'en ai dépensé moi des choses sur mon budget. Des livres notamment parce que c'était pas suffisamment garni. Commençait à avoir des budgets pour les livres dans les dernières années. Heureusement, bon, elle coûte 300 piastres, mais tu te dis, bon. Mais on a des budgets pour les livres ou on n'a pas de budget pour les bibliothèques? Non, c'est ça exactement. C'est ça, tu ne remènes pas pour ton jeu de piblière. Alors, je paye, oui, je n'arrête pas, mais je paye mes bibliothèques dans ma classe. Moi, je comprends. Parce que, c'est ça, voilà, je vais les rapporter quand je vais quitter. Je me dis, bon,
[00:53:31] ou je vais les vendre. On va s'en parler à Catherine plus tard. Mais c'est parfait pour moi, je vais toutes les apporter. Il y a aussi une affaire qui est différente depuis tes débuts, Manon, c'est vraiment tout le côté technologique. Le côté, on peut vous écrire des courriels, on peut répondre. Les applications avec les parents. Les applications avec les parents. C'est une charge. On gère ça comment? C'est difficile. Moi, je trouve ça très difficile. Tu sais, j'ai souvent des parents qui m'écrivent le soir ou le matin. Tu sais, là,
[00:54:01] souvent, je me dis, OK, je ne vais pas répondre. Je vais répondre sur mes heures de classe. Là, je suis comme, je me sens trop mal. Fait que là, finalement, je réponds. Mais c'est difficile de mettre ces limites-là. C'est quand le meilleur moment pour écrire pour un prof? En fait, est-ce que c'est le genre d'affaires qu'un prof peut dire en début d'année avec la rencontre de parents? Oui. Tu sais, parce que tu l'as fait, Catherine, puis je trouve ça intéressant. Puis encore une fois, je vais le répéter, c'est ta façon de faire, mais je trouve ça important de trouver... D'autres façons aussi. Sa façon à toi. Oui, à sa façon. À toi. Moi, ma façon, ma façon,
[00:54:30] les parents le savent, moi, je donne un délai de réponse. Jour ouvrable. Je dis entre 24 et 48 heures, jour ouvrable. Aussi, ce que je fais, c'est que moi, je programme mes messages. Fait que je n'envoie jamais de messages le soir ou en dehors de mes heures de travail. Par contre, ça m'arrive d'y répondre après l'école à 3h45, mais je ne l'enverrai pas tout de suite. Je vais le programmer pour le lendemain matin sur mes heures de classe. C'est bon ça. Parce que je veux montrer aux parents que je... Tu sais, je vais voir les courriels, oui, mais je ne vais pas y répondre. Je ne veux pas
[00:55:00] que le parent sache que je vais lui répondre le soir. Parce que ça, c'est précieux. Puis moi, je me suis bloquée aussi. Moi, les courriels, j'évite le plus possible parce que c'est déjà arrivé par le passé de regarder la fin de semaine arrive sur un courriel qui ne fait pas de sens. Puis là, ça vient à t'envahir puis ça gâche ta fin de semaine. Fait que j'essaie de me couper des notifications aussi à partir du vendredi. Ce n'est pas toujours facile. Mais j'essaie de me couper le vendredi pour éviter justement... Moi, je suis un papa puis j'y aurais jamais pensé. Tu sais,
[00:55:29] je me sens super coupable. D'écrire. Je ne comprends pas mon courriel. Je viens d'écrire de quoi dans le sens que je vais vraiment de mon côté de papa, de pas d'enseignant parce que maintenant, je comprends qu'être en A24, j'en ai 10 courriels, je ne veux pas répondre le soir. On parle de décrocher. Mais moi, quand j'étais... Vu que je suis papa d'Agnès puis d'Alfred puis de Rosalie, je me suis fait non, mais je t'écris de quoi que moi je trouve important. Je m'attends à ce que tu me réponds. Tu sais, je pense qu'un des trucs qui s'appelle aussi de dire ce que tu as fait en début de cette année. Absolument.
[00:55:59] Quand tu m'as raconté ça, j'ai fait, ben oui. Est-ce que je pense que ça n'a pas de sens? Tu sais, moi, je pense que toujours dans l'approche de dire aussi aux parents puis je ne suis pas mal certaine que vous le faites les filles, mais c'est de nommer aussi aux parents, écoutez, moi, ma priorité en classe, c'est d'être avec vos enfants, avec votre enfant. Donc moi, je ne me mettrais pas à répondre au courriel. À moins d'une urgence, veuillez communiquer avec le secrétariat. Mais sinon, moi, mon attention est dirigée vraiment sur mes élèves. Après ça, les courriels, c'est ce qui vient secondaire.
[00:56:28] Puis là, j'y répondrai, mais encore une fois, je vais répondre dans un délai qui est raisonnable selon moi. Puis tu sais, moi, avec ma journée de congé, mon pourcentage, c'est pour ça que je mets jour ouvrable parce que je ne répondrai pas dans ma journée de congé. Je ne répondrai pas la fin de semaine non plus. Ça aussi, ça amène quelque chose d'intéressant auprès des parents puis ils sont super compréhensifs. Ils viennent vraiment à, OK, bon, on le sait que Mme Catherine, elle a probablement vu mon message, bien, il va y répondre. Souvent, c'est plus nous qui a de la misère à mettre cette limite-là, je trouve. Bien, moi, j'ai beaucoup de difficulté dans le sens que sur mon téléphone,
[00:56:57] j'ai les courriels de l'école. Oh! OK. Oh! c'est sûr. Alors, le soir, je regarde mes courriels personnels puis là, je me dis, OK, c'est quoi ça? Ah, la direction qu'il m'a écrite. Je vais le lire, c'est... Il faudrait que je l'enlève. Honnêtement, il faudrait que je l'enlève. Ça m'envahirait peut-être un peu moins, mais j'ai un groupe Facebook, moi, privé avec mes élèves. Donc, je mets, mettons, des photos, des activités, des projets qu'on fait pour que le parent puisse voir, mais je leur dis en début d'année que c'est le courriel, c'est la meilleure façon de communiquer avec moi. Oui.
[00:57:27] Mais il y a toujours des parents à chaque année qui essaient, mettons, qui m'écrivent par Messenger privé. Oui. Non. Là, je bloque et j'écris par courriel. Je suis vraiment désolée, ce n'est pas la façon de faire, parce que ça, ça m'appartient. C'est mon Messenger. C'est ta limite. Oui. Ça fait que je mets mes limites, mais j'aime beaucoup ton truc de répondre puis de planifier choses que je n'avais jamais pensées. Il y a des industries, bien en fait, non, je pense que c'est des pays en Europe que si un employeur envoie un courriel en dehors des heures,
[00:57:57] tu dois le payer. Ah oui? Bien, c'est parce que si moi, je t'envoie un courriel en dehors des heures de travail, ça veut dire je m'attends à ce que tu lises et que tu le réponds en dehors des heures. Ça peut être, ça, s'il y a des directions qui nous écoutent, programmez-les aussi, vos courriels. Oui. Oui, c'est vrai. C'est clair. Oui, oui. C'est vrai. À moins d'une urgence, exactement. Exact. Parce que nous, notre direction, on l'avait déjà dit, s'il y a quoi que ce soit une fin de semaine, il se passe quelque chose, c'est vraiment de grave, bien là, je vais être informée moi. Puis je comprends tout à fait, mais en effet, on devrait vraiment
[00:58:26] s'en tenir aux heures de travail. Puis moi, depuis que j'ai fait ça, pour vrai, ça m'allège ma charge de travail, de répondre. Non, non, là, c'est annoncé. Mais j'écoute, vous challengez, si vous aviez à choisir un truc, une chose qui alimente l'équilibre entre le travail puis la vie personnelle, c'est quoi? Oui.
[00:58:56] Une chose qui alimente... Oui, parce que j'ai l'impression que ton truc, toi, mettons, ce qui est numéro un, va peut-être être numéro un pour quelqu'un d'autre, mais le truc de Manon ne sera pas la même chose. Parce que ce que je retiens aujourd'hui, moi, j'appréhendais cette discussion-là en disant, on va trouver cinq, six, sept trucs pour tout le monde. Et là, je réalise que je suis tombé dans un piège. Tu ne peux pas avoir le même équilibre ou la même façon d'y arriver. Je pense que le meilleur truc, c'est, trouve ta manière d'enseigner, ta manière d'être. J'ai retenu beaucoup l'équipe école, le soutien,
[00:59:26] la camaraderie, mais j'ai retenu qu'il y en a qui aient profité de leur récréation, il y en a qui mettent leurs limites, il y en a qui vont marcher. Je trouve ça formidable. C'est pas, je suis arrivé en disant, il n'y a pas de recette, il faut que tu trouves ta recette, mais il faut que tu la travailles, il faut que tu la peaufines. Si je vous demandais une par une, votre truc pour trouver l'équilibre parce qu'on a de tout, milieu de carrière, fin de carrière, début de carrière. Moi, je pense que ça serait vraiment d'essayer, c'est ça, ma réalité est différente que les classes régulières. Il y en a plein qui sont dans la réalité. Moi, je pense que
[00:59:55] c'est vraiment quand je pars de l'école, je n'amène rien. Quitte à, je vais rester plus tard à l'école. Je peux rester jusqu'à 4-5 heures des fois, pas tout le temps, mais mon sac d'école, il reste à l'école. Puis si j'ai quelque chose d'urgent, ça va être par courriel ou peu importe, mais d'essayer d'avoir cette limite-là. Moi, j'arrive toujours plus tôt le matin, des fois je pars plus tard, mais d'essayer de ne pas amener ça à l'école parce que c'est trop tentant des fois de dire,
[01:00:25] OK, je vais réouvrir mon agenda, voir, ah oui, OK, c'est trop tentant de faire ça, je pense. Parfait. Je pense que ça serait ça mon truc. Moi, je suis comme embêtée parce que je me dis m'écouter dans le sens que ce soir, est-ce que j'ai envie? Est-ce que je vais avoir toute l'énergie ce soir, pour exemple, corriger ça? Non. Alors, ça restera à l'école. Si je me dis, oui, il faut que je le fasse absolument ce soir, bien, je vais le faire. Mais je pense que de s'écouter, puis à un moment donné,
[01:00:55] j'allais marcher moi aussi, deux midis par semaine, puis ça me faisait un grand bien. J'allais marcher avec une collègue, puis ça faisait vraiment, vraiment du bien. Ou de me dire, OK, ce soir, quand j'arrive à la maison, exemple, bon, Rosalie disait ça des fois en début, au mois de septembre, on se donne un deux. On se donne un deux, c'est comme, OK. Parle-moi plus. Parle-moi plus, mais je parle à personne, mais je me donne un deux, c'est OK, qu'est-ce que j'ai envie de faire chez nous? Oh, je vais regarder, tiens, l'émission que j'ai manquée hier, puis après ça,
[01:01:25] j'embarquerai peut-être. Question de jugement. Oui, question de jugement. Je m'en allais nommer une autre émission. Non, je ne la nommerai pas. Brac la vie. Brac la vie, c'est vrai. On écoutait ça, Brac la vie. Je suis jurement dans ce temps. Moi, c'est ça, mon parcours scolaire. Brac la vie. Mais je pense que chacun doit trouver sa propre équilibre, son propre équilibre, dans le sens que qu'est-ce qui, moi, me fait du bien? C'est ça qui me fait du bien, mais c'est ça que je vais prendre.
[01:01:55] Mais tu sais, les trucs à Catherine sont bons, les trucs à Rosalie les tiennent dans ton travail aussi, tu sais. Mais chacun, il n'y a pas de recettes, tu sais. Ce n'est pas une marche à suivre. Déjà, il n'y a pas de recettes, certains, il y a beaucoup de gens qui font, ah oui, OK, parfait. Oui, ça dépend de toi. Puis ton truc à toi. Ça va un peu dans le même sens, c'est drôle, mais moi, je trouve que c'est de se respecter et de respecter les autres aussi. Parce que des fois, on a tendance à juger aussi, des fois, ah bien là, justement, l'autre part, ah bien là, tu vois, elle arrête, ça n'a pas de sens. Moi, je suis comme, occupe-toi de toi. Du sens que toi,
[01:02:25] qu'est-ce que tu veux en ce moment? Qu'est-ce qui est le mieux pour toi? Qu'est-ce qui te ferait du bien? Je pense que c'est important parce que j'en consomme justement. Mais là, c'est de savoir, OK, moi, qu'est-ce qui est réaliste en ce moment? Qu'est-ce que j'ai le goût de faire? Qu'est-ce qui me tente aussi de faire? Je pense que c'est ça de se respecter pour être capable de trouver l'équilibre. Puis tu sais, moi,
[01:02:55] c'est ça que j'ai en tête puis que je tente d'appliquer depuis de nombreuses années. Tu sais, que ce n'est pas parfait, mais que j'apprends en tout cas aussi d'être plus douce envers moi. C'est-à-dire que, ah non, je ne me ferai pas ou non, ça ne sera pas comme ça. Oui, j'ai le goût de le faire. Moi, j'ai le goût de prendre mon samedi, de prendre une heure. moi, ça me tente. Avec ma petite bougie, mon café, je suis heureuse. Exact. Oui. Fait que, oui, j'irais comme ça. Tu as l'air drôle, toi, quand tu me rends. Non, mais je trouve ça. Tu as l'air drôle. Je trouve que la douceur, c'est important. C'est vrai. On va parler à beaucoup de professeurs.
[01:03:25] Des fois, je suis comme, je vous parle et ce que vous faites, c'est extraordinaire et ce que vous le voyez, vous le voyez comme étant le banal. Je trouve qu'il y a une distorsion de la réalité dans votre travail. Vous faites des choses qui sont incroyables au jour le jour et moi, je regarde, je fais, mon Dieu, vous faites une montagne et j'ai l'impression que quand vous arrivez dans votre char, vous faites, j'en fais pas assez. Puis là, je fais, vous n'en faites pas assez. Vous en faites déjà trop. On est des enseignantes, mais on porte plusieurs autres chapeaux aussi que être juste un enseignant.
[01:03:54] On ne fait pas juste enseigner dans notre journée. Moi, dans ma réalité, c'est ça, je fais beaucoup, vous aussi, j'imagine, mais il y a beaucoup d'autres choses qu'on fait que juste passer de la matière. Totalement. C'est vrai que souvent, on s'en met beaucoup et on est comme, c'est sûr que, c'est banal. C'est ça mon métier, mais dans le fond, on en fait souvent plus que pas assez et on ne se permet pas de le reconnaître nous-mêmes. Mais des fois, moi, ça serait ça mon truc. Regardez ce qui est fait au lieu de ce qu'il y a à faire. Peut-être. Des fois,
[01:04:24] j'ai pas eu le temps, puis là, je fais, t'aurais fait ça quand aujourd'hui? Oui. Je dis, t'as pas arrêté, mais t'aurais fait ça quand? Elle fait tard, oui, t'as raison. Non, mais je vais le nommer le plus, de dire, je suis fière de moi. Ce n'est pas quelque chose que je disais beaucoup en début de carrière. Arrête, arrête pas de dire je suis la meilleure prof au Québec. C'est super génial. Ça se vende, ça n'arrête pas. En dehors des micros, tantôt, ça n'arrêtait pas. tout le temps. Mais oui,
[01:04:54] on le dit beaucoup à nos élèves, puis aux autres, je suis fière de toi, mais c'est vrai que c'est rare qu'on se le dit à nous. Exactement. c'est un peu à cause de Mme Isabelle, maternelle, la prof d'Alfred. Oui, tape sur l'épaule. Tape sur l'épaule pour dire que t'es fière de toi. C'est un peu d'elle que j'ai pris ça et j'ai fait, oui, c'est important d'être fière de toi. C'est un très bon truc, ça. Oui. Des fois, je fais quand même, bravo Mme Catherine, tape l'épaule.
[01:05:24] En vrai, j'ai l'impression qu'encore une fois, il y a bien des enseignants et des enseignantes qui se sont reconnus, qui ont le même défi d'équilibre, qui arrivent aussi à la maison en disant, bon, je me raconte ça à mon chum sans arrêt. J'ai l'impression qu'on vit plein de choses. Ça gère tellement, là. Tu sais, pour mettre en perspective aussi. Est-ce que toi, tu ventiles aussi sur ton travail? J'ai la chance de faire un travail où je ré énormément, où j'ai du plaisir. Ah bien, moi aussi. Oui, non, mais dans le sens que je sens que j'ai moins de...
[01:05:53] pas de friction, mais de... Je pense que tu t'occupes pas de mini-humains aussi, autant qui arrivent avec leur bagage émotionnel. C'est peut-être ça aussi. La différence. Que ce soit à la télé ou à... Ce n'est pas un métier qui est facile. Je travaille beaucoup, mais on est... On s'amuse puis on est là pour faire rire les gens. Tu sais, je n'ai jamais un courriel d'un papa qui est inquiet parce que son fils, ça ne va pas bien. Je n'ai pas le même degré de friction que vous pouvez avoir dans une journée. Mais tu sais, moi, j'ai dit à Catherine, je fais, moi,
[01:06:23] je vois une fois de temps en temps, ça me fait du bien. Je fais, tu devrais y aller aussi. Tu sais, il ne faut pas... Mais là, allons-y avec... Question rapide. Oui. Mais je peux-tu revenir sur ce que tu disais tantôt quand tu parlais de la technologie? Oui. Moi, quand j'ai commencé, il y a 30 ans, il n'y en avait pas de courriel. Il n'y en avait pas non plus. Le parent t'écrivait dans l'agenda. Oui. Tu sais, c'est ça. Donc, c'est vraiment... Il y avait déjà une distance. Il y avait une grande distance. Oui. Oui, c'est ça. Mais là, c'est des courriels des parents,
[01:06:53] la direction, la secrétaire, peu importe. Tout le monde envoie des courriels. Sur Teams, dans tes courriels Outlook, je m'as mis les... j'ai différentes plateformes. Quand on cherche des documents, tu sais, à l'époque, c'était dans un cartable. Si tu cherchais quelque chose, tu as l'avoué dans le cartable. Oui. Là, on te dit, va dans le Teams, dans le document, t'as allé à faire l'onglet, je suis de même. OK, parfait. Puis, je ne suis pas la seule à être vraiment là. C'est trop, à un moment donné. Mais c'est tellement... Oui, c'est ça. Mais c'est un surplus, ça.
[01:07:23] Parce qu'on n'avait pas ça. C'est que ça a le son de l'autre positif. Oui, mais il y a des contraintes. Puis, tu dois te mettre à la page. Tu sais, quand est arrivée la pandémie, et là, il fallait que t'enseignes en Teams, à distance. Ouh! OK! Mais là, tu ne sais même pas comment ça fonctionne, cette affaire-là. Puis, on nous a... partage d'écran. Je vais vous partager votre écran. Ça ne fonctionne pas encore. Exact. Ça ne se fait pas long. Là, il n'y a plus de son. Oui. Bon, là, je ne te vois plus. L'élève disait,
[01:07:52] je ne te vois pas, Mme Manon. Là, je disais, je ne t'entends pas. La joie. Oui, c'est ça. Mais heureusement qu'on n'enseigne pas comme ça. Non, ça pourrait être un autre sujet. Oui. Oui. Je veux savoir si vous aviez une chose à changer dans le système d'éducation, ça serait quoi? Mettons, on vous donne rendez-vous dans le bureau du ministre de l'Éducation et il dit, vous pouvez changer une chose, ça serait quoi? D'écouter les enseignants à la base, de tout le temps retourner à la source,
[01:08:22] je pense, de toutes les décisions. Il y a parfois des décisions qu'on n'est pas consultés, que ça nous est annoncés, mais on n'a pas été consultés et ça l'impact. Ça reste qu'au quotidien, c'est nos élèves, c'est notre classe, je pense que c'est nous qui les connaissons le mieux après les parents, évidemment. Je pense que ça serait ça. Une meilleure écoute de la part du monde politique. Reconnaissance? Oui, du monde politique, mais c'est ça, des fois, c'est ça, de toutes. En souhaitant
[01:08:51] que M. Drinville écoute. Oui. Oui. Moi, je dirais la reconnaissance, mais pas juste, tout d'abord du milieu politique de notre ministre de l'Éducation. Non, on a toujours, premièrement, il n'y a pas de stabilité souvent dans ce ministère-là. Alors, il y a toujours des changements. Nous autres, on est toujours impactés par ça. On nous annonce des choses qu'on a, ah bien, c'est rendu comme ça maintenant. Mais la reconnaissance, oui, mais aussi, je pense qu'il y a des parents
[01:09:21] qui sont très reconnaissants du travail qu'on fait. Moi, j'avais eu beaucoup d'espoir dans le retour de la COVID quand on est revenu en classe, parce que là, les parents se sont aperçus que c'était très demandant être enseignant. Moi, j'aurais pensé que notre métier aurait été encore plus valorisé. Mais des fois, c'est décevant. Moi, c'est nono, mais dans mon agenda, quand j'écris toujours la journée pédagogique, j'écris égal,
[01:09:50] congé pour les élèves. Parce que pour moi, je dis à mes élèves, je ne suis pas en congé, moi. Toi, tu es en congé à la maison. Mais pas moi. Moi, je travaille, je planifie, je corrige, je fais ci, je fais ça. Je sais que les pédagogues sont très, très, très chargés souvent. Mais c'est important pour moi. Mais la reconnaissance du public. Mais moi, je la sens de plus en plus. Mais tu fais un travail incroyable. Non, mais moi, j'ai l'impression qu'on est de plus en plus de gens de mon âge et un peu plus jeunes qui ont eu des profs qui ont été marquants, qui ont eu des profs
[01:10:20] qui ont été significatifs, qui ont été à l'écoute, qui ont fait une différence puis qui ont vu cette différence-là dans leur vie. Fait que quand ils arrivent avec des enfants dans le milieu scolaire, je les trouve plus attentifs. À l'inverse, qu'est-ce qui a changé puis qui va de mieux en mieux ou dans la bonne voie dans nos écoles, selon vous? Après trois mois, je n'ai pas grand-chose à dire. Après 30 ans, qu'est-ce qui va de mieux en mieux? Certains diront peut-être la technologie, dans le sens que, tu sais, on a des tableaux interactifs,
[01:10:49] on a accès à plein de choses intéressantes aussi avec ça. Ça peut être positif malgré qu'il y a des choses qui sont négatives, mais ça, oui, ça peut être... Ça peut beaucoup aider. Tu sais, tu n'as pas toujours la création des activités ou des projets à faire. Tu as quand même un grand accès, justement, avec la technologie à avoir des trucs déjà prêts. Mais arrive une panne électricité. Et là, tu comprends. Et là, tu ne sais plus quoi faire. Mon Dieu, retourner à écrire au tableau. Qu'est-ce qui est pire qu'il n'y a plus de tableaux intelligents ou qu'il n'y a plus d'air climatisé?
[01:11:20] Moi, j'en ai des écoles qui a de l'air climatisé. Oui, c'est ça. Il faut dire que nous, dans ma nouvelle section, des fois, j'ai du chauffage l'été. Ce n'est pas au point encore. Mais je préfère le TNI. Moi, je n'ai pas d'air climatisé alors. Il fait chaud. Il fait chaud. Il fait chaud. On a gardé la question la plus difficile pour la fin. Oui. Que moi, je trouve la plus belle. Oui, c'est très bien. Qu'est-ce qui vous rend personnellement le plus fier dans votre pratique? De quoi êtes-vous le plus fier par rapport à vous-même? Je pense que c'est
[01:11:49] d'arriver à créer un lien avec mes élèves. Là, moi, je suis nouvelle. Je suis arrivée dans une école. Nouveaux élèves, nouvelle direction, nouveaux collègues. Je pense que c'est d'être capable de garder, malgré que c'est un travail, je trouve qu'enseignante, ça me donne quand même beaucoup la liberté d'être moi-même quotidiennement. Avec mes élèves, je suis juste moi-même. Je pense que d'être arrivée à créer un lien avec eux, avec mes collègues aussi fort, je pense que ça serait ça que je suis fait pour le moment.
[01:12:19] C'est très beau, je m'en allais dire la même chose, mais le lien avec les enfants, mes élèves, moi, j'ai beaucoup de plaisir aussi avec eux. On peut rire, il y a du temps pour rire, mais je suis très, très exigeante, mais j'ai beaucoup de plaisir dans ma classe. Quand je vois des petites premières années qui me disent « Bonjour, Mme Manon, moi, j'aimerais ça dans ta classe en sixième année. » mais moi, j'ai une mascotte dans ma classe. Moi, j'ai Stitch, c'est mon personnage de Disney et j'ai des toutous. Fait que là, on pige les Stitch le matin.
[01:12:49] Il y a comme un sentiment d'appartenance très fort dans ma classe. Les vendredis d'Ange. Oui, les vendredis matin, je mets de la musique dans le tapis. Je dis « Oana, mes élèves, tous les soirs. » « Oana, demain. » Parce que « Oana, ça veut dire que personne n'est abandonnée ni oubliée. Mais le lien que je vais développer avec eux, puis j'aime ça être avec mes collègues. J'aime ça me lever le matin et je pense « OK, puis là, je révise ma journée, je vais travailler. » J'aime ça. Ça va me manquer, je pense. Moi, je vais donner des compliments parce que je trouve
[01:13:19] qu'on a choisi des bons invités pour le premier balado. Oui, vraiment. C'est vraiment gentil. Je trouve ça beau de voir une enseignante qui, après 30 ans, a toujours la passion. Puis je trouve ça beau de voir une si jeune enseignante qui met déjà ses limites et qui respecte son intégrité professionnelle. C'était super intéressant. Merci pour vos partages. On s'est ouvert sur plein de sujets. Merci pour votre générosité. J'ai l'impression que ça a touché plein de gens. Puis là, je propose qu'on aille courir avec tous les petits tannins. Bon. En quoi? En courir, écouter les petits tannins.
[01:13:48] Bonne année scolaire. Merci. C'est vraiment gentil l'invitation. Prof, ma fierté, le balado, c'est une création de la FSECSQ. Merci beaucoup d'avoir été là. On se retrouve à moi prochain.

