Jérémy Van Ranst au 44e colloque de l'AQUOPS
02 mai 202600:15:0516.09 MB

Jérémy Van Ranst au 44e colloque de l'AQUOPS

LA PÉDAGOGIE DU COEUR  - SAISON 5 - HORS SÉRIE 11

 

Animation: Marc Proulx et Frédéric Jean

 

Les 31 mars, 1er et 2 avril, une délégation de Balado Pédago, dont je faisais partie, a réalisé des entrevues au salon de l'innovation du 44e colloque de l'AQUOPS au Hilton Québec.

Dans cet épisode hors série, j'anime à nouveau en compagnie de Frédéric Jean (Le cancre pédagogue). Notre invité est Jérémy Van Ranst, technopédagogue à l'école des Ursulines de Québec.

Musique: Petite marche dans la neige (par Simon Proulx, tiré de l'album Le soleil se lève toujours quelque part: https://simonproulx.bandcamp.com/album/le-soleil-se-l-ve-toujours-quelque-part)

[00:00:08] Bonjour tout le monde, Marc Proulx à la COPS pour Balado Pédago, Marc Proulx pour La pédagogie du cœur, toujours présenté par Cybercap pour la 5e saison et encore une fois en compagnie de Frédéric Jean. Salut Fred! Salut Marc! Comment se porte ta santé en ce moment dans ces trois jours aussi intenses qu'on est en train de vivre? Je pense que la santé est bonne, je dirais que la pression est bonne, le pouls a l'air calme, ça a l'air d'avoir du bon sang.

[00:00:37] Non, écoute, c'est des beaux moments qu'on passe ensemble. Fred, je ne veux pas oublier de le dire, Frédéric Jean, c'est le cancre pédagogue. Si vous voulez aller écouter les épisodes, il y a plusieurs saisons. Fred, c'est plus qu'une centaine d'épisodes. Je t'annonce que quand je vais terminer le montage de nos podcasts qu'on fait à la COPS, je vais avoir défoncé 200.

[00:01:01] Oh! Bravo! C'est quelque chose là, parce que quand on lance ça, ces idées-là de faire un balado, de parler de pédagogie, il y en a beaucoup qui partent là. Oui. Mais ça continue, ça tient, ça ne perd pas en qualité, ça ne perd pas en contenu. Alors allez écouter ça, vous pouvez passer par Balado Pédago, vous allez nous trouver. On est là tous les deux. La pédagogie du cœur, vous allez voir le cancre pédagogue, mais il y en a plein d'autres. Bon, mais là, maintenant qu'on a dit ça, on n'est pas ici pour jaser entre nous autres, on est ici pour jaser avec les gens qui sont présents à la COPS. Et puis on n'a tout qu'un.

[00:01:31] Oui, puis là, c'est un peu une suite d'un autre épisode que les gens vont avoir attendu avec des jeunes. Ça fait que je vais te laisser nous mettre ça en contexte, Fred, mais avant, j'accueille notre invité, Jérémy Van Ranst. Comment ça va? Bonjour, bien et vous? Moi, ça va très bien, ça va très bien. Ça ne peut pas aller mieux. Donc, on continue, Fred. Toi, ça va bien aussi? Tu m'as demandé ma santé, comment ça va? Je suis fatigué, mais je suis heureux. Tu vas la vérité, c'est ça. C'est parfait, c'est correct, c'est honnête.

[00:01:58] C'est sûr que, non, je n'irai pas là, j'allais parler de ce qui t'a occupé en début de journée, mais non. Allons-y directement. Puis là, je ne veux pas s'entendre, c'était des tâches ménagères. Ah, il y avait quelque chose de humilleux. Oui, il y avait quelque chose au sol qu'il a fallu ramasser. On l'a dit, finalement. On s'est fait. On l'a dit. Alors, je te laisse nous parler, je te laisse nous introduire, Jérémy, pour qu'on sache qu'est-ce qui fait qu'on jase avec lui, Jérémy, qui est aux Ursulines de Québec. Tout à fait. Merveilleux. Tu veux que je mette la table? Puisque c'est toi qui as fait l'autre bout.

[00:02:28] Ben oui. En fait, Jérémy, on se connaît depuis un certain temps. Il me pose souvent des questions sur le podcasting. Il m'a questionné sur des approches que je faisais aussi, mettons, avec Minecraft for Education. Des idées que j'avais. On se parle souvent. Jérémy, on a des moments où on partage des choses. Tout à fait.

[00:02:52] Et Jérémy, il fait de quoi ici à la COPSE qu'on ne voit pas souvent? C'est d'amener ses élèves pour faire vivre la COPSE. Puis l'année passée, je suis tombé en amour avec ses élèves. Des jeunes allumés qui ont cette soif d'apprendre. Puis je suis tombé en amour avec les Ursulines grâce à Jérémy.

[00:03:20] Puis Jérémy, il est là en ce moment avec nous autres. Jérémy, il va nous parler un peu de ce qu'il fait. Puis tu vois, il est vraiment extraordinaire. Merveilleux. Donc Jérémy, à toi la parole. Qu'est-ce que tu fais aux Ursulines exactement? C'est quoi ton rôle là-bas? Alors, merci pour l'invitation déjà. Puis moi, mon travail aux Ursulines, c'est d'être technopédagogue. Et mon travail a plusieurs facettes. Notamment le principal, c'est de gérer un laboratoire créatif.

[00:03:50] Donc un laboratoire créatif, pour ceux qui ne savent pas, c'est un endroit où on crée, tout simplement. Et donc c'est là où on a du matériel de création, aussi bien numérique que non numérique. Donc quand je dis numérique, on parle de robots, imprimantes 3D, caméras sur écran en verre, découpe vinyle, tout ça, tout ça. Puis le côté aussi plus manuel, donc peinture, crayon, cisonne, carton, tout quelque chose, plus de petit bricolage aussi que nous avons. Donc mon travail, c'est de gérer cet environnement-là.

[00:04:20] Donc le gérer au niveau de tout ce qui est matériel disponible, achat de matériel, est-ce que tout est à jour, est-ce que c'est chargé, est-ce que tout le côté de gestion de matériel qui veut, veut pas, s'il n'y a personne dans ce lieu-là, ça serait plus difficile. Puis il y a le côté aussi de faire venir les classes dans ce laboratoire créatif. Donc concrètement, je rencontre les profs, soit individuellement, soit par niveau, soit au plus grand collectif,

[00:04:47] pour justement trouver des projets qui s'intègrent directement dans leur pédagogie, dans ce qu'ils font déjà, et de les amener au lab avec un petit peu, avec un côté créatif, avec un côté qui est plus différent. Donc c'est finalement offrir aux élèves de la classe en question un apprentissage qui soit adapté peut-être plus à ce qu'eux font, parce que quand on vit au laboratoire créatif, moi j'ai toujours en tête un côté différenciation pédagogique.

[00:05:16] Donc oui, c'est effectivement un très bon moyen, un bon lieu pour la différenciation. Dès qu'on entre du côté technopédagogique, on a tendance à dire que non, ça va être juste un plus sur le plan pédagogique, puis des fois on se trompe en se disant, c'est juste qu'on va faire les choses autrement, puis ça va être plus divertissant. Mais non, il faut que ça nous amène des portes de plus, et effectivement la différenciation en est une. Et donc ça permet en fait, sur la plupart des projets qu'on fait au laboratoire créatif,

[00:05:45] d'offrir aux élèves du matériel différent qu'ils ont le choix d'utiliser pour réaliser un produit qui au final n'est pas du tout le même d'une équipe à l'autre. Donc là, il y a tout le fait de repenser éventuellement l'évaluation, parce que si on fait tous le même dessin, c'est facile à évaluer, entre guillemets. Il y a une certaine évaluation qui a été mise en place. Sauf que là, si on dit maintenant, votre produit final, c'est quelque chose de différent de chaque équipe, on n'évalue plus les mêmes affaires.

[00:06:13] On évalue les mêmes affaires, mais un peu différemment. En même temps, ça veut dire qu'on va être beaucoup plus dans la réalité de l'apprentissage, parce que malheureusement, souvent, si on évalue seulement au niveau du produit, on n'est pas en train d'évaluer ce que l'élève a appris, on apprend ce qu'il me livre. Peut-être que c'était déjà très, très, très, très bon pour livrer ce produit-là. Donc, les apprentissages qu'il a fait sont peu nombreux. Il a juste démontré ce qu'il savait déjà.

[00:06:38] Mais si on évalue dans le processus, on risque d'être beaucoup plus près d'une évaluation des apprentissages. Et donc, je travaille fort parce qu'effectivement, les projets, en général, ça ne se règle pas en une période, évidemment. Donc, ils viennent une, deux, trois, quatre, cinq fois période sur peut-être plusieurs semaines. Et au fur et à mesure, j'encourage les profs justement à prendre des traces, des traces d'évaluation de chaque étape de ce qui est fait dans le projet. Super.

[00:07:07] Et Fred le disait tantôt, on t'a vu ici. Moi, je sais, j'ai pris des photos de ça pendant que Frédéric faisait l'entrevue en début de semaine, il y a deux jours. Je pense que c'était mardi. Mardi. Le temps passe vite. C'est comme si c'était la semaine de l'aise. C'est comme si c'était hier. Et tu étais avec des élèves. Oui, effectivement. Trois élèves de l'école qui sont venus mériter. De ce que je comprends, ce n'est pas la première fois que tu fais ça. Non, effectivement. On a commencé ça à faire venir des élèves il y a déjà trois ans de tout ça.

[00:07:35] Puis à chaque fois, c'est pour venir présenter ce qu'eux ont fait. Parce que moi, mes thématiques d'atelier, j'aime ça. J'aime ça en général que ce soit main sur les touches. Puis quand je ne peux pas le faire main sur les touches parce que manque de matériel, parce que pour diverses raisons, je fais venir des élèves. Pour qu'eux montrent main sur les touches l'objet créé, la maquette créée, la création finalement, le produit qui en est résulté de ce projet-là. Plutôt que d'avoir une photo.

[00:08:00] Surtout qu'en plus, la COP se déroule au Wilton, au centre des congrès par les années passées. C'est presque voisin. C'est ça. L'école des Jérusalem est dans le Vieux-Québec. Et littéralement, on voyage les enfants, les élèves à pied. Ben oui, c'était capoté. 500 mètres. Donc nous, on est chanceux que notre école soit juste à côté de cet événement-là. Je ne sais pas. Jérémie, je n'ai même pas encore visité ton école. Telle bienvenue. Ben oui. C'est certain, je vais y aller. On se donne rendez-vous. Absolument. Avec plaisir.

[00:08:30] Absolument. On peut faire visiter ça. Une école qui a 386 ans d'histoire. C'est incroyable. Oui, oui, tout à fait. Et donc, tu viens ici avec les élèves et les élèves participent d'une certaine façon. C'est des co-animateurs, des co-animatrices d'un atelier. C'est souvent une surprise pour les enseignants qui disent « Ah, il y a des élèves. Qu'est-ce qu'ils vont faire? » Il y a toujours ce petit engouement de « Ah, puis là, il y avait des enseignants qui passaient par la tête, par la pote qui font « Eh, mais nous aussi, on va assister. »

[00:09:01] J'en ai vu une personne qui a changé d'atelier expressément pour venir. Pour voir les enfants. Pour voir la présentation. C'est sur quoi? Ah, OK, ça pourrait m'intéresser. Oui, parce qu'effectivement, c'est complètement inhabituel. C'est ça. On en croise des jeunes, mais souvent, ça va être les enfants de quelqu'un qui est en train de présenter. Je viens d'en voir passer. Mais d'amener des élèves avec toi et de les amener qui participent directement à la présentation, c'est sûr que ça donne une plus valide.

[00:09:29] C'est une value assez importante à ce qui est présenté aux gens qui assistent à ça. Les gens doivent apprécier de voir concrètement les impacts de cette chose-là qui est appliquée en classe. Là, concrètement, cette année, on a fait une maquette robotisée en incluant des Ozobots, Miki-Miki EV3 et Microbi, tout ça dans la même maquette qui parle de catastrophe naturelle sur les volcans. Donc, elles ont choisi le sujet.

[00:09:54] Et ce que je veux dire par là, c'est qu'elles n'ont pas juste présenté ce bout-là de la présentation de leur maquette. Oui, forcément, celles qui l'ont présentée. Bien sûr. Mais ils l'ont fait expérimenter, même qu'il y a des enseignants qui sont venus l'essayer, voir comment ça fonctionnait en arrière. Quand on soulevait le volcan, il y avait quoi à l'intérieur ? Il y a ce côté-là. Mais on a essayé aussi, avec ma collègue, Madame Sophie, qui était là, on a essayé de les inclure un peu par-ci, par-là dans la présentation également. Donc, c'était quoi ton expérience ? Raconte-nous un peu, à cette étape du projet-là, qu'est-ce qu'il en était, etc.

[00:10:24] Donc, c'était pas juste, ils sont là les cinq dernières minutes, puis on a essayé vraiment, le fait de les amener, il faut en profiter au maximum. Donc, on a essayé de les… Après, il y a un cadre que c'est surtout Madame Sophie et moi qui avons parlé. Mais quand on faisait telle étape, vous, les élèves, comment vous vous situez, qu'est-ce que vous en pensez, etc. Tu sais, quand on cherche des situations authentiques de communication, moi je parlais de ça, je parlais de ça en français, justement.

[00:10:54] Un des ateliers que je donnais aujourd'hui, pas aujourd'hui, mais cette année à la COP, c'était sur le balado comme façon d'évaluer autrement l'oral pour se rapprocher d'une situation authentique de communication. Mais oui, c'est super, mais là, on parle d'une situation complètement authentique. Ils sont devant des gens, puis ils doivent parler, ils doivent s'adresser à eux, ils doivent répondre à des questions, ils doivent préciser, c'est de toute beauté. Tu veux que j'aille plus loin? Ben vas-y. Ce matin, on jasait, Jérémy et moi.

[00:11:24] Tu veux parler d'authenticité? On va en avoir du fort, là. On parle de la possibilité de mettre une station de balado pour que les jeunes puissent en faire à la COP. Ça serait nos jeunes qui iraient voir des profs, qui iraient voir des exposants, puis qui poseraient des questions. Ça serait de toute beauté, effectivement. Ça serait extraordinaire. On avait comme deux podcasts. En tout cas, c'était une idée qui a été jasée à matin.

[00:11:51] L'idée est bonne, puis on va en jaser avec la COP, parce qu'ils vont avoir une ouverture là-dessus. On est aussi de plus en plus partenaires avec l'École branchée. Oui. L'École branchée qui souhaite de plus en plus, il y a des belles choses qui vont s'en venir. Je discutais avec Marc, je vais t'en parler tantôt, je viens de jaser avec Audrey. Je rire. Il y a des belles choses. Je pense qu'on va avoir beaucoup d'authenticité avec balado-pédagogue.

[00:12:20] C'est super, ça. Jérémy, est-ce que toi aussi, tu es allé assister pendant que tu étais là, tant qu'être ici? J'imagine que comme technopédagogue, tu vas… Aux différents ateliers, ça? Oui, oui, oui. Tu t'es promenade. Oui, oui, oui. Alors, effectivement, cette année, j'ai été, pas surpris, mais des gros yeux, genre, wow! J'étais vraiment impressionné, c'est ça le terme, par la qualité des ateliers auxquels j'ai assisté.

[00:12:47] Honnêtement, pas que les autres années, c'était moins bien, ça a toujours été très bien. Mais là, cette année, je trouve qu'il y a quand même une petite coche de plus où je me dis, « Hey, chaque atelier, je retire quelque chose que je peux revenir dans mon école, montrer à mes enseignants, montrer aux élèves des petits projets pour aller plus loin avec des élèves. » J'ai suivi un atelier sur les élèves doués. Donc là, on a des élèves, nous, à l'école qui ont des facilités, qui cherchent toujours des projets à faire. Là, je dis « Ah, mais c'est ça qu'il me fallait. » Donc, tu sais, je vais chercher un peu à gauche, à droite ce que je peux ramener.

[00:13:15] Mais là, dans tous les ateliers, que ce soit Canva, que ce soit ci, tous les ateliers, j'ai réussi à aller chercher une pépite, ou en tout cas, une ou deux, trois, quatre pépites. Parce que oui, effectivement, quand on assiste à des ateliers, il y a des choses qu'on connaît. Puis là, pour le coup, il y a des choses que je ne connaissais pas du tout, puis que je peux prendre carrément. Et ce qui est merveilleux, c'est qu'après, tu reviens dans ton milieu, et puis toi, tu peux jouer le rôle d'agent multiplicateur. Tu vas pouvoir repartager les ressources, les éléments que tu as remarqués.

[00:13:45] Puis là, tu peux dire au prof d'anglais, « Hey, écoute, telle chose, je pense que ça pourrait te servir. » « Le prof de science, ça, il faut qu'on fasse ça. » Oui, donc c'est ça. J'ai remis tout dans un document personnellement. Donc moi, je fonctionne comme ça. Puis alors, effectivement, dès que « Ah, mais il me semble qu'on a parlé de quoi? » « Attends, je vais aller voir. » « Ah, parfait, regarde, on a parlé de tel projet. » Un peu comme ça s'est passé avec Minecraft en anglais, ce que Fred a fait. J'ai vu ça passer sur les réseaux sociaux. Je fais « Ah, il me semble qu'on parle de ça chez nous en anglais aussi. » Je contacte ma prof d'anglais.

[00:14:14] Je dis « Ça t'intéresse-tu de faire ça? » « Ah oui, on va construire notre ville dans Minecraft. Ils vont les faire parler, on va faire une visite guidée. » C'est le même principe. Donc là, ici, c'est sûr que je garde ça dans le creux de ma mémoire. C'est en fait sur un document parce que ma mémoire ne veut pas, mon aile est pleine. Mais effectivement, oui, je garde ça à quelque part. « Ah, mais il me semble qu'on s'est parlé de quoi? » Je ne suis pas allé rechercher directement avec une trace de… Puis pour pouvoir le réinvestir dans un autre contexte, avec un autre sujet. Pourquoi pas, tu sais. Merveilleux.

[00:14:40] Jérémy, très content que tu sois venu t'asseoir avec nous pour placoter. On aurait pu faire ça pendant des heures. Facile, facile. Facile, facile. C'est moi qui vous remercie beaucoup. On se donne rendez-vous l'année prochaine. Puis peut-être qu'il y aura un prolongement. On s'est au courant. On a laissé entendre que… On s'est au courant. Merci beaucoup, Jérémy. On se rende en cinq minutes. Bon, mais on se reparle sans dehors des zones dans quelques instants. Merci. Et Frédéric, merci. Salut. Merci.