LA PÉDAGOGIE DU COEUR - SAISON 5 - HORS SÉRIE 10
Animation: Marc Proulx et Frédéric Jean
Les 31 mars, 1er et 2 avril, une délégation de Balado Pédago, dont je faisais partie, a réalisé des entrevues au salon de l'innovation du 44e colloque de l'AQUOPS au Hilton Québec.
Dans ce nouvel épisode hors série, j'anime toujours en compagnie de Frédéric Jean (Le cancre pédagogue). Notre invité est Éric Patenaude, vice-président aux ventes et à l'expérience client chez Brault et Bouthillier.
Musique: Petite marche dans la neige (par Simon Proulx, tiré de l'album Le soleil se lève toujours quelque part: https://simonproulx.bandcamp.com/album/le-soleil-se-l-ve-toujours-quelque-part)
[00:00:12] Bonjour, c'est Marc Proulx de retour à l'AQUOPS aujourd'hui pour une troisième journée avec Balado Pédago. Marc Proulx, vous le savez, c'est la voix de la pédagogie du coeur. C'est mon balado présenté cette année par Cybercap. Je les en remercie encore une fois. Et aujourd'hui, encore une fois, je ne suis pas seul. Je suis en compagnie de mon ami Frédéric Jean. Bonjour Fred.
[00:00:32] Encore une fois, c'est notre troisième journée à l'AQUOPS, au 44e AQUOPS. Je peux te dire que c'est un privilège de côtoyer Marc, mais sais-tu quoi? On n'est pas seul. Non, bien non. Écoute, s'il fallait qu'on soit seul. Encore une fois. Encore une fois, on a un invité. Puis encore une fois, on a un invité. Ça va être super le fun. C'est M. Éric Patenaude de Brouille-Boutilliers. Bonjour M. Patenaude.
[00:01:24] Bonjour M. Bonjour. Ça fait déjà un bout de temps. Oui, aussi longtemps que je me souvienne. Moi, j'ai un beau parcours dont je suis assez fier. D'abord, c'est une entreprise qui a du vécu, Brouille-Boutilliers, qui a su aussi s'ajuster à ses belles vagues, ses belles tendances. Puis en fait, l'évolution, parce que ce n'est pas juste des modes, c'est l'évolution de l'éducation. Toujours à la page.
[00:01:50] Bien, on veut être utile dans cette... Moi, je parle toujours d'écosystème. Parce qu'en éducation, bien sûr, il y a les professionnels qui sont à l'œuvre. Puis dans tout ça, il y a un besoin d'outils, souvent, qui peuvent être virtuels ou concrets. On est beaucoup dans le concret, nous. Puis ce qui a fait la marque de Brouille-Boutilliers, historiquement, c'est l'arrivée de la robotique en classe.
[00:02:19] Puis on pense peut-être que c'est récent, mais nous, nos premiers... notre première incursion avec les robots ou le concept de robotisation, de programmation, ça remonte à, écoute, au milieu des années 90. Ah oui! Il y avait déjà des outils... Effectivement, là, ce n'est pas une nouveauté. Il y avait déjà des écoles qui taponnaient, des profs qui se disaient, « Oh, il y aurait peut-être de quoi faire en science avec ça, entre autres, là. » Oui, on s'entend ensemble que c'était des pionniers, OK? Oui, oui.
[00:02:48] Il fallait avoir déjà une vision de ça ou un intérêt marqué. Puis là, c'est là qu'on a vu comment tout ça a grandi. Et on a suivi ça. On a essayé d'être le pourvoyeur toujours pertinent d'outils, pour ne pas dire le pusher. On est le pusher. Le pusher pédagogique. Le pusher pédagogique, j'aime ça. Ça ferait une bonne pub. Brouille-Boutilliers, le pusher pédagogique. Va voir ton pusher.
[00:03:19] Avec aucune autre conséquence que du bonheur et de la satisfaction. Oui, oui, oui. Sans aucun effet secondaire. Tous des artisans du bonheur. Et Brouille-Boutilliers, pour quelqu'un qui nous écouterait et qui sort d'une caverne et qui ne sait pas, c'est quoi l'entreprise Brouille-Boutilliers? Ce que vous faites, où vous êtes, où est-ce qu'on vous trouve? Qu'est-ce que c'est Brouille-Boutilliers comme entreprise? Je suis toujours content quand on me pose la question, parce que des fois, on peut prendre pour acquis après 82 ans d'existence. C'est fou, hein?
[00:03:49] C'est fou. Oui, c'est fou. Puis c'est beau. C'est beau parce qu'encore là, c'est une entreprise d'ici 100 % québécoise, propriété 100 % québécoise. Imaginez ce que c'était Brouille-Boutilliers, partenaire de l'éducation en 1944. On se dit, qu'est-ce qu'il pouvait donc faire dans… Oui, crayon à mine. À quelle demande il pouvait répondre? Crayon à mine. Oui. Cahier Canada, peut-être. Tableau. Tableau. Puis je vais vous dire un secret.
[00:04:20] Chapelet. Hein? Crucifis. Pour vrai? Bien oui, bien sûr, bien sûr. Puis c'est pas compliqué quand on s'y attarde, là, parce que c'était ça, hein? Le système d'éducation jusqu'aux années 60. Bien oui. Peut-être les petits catéchistes, même. Sûrement. Bien oui, je peux imaginer. J'ai jamais mis la main sur le premier catalogue, mais ça doit ressembler à ça. Il doit y avoir des vestiges de ça, en quelque part. Wow.
[00:04:47] Fait qu'on part des articles religieux aux articles technologiques de la Finpoint, maintenant. Donc, Brouille-Boutilliers, c'est une entreprise, c'est un distributeur de matériel pédagogique. Je veux dire matériel didactique, parce que c'est vraiment pour… Oui. Agrémenter la pédagogie. La réalisation, c'est ça, des objectifs pédagogiques qu'on utilise certains outils. Puis, toujours, comme je vous le disais, moins dans le logiciel, beaucoup dans le concret.
[00:05:17] Tactile, le concret. Dans la quincaillerie, là. De là, les robots, bien sûr, pour la COP, ça a été, je le répète, mais ça a été notre salut. C'est comme ça, c'est la COP qui nous a donné la tribune, parce que là, on voyait… Le monde. Les passionnés d'abord du sujet, puis les passionnés qui ont contaminé les enseignants, qui voyaient finalement, bien oui, c'est accessible. Oui, oui.
[00:05:42] Puis, avec les années, wow, quelle belle tangente tout ça a pris. Oui, puis quand tu reviens en arrière dans la COP, aussi, tu sais, tant qu'à jouer le petit rôle d'histoire sur Brouille-Boutillier, quand tu regardes le logo, puis ce que ça veut dire, l'acronyme de la COP, là, c'était l'Association québécoise des utilisateurs d'ordinateurs à des fins pédagogiques et sociales. Donc, c'était même pas seulement au début, c'était pas juste du monde, du monde de l'éducation.
[00:06:10] Il y avait des gens du monde de la santé qui étaient ici, il y avait des gens, tu sais, les premières éditions, puis ça a duré un bout de temps, là, où c'était un grand rassemblement de toutes les personnes qui avaient besoin de l'ordinateur. Et comme on commençait à savoir quoi faire avec, bien tout le monde venait réfléchir à comment ça va se passer, puis Brouille-Boutillier est venu prendre sa place là-dedans. Un acteur parmi d'autres, mais avec une mission claire. Puis nous, on voulait amener, puis je pense, tu sais, c'est mon analyse très sommaire,
[00:06:40] mais je pense qu'on avait une place un peu caractéristique dans tout ça, parce qu'il y avait beaucoup de virtuels encore, puis de logiciels, puis mon application, puis ma plateforme. Puis nous, on arrivait avec des outils concrets. Ça fait qu'il y avait un intérêt, tu sais, même si tu fais pas de robotique ou tu fais pas de, je sais pas, tu n'utilises pas de microscope numérique ou... Tu es curieux, tu viens voir. C'est quoi cet outil-là? C'est quoi ce bébel technologique-là, tu sais?
[00:07:08] Puis on a capitalisé là-dessus en amenant ça. Bien sûr, en amenant la pédagogie, parce que je peux peut-être poursuivre ma... Vous savez, vous allez voir l'amour que j'ai pour cette entreprise-là, dans laquelle j'oeuvre depuis plus de 30 ans, là. C'est... Son utilité, c'est d'amener l'intelligence derrière le produit, à mon avis. Tu sais, on n'a jamais juste mis des produits sur une tablette en disant « Bon, bien, prenez-le
[00:07:35] si ça vous tente ». La COPS nous permettait aussi, par les ateliers, par la formation... Oui, vous avez une tribune. Vous avez une tribune. Bien, vraiment. Oui, tout à fait. Puis il n'y en a pas d'autres. Il n'y a pas de comparable. Non. On a essayé ailleurs de trouver notre marché, notre public cible. C'est toujours la COPS qui nous l'a donné, tu sais. Puis dans toute son évolution, comme on s'est dit un peu... Oui, oui, ça a bougé. En coulisses tantôt, il y a eu des années plus difficiles.
[00:08:06] Actuellement, on est dans un creux en éducation, si on se le dit, je pense, sans se cacher. Au point de vue budgétaire, entre autres. Oui. Mais malgré tout, malgré tout, il y a une utilité qu'on pense avoir toujours. Oui, puis moi, j'irais jusqu'à dire qu'on est dans une année, probablement une année de... Je dirais presque, quand je regarde la COPS, peut-être un petit peu un repli stratégique.
[00:08:31] On n'a pas eu le choix de prendre acte des coupures qui sont arrivées partout encore en sauvage dans les deux dernières années, puis qui ont fait en sorte que là, il y a un peu moins d'acteurs qui ont été libérés, puis qui pouvaient venir, puis tout ça. Mais on est encore là. Pareil, l'événement a lieu. Il y a du monde, là. C'est pas anecdotique, là. Il y a du monde. Il y a plein de gens qui viennent réfléchir. Ça a été fait sur un format un petit peu plus petit que les années passées. Mais convivial au maximum.
[00:09:00] Bien, il y a beaucoup de gens qui disent, oui, c'est peut-être pas si grave qu'on soit moins éparpillés parce qu'on a l'impression de tout se parler, toute la gang, puis de plus se croiser. Donc, moi, je pense que ça peut donner un autre bel élan pour la suite. Oui. Puis, je ne veux pas faire de politique jamais, là. Mais c'est important que les pédagogues lèvent la main haut et fort, puis le disent. Encore là, on est juste une partie de ce grand univers-là.
[00:09:30] Mais je les vois. Je vois d'abord les professionnels de l'éducation à l'œuvre. Je vois les efforts qui sont mis. Je vois comment ça se passe dans une classe. Puis, je vois surtout qu'il y a de la... Je ne veux pas dramatiser, mais il y a de la souffrance, là, dans le sens où tu veux mener à bien tes objectifs pédagogiques, puis on t'attache un peu les mains. Oui. Ça prend de la résilience. Ça prend de la...
[00:09:58] Oui, de la tenacité. Ça fait que, bravo. Moi, je peux juste applaudir les pédagogues parce que je vois que malgré tout, comme tu viens de le dire, Marc, on avance. On veut innover. On vient ici pour réseauter, partager. Ça fait qu'ils ne sont pas tuables, là. Ils ne sont pas tuables, les enseignants. On n'est pas tuables. Ils n'auraient jamais l'usure.
[00:10:26] Écoute bien, Marc, je t'annonce qu'il prend sa retraite bientôt. Oui, oui, oui. Il a trois mois aujourd'hui. Oh là là! Aujourd'hui? Il n'est pas tuable? Il va continuer encore dix ans? Bien oui, bien oui. C'est sûr. Je prends ma retraite parce que j'arrive à ma 35e année. J'ai la possibilité de recevoir ma pension. C'est super. Je prends ma retraite. Ça veut juste dire que l'année prochaine, quand vont arriver les premières journées pédagogiques, au lieu de me lever à 7h30 pour me rendre à l'école, je vais me lever à 6h30 pour aller dans une autre école pour donner des ateliers de formation.
[00:10:56] Oui. Parce que moi, je veux continuer. Puis tu sais, c'est drôle parce que je me fais parler de ça. Fred, tu me parles de ça. J'en profite. Il y a beaucoup de gens qui me disent ça. Ils disent « C'est capoté. T'as fini, mais t'es déjà en train de planifier la suite. » Ah oui. Il me reste dix ans. Fait que moi, je suis en train de faire ce que toi, t'as fait le plaisir.
[00:11:22] J'ai fait qu'il y a une dizaine de l'année. C'est cool. Puis écoute, moi, je pense qu'il y en a plein des acteurs passionnés. Il y en a plein des gens qui sont là, qui en veulent, qui en mangent. Et des fois, quand on se ramasse entre nous autres en gang, des fois, il y a des rencontres que j'anime avec des profs dans différentes écoles. Puis là, on se met à discuter de « Oui, mais le ministère. Oui, mais si. » Je dis « Ça, on peut en jaser tout l'après-midi si vous voulez, mais on n'a pas de contrôle. »
[00:11:50] Le seul contrôle que j'ai, moi, c'est une fois que j'ai fermé la porte de ma classe, comment je travaille. Et ce bout-là, on peut tous s'en parler en gang pour devenir meilleur. Puis après, une fois de temps en temps, t'as raison aussi. Il faut, comme tu le disais, Éric, que les profs le disent. Écoutez, on a besoin. Il faut donner un coup de main. Il faut soutenir. Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'efforts qui ont été faits. Il y a des efforts qui ont été faits, il faut les reconnaître. Mais Moses, c'est…
[00:12:20] Je ne suppose pas ça. Je ne suppose pas que… Il n'y a pas eu de revendication. Je sais que… Mais c'est parce que c'est grave ce qui se vit. C'est criant. Absolument. C'est un manque de ressources flagrant et tout et tout. Bon. Une fois qu'on sait tout ça, comme tu dis, on avance. Mais c'est beau. C'est beau parce que ça continue tout le temps. Puis nous, d'abord, comme entreprise, on se renouvelle, on s'adapte. Parce que, tu sais, quand vous avez le rhume, on se mouche.
[00:12:50] C'est normal. Tu sais, quand vous faites moins de projets parce que vous avez moins de ressources… On achète moins de produits chez Brouilliboutini, inévitablement. En orbite là-dedans, il mange la claque un peu. Tout à fait. Mais ce sont des cycles. Ce sont des… Puis on va rejaillir tous ensemble plus fort, plus grand. J'avais envie de t'amener. Je ne sais pas. Je ne veux pas créer d'impairs là-dedans. Mais j'y vais quand même. Je voyais la gang Doppler, Dave et compagnie,
[00:13:18] qui sont toujours assez proches de vous autres. Je voyais qu'ils occupaient un petit espace de votre kiosque. Puis moi, je trouve que c'est une gang super dynamique. Oui, on donne du gaz. Et c'est vrai, tu me permets aussi de le souligner. C'est un des mandats qu'on se donne d'encourager des fournisseurs,
[00:13:44] des développeurs locaux parce qu'on est une communauté qui doit toujours garder la tête hors de l'eau. La francophonie, l'éducation. Il faut que dans notre beau monde, on se tienne. Puis oui, c'est un des exemples au plein. Il y en a d'autres. Il y a Genilab. Puis il y a, je pense à Genilab, une petite boîte qui fait du développement technopédagogique
[00:14:14] super innovateur, qui crée. Tu sais, moi, je fais affaire avec des fournisseurs de partout sur la planète. Oui. Puis tout à coup, je me tournais. Puis je me dis, hey, il se fait la même chose ici. Bien, pas ici à Québec, mais à la rue Sherbrooke à Montréal. Puis pourquoi je ne l'encourage pas? Utiliser des microbits, faire de la programmation, développer des situations d'apprentissage.
[00:14:40] Pourquoi je vais chercher la compagnie suédoise qui fait quelque chose de trippant puis que je n'encourage pas ce qu'il y a ici. Écoute, c'est essentiel pour nous qu'on le fasse. Puis ça continue. Je pourrais vous donner plein d'exemples de belles compagnies d'ici qui, encore là, on a un modèle. Il faut que ça soit du matériel concret, qu'on manipule. Alors tous ceux qui sont dans ça, qui greffent à nous, ensemble, on donne une vitrine
[00:15:10] à ces beaux développements-là. Bien, Éric, écoute, moi, je veux te remercier. En fait, je veux remercier Brouille-Boutillier d'être encore là avec la COPS, année après année. Bon vent, mauvais vent, vous êtes là, on se croise tout le temps. Puis merci beaucoup d'avoir pris le temps de venir répondre à nos questions. C'est vraiment super. Un beau village. J'aurais tendance à dire qu'on va se croiser l'année prochaine. Oh! Ah, c'est sûr. C'est un scope, ça? Ben, je ne sais pas. C'est une prédiction. Je vous le confirme, en primaire.
[00:15:39] Salut. Merci beaucoup. Bonne fin de colloque. Bye-bye. Merci, Fred. Merci, Marc.

