22. La rétroaction constructive en langue seconde
05 avril 2025
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22. La rétroaction constructive en langue seconde

Dans cet épisode, on s’intéresse à un outil puissant mais parfois sous-exploité en enseignement : la rétroaction constructive. Comment bien l’offrir, pourquoi elle est essentielle, et surtout, comment s’assurer qu’elle ait un véritable impact sur les apprentissages de nos élèves, que vous soyez enseignants au primaire, au secondaire ou à la FGA. Ou que vous soyez un apprenant. Bonne écoute, laissez-nous un commentaire.

Dans cet épisode, on s’intéresse à un outil puissant mais parfois sous-exploité en enseignement : la rétroaction constructive. Comment bien l’offrir, pourquoi elle est essentielle, et surtout, comment s’assurer qu’elle ait un véritable impact sur les apprentissages de nos élèves, que vous soyez enseignants au primaire, au secondaire ou à la FGA. Ou que vous soyez un apprenant. 

Bonne écoute, laissez-nous un commentaire. 

[00:00:18] Bonjour à tous, je m'appelle Tania Lomprey. L'éducation, l'immigration, la langue française, ça vous intéresse? Vous êtes au bon endroit parce que, moi aussi, ensemble, on va explorer plusieurs enjeux reliés de près ou de loin à la francisation, à l'immigration, à l'enseignement et à l'apprentissage. On va aussi aborder les politiques publiques et l'actualité reliées à ces thématiques.

[00:00:38] De mon côté, je suis une fille super animée par l'idéal de faire du Québec un endroit où tous peuvent s'épanouir en français, avec ou sans accent. J'ai la tête qui foisonne d'idées, d'opinions et de solutions. On ne sera peut-être pas toujours d'accord, mais n'est-ce pas une des facettes de la diversité qui fait que c'est vraiment beau chez nous? Alors, bienvenue à tous sur le balado Avec ou sans accent. Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien. Bienvenue à ce nouvel épisode d'Avec ou sans accent. Aujourd'hui, on va se parler beaucoup de didactique.

[00:01:08] Donc, cet épisode-là est vraiment fait pour les enseignants qui enseignent à n'importe quelle population étudiante. C'est important de vous dire que ce que moi, je fais, j'essaie toujours de le faire en me disant, OK, est-ce que si je suis enseignant en primaire ou secondaire, à l'éducation des adultes, au cégep, à l'université, dans une école privée, dans des cours de langue que je donne pour ma propre compagnie, si vous êtes à votre compte, tout ça, c'est vraiment important pour moi que ce soit des trucs qu'on puisse réutiliser dans n'importe quel contexte.

[00:01:35] L'épisode d'aujourd'hui, là, si vous enseignez aux États-Unis, d'ailleurs, je veux dire bonjour aux auditeurs des États-Unis, je remarque que le deuxième pays où on m'écoute le plus, ce sont les États-Unis. Je suis un peu surpris, j'aurais pensé que c'était la France, la Belgique ou la Suisse ou, tu sais, un pays d'Afrique francophone, mais non, c'est vraiment aux États-Unis qu'on m'écoute le plus. Donc, je vous dis bonjour, auditeurs américains, et je ne veux pas devenir le 51e État. Donc, voilà.

[00:02:05] Donc, aujourd'hui, vraiment, on se parle d'un sujet qui est pour les enseignants. Si vous n'êtes pas enseignant, si vous êtes apprenant, c'est parfait aussi parce que si vous apprenez le français ou n'importe quelle autre langue, on va se parler de quelque chose qui est super important dans l'apprentissage des langues secondes, c'est-à-dire la rétroaction, donc la correction des erreurs.

[00:02:22] La rétroaction corrective, mais je vais aller plus loin. Moi, j'aime bien utiliser le terme rétroaction constructive. Donc, comment la correction de l'erreur peut être utile et comment on peut la faire adéquatement avec bienveillance. Vous allez voir comment on peut aider, par exemple, quelqu'un autour de nous qui apprend une langue qu'on parle peut-être, donc comment corriger adéquatement. Puis là, quand je parle de corriger, je ne parle pas d'un crayon rouge puis d'un document. Vous allez voir que je vais beaucoup plus loin que ça aujourd'hui.

[00:02:51] Puis c'est ça, justement, quand on parle de correction, je pense que la première image qui vient en tête, c'est justement une copie pleine d'annotations en rouge. Puis il y a des codes mystérieux dans la marge qui ne veulent pas dire grand-chose à part pour les enseignants. C'est correct si vous utilisez un code de correction, mais moi, je vais aller plus loin que ça. Parce qu'il y a des mystérieux codes dans la marge, parfois, l'apprenant ne sait pas trop ce que ça veut dire. On peut comprendre le code, mais pas nécessairement comprendre l'intention derrière.

[00:03:17] Qu'est-ce que je dois faire avec ça? Qu'est-ce que je dois modifier avec ça? Donc moi, je veux donner vraiment un deuxième niveau à la correction pour qu'on puisse savoir après ce qu'on doit faire avec autant pour l'apprenant que pour l'enseignant. Donc ça fait qu'on va aller vraiment plus loin. On va parler de la rétroaction comme d'un outil puissant, donc un outil pédagogique vraiment puissant. Vous savez, si vous m'écoutez, que pour moi, il y a des outils pédagogiques primordiaux, donc la voix, le niveau de langue, donc le français authentique, le corps.

[00:03:44] On ne sait pas encore parler de paraverbal et tout ça, mais je vais vous en parler assurément. Donc des liens avec le théâtre aussi qui sont super intéressants et importants en pédagogie et en didactique. Donc un autre outil, c'est vraiment la correction et comment corriger et comment ça devient un outil puissant en didactique. Évidemment, il faut aussi apprendre à corriger au bon moment. Donc reprendre quelqu'un devant tout le monde pour un verbe mal conjugué, ce n'est pas exactement ce qui va fonctionner le plus pour s'améliorer.

[00:04:13] Donc on va aller voir comment on peut bonifier nos pratiques. Peut-être que vous avez déjà toutes ces pratiques-là, mais j'espère que vous allez au moins découvrir peut-être un outil. Aujourd'hui, on va se parler aussi d'outils technologiques, donc de voir si vous allez découvrir quelque chose. Donc si c'est le cas, s'il y a un outil qui vous plaît ou encore un truc ou une technique qui vous parle, n'hésitez pas à m'envoyer un message sur les réseaux sociaux ou sur Spotify ou encore de mettre un commentaire quand vous écoutez l'épisode.

[00:04:40] C'est vraiment super apprécié, je le dis chaque fois, mais même si ça vous prend une minute de laisser un petit commentaire écrit, « Faites-le, ça fait vraiment du bien » et ça motive à continuer. Et la rétroaction, je veux vraiment qu'on la voit comme un outil, s'il est bien utilisé, qui peut changer le parcours d'un apprenant ou d'une apprenante à l'oral comme à l'écrit. On va aussi se parler de ce qui arrive quand on ne la fait pas, la fameuse fossilisation ou cristallisation, si vous connaissez plutôt le synonyme. Donc pourquoi la rétroaction, elle est si importante? D'abord, on va commencer avec ça, c'est la menace de la fossilisation.

[00:05:09] Quand on apprend une langue seconde, peu importe la langue que vous apprenez, l'espagnol, l'anglais, le coréen, le français, bien faire des erreurs, c'est normal. Si vous n'en faites pas, c'est comme étrange. Donc c'est normal, c'est essentiel les erreurs, c'est la preuve qu'on est en train d'apprendre et qu'on peut bonifier notre niveau. C'est des occasions justement d'apprentissage, mais il y a un piège dans l'erreur,

[00:05:34] parce que si elle n'est jamais corrigée, cette erreur-là, que ce soit à l'écrit ou à l'oral, et que personne ne nous les signale. Donc évidemment, l'enseignant, c'est son travail de nous signaler les erreurs. Évidemment, il y a beaucoup plus de choses que ça dans le travail d'un enseignant. Je ne suis pas en train de réduire le travail d'un enseignant à un correcteur, loin de là. Mais vraiment, je pense que si personne signale à l'apprenant qu'il est en train de faire une erreur ou qu'il a fait une erreur, bien la personne ne peut pas comprendre pourquoi c'est une erreur et comment la corriger.

[00:06:02] Donc l'erreur a fini par se frayer un petit chemin et s'installer dans la langue qu'on apprend, donc dans son niveau de français ou dans son niveau d'anglais. Autant à l'oral qu'elle écrit, l'erreur, elle reste là, elle s'installe. Personne ne nous a jamais dit que ce n'était pas correct et on pense qu'elle est correcte. Donc c'est ce qu'on appelle la fossilisation. Donc l'erreur, elle devient vraiment une habitude inconsciente. Elle va s'incruster dans la langue que l'apprenant va utiliser, au point même où après plusieurs années, plusieurs...

[00:06:29] Je suis sûre que vous avez déjà entendu un anglophone qui, même s'il a appris le français pendant des années, dit encore « je suis 43 ans ». Évidemment, c'est normal parce qu'en anglais, la syntaxe de cette phrase fonctionne, si vous la traduisez mot à mot. Mais en français, elle ne fonctionne pas. Mais si personne n'a jamais repris la personne, bien elle ne peut pas savoir qu'elle fait une erreur parce que tout le monde a toujours compris ce que ça voulait dire puis elle a laissé passer ça comme ça. C'est mignon, c'est une erreur que moi j'aime bien entendre, je la trouve cute.

[00:06:57] Mais comment faire en fait pour pas que ces erreurs-là s'installent? Puis tu sais, même après des années, bon, je vous parlais de « je suis 43 ans », mais une autre erreur qu'on va entendre souvent, c'est « j'ai allé » ou « le maison ». Donc on va se tromper dans les auxiliaires, on va se tromper dans le genre d'un mot. Puis tu sais, plus le temps passe, plus ça devient difficile de se défaire d'une erreur qui est vraiment écrustée. Donc la rétroaction corrective, c'est vraiment une antidote à la fossilisation. Puis c'est une occasion pour l'apprenant de réajuster le tir, de prendre conscience de ses erreurs

[00:07:26] puis d'apprendre de ses erreurs-là et d'enfin les corriger et de ne plus les faire. Donc super important. Puis parfois, la correction est essentielle non seulement pour la grammaire, mais pour le sens même du message. J'ai vraiment quelques petits exemples savoureux. Si vous êtes mes collègues ou si vous êtes un de mes apprenants ou étudiants à l'université, c'est sûr que je vous ai déjà raconté ces erreurs-là parce que je les répète à bitame et atername. Mais bouchez les oreilles, vos oreilles si vous êtes sensible

[00:07:56] sur certains sujets corporels. Parce que les erreurs dont je me rappelle, on dirait que ce sont toujours celles-là. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est vraiment ces erreurs-là qui me marquent. Parce que j'en entends tous les jours et j'en lis tous les jours des erreurs dans ma classe. Mais j'ai vraiment des choses qui me marquent. Celle qui m'a le plus marquée dans ma vie, c'est une apprenante hispanophone qui aimait le jardinage. Puis elle me raconte, tu sais, moi, le lundi matin dans ma routine de classe. Puis un jour, je vous parlerai aussi des routines,

[00:08:24] parce que c'est aussi un outil pédagogique super important. Dans ma routine, le lundi matin, moi, je demande toujours, évidemment pas au niveau 1, mais si je suis dans un niveau où on maîtrise le passé composé, je vais leur demander de me raconter un peu ce qu'ils ont fait pendant la fin de semaine. Ce n'est pas évidemment 50 minutes chacun, mais de m'écrire ou de me dire trois phrases de ce qu'ils ont fait pendant la fin de semaine. Par exemple, je suis allée nager samedi matin, j'ai fait l'épicerie et j'ai fait le lavage. Malheureusement, pour une raison qui m'échappe,

[00:08:53] on dirait que la majorité de mes apprenants ne font que du ménage où ils ont appris ces phrases-là et c'est plus facile, mais je n'entends pas souvent « j'ai regardé un film » ou « je suis allée marcher au parc », mais j'ai fait du lavage, j'ai fait la cuisine, j'ai fait le ménage, je les entends continuellement. Tout ça pour dire que mon apprenante était allée faire du magasinage, aime le jardinage et elle me dit fièrement le lundi matin en me disant qu'elle a appris un nouveau mot, qu'elle a acheté des vulves de tulipes.

[00:09:22] Évidemment, les gens ne rient pas, seulement moi. Évidemment, moi, je me mets à rire et je suis comme « ok, on va regarder ensemble ». Je suis super contente qu'elle ait appris un nouveau mot. Moi, je réécris « vulves » au tableau puis je leur explique ce que c'est. Parce qu'à un moment donné, il faut le dire. Moi, souvent, je me fais demander à madame comment ça s'appelle ça. Puis là, ils pointent des choses. Je suis comme « bon, ok, ça s'appelle ». C'est important d'avoir les mots du corps. Puis souvent, dans les documents ou dans les manuels,

[00:09:53] on a souvent des images avec des petits corps humains. Puis là, on les voit comme les bras ouverts. Puis on montre un bras, une épaule, un poignet, tout ça. Mais souvent, dans les parties du corps un peu plus intimes, personne ne les nomme. Mais c'est super important. Ça fait que je leur apprends ce mot-là. Et évidemment, tout le monde dit non, non, non. On ne dit pas ça, évidemment. Mais je pense que tu as acheté des « bulbes ». Des « bulbes » de tulipes. Là, je vais écrire « bulbes » avec « bébé » et pas « vévé ». Et je leur montre une image de qu'est-ce que c'est

[00:10:23] parce que je ne dessine pas super bien. Donc, tout ça pour dire que... Évidemment, ce jour-là, mes apprenants ont appris le mot « vulve » et le mot « bulbe ». Et on en a profité pour travailler le « bé » et le « v » en correction phonétique. Donc, c'est sûr que le « bé » et le « v », c'est toujours un grand défi pour les gens qui parlent espagnol. Donc, il voulait dire des « bulbes ». Et après, je suis convaincue que tout le monde, toute ma classe est souvenu de la différence entre les deux. Parmi les erreurs intéressantes, j'ai aussi un apprenant qui m'a dit

[00:10:52] « J'ai mangé une putain » chez Costco. Ça, c'était très drôle parce que, bon, évidemment, ça pourrait être vrai. Donc, vous comprenez ce que j'ai pu expliquer après. Donc, ça dépend qu'est-ce que tu veux dire, est-ce que tu veux dire une poutine. Il a dit quoi? Oui. Puis là, j'ai expliqué ce que ça veut dire. Putain! Donc, c'est important aussi de voir, évidemment, vous comprenez que moi, j'enseigne à des adultes dans ces moments-là. Donc, ce ne sont pas des enfants. J'aurais probablement fait de la rétroaction autrement.

[00:11:22] Avec des adultes, je me sens assez à l'aise pour en rire. Bon, avec des enfants ou des ados, je ne sais pas comment j'aurais réagi, donc indiquez-moi si ça vous arrive des situations cocasses comme ça, corporelles. Est-ce que vous faites une correction? Comment vous vous sentez? Il y a un classique aussi que je pense que si vous enseignez en langue seconde, vous l'avez entendu parce que ça, c'est commun. Ce n'est pas que moi qui ai entendu ça. Par exemple, dire « traverser la rue ». J'ai traversé la rue, donc on va utiliser un anglicisme. On va dire « j'ai crossé la rue ». Donc, ça aussi, je l'ai entendu souvent. Fait que là, bien, j'explique que

[00:11:51] « crosser », ça ne veut pas dire vraiment la même chose. Donc, il faut faire attention à ce qu'on veut dire. Mais c'est drôle parce que pour moi, c'est un petit anglicisme bien québécois. Donc, l'apprenant a compris en fait qu'on met un « et » à la fin d'un verbe puis il a pris un mot qu'il connaît en anglais puis il a tenté de le franciser. Donc, j'aime beaucoup cette erreur-là aussi. Puis, il y a aussi le classique « quand j'ai mal au cul ». Mais le cul, il n'est pas nécessairement où on pense. Donc, parce que souvent quand on veut dire le « u » et le « ou », il y a encore une distinction des sons.

[00:12:21] Donc, le « cou », évidemment, vous savez que c'est la partie du corps entre la tête et le tronc. Mais il y a deux autres mots qui peuvent poser confusion ou être mêlants. Donc, c'est « coude » et « cul », donc les fesses. Donc, mais le « u » et le « ou ». Encore pour les hispanophones, vous comprenez que je travaille dans des milieux, par exemple, où les gens parlent davantage espagnol. Bien, il faut expliquer où est le « cul », où est le « cou », où est le « coude ». Évidemment, le médecin, si vous pointez le cou et vous dites « cul », il va comprendre.

[00:12:51] Je ne sais pas de quoi vous parler, mais quand même, ça porte à confusion. Et j'aime bien le travailler lorsque je fais les parties du corps et les sons phonétiques. Donc, en « b, v, u, u », vous les entendez, c'est vraiment des... pas des problématiques, mais des erreurs qui vont rencontrer des gens qui parlent plutôt espagnol. Donc, imaginez la gêne que ça peut provoquer. Évidemment, quand c'est une enseignante et quand la relation est bien dans la classe et que c'est apporté avec humour, c'est drôle, ça fait rire tout le monde et tout le monde trouve ça comique, mais je suis certaine qu'ils se rappellent de ça en écoutant,

[00:13:20] s'ils leur réécoutent un jour ou s'ils ont réutilisé la phrase, ils vont y penser deux minutes. Même les politiciens ne sont pas à l'abri. Vous vous souvenez probablement très bien de Stephen Harper avec ses érections. Donc, si vous ne connaissez pas l'anecdote, je vous suggère d'écrire Stephen Harper sur YouTube avec érection. Vous allez voir que, évidemment, des types d'erreurs comme ça, ça peut être super drôle. Vous avez peut-être déjà vu passer un extrait relayé par Infoman. Je pense que c'était vraiment un débat électoral au Nouveau-Brunswick

[00:13:49] et il y a un politien qui dit « Laissez-moi entrer dans ton cousine ». Et moi, ça fait partie des vidéos que j'ai dans mes vidéos téléchargées pour montrer des trucs drôles. Quand je fais de la phonétique et que je dis à mes étudiants que c'est important de bien prononcer parce que ça peut donner des choses comme ça. Donc, pas besoin de faire un dessin, ce genre d'erreur-là, ça peut déraper très vite parce qu'entrer dans ton cousine, on comprend tout ce que ça peut vouloir dire et ce n'est pas la même chose que cuisine. Donc, évidemment, encore les mêmes types de sons

[00:14:20] qui sont complexes. Donc, évidemment, toutes ces erreurs-là vont nuire à la clarté du message puis vont peut-être des fois nuire à la crédibilité d'un apprenant s'il fait ce type d'erreur-là ou encore à la confiance de l'apprenant. Donc, oui, il faut corriger. Souvent, je pense qu'on va voir peut-être qu'est-ce qu'on corrige, quand est-ce qu'on doit corriger, comment on doit corriger, comment on fait avec bienveillance, mais c'est important quand même de le faire quand ça nuit à la compréhension du sens. Est-ce que ça nuit au sens? Oui,

[00:14:49] on corrige. Est-ce que ça ne nuit pas au sens? On comprend, ça va. On peut peut-être choisir, en fait, avoir un filtre de choix de correction en se posant la question. Est-ce que ça nuit à la compréhension du sens? Oui, je corrige. Non, bien, peut-être que je choisirai une autre erreur à la place. Donc, seconde, est-ce que vous avez déjà fait une erreur gênante? Des fois, un mot mal prononcé, un faux ami, une tournure particulière, bien, on en a tous fait.

[00:15:19] C'est normal. Vous en faites probablement encore, mais c'est vraiment justement pour éviter que les erreurs s'installent, donc se fossilisent ou se cristallisent qu'une rétroaction corrective de qualité, elle est essentielle. Je vous rappelle que moi, j'utilise beaucoup rétroaction constructive parce que je veux vraiment que ce soit bien fait. Correction ou rétroaction, pour moi, c'est des mots qui ne veulent pas nécessairement dire la même chose. Trop souvent, je pense qu'on confond la rétroaction avec la simple correction. Vous savez, la fameuse correction en rouge sur une copie dont on s'est parlé tantôt.

[00:15:48] Soyons honnêtes, ça finit souvent au fond d'un bureau, d'un pupitre, d'un cartable, d'un duotin ou même pire, dans le bac de recyclage que vous avez perdu beaucoup de temps à faire de la correction. Si vous êtes enseignant au secondaire, au primaire, vous savez de quoi je parle en des longues journées de correction, des samedis matin, des dimanches matin à corriger. Puis dans le fond, ça finit dans le bac de recyclage ou dans le fond du cartable de l'étudiant. Puis ça, c'est pas vraiment réutilisé. Ce genre de correction-là, ça provoque ni réflexion ni apprentissage et l'apprenant. Puis moi, je le dis souvent,

[00:16:18] très, très peu pour moi. Qu'est-ce qui doit être corrigé? Comment ça doit être fait? Puis comment ça peut être utile? La rétroaction, la vraie rétroaction, pour moi, elle va plus loin qu'une correction. Elle va vraiment inviter l'apprenant à réfléchir, à reformuler, à progresser. Elle va être porteuse même d'un dialogue, même si le dialogue n'est pas nécessairement fait en temps réel, et je la copie plus tard ou si j'écoute des vidéos ou des audios plus tard aussi. Puis tu sais, une simple correction, là, on va se le dire, c'est pas assez. Si l'élève,

[00:16:48] il comprend pas pourquoi c'est une erreur, si on lui a pas proposé de la retravailler, de la réinvestir, bien, malheureusement, on a manqué l'occasion d'enseigner. Et c'est ça notre travail si vous êtes enseignant ou si vous êtes dans le milieu de l'éducation. J'ai envie de vous poser une question. Quand vous corrigez un apprenant, est-ce que vous voulez vraiment qu'il retienne? Qu'est-ce que vous voulez qu'il retienne? Le fait qu'il a fait une erreur ou la manière de ne plus la refaire? Puis c'est là qu'il faut vraiment se poser la question puis l'objectif, c'est la manière de ne pas la refaire.

[00:17:18] C'est pas juste « Ah, j'ai fait une erreur, j'ai fait une erreur, OK, parfait, mais comment je la corrige maintenant? » Donc, vraiment, il faut viser la manière de ne plus refaire l'erreur ou que nos apprenants ne la refassent plus. Là, je vais embarquer un peu dans une thématique plus scientifique, mais je pense que c'est important de savoir qu'il existe plusieurs types d'erreurs. Puis si vos cours de didactique des langues sont loin, je vais vous ramener à Lister et Ranta. Il y a vraiment des types de rétroaction. Il y en a six qui sont identifiés

[00:17:47] par les deux chercheurs. Puis les deux premiers sont vraiment explicites où l'enseignant va donner une bonne réponse. Donc la première, par exemple, c'est de signaler clairement l'erreur puis de donner la bonne réponse. Par exemple, à l'oral, vous avez un apprenant qui va dire « Le maison est grande » puis l'enseignant lui va répondre « Non, non, on dit la maison ». Donc il va tout de suite faire la rétroaction, la correction explicite. C'est direct, il n'y a pas d'ambiguïté. L'élève, il sait qu'il y a une erreur et il sait qu'elle est la bonne forme. Est-ce que ça donne vraiment quelque chose? Un peu moins. C'est une suggestion que je vous fais moins.

[00:18:17] En fait, ça existe. Il y a beaucoup d'enseignants qui utilisent la correction explicite, mais je pense que les autres formes fonctionnent mieux. Fonctionnent mieux, en fait, surtout quand l'apprenant peut réfléchir. Donc faites-le réfléchir à son erreur puis il va pouvoir justement éviter de la refaire parce qu'il va la comprendre. Il y a aussi la reformulation. Donc quand l'enseignant, l'enseignante va reprendre l'énoncé de l'élève en corrigeant l'erreur, mais sans nécessairement dire que c'est une erreur. Donc par exemple, si vous avez quelqu'un qui dit « elle a allé à l'école », l'enseignant va répondre « ah oui, elle est allée à l'école ». Donc on répond

[00:18:46] avec la correction dans la phrase. C'est plus subtil, c'est plus implicite, mais justement, c'est tellement subtil et c'est tellement implicite que les apprenants remarquent pas qu'ils ont été corrigés. Donc tu sais, ça sert à rien de prendre le temps de corriger si on s'en rend pas compte, on le constate pas puis on peut pas le répéter ou réfléchir à son erreur. Et là, je vous amène dans les autres types, donc quatre autres types de reformulation en fait qui sont des incitations. Évidemment, vous comprenez que ça fonctionne beaucoup mieux parce que l'enseignant

[00:19:16] va pousser l'élève à se corriger lui-même avec une technique. Donc la première, c'est la demande de clarification. Donc l'enseignant va faire semblant en fait de ne pas avoir compris puis si par exemple l'apprenant dit quelque chose comme « Madame, je suis mange au restaurant. » Puis là, moi je vais répondre « Hein? Quoi? J'ai pas compris. » Puis là, l'élève va s'arrêter, va réfléchir puis va essayer de se corriger évidemment s'il est capable de le faire. S'il n'est pas capable de le faire, bien ça se peut que je lui dise « J'ai mangé peut-être. Est-ce que c'était hier que tu as mangé? Est-ce que c'est fini

[00:19:45] ton repas au restaurant? Ah oui, c'est fini madame. » Ça fait que de voir comment on peut utiliser la demande de clarification comme ça. Ensuite, il y a la répétition de l'erreur. Donc, vous pouvez, comme enseignant, répéter seulement la partie où il y a une erreur vraiment pour attirer l'attention sur celle-ci de votre élève. Donc, par exemple, si quelqu'un vous dit « Et là, mange au restaurant? » Moi, je vais juste répondre par exemple « Mange? » avec comme une question, une étonnation interrogative. Puis, bien ça va faire un petit déclic pour que l'élève pousse à rectifier

[00:20:15] évidemment s'il connaît la bonne formulation. On a aussi l'indice métalingoustique. Donc, l'enseignant va donner un indice grammatical. Par exemple, l'élève va dire « Il a revenu. » Madame, il a revenu. Bien, tu vas dire « Est-ce qu'on dit vraiment il a revenu? » Est-ce que tu peux utiliser un autre auxiliaire? Par exemple, « Il est revenu. » Donc, ça va être comme un déclencheur cognitif. Évidemment, si moi, je lui donne la réponse, il n'y a pas de déclencheur, mais vraiment juste de dire « Est-ce que tu es sûr

[00:20:44] que c'est le bon auxiliaire qu'on utilise ici? » Bien là, l'élève va pouvoir réfléchir puis trouver la bonne réponse. Il y a aussi la sollicitation où l'enseignant va inviter l'élève à reformuler. Par exemple, l'apprenant va dire « Hier, je suis allé au magasin pour acheter les laits. » Les laits au pluriel. Puis l'enseignant pourrait dire « Est-ce que tu es sûr que c'est les laits? » « Tu en as acheté deux ou tu en as acheté trois? » Est-ce qu'il y a un petit mot peut-être qui n'est pas le bon que tu pourrais changer? » Puis là, évidemment, il va peut-être dire « Non, non, une bouteille,

[00:21:14] donc j'ai acheté du lait ou une bouteille de lait. » les recherches de Lister et sa collègue montrent que toutes ces incitations-là sont souvent plus efficaces que la reformulation. Donc, je pense que les enseignants spontanément vont utiliser les reformulations, mais celles qui fonctionnent bien, ce sont vraiment les incitations parce qu'elles engagent les apprenants activement dans la réflexion puis après dans leur propre autocorrection. Dans ma pratique enseignante, moi, je vous fais une suggestion que j'utilise autant si j'enseigne aux primaires,

[00:21:44] aux secondaires, aux adultes. J'ajoute toujours un geste et un bruit que j'apprends à mes apprenants en début de cours, donc lorsque je les rencontre, évidemment, peut-être pas le premier jour, mais dans les jours qui suivent, je vais ajouter un bruit et un geste. Donc, souvent, moi, je fais « Ah ah! » Bon, ce bruit-là va dire aux apprenants qu'il y a une erreur. Évidemment, je ne fais pas ça tout le temps, mais juste des fois, j'en mets un peu et ils trouvent ça drôle. Ils savent qu'il y a une erreur et ça veut dire non.

[00:22:13] Ça veut dire qu'il y a une erreur. Fait que, tu sais, juste d'avoir un geste adéquat ou un son sans faire vraiment une correction, peu importe laquelle, bien, les apprenants vont réfléchir ensemble. Souvent, ils vont dire « Non, non, il fallait dire ça ou il fallait écrire ça. » Bien, il fallait dire parce qu'évidemment, c'est des trucs que j'utilise à l'oral. Puis, c'est le fun d'utiliser des gestes ou des bruits parce que, bien, ça devient un signal clair, c'est pas intrusif, c'est drôle. Tu sais, trouves tous ça drôle,

[00:22:43] tout le monde rit puis ils cherchent ensemble quelle est l'erreur ou quelqu'un va te dire « Non, non, c'est comme ça que tu devais dire. » Puis, tu sais, pour moi, ça les pousse évidemment à se reprendre sans que j'ai vraiment besoin d'interrompre l'activité. D'ailleurs, là, je vous invite à réfléchir est-ce que vous avez un signal, un rituel, un son, un geste que vous pourriez mettre en place avec votre classe, vos apprenants pour créer cet effet-là de déclic sans briser le rythme de votre cours. Puis évidemment, bien, maintenant qu'on sait un peu qu'est-ce que c'est la rétroaction, c'est bon de se dire

[00:23:13] comment on peut bonifier sa pratique de rétroaction. Comment on peut faire, maintenant que je sais que peut-être que j'en fais pas assez ou peut-être que j'utilise pas tous ces trucs-là, je veux maintenant que ma rétroaction soit plus utile, formatrice, motivante comme enseignant, bien, il y a plusieurs choses que je pourrais vous suggérer. À l'écrit, par exemple, au lieu de corriger toutes les erreurs, j'en cible toujours quelques-unes. Alors donc, par exemple, aujourd'hui, on va travailler sur les accords. La prochaine fois, on travaillera sur les adjectifs. Donc, peu importe,

[00:23:43] c'est de choisir une thématique puis de dire, bien, je ne corrige que ça dans ce texte-là. Ou encore, je pourrais dire, bien, je corrige 10 phrases par texte. Après 10, j'arrête. Ou après 5, j'arrête. Ça dépend évidemment de la longueur de votre texte. Bon, si vous enseignez en français, au secondaire, en langue maternelle, bien évidemment, on ne peut pas faire ça, surtout pas dans des examens ministériels. Mais quand vous pratiquez en classe, quand vous faites des activités qui ne sont pas nécessairement notées, bien, faites-le. Tu sais, choisissez un nombre. Tu sais, OK, à 7, j'arrête.

[00:24:13] Ça fait que tu sais, peut-être qu'il y en a qui ne se rendront pas, tant mieux pour eux. Puis à 7, bien, on arrête la correction puis on va demander à l'apprenant de faire quelque chose. Donc, on ne peut pas juste dire, bien, voici tes 7 erreurs. Fait que tu sais, moi, je leur fais toujours un petit tableau. Puis par exemple, bien, voici les erreurs. Moi-même, je les remets dans le tableau. Puis après, bien, je vais leur faire faire une tâche. Donc, cherche ce mot-là dans un dictionnaire bilingue. Indique-moi c'est quoi dans ta langue. Ensuite de ça, ça pourrait être, cherche dans un dictionnaire français, mets-moi la définition. Ou encore,

[00:24:42] réécris-moi ce mot-là 5 fois. Tu sais, donc, quelles sont les tâches que les apprenants doivent faire? Donc, cibler un nombre d'erreurs, un type d'erreur, puis une tâche à faire pour que l'étudiant puisse réfléchir à cette erreur-là. À l'oral, prendre une activité. Moi, je conseille toujours aux enseignants de continuer à faire ce qu'ils font. Souvent, ce qu'ils font, les enseignants, c'est que soit ils vont mener une conversation en grand groupe ou encore, ils vont mettre les étudiants en diade, en triade, en sous-groupe et vont marcher la classe. Donc, ils vont circuler entre les bureaux, écouter ce qui se passe,

[00:25:12] faire de la correction à certains moments, aider lorsqu'il y a des questions. Mais moi, je vous ajouterais une étape ici. Donc, c'est d'ajouter un petit cahier de rétroaction et un crayon à votre pratique. Donc, quand vous marchez votre classe, continuez à la marcher. C'est une super bonne pratique, mais prenez des notes. Donc, vous entendez une erreur, vous la notez. Évidemment, vous pouvez en corriger certaines sur le coup, mais je vous suggère de noter ce que vous entendez. Puis, quand l'activité finit, bien, vous revenez en grand groupe pour clore l'activité et faire une transition

[00:25:42] vers l'activité suivante. Mais en faisant ça, vous pouvez travailler au tableau ou au TNI, peu importe ce que vous utilisez, puis choisir quatre ou cinq erreurs que vous avez entendues, les écrire au tableau, les répéter, puis dire, OK, dans ces phrases-là, il y a des erreurs, on va corriger ensemble. Ça devient un travail collaboratif. On utilise le cerveau collectif de la classe et les rétroactions qu'on fait sont utiles pour tout le monde. Puis, en plus, ce qui est super intéressant, c'est qu'aucun apprenant se sent visé. Bon, par contre, je vais vous le dire tout de suite,

[00:26:12] même, ah, madame, ça, c'est moi qui a dit ça ou ça, c'est moi qui a écrit ça parce qu'on peut le faire aussi à l'écrit, donc choisir. Tu sais, moi, souvent, je mets ça dans mes diaporamas. Je vais corriger. Mettons, ils ont écrit cinq phrases sur X sujets. Quand moi, je corrige, je reprends les erreurs puis je les mets dans un diaporama. Je n'en fais pas 148, j'en choisis 5-6. Puis là, le lendemain, je dis, bien, Mme Tania, elle a fini votre correction, on va regarder au diaporama certaines erreurs que j'ai rencontrées

[00:26:42] que j'ai prises à gauche, à droite, n'importe où dans mon imagination. C'est vraiment des erreurs qui sortent soit de leur texte, soit de ce qu'ils ont dit lorsqu'ils étaient en activité orale. Donc, c'est vraiment un bon moment de correction puis ça profite à l'ensemble du groupe parce que souvent, ce n'est pas parce qu'on n'a pas entendu quelqu'un faire une erreur qui ne la fera pas ou qui ne l'a pas écrite, qui ne la fera pas éventuellement. Donc, c'est super important de faire profiter la classe. Une autre suggestion que je vous suggère pour bonifier vos pratiques, c'est de faire de la rétroaction différée

[00:27:11] avec des outils numériques. Donc, il y a beaucoup d'applications gratuites sur Internet que vous pouvez utiliser qui sont conviviales aussi. Donc, ce n'est pas des choses qui sont très compliquées. Moi, j'aime beaucoup ajouter la technologie à ma pratique. Évidemment, ça ne remplace pas l'enseignant, mais je pense qu'il y a des outils dont je vais vous nommer qui sont vraiment pertinents à ajouter à vos planifications. Puis, c'est vraiment le fun aussi pour les apprenants. Si vous avez accès à des téléphones cellulaires ou des tablettes, j'aurais envie de vous suggérer

[00:27:41] Vocaro, Voxer ou WhatsApp. Donc, ce sont vraiment des applications qui vous permettent, en fait, qui permettent à vos apprenants de s'enregistrer et de vous envoyer les messages audio. Ensuite, vous pouvez vraiment utiliser, je vais vous parler de Voxer, par exemple, mais ça peut être WhatsApp parce que WhatsApp, c'est une application que les apprenants connaissent avec laquelle ils sont déjà à l'aise. Vous pouvez vous créer un groupe classe et demander, par exemple, à chacun d'enregistrer sa réponse, de vous l'envoyer sur le WhatsApp, vous en choisissez quelques-unes, vous faites de la correction

[00:28:11] puis la correction, vous la faites par oral. Donc, vous renvoyez un message oral à l'apprenant pour expliquer s'il y a une erreur. Puis, s'il n'y a pas d'erreur, c'est rare qu'il n'y en a pas, mais s'il n'y en a pas, bien, vous dites, bien, bravo, ton message est super bien construit, félicitations. Puis, évidemment, tu peux quand même dire, bravo, ton message est bien construit, même si tu as corrigé deux, trois trucs, tu sais, mais vous pouvez vraiment avoir une fonction d'envoi de messages vocaux en quelques secondes puis vous n'êtes pas obligé de les écouter tout de suite. Donc, vous avez une période libre au secondaire, par exemple, votre groupe est parti en éducation physique, bien, vous pouvez réécouter les messages puis faire de la rétroaction orale sur la même plateforme.

[00:28:41] quand vous revenez, vous dites, bien, vous avez un message, écoutez votre message, puis, tu sais, refaites, écoutez le message puis après, réenvoyez-moi un message vocal en ayant corrigé ce que vous aviez fait semaine en ligne ou on donne des cours en ligne complets et que vos élèves sont habitués aux outils numériques, ce n'est pas toujours le cas, mais si c'est le cas, je suggère aussi d'utiliser Loom. Loom, la version gratuite, vous pouvez faire

[00:29:11] des vidéos de cinq minutes et c'est le fun parce que vous pouvez enregistrer votre écran tout en corrigeant la copie d'un élève, par exemple. si l'apprenant vous envoie un devoir sur Teams, vous partagez votre écran pas avec l'étudiant, avec la plateforme puis vous expliquez les erreurs puis renvoyez la vidéo à l'apprenant puis vous pouvez faire, vous pouvez demander après une étape suivante. Donc, j'ai lu ton travail, je l'ai corrigé sur Loom, je t'ai expliqué les erreurs, maintenant réécris-moi le passage

[00:29:40] puis renvoie-le-moi. Ça fait que, dans le fond, si l'erreur s'arrête à la correction de l'enseignant, c'est comme si l'apprenant ne peut pas y réfléchir. Ça fait qu'ajoutez toujours une étape si vous faites ce genre de choses-là. Mais vraiment, toutes ces applications-là ont des versions gratuites, que ce soit Vocaroo, Voxer, WhatsApp, Loom. Je vous suggère d'aller faire un tour du côté des technos. Pourquoi je suggère de faire de la rétroaction orale, en fait, enregistrée? C'est parce qu'entendre la voix de son enseignant qui explique calmement une erreur, bien, c'est plus humain, plus motivant, plus bienveillant que de recevoir une copie qui va être

[00:30:10] surchargée de rouge. Donc, l'élève peut réécuter plusieurs fois à son rythme, il va entendre non seulement la correction de l'erreur, mais aussi et surtout l'explication de celle-ci. Donc, c'est vraiment ça l'intention pédagogique derrière la correction. C'est pas de corriger pour corriger, ça sert à rien. C'est vraiment de corriger pour comprendre et pour expliquer. Donc, par exemple, vous pouvez enregistrer un message de deux ou trois minutes où vous choisissez, par exemple, deux ou trois erreurs dans le texte tout en valorisant ses réussites. Évidemment, si vous avez 30 élèves, vous pouvez pas faire ça 30 fois. Vous pouvez dire, bien, cette semaine,

[00:30:40] je corrige Paul, Louis, Guprit, puis la semaine prochaine, bien, je corrige Fatima, Oksana, puis Rodrigo. Faites des choix aussi. Il y a un dernier conseil que je vais vous donner pour la didactique des erreurs, c'est vraiment, si vous voulez que vos apprenants travaillent sur leurs erreurs, facilitez-leur la tâche. Fournissez-leur un petit tableau de travail. Par exemple, cherche ce mot dans un outil de référence, copie-le correctement cinq fois, réécris ta phrase correctement, indique juste au-dessus le mot équivalent dans ta langue maternelle, dans ta langue première

[00:31:10] pour mieux en comprendre le sens. Donc, quelle est la tâche? Donnez une tâche lorsque vous avez, vous demandez aux apprenants de revoir leurs corrections. Si vous ne demandez pas une tâche, bien, probablement que ça ne se fera pas. Donc, ce type d'activité-là va engager vraiment l'élève, puis il va l'amener à réfléchir activement et surtout à intégrer les corrections que vous avez faites. Donc, vraiment garder en tête que la rétroaction ne devrait jamais être un jugement, mais plus un cadeau pédagogique. C'est comme un présent que vous leur faites. Donc, de leur donner envie aux apprenants d'aller plus loin,

[00:31:40] d'oser, de tenter, de progresser, de prendre des risques, c'est important. Donc, voilà, on a vu beaucoup de trucs, beaucoup de techniques. Puis, si je vous résume la chose, en fait, c'est que la rétroaction corrective, ce n'est pas un détail. C'est vraiment un outil pour aider les apprenants à progresser. Mais pour que la correction et la rétroaction soient efficaces, il faut qu'elle soit claire, ciblée, variée, active, engageante. Il faut qu'il y ait une tâche, il faut qu'on comprenne ce qu'on peut faire avec. Les erreurs, ce n'est jamais des échecs. Je pense que je vous l'ai dit un million de fois, c'est vraiment une occasion

[00:32:10] d'apprendre. Notre rôle, nous, comme enseignants, c'est de transformer les occasions d'erreur en apprentissage durable. Puis, je vais vous laisser sur une question. La prochaine fois que vous corrigez un élève, demandez-vous, est-ce que je suis vraiment en train de lui donner une chance d'apprendre quelque chose avec ma rétroaction? Si la réponse, c'est non, peut-être que ça ne sert pas. Si cet épisode-là vous a fait réfléchir, partagez-le à vos collègues, écoutez-le ensemble, laissez un commentaire sur les réseaux sociaux, sur les plateformes d'écoute, venez discuter avec moi. C'est quoi votre façon préférée de donner de la rétroaction?

[00:32:39] Avez-vous des trucs que vous avez dû utiliser tout le temps et qui sont dans votre pratique qui fonctionnent bien? Partagez, en fait, vos pratiques gagnantes. Puis, on se retrouve vraiment très bientôt pour un prochain épisode d'Avec ou Sans Accent. À bientôt! Merci infiniment d'avoir écouté Avec ou Sans Accent aujourd'hui. J'espère que nos échanges ont été aussi stimulants pour vous que pour moi et que vous serez à l'écoute pour les prochains épisodes. Avant de vous laisser partir, permettez-moi de vous poser une question. Qu'est-ce qui vous a le plus interpellé dans cet épisode?

[00:33:09] Quelles réflexions vous ont traversé l'esprit? N'hésitez pas à m'écrire afin de partager le tout avec moi. N'oubliez pas non plus de vous abonner au balado pour ne manquer aucun épisode. Faites découvrir Avec ou Sans Accent à tous ceux qui partagent nos passions pour ces sujets. Vous avez envie de travailler avec moi? N'hésitez pas à me contacter pour connaître mon offre de service ou visiter mon site web. Au plaisir de vous retrouver pour notre prochain épisode. À très bientôt!