23. La motivation dans l'enseignement/apprentissage des langues secondes
19 avril 2025
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23. La motivation dans l'enseignement/apprentissage des langues secondes

Vous connaissez tous le concept de la motivation. Mais avez-vous déjà réfléchi à son rôle fondamental dans l’apprentissage d’une langue seconde? Que vous soyez apprenant du français langue seconde ou enseignant – peu importe votre niveau – cet épisode d’Avec ou sans accent vous invite à explorer les multiples facettes de la motivation. Que vous enseigniez ou appreniez le français, la motivation est peut-être le fil conducteur que vous sous-estimez. Dans cet épisode, on explore pourquoi elle fait toute la différence.

Vous connaissez tous le concept de la motivation. Mais avez-vous déjà réfléchi à son rôle fondamental dans l’apprentissage d’une langue seconde? Que vous soyez apprenant du français langue seconde ou enseignant – peu importe votre niveau – cet épisode d’Avec ou sans accent vous invite à explorer les multiples facettes de la motivation. Que vous enseigniez ou appreniez le français, la motivation est peut-être le fil conducteur que vous sous-estimez. Dans cet épisode, on explore pourquoi elle fait toute la différence.

[00:00:14] les arts et les cieux et les françaises. Bonjour à tous, je m'appelle Tania Lompré. L'éducation, l'immigration, la langue française, ça vous intéresse? Vous êtes au bon endroit parce que moi aussi, ensemble on va explorer plusieurs enjeux reliés de près ou de loin à la francisation, à l'immigration, à l'enseignement et à l'apprentissage. On va aussi aborder les politiques publiques et l'actualité reliées à ces thématiques.

[00:00:39] De mon côté, je suis une fille super animée par l'idéal de faire du Québec un endroit où tous peuvent s'épanouir en français, avec ou sans accent. J'ai la tête qui foisonne d'idées, d'opinions et de solutions. On ne sera peut-être pas toujours d'accord, mais n'est-ce pas une des facettes de la diversité qui fait que c'est vraiment beau chez nous? Alors bienvenue à tous sur le balado avec ou sans accent.

[00:01:02] Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien. Aujourd'hui, en fait, un petit épisode spécial de mon balado où je vais vous parler d'un sujet qui m'a accompagnée pendant sept ans. Donc, je vais vous parler un peu de ma thèse de doctorat. Bon, je vais essayer de ne pas être trop scientifique et de vulgariser le plus possible, mais j'ai vraiment envie de vous parler de trois thématiques, en fait. Donc, je vais faire vraiment une triade d'épisodes. Donc, trois épisodes qui vont se suivre et qui vont pouvoir quand même se tenir de façon indépendante.

[00:01:31] Vous allez pouvoir écouter un ou l'autre dans l'ordre, mais je vais consacrer trois épisodes, justement, à ma thèse. Pourquoi je vous parle de ma thèse? Parce que je pense que lorsqu'on écrit une thèse comme étudiant au troisième cycle, bien souvent, la thèse finit soit par prendre la poussière ou soit être utilisée seulement dans des contextes scientifiques, donc des colloques, des congrès internationaux, nationaux et de la rédaction d'articles scientifiques.

[00:01:58] Donc, j'ai fait ça avec ma thèse que j'ai terminée au printemps. En fait, j'ai obtenu mon diplôme au printemps 2024. Depuis ce temps-là, je suis allée présenter ma thèse au Québec, à l'international et évidemment, j'ai fait un article scientifique aussi avec celle-ci. Mais j'avais vraiment envie de vulgariser ces résultats-là et d'en faire quelque chose de très concret pour les gens sur le terrain.

[00:02:22] Donc, évidemment, moi, je suis une enseignante à la base qui enseigne encore. C'est encore mon identité professionnelle principale. Mais comme enseignante, j'ai voulu faire de la recherche pour travailler sur des problématiques que je rencontrais dans mon travail. Donc, quand j'ai commencé à réfléchir à faire une maîtrise, ça faisait déjà cinq ans que j'étais enseignante en francisation à Montréal et je rencontrais des défis de motivation.

[00:02:47] Donc, pas moi comme enseignante, j'étais très motivée, mais je me rendais compte qu'il y avait des gens, en fait, qui étaient soit moins motivés ou soit qui apprenaient le français tard. Or, ça faisait longtemps qu'ils étaient au Québec et je me demandais, en fait, c'est vraiment ça pour lequel je me suis questionnée au début en disant, « Pourquoi cette personne-là a décidé d'apprendre le français 15 ans après son arrivée au Québec? » Évidemment, on finit par se rendre compte que les gens ont eu des enfants, travaillaient, devaient subvenir aux besoins de la famille. Donc, ils ont attendu peut-être avant d'apprendre le français.

[00:03:16] À la base, je me suis demandé ça. Pourquoi les gens veulent apprendre le français et pourquoi le font-ils? J'ai vraiment consacré mon mémoire de maîtrise à cette thématique-là et par la suite, mon doctorat à la même thématique, mais là, je l'ai changé évidemment un peu parce que je m'intéressais toujours à la motivation, mais c'était un des pans que je voulais étudier dans mon doctorat, mais accompagné de d'autres pans, parce que je me suis intéressée au parcours d'apprentissage du français langue seconde et de scolarisation de jeunes immigrants

[00:03:46] qui sont en revue au Québec entre 13 et 17 ans, et je me suis intéressée à leur parcours soit en classe d'accueil au secondaire ou soit en classe de francisation des adultes, parce qu'à partir de 16 ans, les jeunes peuvent être intégrés directement en francisation des adultes aussi. Donc, je me suis intéressée à cette population étudiante-là, et c'est pour ça que je vais faire trois balados, trois thématiques différentes de ma recherche, donc celui d'aujourd'hui, je vais consacrer à la motivation à l'apprentissage des langues, l'apprentissage des langues secondes, évidemment.

[00:04:13] Ce que je vais vous dire aujourd'hui pourrait concerner aussi l'apprentissage d'autres langues, donc évidemment, mon contexte à moi, c'est celui du français langue seconde, mais ça pourrait être l'espagnol langue seconde, ou l'anglais langue seconde, ou le coréen langue seconde, ou peu importe la langue qui vous intéresse comme apprenant ou comme enseignant. Je vais aussi m'intéresser aux français de transition et aux adolescents immigrants de 13 à 17 ans dans le deuxième de cette série-là, et j'en ferai un troisième sur les jumelages interculturels en contexte scolaire.

[00:04:39] Je vais rester à l'affût, mais aujourd'hui, on se consacre vraiment à la motivation, à l'apprentissage des langues secondes. Donc évidemment, moi, sept ans de ma vie consacrée à cette thématique-là, je vous avise tout de suite que je sais que c'est un peu long. Les gens disent souvent « sept ans, c'est vraiment long, est-ce que ce n'est pas plus de quatre ans d'habitude un doctorat? » Oui, vous avez raison, il y a des gens qui font des doctorats en quatre ans, puis il y en a qui font un doctorat en douze ans, puis il y en a d'autres qui le font en sept ans comme moi.

[00:05:03] Je suis 100 % responsable du fait que je n'ai pas été aussi rapide que je ne l'aurais voulu, mais je vais quand même vous dire pourquoi ça a été si long. Donc la première raison, c'est qu'il y a eu une pandémie. Donc j'ai été retardée, en fait, dans mes entrevues sur le terrain. Donc ça a pris probablement un an de retard pour avoir accès au terrain dans les écoles secondaires.

[00:05:26] Et ma deuxième raison, c'est que j'étais enseignante à temps plein ou conseillère pédagogique selon les années. Donc je ne pouvais pas rédiger en tout temps 40 heures par semaine. J'ai plutôt consacré comme 6 à 10 heures par semaine à la rédaction de ma thèse, donc ça m'a pris beaucoup plus de temps. Mais j'étais très motivée à terminer, et je l'ai terminé. Je suis moi-même motivée, donc je m'intéresse à la motivation, mais je suis une personne qui aime se fixer des objectifs,

[00:05:54] qui aime réussir certaines choses, qui découpe ses projets en petites étapes, donc je suis capable de les réaliser habituellement, mais celui-là était vraiment plus long que prévu. Mais tout ça pour dire qu'aujourd'hui, on va s'intéresser à la motivation et à son importance dans l'apprentissage d'une langue seconde ou tierce. Que ce soit pour apprendre le français ou toute autre langue, en fait, la motivation va vraiment jouer un rôle essentiel dans la réussite des apprenants. Et qu'est-ce que c'est la motivation comme concept universel? Parce qu'avant d'en parler spécifiquement dans l'apprentissage des langues,

[00:06:23] je vais prendre un instant pour vous définir c'est quoi la motivation en général. Donc, la motivation, c'est comme une force ou un moteur qui va nous pousser à agir, à nous fixer des objectifs et à persévérer à les réussir malgré les obstacles. On utilise souvent deux termes en motivation générale, qui est le terme intrinsèque. Intrinsèque, ça veut dire quand on est motivé par notre propre intérêt personnel. Donc, par exemple, quelqu'un qui veut arrêter de fumer pour lui-même, donc c'est une motivation intrinsèque, c'est lui qui veut arrêter. Mais si quelqu'un veut arrêter de fumer parce que sa femme,

[00:06:52] le gosse tous les jours avec ça en disant « il faut que tu arrêtes de fumer », bien, ça va être une motivation qu'on va appeler extrinsèque. Donc, on est motivé par l'externe. Donc, une récompense, par exemple, un emploi, un diplôme, une reconnaissance sociale. Donc, ça va être vraiment une motivation qui est externe à nous. Alors que quand on le fait pour nous-mêmes, notre intérêt personnel, notre plaisir d'apprendre, notre volonté, on le fait vraiment de façon intrinsèque. Et d'ailleurs, il faut mentionner que dans l'apprentissage, la motivation est une force déterminante.

[00:07:22] Donc, elle va influencer vraiment notre engagement, le temps qu'on va consacrer à cet apprentissage-là, notre persévérance et ultimement, évidemment, notre réussite. Donc, d'atteindre un niveau de langue seconde qui est celui qu'on souhaite atteindre. Puis évidemment, quand on parle d'atteindre un niveau en langue seconde, je ne parle pas juste des niveaux que vous connaissez, donc dans les paliers ou dans les niveaux en francisation ou en classe d'accueil, mais vraiment ce qu'on souhaite faire avec la langue. Donc, on peut vouloir apprendre l'espagnol pour aller dans le sud.

[00:07:51] Donc, je vais apprendre quelques phrases clés, quelques mots clés, puis je vais me débrouiller. Mais ce ne sera pas le même niveau à atteindre si je veux aménager en Corée et travailler en Coréen. Donc, c'est vraiment des niveaux qui vont être différents. Puis lorsqu'on parle des motivations en apprentissage des langues, vraiment, si on remonte là, tu sais, moi, je vais vous amener un petit peu dans la recherche dans les années 60 et 70, où il y a vraiment deux chercheurs qui ont dominé le débat, Garner et Lambert, qui sont des chercheurs canadiens,

[00:08:19] qui ont travaillé en fait sur les deux types dominants de motivation. Donc, lorsqu'on va parler d'apprentissage des langues, on va utiliser deux autres termes qui ne sont pas nécessairement intrinsèques et extrasèques, mais qui veulent à peu près dire la même chose. Donc, la motivation qu'on appelle intégrative. Donc, intégrative, c'est lorsqu'un apprenant va vouloir faire partie d'une communauté linguistique. Donc, je suis, par exemple, un étudiant en Ontario. Je veux apprendre le français parce que dans mon futur,

[00:08:45] je veux occuper un poste où on va me demander de parler français. Je veux occuper un poste aussi qui va me permettre de travailler avec le Québec, par exemple. Donc, j'ai besoin d'intégrer une communauté linguistique. J'ai envie de faire partie de la francophonie, d'ajouter la corde francophone à mon arc. Donc, évidemment, lorsque j'ai tout ça qui me motive, donc faire partie vraiment d'une communauté linguistique et m'identifier à elle, faire partie d'elle, on va parler de la motivation intégrative. Donc, je veux apprendre à parler français

[00:09:15] parce que j'habite au Québec et je veux faire partie de la communauté québécoise, je veux participer à la vie québécoise. Donc, c'est vraiment une motivation intégrative. On va aussi avoir une motivation qui est dite instrumentale. Ça, c'est quand un apprenant va apprendre une langue pour atteindre un objectif pratique. Tantôt, on se parlait du voyage, par exemple, dans le sud avec l'espagnol. Donc, c'est vraiment une motivation instrumentale. Donc, ça va être un voyage de toutes sortes, par exemple. Trouver un emploi aussi. Donc, mon apprenant de l'Ontario qui veut, par exemple, atteindre un niveau de langue

[00:09:45] pour devenir fonctionnaire ou pour monter dans les échelons, il va avoir une motivation instrumentale. Par contre, c'est deux choses qui ne sont pas nécessairement en dualité. Donc, c'est une vision qui est comme plus binaire. Donc, de dire, bien, est-ce que c'est instrumental? Est-ce que c'est intégratif? En fait, les recherches ont évolué. Donc, on a été... La vision binaire a été revisitée en 2005 par Dorneille, qui est un chercheur hongrois, qui, lui, a introduit vraiment le concept du soi. Pour lui, en fait, les motivations ne sont pas différentes.

[00:10:15] Elles ne sont pas opposées. Elles sont complémentaires. Donc, vraiment, on peut avoir une motivation intégrative et instrumentale. Donc, je suis un jeune adolescent ontarien. J'ai envie de faire partie de la communauté francophone. J'ai envie d'être une personne bilingue. Je veux que ça fasse partie de mon identité. Je veux travailler en français puis atteindre un niveau français pour avoir un meilleur emploi. Mais je veux aussi pouvoir aller voyager à Rimouski pendant l'été puis discuter avec des francophones.

[00:10:45] Donc, tout ça, ce ne sont pas des aspects soustractifs, mais c'est vraiment additif. Donc, on peut pouvoir combiner, en fait, ces deux motivations-là pour apprendre le français. Évidemment, on parle du français ici, mais ça pourrait être n'importe quelle autre langue. Puis, c'est important de se dire que, oui, on peut tirer des avantages d'apprendre une langue, mais ça peut aussi vraiment être juste un aspect communautaire. Évidemment, il y a des choses qui vont aider dans la motivation. Donc, il y a plusieurs facteurs qui vont influencer cette motivation-là.

[00:11:14] Ça peut être la capacité d'intégration. Ça peut être l'instrumentalité dont on s'est parlé, donc le besoin de parler français. Mais ça peut aussi être les attitudes envers l'apprentissage. Ça peut être aussi la perception de la langue. Donc, par exemple, un apprenant qui va se dire, « Ah, le français, c'est difficile » et qui va continuer à avoir une perception que c'est complexe et difficile, bien, ça va pouvoir influencer sa motivation. C'est pour ça que si vous êtes enseignant, je suggère toujours à tout le monde de ne pas dire, « Ah, mais c'est comme ça, c'est le français. » Ou « Ah, c'est vrai, vous avez raison, le français, c'est difficile. »

[00:11:43] Essayez plutôt de vous dire comment on peut changer la perception pour qu'elle devienne positive et comment on peut utiliser ces perceptions-là, mais de façon bénéfique dans l'apprentissage du français. Donc, évidemment, il y a tout le facteur anxiété aussi qui peut nuire à la motivation et à la réussite. Donc, c'est quoi l'anxiété en matière de langue? Parce qu'évidemment, il y a l'anxiété générale, mais quand on parle d'anxiété linguistique ou langagière, ça veut dire quelqu'un qui a de la difficulté à prendre des risques dans une langue

[00:12:13] qu'il ne maîtrise pas encore tout à fait. Donc, c'est difficile pour la personne de prendre la parole en sachant qu'on va faire des erreurs. Donc, les gens attendent de parler en voulant être parfait en français, mais ce n'est pas comme ça qu'on apprend une langue. On ne devient pas parfait en quelques temps. Il faut justement faire des erreurs et prendre des risques pour bonifier son niveau de langue. Mais évidemment, pour les gens qui vivent de l'anxiété langagière, ça peut nuire à leur motivation et par ricochet à leur réussite. Il y a aussi tout le contexte éducatif

[00:12:43] qui va vraiment jouer un rôle prédominant lorsqu'on apprend une langue seconde. Donc, est-ce que mon enseignant me motive? Est-ce que ce que je fais dans la classe, c'est intéressant? Est-ce que j'ai le plaisir d'apprendre cette langue-là? Évidemment, ça va être à n'importe quel âge. Donc, que vos apprenants soient petits en classe d'accueil, aux primaires, aux secondaires, aux adultes, que vous enseignez au cégep ou à l'université ou dans d'autres contextes, des cours privés, par exemple, dès qu'il y a un lien ludique avec la langue, dès qu'on peut avoir du plaisir à l'apprendre,

[00:13:12] que la didactique est bien faite, que je sens, en fait, je comprends l'intention, je sais pourquoi mon enseignant fait ça, j'embarque dans une tâche, je suis engagée dans mon apprentissage, bien évidemment, tout ça, ça va jouer un rôle crucial, en fait. Puis si ce n'est pas le cas, donc si l'apprentissage est moins intéressant, moins motivant, que je ne sais pas trop pourquoi je fais certaines choses, bien, ça peut me démotiver. Surtout si je suis un jeune apprenant, et on va se parler de ça plus tôt la semaine prochaine. Le chercheur Dornay, dont je parlais tantôt,

[00:13:42] qui lui a commencé à parler de concept du soi, donc que les motivations étaient complémentaires, il indique, lui, que la motivation va être vraiment liée à l'image que l'apprenant a de lui-même dans le futur. Il va s'intéresser beaucoup aux travaux faits dans le monde du sport où les sportifs peuvent utiliser la visualisation. Donc, on va, par exemple, se voir réussir une course de X kilomètres en Y temps. On est capable de se visualiser en train de sauter X nombre de mètres au-dessous à la perche.

[00:14:12] Bon, les sportifs sont capables de faire, là, vous avez vu que mes analogies en sport ne sont pas très bonnes, je ne suis pas, je ne suis ni une grande sportive, ni une grande amatrice de sport ou d'olympique, mais ce que je veux vous dire, c'est vraiment que les sportifs sont capables de visualiser et de se voir en train de réussir quelque chose. Évidemment, la visualisation n'est pas seulement utilisée dans les thématiques sportives, mais on comprend, je pense, l'analogie un peu plus facilement comme ça. Et cette visualisation-là

[00:14:40] que l'apprenant peut avoir de lui-même, elle va jouer aussi dans sa motivation. Donc, si on est capable de se projeter comme francophone, si on est capable de se projeter comme locuteur du français, comme quelqu'un qui est capable d'utiliser la langue, bien, évidemment, on va améliorer la motivation. Il y a aussi plusieurs facteurs, puis quand on parle de motivation, c'est super important qu'on dit la motivation, mais il y a aussi des facteurs de motivation. La motivation, c'est multifactoriel, donc il y a beaucoup de choses qui vont pouvoir l'influencer. Donc, on a des facteurs

[00:15:10] internes et externes qui vont justement, là, influencer positivement ou négativement votre motivation, comme par exemple, l'intérêt culturel et la confiance en soi. Donc, plus vous êtes intéressé à une culture, bien, plus vous avez envie de vous y joindre et plus vous avez confiance en vous, en fait, plus vous comprenez que vous êtes en mesure d'y parvenir. Donc, ce sont des facteurs qui sont importants aussi. Puis, c'est important de mentionner que plus un individu va voir la langue comme un atout, justement, pour son avenir, plus il va être motivé à l'apprendre.

[00:15:40] Donc, si on est capable de dire aux apprenants, bien, écoutez, le français va vous servir pour travailler, pour rencontrer le médecin ou les services sociaux, pour rencontrer les enseignants de vos enfants, pour vous faire des amis lorsque vous jouez dans la cour de récréation en primaire, pour réussir vos cours et votre diplôme si vous êtes au secondaire. Donc, il y a vraiment plein de choses que vous pouvez voir dans l'avenir en français, plus vous allez être motivé à l'apprendre. Puis, évidemment, bien, c'est la même chose si vous apprenez l'anglais en de se dire, bien, l'anglais est un atout pour ma future carrière.

[00:16:10] L'anglais est un atout si je veux voyager. Bien, évidemment, de voir l'anglais comme ça ou n'importe quelle langue qu'on va apprendre, plus vous la voyez comme bénéfique, plus elle peut vous apporter quelque chose ou vous rapporter quelque chose, plus vous allez être motivé à l'apprendre. Évidemment, moi, je me suis intéressée plutôt aux jeunes immigrants et à la motivation à prendre le français. Moi, la population qui m'intéressait, c'était les jeunes immigrants qui étaient arrivés au Québec entre 13 et 17 ans. Et ces jeunes-là avaient des objectifs variés, des motivations très différentes. Donc, ils voulaient, par exemple, intégrer une classe régulière,

[00:16:40] obtenir leur diplôme d'études secondaires, se faire des amis, se faire un chum, une blonde, jouer dans une équipe de soccer ou de sport, comprendre les YouTubers, être capable de comprendre les paroles d'une chanson, comprendre les discussions qu'ils entendaient dans l'autobus ou au parc des jeunes Québécois de leur âge ou des jeunes francophones de leur âge. Donc, les motivations, elles étaient variées. Quand j'ai fait mon mémoire de maîtrise et que j'ai rencontré des... En fait, je ne les ai pas rencontrés, j'ai fait des questionnaires au niveau de la maîtrise

[00:17:08] avec plusieurs apprenants, bien, on a vu que c'est un peu la même chose. posant donc que les gens voulaient apprendre le français pour discuter avec leurs voisins, se faire des amis, être en mesure de fonctionner dans les services publics, de discuter avec... Tu sais, moi, c'était des adultes au niveau de la maîtrise, mais de discuter avec tous les services reliés aux enfants, de trouver un travail, de trouver un meilleur travail, parce que souvent, les gens sont déjà à l'emploi, mais ils savent qu'en bonifiant leur français, bien, ils vont pouvoir

[00:17:38] occuper un poste qui soit plus près de leurs intérêts, soit plus près de leur parcours professionnel, ou soit juste plus payant et plus intéressant. C'est vraiment super important de se dire qu'on est capable de voir, en fait, tout la plus-value d'une langue. Puis souvent, la motivation va être aussi influencée par seulement ça, en fait, qu'est-ce que la langue va m'apporter et qu'est-ce que la langue va me donner. Donc, et après, l'apprenant va aller dire, bien, est-ce que ça vaut la peine de travailler X nombre d'heures ou X nombre d'années sur l'apprentissage d'une langue qui va me donner tout ça?

[00:18:08] Puis la réponse, évidemment, devrait être oui dans un contexte québécois, mais parfois, dans d'autres contextes, ça peut être non aussi. Donc, on peut parler de la motivation aussi. Puis évidemment, bien, pour les jeunes que moi, j'ai rencontrés, bien, la motivation était autant instrumentale qu'intégrative. Donc, apprendre le français pour eux, oui, c'est un passage « obligé » pour réussir académiquement et professionnellement, mais c'est aussi « obligé ». C'est un mot dit beaucoup dans mes entrevues, c'est obligatoire, c'est nécessaire. Puis j'ai même une apprenante qui m'a dit

[00:18:38] « je ne peux pas survivre au Québec si je n'apprends pas le français ». Fait que je pense que c'est important de voir en fait que les perceptions ici ou que leur projection dans le futur leur indique qu'ils doivent apprendre et qu'évidemment, ça va bonifier leur motivation à le faire. Toujours selon Dornay, bien, plus un apprenant a d'objectifs clairs qui vont nécessiter l'usage d'une langue ou l'apprentissage d'une langue, plus ils vont être motivés. Ça devient vraiment essentiel qui encourage donc leurs élèves, leur apprenant à se fixer des buts en français et à relever des défis

[00:19:08] stimulants dans notre langue. Fait que tu sais, on voit maintenant que la motivation est un facteur vraiment essentiel dans l'apprentissage des langues secondes ou tierces. Puis tu sais, c'est important de vous mentionner que tout ce que je vous dis, donc de se projeter dans le futur, de pouvoir avoir des motivations instrumentales, intégratives, de voir pourquoi on apprend, de comprendre la plus-value, bien, ça devient vraiment essentiel, donc d'avoir des objectifs personnels, de comprendre le contexte éducatif ou d'avoir des objectifs reliés à l'académique, que ce soit

[00:19:37] une diplomation secondaire ou la fin d'un parcours de francisation des adultes. Donc, la perception de la langue, est-ce qu'elle est difficile, est-ce qu'elle est complexe, est-ce qu'elle est jolie? Toute la perception qu'on peut avoir va avoir une influence aussi et toutes les interactions avec la communauté linguistique. Donc, c'est important de mettre des gens en contact. Donc, si on apprend le français mais qu'on n'a jamais l'occasion d'utiliser la langue, bien, pourquoi on continuerait à l'apprendre ou pourquoi on mettrait autant d'efforts dans quelque chose qui nous donne plus ou moins de résultats. Donc, c'est important de voir que l'interaction

[00:20:06] avec la communauté linguistique est importante et c'est pour ça qu'on va se parler aussi de jumelage dans les prochains épisodes. Donc, voilà, c'était la table que je voulais mettre sur qu'est-ce que c'est la motivation. En gros, évidemment, si ça vous intéresse, je vais vous renvoyer à plus de lectures. Donc, mais c'était ce que je voulais vous mentionner pour avoir la base, pour vous donner un aperçu de mes études supérieures mais aussi pour aller camper, en fait, les prochaines thématiques, donc le français de transition, l'expérience des adolescents migrants au Québec et les jumelages interculturels et interlinguistiques.

[00:20:37] Donc, merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode puis n'hésitez pas à partager vos impressions et à me rejoindre sur les plateformes, que ce soit LinkedIn, Facebook, Spotify, donc c'est super le fun quand vous mettez des étoiles ou des commentaires. Merci beaucoup que c'est super le fun, je réponds toujours à mes messages, donc n'hésitez pas. Bonne journée à tout le monde! Merci infiniment d'avoir écouté Avec ou Sans Accent aujourd'hui. J'espère que nos échanges ont été aussi stimulants pour vous que pour moi et que vous serez à l'écoute pour les prochains épisodes.

[00:21:06] Avant de vous laisser partir, permettez-moi de vous poser une question. Qu'est-ce qui vous a le plus interpellé dans cet épisode? Quelles réflexions vous ont traversé l'esprit? N'hésitez pas à m'écrire afin de partager le tout avec moi. N'oubliez pas non plus de vous abonner au balado pour ne manquer aucun épisode. Faites découvrir Avec ou Sans Accent à tous ceux qui partagent nos passions pour ces sujets. Vous avez envie de travailler avec moi? N'hésitez pas à me contacter pour connaître mon offre de service ou visiter mon site web. Au plaisir de vous retrouver pour notre prochain épisode. À très bientôt!