25. Jumelages interculturels : apprendre le français en créant de vraies connexions
17 mai 2025
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25. Jumelages interculturels : apprendre le français en créant de vraies connexions

Les jumelages interculturels et linguistiques sont bien plus qu’une stratégie pédagogique : ce sont de puissants leviers pour apprendre une langue en contexte réel, créer des liens et favoriser la découverte de l’autre… et de soi-même. Dans cet épisode, on explore comment ces rencontres, qu’elles soient organisées entre élèves, classes, écoles ou même générations, permettent de renforcer les compétences langagières à travers des interactions authentiques. Vous y trouverez des exemples concrets, des conseils pratiques pour mettre en place des jumelages et des idées pour maximiser leur impact dans des contextes variés, du primaire à l’université, en passant par la francisation. Un épisode pour celles et ceux qui croient que les langues se vivent autant qu’elles s’apprennent.

Les jumelages interculturels et linguistiques sont bien plus qu’une stratégie pédagogique : ce sont de puissants leviers pour apprendre une langue en contexte réel, créer des liens et favoriser la découverte de l’autre… et de soi-même. Dans cet épisode, on explore comment ces rencontres, qu’elles soient organisées entre élèves, classes, écoles ou même générations, permettent de renforcer les compétences langagières à travers des interactions authentiques. Vous y trouverez des exemples concrets, des conseils pratiques pour mettre en place des jumelages et des idées pour maximiser leur impact dans des contextes variés, du primaire à l’université, en passant par la francisation. Un épisode pour celles et ceux qui croient que les langues se vivent autant qu’elles s’apprennent.

[00:00:14] les arts et les sciences et les sciences en créant de vraies connexions. Bonjour à tous, je m'appelle Tania Lompré. L'éducation, l'immigration, la langue française, ça vous intéresse? Vous êtes au bon endroit parce que moi aussi, ensemble on va explorer plusieurs enjeux reliés de près ou de loin à la francisation, à l'immigration, à l'enseignement et à l'apprentissage. On va aussi aborder les politiques publiques et l'actualité reliées à ces thématiques. De mon côté, je suis une fille super animée par l'idéal de faire du Québec

[00:00:43] un endroit où tous peuvent s'épanouir en français, avec ou sans accent. J'ai la tête qui foisonne d'idées, d'opinions et de solutions. On ne sera peut-être pas toujours d'accord, hein? Mais n'est-ce pas une des facettes de la diversité qui fait que c'est vraiment beau chez nous? Alors bienvenue à tous sur le balado avec ou sans accent. Bonjour tout le monde, j'espère que vous allez bien. Bienvenue dans ce nouvel épisode d'Avec ou sans accent. Aujourd'hui, je termine une petite série inspirée de ma thèse de doctorat, donc une petite trilogie, en fait,

[00:01:12] d'épisodes qui m'a permis de vous parler des réalités vécues par les personnes apprenantes du français langue seconde, en particulier les jeunes, parce que je me suis intéressée, moi, aux jeunes qui sont arrivés au Québec entre 13 et 17 ans et qui sont passés soit par la classe d'accueil au secondaire pour vivre une transition vers la classe régulière ou encore une transition vers la francisation des adultes ou la formation générale des adultes, ou encore des jeunes qui sont arrivés directement en francisation des adultes au Québec. Donc, évidemment, aujourd'hui, j'ai envie de vous parler d'une des solutions,

[00:01:39] des suggestions que j'ai faites au milieu d'enseignement, que vous soyez enseignant, acteur des services scolaires au Québec, donc dans un centre de service scolaire, dans une école privée, dans un organisme communautaire. Donc, si vous intervenez directement avec des gens issus de l'immigration ou qui ont besoin d'apprendre le français, donc vraiment, je pense que vous allez avoir quelques outils dans cet épisode. Et en fait, cette piste de solutions-là que je mets de l'avant, je ne l'ai pas inventée,

[00:02:04] donc, mais j'ai envie de vous en parler quand même, ce sont les jumelages interlinguistiques et interculturels. Je vous parle de ça parce qu'un des constats les plus marquants de mes entrevues, c'était vraiment le peu de contact que beaucoup, beaucoup de jeunes allophones ont ou n'ont pas avec des francophones de leur âge. À l'école, ils apprennent le français, ils ont un enseignant qui est francophone, mais souvent, c'est le seul francophone avec qui il parle vraiment. Évidemment, là, je vous parle de jeunes secondaires ou de la formation générale des adultes, mais ça pourrait être le cas aussi aux primaires.

[00:02:31] Donc, au primaire, peut-être que les jeunes vont se mélanger plus naturellement avec des récréations, à se voir dans les couloirs, tout ça, mais c'était un petit peu plus difficile pour les jeunes secondaires ou encore ceux qui sont en formation générale des adultes. Et bien, je me rends compte que les gens apprennent la langue souvent, mais à l'extérieur de la classe, silence radio. Soit ils n'ont pas de contact, ils ne travaillent pas à l'extérieur, ils n'ont pas accès à la télévision, ils n'ont pas nécessairement beaucoup d'occasion de pratiquer. Donc, souvent, les gens disent « Voyons donc, on peut pratiquer le français

[00:02:59] avec tout le monde, partout? » Bien non. Souvent, le jeune ou l'adulte va aller faire son épicerie, va dire bonjour à la dame chez Walmart, tout ça, mais est-ce qu'il a des occasions de parler, d'avoir des conversations avec d'autres gens que ses collègues de classe ou encore son enseignant à l'école? Puis la réponse, c'est que ce n'est pas vraiment. Donc, ce n'est pas suffisant non plus d'avoir des contacts seulement avec ses collègues qui sont en train d'apprendre le français eux aussi, ou en fait leur enseignant qui souvent va leur parler comme, va ajuster son niveau de langue ou son rythme et ne ressemblera pas

[00:03:30] nécessairement aux français qu'on va rencontrer à l'extérieur de l'école. Et ça, c'est que ce soit les contacts avec ses collègues de classe ou ses enseignants, ce n'est pas suffisant. Je pense que, en tout cas, je fais partie des gens qui pensent qu'on ne peut pas apprendre une langue seulement par théorie. On ne peut pas apprendre le français seulement en lisant son bécherelle ou en lisant un dictionnaire. Il faut vraiment qu'il y ait de l'interaction. Donc, c'est quoi une interaction? Ce n'est pas juste de l'écoute non plus. L'interaction, c'est parler et échanger avec quelqu'un en même temps. Donc, pour ça, il faut sortir

[00:03:58] du cadre formel. Souvent, il faut avoir des liens avec des gens et il faut avoir des échanges. Et c'est là qu'intervient, en fait, le jumelage interlinguistique et culturel, qui est un outil simple, mais qui est vraiment puissant pour créer des conversations authentiques et des liens entre les gens. Il va vraiment créer des occasions de rencontre, des contextes où chacun pourra parler, écouter ou apprendre à découvrir sa culture ou la culture de l'autre et apprendre autrement. Donc, qu'est-ce que c'est un jumelage interlinguistique et culturel? C'est vraiment comme un projet qui est formel ou pas, qui va réunir deux

[00:04:28] groupes de personnes ou deux personnes ou plus que deux personnes, mais des duos ou des groupes qui parlent des langues différentes, qui ont des langues d'origine différentes, des langues premières différentes ou encore des âges similaires ou différents. Cet échange-là, en fait, cette réunion de personnes ou de groupes-là va favoriser la communication, l'échange culturel, le développement des compétences langagières et sociales, puis il va pouvoir se vivre dans une classe, une vraie classe, ou encore dans un centre communautaire, dans une résidence pour personnes âgées ou même entre deux

[00:04:55] institutions scolaires différentes. Puis, un jumelage, ce n'est pas un simple atelier ponctuel. C'est vraiment une démarche qu'on va construire dans le temps et qui va s'inscrire dans un projet pédagogique ou social d'une année scolaire complète, par exemple. Et pourquoi faire un jumelage? Parce que souvent, on va dire pourquoi, c'est compliqué ou c'est long ou avec qui je vais le faire. Mais l'épisode d'aujourd'hui vous donne des trucs pour ça. Et c'est important, quand on organise un jumelage, de comprendre, en fait, qu'il y a des bénéfices des deux côtés et pas seulement pour les apprenants

[00:05:22] allophones. Donc, évidemment, pour les gens qui apprennent le français, le jumelage va leur permettre de pratiquer le français dans des situations réelles, de découvrir la culture québécoise de l'intérieur. On parle de culture québécoise parce que mon contexte est québécois, mais si vous êtes en Suisse, en France, en Colombie-Britannique, en Ontario, c'est la même chose. Vous allez pouvoir découvrir la culture de l'endroit où vous êtes de l'intérieur. Les jeunes vont pouvoir, ou les moins jeunes, se sentir inclus, valorisés et peut-être que ça va même créer des liens d'amitié. Donc,

[00:05:50] évidemment, ce n'est pas ça notre objectif principal, mais si ça arrive, pourquoi pas? Donc, pour les jeunes francophones ou natifs ou qui sont québécois, ça va leur permettre aussi de s'ouvrir sur le monde, de briser des préjugés ou des stéréotypes, de s'impliquer dans sa communauté ou même dans son école et de développer des compétences humaines essentielles pour vivre ensemble. Puis évidemment, ce sont des expériences transformatrices pour tous. Elles vont nous rappeler que l'interculturalité, ça ne s'enseigne pas nécessairement, mais ça se vit dans des projets comme ceux-là. Et lorsqu'on parle de projets comme ceux-là,

[00:06:18] bien voici quelques idées concrètes qu'on peut mettre en place lorsqu'on veut organiser un jumelage. C'est une petite liste qui est non exhaustive, évidemment, mais ce sont des choses que j'ai testées ou en fait que j'ai vues dans des projets, donc je vous les partage. La première fois, moi, que j'ai fait un jumelage interculturel, c'était tard dans ma vie quand même. J'étais à l'université à la maîtrise et c'était une de mes professeurs qui avait organisé un projet de jumelage entre notre groupe d'étudiants à l'université et des gens qui étaient au MIFI, donc qui apprenaient

[00:06:48] le français dans une classe du MIFI qui était à l'UQAM. Et on faisait un jumelage par courriel. On ne s'est jamais rencontrés en fait, mais on lisait l'album « Pas la Québec ». On avait des planches de « Pas la Québec » et les gens disaient « J'ai lu telle, telle page et j'aimerais savoir qu'est-ce que ça veut dire telle expression ou telle mot, puis nous on répondait. » Fait que c'était un jumelage interculturel vraiment comme écrit, en lecture et en écriture. Donc, il y avait la découverte de Paul à Québec, mais il y avait aussi l'échange épistolaire, le parcourriel qu'on

[00:07:17] vivait avec les gens. Et j'ai beaucoup aimé mon expérience. Ça a vraiment été la première que j'ai vécue. Puis avant ça, ça faisait cinq ou six ans que j'enseignais en classe de francisation, autant en primaire qu'au secondaire qu'à l'éducation des adultes et je n'avais jamais fait de jumelage. Pour plusieurs raisons. Je pense que premièrement, je ne savais pas trop ce que c'était. Puis quand j'ai su un peu ce que c'était, je me disais que c'était bien trop compliqué. Finalement, ça ne l'était pas vraiment. Donc, c'est la seule fois que j'ai fait un jumelage épistolaire, vraiment par écrit, par courriel. Puis moi, ce n'est pas quelque chose que j'aime

[00:07:45] beaucoup parce que moi, je préfère en fait les activités en personne. Mais évidemment, vous pourriez faire un jumelage épistolaire par courriel comme celui dont je viens de vous parler. Lorsque j'enseignais au primaire, j'ai fait aussi des lectures d'albums bilingues. Je demandais par exemple à des jeunes de venir lire un album en français dans une classe régulière. Et les jeunes de ma classe pouvaient lire un album en créole

[00:08:11] ou en espagnol ou un livre qu'ils avaient à la maison. Donc, ça aussi, ça peut être super intéressant pour découvrir la langue de l'autre. On peut aussi organiser des repas partages multiculturels à l'école parce que souvent, on fait des repas partages entre gens de la francisation. Mais pourquoi pas faire un jumelage avec des jeunes d'une classe régulière? Donc, OK, parfait. Toi, tu vas cuisiner Baba Ghanouche. Bien, moi, je vais te faire un pâté chinois. Puis on va aller voir ensemble, découvrir la culture de l'autre

[00:08:41] et la cuisine de l'autre. Puis tout ce qui est cuisine, ça marche au bout. Donc, moi, je l'ai fait. J'ai la chance dans mon école d'avoir quelques classes avec un frigo et four. Donc, on avait fait, là, une activité de... On avait fait trois recettes. En fait, on avait fait des carrés aux dates, des tartes aux pommes, des pâtés chinois puis de la soupe au pois. Donc, on avait fait vraiment des recettes québécoises. Et on avait fait aussi, dans une autre école, la soupe du mois. Donc, par exemple, tous les apprenants

[00:09:10] issus de, je ne sais pas, de la Colombie préparaient ensemble une soupe colombienne. Ou tous les apprenants, le mois d'après qui venaient de la Chine, bien, préparaient une soupe chinoise. Ça fait que, tu sais, tout le monde faisait... On avait un budget pour acheter des aliments, puis on faisait des recettes en groupe. Puis après, on les partageait avec les autres personnes de l'école. Donc, ça avait été vraiment un succès. On pourrait aussi organiser une visite dans une résidence pour personnes âgées. Donc, je ne sais pas si vous savez,

[00:09:36] mais souvent, dans les plus grandes résidences, il y a des gens qui s'appellent des récréologues ou des techniciens en loisirs qui cherchent des nouvelles idées ou des projets à faire avec les personnes qui résident dans ces endroits-là. Et souvent, ils sont en mesure d'élaborer des projets avec vous. Donc, moi, j'en ai fait deux. J'en ai fait un par carte. Donc, on envoyait des cartes de Noël dans plusieurs langues. Et les gens recevaient

[00:10:04] après des cartes de Noël en français. On était aussi allés visiter. Donc, on avait fait une période de jeu. Les gens avaient... On avait fait des... Il y a quelques années, des danses. Les gens avaient montré des danses québécoises aux apprenantes. Moi, j'avais un groupe de filles. Je me souviens, une gang de latinats. Puis là, ça dansait. Puis là, ça trouvait ça super le fun. La seule qui avait les deux pieds dans la même bottine, c'était moi. Donc, ce n'était pas un succès pour moi, mais je n'ai jamais été une très bonne danseuse. Mais en tout cas, on avait fait aussi une activité où

[00:10:34] les gens devaient raconter comment... Tu sais, par exemple, qu'ils étaient très surpris de voir que les personnes âgées habitaient dans des résidences et qu'on avait discuté ou échangé sur les pratiques dans les pays d'origine. Et les gens nous avaient parlé aussi de leur enfance au Québec. Donc, comment ça se passait en 1900... Je ne sais pas quelle année, là. 1930, mettons. Je dis n'importe quoi. Mais dans les années où les gens sont nés. Donc, c'était vraiment super intéressant. Puis, ça avait permis à

[00:11:01] tout le monde de parler et d'entendre, en fait, aussi certaines expressions, certaines façons de prononcer qui sont très différentes. On avait aussi déjà jumelé deux classes autour d'une thématique commune. Donc, j'avais fait une activité sur les animaux du monde avec une classe aux primaires. J'avais demandé aux jeunes de la classe régulière de présenter six animaux du Québec. Donc, on avait l'écureuil,

[00:11:28] on avait la marmotte, le porc épique, raton laveur, tout ça. Puis, ils devaient présenter des animaux. Puis, les jeunes de la classe d'accueil devaient présenter un animal de leur pays. Donc, j'avais mis les jeunes en groupe. Puis, ils devaient présenter, par exemple, un animal de l'Iran ou un animal de la Colombie ou du Mexique. Fait que c'était vraiment super intéressant aussi, tel pour les plus petits. Un autre projet qui a été fait, que moi, je n'ai pas fait, mais que j'ai vu, c'était de créer des capsules vidéo ou des affiches en duo pour, par exemple, certains événements

[00:11:58] spéciaux de l'école. Capsules vidéo sur plein de choses. Donc, présenter son pays d'origine, par exemple, comme une capsule touristique aux gens, tu sais, si vous allez au Mexique, que devriez-vous faire? Que devriez-vous manger? Tout ça. Puis, les gens du Québec présentaient leur région. Si vous allez en Mauricie, si vous allez au Saguenay, qu'est-ce que vous pourriez visiter ou faire? Donc, c'était super intéressant. Il y a aussi beaucoup de choses dans les invitations, parce que souvent, on va faire de l'intégration partielle. Les jeunes de classe d'accueil, par exemple, au primaire ou au secondaire, vont aller passer

[00:12:26] quelques périodes dans une classe régulière pour voir comment ça fonctionne, mais on fait pas souvent l'inverse. Donc, d'inviter des jeunes des classes régulières pour venir voir comment ça se passe, la classe d'accueil, qu'est-ce que c'est la classe d'accueil, comment ça fonctionne l'apprentissage d'une langue seconde. Donc, c'est super intéressant de faire de l'intégration partielle de l'autre côté. Donc, évidemment, les jeunes québécois ou les jeunes francophones n'iront pas en classe d'accueil, mais de voir comment ça se passe, de comprendre comment on apprend une langue, puis de voir comment ça

[00:12:52] fonctionne, d'apprendre aux jeunes des expressions québécoises ou de parler d'un sport qu'on pratique ou d'une sortie qu'on va faire à la fin de l'année. Par exemple, d'aller présenter la ronde. Vous allez aller à la ronde, qu'est-ce que c'est la ronde? Venez nous parler en 3-4 jeunes pour venir nous présenter la ronde, par exemple, ou des choses comme ça. Vraiment des petites activités qui peuvent être super intéressantes. Ou seulement inviter des gens. Souvent, les dernières périodes, je ne sais pas si vous enseignez au primaire ou au secondaire, souvent, en tout cas, surtout au primaire, la

[00:13:20] dernière période, le vendredi, c'est souvent une période de jeux libres. Pourquoi vous n'allez pas chercher des jeunes du régulier pour venir faire des jeux libres dans la classe d'accueil ou le contraire? Ça peut être super intéressant aussi. Puis découvrir peut-être des jeux de d'autres pays du monde. Donc, un jeu de cartes, par exemple, avec des adultes. Expliquez-moi un jeu de cartes auquel on joue en Ukraine, par exemple. Je vais vous montrer comment jouer au neuf au Québec. Ça peut être vraiment quelque chose d'aussi simple que ça.

[00:13:45] On pourrait aussi demander à des jeunes du cégep ou encore des programmes du PEI au secondaire de faire un projet de bénévolat en francisation. Donc, souvent, les gens cherchent des façons de faire du bénévolat. Ils doivent en faire dans leur programme. Mais pourquoi ne pas les inviter à faire du soutien linguistique, par exemple, dans une classe? Donc, si vous avez un groupe du PEI qui vient vous donner 15 heures pendant l'hiver, vous pourriez penser à 15 projets. OK, on va regarder une vidéo ensemble. Vous allez leur traduire des choses. Vous allez leur expliquer

[00:14:15] des expressions. Ou encore, tu sais, fais juste t'asseoir avec lui puis réexplique lui un peu comment faire une phrase de base ou comment accorder des, je ne sais pas moi, des règles de grammaire, n'importe quoi. Ça fait que des choses qui pourraient être expliquées par quelqu'un d'autre que l'enseignant. Ou demander, même souvent, vous avez des jeunes allophones qui sont super bons en grammaire, tu sais, d'aller peut-être réexpliquer des règles à des jeunes francophones. Il y a plein de choses qu'on peut faire. Donc, souvent, tu sais, il y a plusieurs types de tâches qu'on peut faire en jumelage. Puis souvent, on va

[00:14:44] être juste un jumelage. Bien, tu sais, des fois, ça peut être juste un 15 minutes, une capsule, quelqu'un vient présenter quelque chose, ça devient un jumelage dès qu'il y a une interaction, en fait. Moi, l'activité qui marche le plus dans ma classe, c'est peu importe l'âge des apprenants, c'est vraiment de faire une question-réponse. Donc, je vais, par exemple, rencontrer, on l'a fait plusieurs années, là, en francisation des adultes. Donc, je rencontrais mon groupe en leur demandant, bien, je veux que vous rédigiez cinq questions que vous posez sur le Québec. Donc, par exemple, pourquoi les gens disent

[00:15:13] toujours « sacre beaucoup » ou pourquoi les gens ouvrent moins la porte aux autres. Donc, ce n'est pas des questions qui se posaient sur la société d'accueil ou des questions sur le français, s'ils s'en posaient. Et je demandais aux gens de dire, bien, tu sais, dans ma classe, là, j'ai des gens du, je ne sais pas moi, du Cambodge, de la Turquie, puis de l'Ukraine. Est-ce que vous avez des questions sur ces pays-là ou est-ce que vous voudriez découvrir des choses sur ces pays-là? Donc, les gens rédigeaient des questions et pouvaient s'asseoir ensemble pour se poser des questions. Et finalement, bien,

[00:15:43] je me rendais compte que même si ça avait posé deux, trois questions, ça servait un peu d'activité de base. Mais après, finalement, les gens continuaient à se parler de plein de choses. Et c'était vraiment super intéressant. J'ai d'ailleurs un site web à vous suggérer qui s'appelle, bien, qui est le site jumelage interculturel de l'UQAM. Je vais vous donner tantôt le lien. On a fait, il y a quelques années, la professeure responsable, une des professeurs responsables du site de jumelage

[00:16:08] interculturel qui s'appelle Mme Mira de Reiche. On avait rédigé plusieurs questions ensemble. Je pense qu'il y a 200 questions sur le site web qui sont déjà prêtes. Vous pouvez juste les imprimer. Puis, c'est des questions que vous pouvez réutiliser pour discuter. Donc, il y a plusieurs activités clés en main aussi sur ce site-là auxquelles je vais vous référer dans quelques minutes. Il faut aussi mentionner comment on peut mettre en place un jumelage. J'ai envie de vous donner quelques repères pour bien démarrer, en fait, si vous voulez tester ou commencer des jumelages dans votre classe.

[00:16:37] Donc, la première chose, ce serait de choisir les bons partenaires. L'école, le centre, une résidence, un organisme communautaire, de vraiment bien choisir le bon partenaire selon votre public, donc selon la personne à qui vous enseignez ou selon le groupe à qui vous enseignez. Donc, ensuite, de clarifier vos objectifs. Qu'est-ce que vous visez? Est-ce que vous voulez travailler sur la langue, sur la culture, sur le lien social, sur la découverte d'une ville, par exemple, ou d'un lieu, d'une école? De préparer les participants, de bien expliquer le projet, de rassurer les gens, de bien briser la glace,

[00:17:07] d'être là comme un guide tout au long de l'échange. De construire aussi un fil conducteur. C'est quoi le thème commun? Qu'est-ce qu'on veut? Sur quoi on travaille? Le fil conducteur ne peut pas être différent. Si vous faites trois jumelages, est-ce que ça doit être la même chose chaque fois ou si vous le faites autrement? Donc, de bien penser à ça. De prévoir la logistique aussi. C'est quoi? C'est quand mon jumelage? C'est à quelle heure? C'est dans quel local? Qu'est-ce que je vais faire comme encadrement? Est-ce que j'ai besoin d'un collègue? Si oui, quelles sont les tâches que mon collègue ou ma collègue

[00:17:34] doit faire? De préparer aussi un petit retour. Donc, de préparer le jumelage comme une activité pédagogique régulière, c'est-à-dire une préactivité, une activité puis une postactivité. Donc, de bien préparer le jumelage, de le faire sur un temps qui a déjà été établi et revenir après avec les deux groupes. Comment ça a été? Comment on pourrait faire ça autrement? Qu'est-ce que vous avez découvert? Qu'est-ce qui vous a le plus surpris? Donc, vraiment de revenir sur l'expérience qui a été vécue. Bien évidemment, je vais vous suggérer d'aller visiter le site dont je vous ai parlé,

[00:18:03] qui est le site du projet Jumelage interculturel de l'UQAM, qui est une vraie pépite d'or. Vous allez trouver vraiment des exemples concrets, des ressources pédagogiques, des activités clés en main. Il y en a plusieurs. On en a fait une dizaine, je crois, il y a quelques années. Et on a vraiment des outils clés en main pour organiser vos propres jumelages. Donc, vraiment les pistes à suivre, des canevas que vous pouvez réutiliser. Donc, c'est un projet qui est soutenu par le GRIGI. Donc, c'est le groupe de recherche pour les jumelages interculturels

[00:18:30] qui travaille à l'UQAM à faire rayonner l'approche des jumelages culturels et linguistiques auprès de plusieurs institutions. Donc, c'est là que moi j'ai fait mon premier jumelage d'ailleurs. J'espère que vous pourrez aller chercher sur ce site plein de pistes, plein d'outils. Et même si les outils sont faits pour des groupes universitaires ou pour des groupes adultes, je vous suggère d'aller voir ce qu'on a comme outils et de voir comment vous pourriez les ajuster à un public plus jeune. Donc, évidemment, les jumelages, ça ne règle pas tout, mais je pense que ça change vraiment quelque chose. Ça va briser l'isolement,

[00:18:59] ça va tisser des liens entre les gens, ça montre qu'on peut vivre ensemble autrement, qu'on peut apprendre la langue aussi avec d'autres personnes qu'un enseignant. Donc, j'ai envie de vous demander comment vous pourriez proposer un jumelage l'année prochaine, parce que là, on est en fin d'année scolaire, c'est probablement difficile de mettre ça sur pied cette année, mais comment l'année prochaine vous pourriez intégrer un jumelage? Qu'est-ce que vous pourriez mettre sur pied tout de suite ou quelles petites étapes de planification vous pourriez faire dès maintenant pour organiser un jumelage pour l'année prochaine? Donc, sur ce, je vous remercie d'avoir été à l'écoute.

[00:19:28] Et si vous n'êtes pas déjà abonné sur Spotify ou Apple Balado avec ou sans accent, bien, allez prendre une seconde pour le faire et surtout partagez aussi cet épisode avec une collègue, une direction, un organisme communautaire ou quelqu'un qui travaille comme technicien en loisirs, qui travaille dans une résidence pour personnes âgées, qui travaille dans un organisme, dans une ville, donc qui pourrait être tenté de faire des projets de jumelage, donc pour lui donner quelques pistes. Bien, merci beaucoup d'avoir été là et à très bientôt pour un nouvel épisode d'Allez coups sans accent.

[00:19:58] Merci infiniment d'avoir écouté Avec ou Sans accent aujourd'hui. J'espère que nos échanges ont été aussi stimulants pour vous que pour moi et que vous serez à l'écoute pour les prochains épisodes. Avant de vous laisser partir, permettez-moi de vous poser une question. Qu'est-ce qui vous a le plus interpellé dans cet épisode? Quelles réflexions vous ont traversé l'esprit? N'hésitez pas à m'écrire afin de partager le tout avec moi. N'oubliez pas non plus de vous abonner au balado pour ne manquer aucun épisode. Faites découvrir Avec ou Sans accent à tous ceux qui partagent nos passions pour ces sujets.

[00:20:27] Vous avez envie de travailler avec moi? N'hésitez pas à me contacter pour connaître mon offre de service ou visiter mon site web. Au plaisir de vous retrouver pour notre prochain épisode. À très bientôt!