Dans cet épisode, je reçois Ruba Ghazal, députée et fière représentante de la diversité québécoise, qui partage son parcours d’apprentissage du français en tant qu’enfant de la loi 101. Entre défis, réussites et réflexions sur l’intégration linguistique, elle nous raconte comment son expérience personnelle influence aujourd’hui sa vision du français au Québec. Un échange inspirant sur la francisation, l’identité et l’attachement à la langue commune.
Je vous mentionne que nous avons eu un petit problème technique à l'enregistrement et que le son est moins bon qu'à l'habitude, mais je vous invite à passer par dessus ce petit désagrément car il y a des pépites de lumière dans cet épisode.
[00:00:14] Les arts et les cieux et les françaises Bonjour à tous, je m'appelle Tania Lompré. L'éducation, l'immigration, la langue française, ça vous intéresse? Vous êtes au bon endroit parce que moi aussi, ensemble on va explorer plusieurs enjeux reliés de près ou de loin à la francisation, à l'immigration, à l'enseignement et à l'apprentissage. On va aussi aborder les politiques publiques et l'actualité reliées à ces thématiques. De mon côté, je suis une fille super animée par l'idéal de faire du Québec un endroit
[00:00:43] où tous peuvent s'épanouir en français, avec ou sans accent. J'ai la tête qui foisonne d'idées, d'opinions et de solutions. On ne sera peut-être pas toujours d'accord, hein? Mais n'est-ce pas une des facettes de la diversité qui fait que c'est vraiment beau chez nous? Alors bienvenue à tous sur le balado Avec ou sans accent. Bonjour tout le monde, bienvenue à ce nouvel épisode d'Avec ou sans accent. Aujourd'hui, on reçoit Ruba Ghazal, que vous connaissez, mais que je vais quand même introduire ce matin.
[00:01:11] Donc, elle nous fait l'honneur en fait d'être au balado aujourd'hui. Elle est députée de Mercier depuis 2018. Elle est co-porterole de Québec solidaire depuis l'automne dernier. Mais elle est surtout en fait une femme qui est arrivée au Québec à l'âge de 10 ans, qui a appris le français en classe d'accueil et qui est vraiment un enfant de la loi 101. Et c'est pour ça aujourd'hui que je l'invite. Et c'est drôle parce que je lui disais avant de commencer à enregistrer que je l'avais rencontrée moi, en guillemets, pour la première fois dans le fabuleux documentaire
[00:01:39] Les enfants de la loi 101, où elle n'était que... Quel âge vous aviez? J'avais 29 ans. J'étais un bébé du haut de mes 47 ans. Aujourd'hui, je me vois comme un bébé. En fait, le nom du film, c'est Génération 101. Et c'est ça, c'est le parcours d'enfants de la loi 101, comme moi, qui sont arrivés au Québec, qui ne parlaient pas le français, qui l'ont appris en classe d'accueil, puis qui ont évolué dans la société bien intégrée, mais aussi en parallèle des étudiants dans les classes d'accueil.
[00:02:07] C'était un moment fabuleux. Ça a été tourné en 2007. Alors, je me présentais pour la première fois des élections pour Québec solidaire en 2007. J'étais bébé. Voilà. Vous avez encore l'air toute jeune, donc... Merci, merci, merci. Et puis, tu sais, cette année, je vous ai vu beaucoup dans les médias, justement, sur le dossier de la francisation, parce qu'on sent que c'est un sujet qui vous tient vraiment à cœur, parce qu'évidemment, vous êtes passé par là vous-même. Qui de mieux pour en parler que quelqu'un qui connaît ce parcours-là,
[00:02:37] tu sais, comme vous? Puis, en tout cas, je commence un peu avec ça, parce que je me disais, je ne veux pas commencer par la politique, mais je vais quand même commencer avec ça. Très, très récemment. Hier, en fait, on a eu vraiment des annonces du gouvernement qui veut, en fait, je ne sais pas, ce n'est pas la nomenclature exacte de ce qu'il faut dire, mais qu'il y a un nouveau projet de loi sur l'interculturalité, tout ça, qui est, en fait, bon, viser une société interculturelle, je pense que c'est un objectif sain et régulier,
[00:03:06] louable pour toute société. Par contre, tu sais, on assiste depuis plusieurs mois, en fait, à des classes qui sont fermées en francisation, des immigrants adultes, tout ça, puis je me disais, mon Dieu, tu sais, le premier vecteur d'intégration, si on ne parle pas français avant d'arriver, bien, c'est justement d'apprendre le français. Tu sais, puis là, je me disais, bien, comment la francisation semble être perçue vraiment par nos, par ceux qui nous dirigent, en fait, comme une dépense. C'est vraiment ce que j'entends, c'est que ça coûte cher, il y a trop de monde, tout ça,
[00:03:35] puis je me dis, bien, pourquoi on ne voit pas plutôt la francisation comme un investissement? Ah, tellement. Surtout avec le gouvernement de la CAQ, à chaque fois qu'un ministre ou que le premier ministre François Lebourg ou n'importe qui à la CAQ ouvre la bouche sur l'immigration, il y a toujours une incohérence. Justement, le gouvernement nous dit, on veut un modèle d'intégration. D'ailleurs, ça, c'est peut-être un détail, mais on va en savoir un peu plus. Ils ne disent pas dans le projet de loi le mot interculturel,
[00:04:04] le modèle d'intégration, de l'interculturalisme, tout ça, ce n'est pas écrit dans le projet de loi. Donc, si on pourra revenir plus tard sur le modèle d'intégration, c'est juste écrit « le modèle d'intégration nationale », mais il ne le dit pas, il ne le définit pas. Mais c'est vrai qu'il y a une incohérence, c'est-à-dire qu'au même moment que le gouvernement dépose un projet de loi pour dire qu'il faut intégrer les immigrants avec des beaux principes, des beaux modèles théoriques, dans l'application,
[00:04:34] il fait exactement le contraire. Il coupe dans l'intégration. Le socle commun, qu'est-ce qui nous unit tout le monde au Québec ensemble, c'est la langue française. Il y a des valeurs, évidemment, de la liberté, des droits d'égalité entre les femmes et les hommes, etc. Mais le français, c'est un vecteur d'intégration fondamental, ne serait-ce que juste pour aller par son épicerie, ne serait-ce que pour bien comprendre son bar. En pleine crise du logement,
[00:05:04] c'est important de comprendre ça, de parler avec son propriétaire, de connaître ses droits. C'est fondamental et le gouvernement coupe là-dedans. Après ça, bien sûr, la CAQ, M. Jean-Thartreau-Roberge, se targue bien de dire qu'il coupe. Ce qu'ils disent, c'est que les cours qui sont donnés par les centres de services scolaires dans l'éducation aux adultes, il faut que les centres de services scolaires respectent les budgets, mais nous, on ne coupe pas. Sauf que les budgets ne correspondent pas à la demande. Puis après ça, ils me disent, bien là,
[00:05:33] ce n'est pas infini le budget. Il y a eu tellement de monde qui sont venus. Mais oui, mais c'est parce que le gouvernement du Québec, puis ça, ils ne le disent pas, mais il faut le répéter, il a fait des efforts pour aller chercher des travailleurs, travailleuses, à l'étranger. Il y a des gens qui ont été payés par le gouvernement du Québec de la fonction publique pour aller par le tour du monde pour leur vendre le Québec, pour leur dire bonne année au Québec. Puis évidemment, pour qu'il puisse ces gens-là
[00:06:02] continuer à s'intégrer, on leur demande aussi un niveau de connaissance de français plus élevé. Je veux dire, je n'ai pas besoin de vous expliquer ça, Tania, vous vous connaissez encore mieux que moi et les gens qui nous écoutent probablement. Et puis là, le contrat social, il est brisé du côté du gouvernement. On les fait venir et après ça, il y a des cours qui doivent suivre et ils n'ont plus de cours. La semaine passée, j'étais à Sherbrooke où j'ai rencontré des profs qui ont perdu leur emploi en francisation et des étudiants
[00:06:32] qui ont perdu aussi leur cours et c'est tout leur parcours migratoire qui est mis en question. Le gouvernement de la CAQ en nous disant qu'il veut s'intégrer par des projets de loi des principes théoriques, de l'autre côté, il coupe aussi dans le pied au Québec. On se tire dans le pied en arrêtant de franciser. Puis là, il y a tellement d'incohérences. Jean-François Robert, je l'entendais aussi dire hier, il va y avoir des cours d'intégration. Il songe à ajouter des cours d'intégration.
[00:07:02] Vraiment, moi, j'ai envie je vais l'inviter d'ailleurs, je vais l'inviter à venir avec moi dans une classe de francisation, celles qui n'ont pas fermé, et de voir qu'est-ce que les profs font, ce n'est pas juste des cours de grand-mère et de vocabulaire et de bien parler français, c'est aussi des cours d'intégration. Oui, on a tout un pan d'enseignement des repères culturels. On enseigne, par exemple, comment signer un bail, comment trouver un appartement, c'est quoi le marché caché pour trouver un travail,
[00:07:32] c'est quoi un 5 à 7, c'est qui j'ai le vignoté. On fait tout en francisation, on a vraiment un pan des repères culturels. Quand je vois qu'on veut investir dans un nouveau cours, c'est déjà dans le programme de francisation. Ça ne sert à rien de dédoubler des fonds publics. On l'a déjà dans nos cours, on donne ces enseignements-là. Oui, évidemment, vous avez dit la grammaire, la lecture, parler français, évidemment, mais une langue et une culture, c'est indissociable. On enseigne déjà. Absolument, c'est vraiment
[00:08:01] à n'y rien comprendre. Il coûte et il veut ouvrir d'autres cours d'intégration. Clairement, il ne comprend pas ce que les cours de francisation font. Moi, quand je suis arrivée au Québec, mes parents sont allés à l'époque, on appelait ça les coffees. Moi, j'ai arrivé en 88 qui, dès le début, ils sont allés dans les centres d'orientation et de francisation des immigrants. C'est ça que ça, je pense que ça voulait dire, qui ont été coupés par des gouvernements précédents. Mais je me rappelle, à un moment donné, ma mère, elle aimait tellement ça y aller et ils faisaient des sorties ici.
[00:08:31] À un moment donné, une sortie, je pense, je me rappelle ce qui est où, mais je me rappelle, c'était, je pense, c'est-tu au Jardin botanique. En tout cas, j'ai accompagné ma mère, je me rappelle, à ce moment-là, parce que je n'avais pas de classe cette journée-là. qui, c'était comme, ils avaient tellement de plaisir, puis ça fait partie aussi de l'intégration et de la socialisation. Un des étudiants qui a perdu son cours me disait, moi, maintenant, je travaille de nuit et en ayant perdu
[00:09:01] mon cours, bien, ça fait en sorte que je fais juste dormir, travailler, manger, puis c'est tout. je suis seule, je n'ai pas de famille, je n'ai plus de socialisation avec personne. Donc, ça aussi, c'est un facteur plus que juste le cours de francisation. En fait, il faudrait dire le cours de francisation et l'intégration du livre. Ça serait plus. Oui, c'est ça. Puis justement, c'est drôle ce que vous dites parce que les coffees ont été fermés en 2000, en fait, puis on disait souvent que ça coûtait trop cher.
[00:09:31] Je retrouve un peu les mêmes arguments 25 ans plus tard. Ça coûtait trop cher puis il n'y avait pas assez de résultats. C'est ce qu'on disait. Alors que, en tout cas, on a un bon programme, on met les gens du plus qu'on peut. Évidemment, la partie socialisation, elle est tellement importante. Il y a comme une famille qui se crée dans les cours de francisation, autant chez les enfants dans les classes d'accueil que chez les adultes. Souvent, c'est les premières personnes qu'ils rencontrent. En fait, oui, on se déconne au travail, mais des fois, ils ne travaillent pas encore.
[00:10:00] Les premiers amis, les premiers contacts, le premier réseau qui se forme, c'est avec les autres apprenants de la classe, les autres personnes dans leur classe. Je trouve ça ridicule de voir qu'on coupe un milieu social et un milieu d'éducation et un revenu aussi. Parce que lorsque les classes ferment, vous le savez aussi, mais on va peut-être leur expliquer, il y avait une allocation jusqu'au mois de septembre 2024 pour les gens qui sont nés en francisation à temps partiel. On a supprimé complètement l'allocation qui était disponible et là,
[00:10:30] les seules personnes qui ont accès à une allocation sont ceux qui étudient à temps plein. Par contre, avec la structure des classes, il y a de moins en moins de cours à temps plein. Il y a des ouvertures, on voit des ouvertures, mais souvent des cours à temps partiel. Tout ça fait que les gens n'ont même plus accès à une allocation de substances. Lorsqu'on arrive au Québec, c'est sûr que si vous êtes 20 heures par semaine dans une classe ou 15 heures par semaine dans une classe, je comprends que les gens pourraient dire voyons qu'ils vont payer pour ça. Mais en fait, c'est un investissement parce que cette personne-là dans un an et demi, lorsqu'elle va mieux parler français,
[00:10:59] elle va pouvoir avoir un meilleur travail et contribuer à la société aussi en payant des impôts. Je veux dire, c'est toutes des choses qu'il faut penser. Pour moi, c'est un cycle. Tellement. En fait, tout ce que fait la CAQ et Jean-François Robert, Jean-Mathière, de translation, d'intégration, c'est stupide. Pour vrai, je n'ai pas d'autres mots que stupides. Puis comme société, c'est qu'il faut arrêter de mentir aux gens et de leur dire « on va réduire les immigrants,
[00:11:29] il y en aura moins », etc. Même si le gouvernement coûte des programmes pour en avoir moins, je veux juste rappeler que c'est lui qui est allé beaucoup chercher. C'est lui qui a été aussi explosé en partie avec le gouvernement fédéral le nombre d'immigrants temporaires. Mais il va toujours en avoir. Peu importe ce que les balayables que racontent certains politiciens en disant « on va en avoir moins ». La vérité, c'est qu'on va toujours en avoir besoin de plus de personnes de l'immigration qui viennent
[00:11:58] et ne pas les intégrer comme il faut, ne pas les franciser comme il faut, ne pas investir dans leur intégration et leur francisation. Ce n'est même pas juste les immigrants qui en souffrent, c'est toute la société québécoise. C'est l'avenir du Québec prend copone. Donc, l'action du gouvernement va exactement à l'encontre de ce qu'il dit souhaité d'intégration et que les gens s'intègrent dans notre société qui se sentent appartenir à la société québécoise
[00:12:27] et font exactement le contraire et on va en payer le prix. Ce n'est pas juste les immigrants, ce n'est pas juste pour être gentil avec les immigrants, ce n'est pas juste pour être bienveillant. Moi, je veux qu'on soit bienveillant, mais c'est pour ça que ce n'est pas ça notre objectif. Si notre objectif, c'est le Québec et qu'on n'aille pas vers un déclin tranquille du Québec, au contraire, de nous enrichir des actions du gouvernement de la CAQ mis au Québec et à son adivin. Oui, je ne saurais à mieux dire. Mais on ne l'enchera pas parce que là, ça a l'air négatif. Moi, je vous le dis,
[00:12:57] je ne lâcherai pas le manteau. Je l'ai dit, j'étais dans une entrevue à Radio-Canada à Québec ce matin et j'ai dit, moi, je sais c'est quoi l'intégration. Jean-François Robert, il ne le comprend pas, il ne le sait pas. La CAQ ne le sait pas et je vais leur dire c'est quoi. Il y a d'autres députés à l'Assemblée nationale qui ont eu un parcours migratoire. Je pense à Alexandre Zagamendez, je pense à André Fontessi-Lor dans notre parti, d'autres partis aussi politiques, d'autres formations qui ont eu un parcours et c'est important qu'on soit présents
[00:13:27] ici à l'Assemblée nationale pour ça. Si vous êtes ceux qui ne comprennent pas comment ça fonctionne, qui regardent ça de façon théorique et qui vont juste donner le chiffre et qui ne voient pas les humains derrière, moi, je ne lâcherai pas le morceau qui... Je vais continuer. Je veux dire, je vais être le cauchemar de M. François Legault en matière de translation. Je vous le dis, moi, je pose des questions maintenant à François Legault à la période de questions. Je vais poser sur... Je ne sais pas, moi, sur... Peut-être que j'en ai posé six ou sept et j'en ai posé comme trois, quatre questions
[00:13:56] juste en translation. Fait que si je lâcherais pas le morceau. Non, bien, j'espère. Puis, tu sais, je vais faire... On pourrait faire une activité transpartisane aussi. Je vous inviterais, vous et M. Robert, dans la France, tous les deux, pour rencontrer nos étudiants, rencontrer des gens qui attendent depuis des mois un cafouillage extrême. Là, nous, on est dans une région où on a reçu un peu des... Vous savez, il y a eu un 10 millions qui a été réinvesti. Oui. On s'entend qu'il y a eu 10 millions pour plus de 60 CSS. Ce n'est pas énorme. Et on a des étudiants, nous,
[00:14:26] qui étaient présents chez nous. La classe a été fermée. Donc, ils sont retournés à la maison. Là, on ouvre une classe et ce ne sont pas les premiers appelés. Donc, ils sont retournés comme à la fin de la liste puis ils viennent nous voir en présentiel puis on ouvre des classes. Pourquoi on ne m'appelle pas? Puis nous, on ne peut plus. Avant, France Station Québec, on pouvait intervenir. On pouvait inscrire les gens nous-mêmes. Là, on ne peut plus puis on doit leur dire tout le temps qu'il faut attendre le téléphone de France Station Québec. Pas possible de les rejoindre. Toujours vraiment compliqué.
[00:14:56] Ils envoient des étudiants congrès dans les écoles. Puis nous, on essaie d'ouvrir des classes parce qu'on a eu des budgets pour en ouvrir. Mais plutôt que d'avoir comme 50 référencements, on en a 14, 15. Donc, tu sais, c'est vraiment improvisé. C'est comme s'ils voulaient décourager les gens pour qu'ils... Je ne sais pas, j'ai l'air d'une complotiste en disant ça, mais j'ai l'impression qu'ils n'y croient pas puis que c'est ça qu'ils veulent, mais ça ne fonctionne pas. Ça ne fonctionne pas. Puis sur le terrain, on les voit les gens
[00:15:25] tous les jours puis on les accompagne puis on leur dit bien écoutez, on va attendre, on va essayer d'appeler. Tu sais, fait que nous, même nous dans les écoles, on essaie d'appeler avec AFQ puis je pense que ça a été vraiment une erreur au niveau du gouvernement comme si on n'avait pas prévu ça. En fait, tu sais, comme si toutes les décisions depuis quelques mois en francisation étaient improvisées complètement puis avec une reconnaissance totale du terrain. C'est vraiment... Mais juste pour donner un peu d'espoir aux gens parce que là, on parle de ça puis c'est comme, mon Dieu, on dirait qu'on ne peut rien faire puis juste moi, je pose des questions
[00:15:56] au nom de ma formation politique et tout ça. Il y a quand même, il y a le collectif, de francisation avec qui on est beaucoup en contact et moi, pour ce qui est immigration et francisation, c'est aussi mon collègue Lyon Pichivard, notre député à Saint-Henri-Saint-Anne qui est en contact avec eux parce que le gouvernement joue beaucoup sur les chiffres, sur combien on a coupé, combien on a ouvert et donc on se fait aider aussi pour essayer de démystifier tout ça, nous, avec notre propre équipe de recherchistes mais aussi avec le collectif. Moi, j'ai rencontré
[00:16:25] Vincent Vachon qui avait comme fait ça, vous en faites plusieurs. Bonjour à Vincent, on sait qu'il nous écoute. Bonjour Vincent. Et j'ai rencontré quand j'étais à Sherbrooke et une des choses que je l'avais dite à la fin, j'étais avec Christine Labrie, notre députée à Sherbrooke, c'est qu'il ne faut pas lâcher parce qu'une des choses que le gouvernement fait, c'est de compter un petit peu sur l'épuisement des gens parce qu'un sujet est très, très fort dans l'actualité et on sait qu'est-ce qui se passe avec Donald Trump, c'est ça qui prend tout l'espace médiatique mais des fois,
[00:16:55] on compte sur l'essoufflement de la mobilisation mais des manifestations comme il y en a eu un peu partout où est-ce que des gens, même des anciens étudiants en francisation disaient qu'il y a des cours de français avec des pancartes, c'est très, très touchant que des gens qui viennent d'ailleurs disent je veux apprendre le français, c'est tellement beau, je veux dire, on rêve de ça que c'est ça qu'on a, c'est la société d'accueil maintenant qui doit répondre à leurs besoins et à leurs demandes qui n'est pas pour le Québec mais ce genre de mouvement-là
[00:17:25] malheureusement avec le temps peut s'y souffler parce qu'on a l'impression que ça ne sert à rien mais une des choses que moi j'ai appris depuis que je suis députée à l'Assemblée nationale c'est à quel point ça m'impacte la mobilisation dans l'arrivée et moi avec mes collègues quand on vient pour parler de la francisation si on est tout seul à chialer à l'Assemblée nationale puis qu'il n'y a personne dans la rue c'est un petit peu comme un coup d'été dans le monde mais quand il y a des gens comme le collectif de francisation qui se mobilisent un peu partout pour trouver une façon pour garder le mouvement ça compte
[00:17:55] ça compte et le gouvernement peut reculer je l'ai vu de mon expérience sur plusieurs enjeux notamment l'environnement dans d'autres enjeux ça compte il ne faut pas lâcher puis je sais que c'est difficile mais comptez sur moi même si ça durait encore comme un an qu'il ne faut pas lâcher il peut y avoir des gains qui vont faire une différence je tiens à dire aussi que vos collègues des autres partis je pense qu'il y a eu comme un autant Pascal Paradis
[00:18:24] au niveau du Parti québécois au niveau du Parti libéral aussi je pense que c'est un dossier qui mobilise tout le monde puis je trouve que c'est extraordinaire en fait de voir trois partis politiques qui comprennent exactement où on doit aller en francisation puis je tiens à le dire parce que je pense à M. Paradis au Parti québécois qui s'est beaucoup impliqué dans le dossier aussi oui vraiment vous avez fait un travail transpartisan extraordinaire pour ce dossier-là parce que ça ne doit pas devenir partisan non je pense que la francisation c'est un dossier
[00:18:53] qui doit concerner tout le monde peu importe ce qu'on pense politiquement c'est l'avenir du français au Québec puis c'est l'avenir de la nation puis c'est l'avenir des gens qui ont décidé de se joindre à nous je suis tout à fait d'accord tout à fait on travaille souvent ça arrive très souvent qu'on fait des mobilisations transpartisanes ou on fait des points de presse à l'Assemblée nationale ensemble puis ça aussi ça porte encore plus quand on le fait tout à fait tout à fait puis on va essayer d'aller dans des trucs positifs
[00:19:23] maintenant après tout ça parce qu'il y a un problème positif aussi puis j'avais envie de parler un peu de votre parcours d'apprentissage du français de revenir à comment vous avez on le sent vous êtes une amoureuse de la langue vous en parlez avec passion vous avez parlé même de votre enseignant puis je vais le nommer parce que j'allais voir j'allais voir votre photo de monsieur Gilles ça m'a vraiment touchée parce que c'est mon métier puis ma mère est passée par le même processus que vous elle a appris le français aussi quand elle est arrivée au Québec
[00:19:53] quand elle était petite de quel pays de l'Italie de l'Italie de l'Italie donc pas du même coin du monde mais quand même près de la Méditerranée aussi dans le même coin puis je voudrais savoir à quel point un premier enseignant comme ça dans votre parcours scolaire au Québec ça contribue à votre amour de la langue française qu'est-ce que vous donneriez comme conseil à un enseignant qui voudrait faire ça comme métier
[00:20:21] c'est fondamental moi souvent je me rappelle plus de Gilles c'est Gilles Lachande je ne sais pas comment le trouver en tout cas j'ai essayé de chercher mais je ne l'ai pas trouvé je verrai j'ai été voir dans l'école où il a enseigné s'ils ont des documents sur lui mais ça fait comme en 88 ça fait c'est quoi presque 37 ans oui et je me rappelle plus de cette année de classe d'accueil avec mon prof Gilles que de mes années
[00:20:51] d'études au cégep ou à l'université juste pour vous dire à quel point ça a été un moment marquant pour moi et je me rappelle on était aussi dans une classe où il y avait beaucoup d'élèves ici du Moyen-Orient donc on parlait entre nous en français en a half dans les corridors je me rappelle comment Gilles était sévère parce qu'il voulait vraiment qu'on travaille très fort qu'on écoute la télé à l'époque il n'y en avait pas de simulaire c'est important pour lui qu'on écoute la télé et des émissions pour enfants en français puis qu'on en parle dans la classe
[00:21:21] donc c'est vraiment c'est quelqu'un je me rappelle il y avait d'autres dix-seins qui le trouvaient trop sévère mais moi je l'aimais beaucoup c'est vrai qu'il était sévère puis qu'il voulait qu'on apprenne le français mais c'était quelqu'un aussi d'empathique qui voulait qu'on se dépasse tout le temps il devait avoir des techniques qui marchaient bien avec les enfants en tout cas moi il m'a donné cet amour du français cet amour aussi de la lecture ça prend des gens qui sont passionnés
[00:21:50] puis je l'ai vu aussi quand je vois des profs même en translation pour les adultes à quel point ils aiment ils sont amoureux amoureux je le sentais c'était pas le temps de leurs étudiants adultes je peux imaginer avec des petits bouts de choux à quel point on peut les aimer je me rappelle la première journée j'étais extrêmement nerveuse puis je pleurais pas en plus j'étais dans une classe c'était le deuxième cycle du primaire avec ma soeur on était dans la même classe
[00:22:19] peut-être que ça nous rendait plus solidaires et plus fortes mais je voyais une autre jeune fille qui était d'origine arménienne une enfant elle elle rentrait puis elle pleurait puis moi j'avais juste envie de pleurer ça prend aussi de l'empathie puis on peut pas de pouvoir être empathique face à des enfants qui comprennent pas ce qui se passe qui comprennent rien de ce qu'on leur dit fait que c'est sûr que ça prend une passion parce qu'il faut quand même être patient puis aujourd'hui j'ai l'impression comparativement à des années 80 90 les parcours migratoires
[00:22:48] sont encore plus difficiles c'est des enfants des fois qui ont vécu dans des camps de réfugiés parce que je suis allée dans des classes d'accueil moi je refuse jamais ce genre d'invitation quand mon horaire le permet puis il y a des enfants qui ont des parcours encore plus qui ont vécu des traumatismes que ce soit des ukrainiens des syriens et donc peut-être qu'il y a aussi un côté encore plus plus difficile sur le parcours de ces enfants-là donc il faut une passion un amour une patience infinie mais je veux pas
[00:23:17] juste qu'on dise que pour être prof il faut juste compter sur le don de soi il faut aussi que ça soit reconnu c'est un métier c'est une expertise il faut que ça soit reconnu par le gouvernement tout ce que ce travail-là qui est fait avec ces enfants-là ou avec les adultes qui viennent ici qui ont un parcours migratoire aussi difficile et qui viennent pour apprendre le français il y a cette c'est au-delà d'une expertise c'est une profession il faut qu'elle soit reconnue à la hauteur
[00:23:47] de ce qu'elle est et de ce qu'elle apporte à la société mais ça prend quand même cette passion cette patience cette empathie puis je pense aussi ça prend une curiosité parce que ah mais ça c'est le métier d'enseignant on finit par vous connaissez mieux que moi moi je n'ai pas exercé on finit par aussi apprendre autant que ce qu'on enseigne puis ça doit être tellement tellement riche ça doit être tellement riche en tout cas c'est un métier passionnant un jour on fait le bon on fait le bon on fait le bon trop cher
[00:24:16] on fait le bon on fait le bon on fait le bon surtout ça prend de la passion de l'amour et ça prend aussi une curiosité je pense de l'autre puis l'empathie qui facilite aussi l'apprentissage quand on vient pour apprendre tout à fait puis je veux rebondir sur quelque chose que vous avez dit parce que pour moi je trouve ça important vous parliez à quel point il y avait des jeunes qui parlaient la même langue que vous que vous aviez des gens
[00:24:45] justement en arabe dans l'éclat dans la route de récréation j'ai vraiment comment vous voyez en fait vous l'équilibre entre l'apprentissage du français puis la préservation des langues d'origine ah bien ça c'est une très très bonne question je me rappelle très bien d'un programme qui existait ça c'est plus quand j'étais en sixième année du primaire je vous dirais même si j'étais en classe régulière mon français n'était pas très bon encore j'avais des difficultés en français puis je me rappelle que dans les cours quand c'était la période de français
[00:25:15] il y avait un monsieur moi c'est comme ça je l'appelle ça doit être un orthophoniste ou en tout cas vous connaissez mieux les experts un monsieur qui venait dans la classe on était trois élèves qui avions des difficultés en français et on s'en allait ailleurs dans une classe où est-ce qu'il nous apprenait de façon un peu plus détaillée le français puis moi ce spécialisme c'est important les professionnels dans nos écoles il y en a de moins en moins mais moi ça m'a beaucoup aidé
[00:25:45] à m'améliorer même quand j'étais en classe régulière parce que c'était pas terminé ça prend pas juste une année de classe d'accueil pour devenir en français et donc j'avais besoin d'un sitier supplémentaire mais je me rappelle que cette année-là c'est les parents qui le veulent qui veulent le demander après les cours de classe je veux dire quand on tournait l'école ben on retournait pas à la maison on avait des cours d'arrange c'est les pêlots c'est ça
[00:26:14] c'est un programme d'enseignement des langues d'origine malheureusement je pense qu'on prend même plus d'inscription dans ces programmes-là présentement c'est des services qui ont été pas mal réduits mais oui c'est un super programme la personne que vous avez rencontrée c'est vraiment quelqu'un qui faisait du soutien linguistique soutien linguistique et puis après dans les cours d'arabe on avait une prof qui nous apprenait l'arabe parce que je veux dire moi même aujourd'hui j'écris l'arabe comme un peu plus c'est-à-dire je l'écris bien et tout ça mais pas autant
[00:26:44] que si j'avais fait toutes mes études mon parcours scolaire en arabe mais c'était important puis ce qu'il disait aussi à mes parents c'est que c'est important quand on prend une deuxième langue ou une troisième parce que je parle aussi l'anglais comme le français c'est important aussi qu'on continue à bien maîtriser notre langue d'origine ça aide aussi à bien apprendre le français ce qui n'est pas très logique moi j'aurais pas pensé ça c'est pas très intuitif je ne sais plus vous avez une bonne
[00:27:14] maîtrise de votre langue première plus vous la connaissez plus vous connaissez sa grammaire plus vous pouvez faire des transferts dans une nouvelle langue que vous apprenez fait qu'on conseille toujours aux parents justement de poursuivre l'apprentissage de la langue maternelle de la langue première pour avoir un impact positif sur les prochaines langues que les enfants tout à fait moi je trouve ça très triste que ça ça n'existe plus surtout que même aujourd'hui je pense qu'il y a des quartiers où il y a des concentrations encore plus grandes de gens qui parlent la même langue parce que moi
[00:27:43] j'étais dans ce qu'on appelle le petit liban dans la ville Saint-Laurent et il y avait beaucoup d'élèves qui parlaient arabe il y avait d'autres mais il y avait quand même une diversité d'élèves qui parlaient des arméniens d'élèves qui parlaient d'autres langues plus asiatiques et tout ça mais il y avait quand même une concentration je pense que cette concentration est de plus en plus importante donc il y aurait une possibilité encore plus grande d'apprendre la langue d'origine où il y avait plus d'élèves qui parlent un peu la même langue d'origine donc je trouve ça
[00:28:12] très triste et très dommage que ça aussi ça soit fait Oui on espère que ça rouvrira dans les prochains mois ou prochaines années c'est un programme qui fonctionne aussi donc Oui je le mettais Tu sais vous vous dites en fait quand vous parlez de l'apprentissage on parle souvent que d'apprendre la langue c'est vraiment une responsabilité plus individuelle comment on pourrait transformer en fait cette responsabilité-là en projet collectif au Québec tu sais comment l'apprentissage du français ça pourrait devenir quelque chose
[00:28:42] qui n'est pas juste la responsabilité du nouvel arrivant mais la responsabilité du Québec au complet en fait C'est ça c'est la responsabilité de tout le Québec moi des fois j'ai envie de dire au gouvernement par exemple de la CAQ de juste la façon aussi qu'on parle du français la façon qu'on parle des immigrants tu sais ça fait quelques années qu'on a un discours qui pointe les immigrants au doigt quand M. Legault dit que avoir autant
[00:29:12] de personnes issus de l'immigration au Québec on s'en va vers la luisianisation au Québec quand il dit que ça menace menace c'est un gros mot le français c'est sûr qu'après ça quand il tourne vers les gens qui disent il faut apprendre le français eux ils ont envie de l'apprendre mais quand dans le discours public on dit qu'ils sont un menace il y en a peut-être surtout comme des plus jeunes qui disent ben là moi si on considère comme une menace ça ne me tente pas trop oui peut-être dans les classes de français je vais l'apprendre mais après ça
[00:29:42] dans les corridors dans la cour d'école quand je veux sortir moi j'ai pas envie parce qu'on me perçoit comme une menace à cette langue-là mais j'ai pas envie de la parler déjà juste ça dans la symbolique ça a un impact surtout chez les plus jeunes moi je l'ai senti quand je parle avec des jeunes moi je défends beaucoup le français partout je vais tout le temps je le défends je dis à quel point je l'aime à quel point j'aime notre culture québécoise en français j'écoute de la musique en français je regarde la télévision la télévision sur nos écrans maintenant
[00:30:12] des plateformes francophones il y a des jeunes des fois qui sont très fiers de voir une femme issue de la diversité racisée qui est à l'Assemblée nationale mais qui en même temps me disent je t'entends parler toujours de la défense du français mais pourquoi défendre le français c'est comme être contre les immigrants pourquoi ils pensent ça à cause du discours du gouvernement et moi j'essaie de déconstruire ça je le déconstruis c'est le coup de travail et c'est pour ça que je continue à dire que défendre le français c'est compatible
[00:30:42] avec une ouverture pour l'immigration mais chez les plus jeunes qui sont en train et moi j'ai vécu par ce processus de construire leur identité comme personne comme jeune qui est en train de devenir un adulte de se construire aussi par rapport à nos parents qui ont une autre culture que dans la société d'accueil de construire notre identité québécoise tout ça prend du temps c'est complexe c'est fragile et donc le discours public est fondamental donc moi avec ma petite personne j'essaie de tenir un discours positif
[00:31:12] de défendre le français mais ça prend aussi les élus ça prend une responsabilité du gouvernement d'avoir un discours positif qui défendre le français c'est compatible avec ouvrir les bras vers les immigrants donc il y a un aspect comme ça plus de nos élus des gens qui sont dans les responsabilités plus haut puis aussi moi je me rappelle d'un américain qui venait qui venait on parle des États-Unis ça fait quelques années qui venait
[00:31:40] souvent très très longtemps au Québec il avait envie d'apprendre le français mais lui c'est un professionnel il travaillait à distance il aimait beaucoup le Québec francophone puis à Montréal il n'y arrivait pas il essayait par exemple de commander son repas un café ça c'est vraiment le classique il parlait en français il cherchait ses mots et là tout de suite parce qu'au Québec on aime ça on est très accueillant donc là on switchait tout de suite les gens switchaient
[00:32:10] comme on dit en nom français vers l'anglais puis là ce qu'il a décidé il m'a dit moi je vais arrêter de venir à Montréal je vais aller à Québec à Québec les gens parlent moins le français parlent moins l'anglais ils parlent plus le français comme ça ils vont avoir la patience de me parler ici en français je sais que ça a l'air c'est comme peut-être un effort individuel souvent on le fait de façon pour être gentil avec les gens mais de respecter cet effort-là parler avec les gens qui viennent d'ailleurs qui parlent français
[00:32:40] avec un gros accent avec difficulté mais d'être patient avec eux puis de continuer en français puis ils vont aimer ça au contraire au contraire ils vont aimer ça on donne une occasion de bonifier leur français puis justement ils ne pourront pas continuer à le bonifier si tout le monde passe toujours à l'anglais puis c'est drôle parce que j'ai enseigné moi quand j'étais plus jeune à la pocatière dans un programme d'été puis là c'était en français si les gens peuvent être en anglais c'était plus compliqué
[00:33:09] donc je pense que c'est une bonne idée mais de l'autre côté il faut aussi savoir que la majorité des gens s'installent quand même à Montréal pour x, y, z de raison mais il faut que Montréal soit aussi ouverte puis permettre aux gens d'avoir des occasions de parler français de bonifier leur français puis c'est comme ça aussi qu'on va enlever l'espèce de de séparation eux autres puis nous autres je pense que plus on va être dans le nous plus ça va être puis un autre
[00:33:39] je réfléchis à une autre mesure tous les programmes de pairage ou de parrainage entre une personne l'association le programme deux par deux je pense oui c'est ça il y a des programmes comme ça je sais que les organismes aussi comme nous parlent souvent sont à la recherche de gens de la société d'accueil qui viennent être en contact être en pairage avec des personnes de issues d'immigration
[00:34:08] puis pas genre on vient faire du bénévolat pour aller montrer c'est quoi le Québec puis aider les personnes issues d'immigration mais une relation plus égalitaire vraiment il pourrait parler d'un organisme qui est dans mon comté que je connais bien qui est Synga Québec où il y avait ce programme puis souvent il y a beaucoup beaucoup d'organismes qui ont eu difficulté à recruter des personnes de la société d'accueil c'est-à-dire de la majorité pour aller
[00:34:38] participer à ce programme-là c'est très très difficile il y a beaucoup de demandes mais ça c'est génial quand on n'a pas d'amis moi je suis moi je suis devenue une amoureuse du Québec oui grâce à l'école publique québécoise ça c'est important où on fait l'école tout le monde ensemble où il y avait des jeunes qui s'appelaient des tremblés puis des giroux puis en même temps qu'il y avait des jeunes sur l'immigration ça c'est important à l'école mais c'est important aussi les gens le voisinage mais des fois
[00:35:08] c'est pas facile dans nos sociétés individualisées alors il y a des organismes qui offrent ces programmes-là ça aussi c'est important qu'il y en ait plus que ce soit pas juste porté à vos bras par quelques organismes par quelques programmes mais que ce soit institué de façon beaucoup plus forte ces programmes d'échange et investis par le gouvernement et non pas juste selon la volonté oui quand il y a des programmes mais beaucoup plus large il y a une chercheure à l'UQAM la professeure Mira Derech
[00:35:37] qui s'intéresse au jumelage interculturel et linguistique puis elle mentionne souvent dans ses recherches que dans le fond le pérage il est gagnant pour tout le monde parce que la personne qui va travailler avec le qui va aider la personne à parler français va gagner des choses il va découvrir des choses il va s'ouvrir sur le monde je pense que en fait les deux enrêtent ça quelque chose de très positif et que si les gens cherchent à faire du bénévolat c'est un bénévolat très concret
[00:36:06] donc qui est différent mais on les encourage à le faire c'est un petit geste mais qui permet en fait chacun de s'impliquer dans la francisation des nouveaux arrivants oui puis partout dans les régions il y a des programmes par exemple d'intégration il y a eu un budget qui avait été donné de régionalisation ou de régionalisation mais après ça des fois ils ne savent pas s'ils vont avoir suffisamment d'argent pour continuer par exemple les municipalités qui participent à ce genre de programme où il y a des échanges
[00:36:36] puis ils sont tout le temps comme est-ce qu'on va avoir le financement est-ce que le financement va être renouvelé donc ça ça fait partie aussi des choses que la société d'accueil peut faire mais il faut que ces programmes soient bien financés et qu'ils soient pérens dans le temps tout à fait puis qu'on fasse en sorte que les gens en fait soient encouragés à y aller tu sais pas juste que ce soit compliqué donc j'aurais peut-être une dernière question pour vous en fait je me demandais si vous aviez dans votre expérience
[00:37:06] d'apprentissage du français une anecdote reliée au français ou quelque chose de cocasse en fait qui aurait pu vous arriver lorsque vous avez appris le français peut-être que vous n'en avez pas non plus mais est-ce que vous avez un moment particulier ou une anecdote qui vous inspire encore aujourd'hui ou que j'ai pas ben je sais pas si c'est drôle mais souvent je le mentionne moi j'étais une amoureuse de passe-partout le vrai passe-partout des années 70
[00:37:36] mais moi quand je suis arrivée tu sais j'avais 10 ans je commençais déjà à être plus vieille pour écouter passe-partout mais je l'ai écouté comme longtemps par rapport à mon âge puis je pensais que c'était comme des émissions originales je savais pas que c'était comme des réputations à l'époque mais j'aimais beaucoup ça parce qu'ils parlaient lentement je pouvais comprendre qu'est-ce que passe-partout passe-carre passe-montage les chansons tout ce qu'ils disaient ça m'a aidé aussi à apprendre le français le passe-partout original je sais pas si le passe-partout actuel il est aussi
[00:38:05] plus lent et tout ça qui permet la même chose pour les enfants du moment mais une des choses que j'ai beaucoup aimé c'est le générique la chanson le thème de la chanson qu'on entend passe-moi passe-moi t'as bien donné les papillons les souliers de fuit les beaux vestons donc ça à un moment donné ils l'ont mis dans plusieurs noms puis c'est arrivé qu'ils l'ont mis en arabe et j'étais tellement fière j'étais tellement
[00:38:35] heureuse je me suis dit mon dieu j'ai senti oui faudrait que je la retrouve je vais aller voir si ça existe j'ai pas essayé de chercher je vais aller chercher tout de suite après la parole mais quand mais quand j'ai entendu ça comme quelqu'un d'autre aujourd'hui pourrait dire voyons donc pourquoi je te mettrai ça à me rendre je verrai monsieur Robert je dirais ça mais ça a été comme un message qu'on te veut aussi avec nous ça fait partie de nous le fait qu'on fasse cette chanson-là
[00:39:05] dans ta langue d'origine il y avait comme un message d'accueil qui me faisait que j'avais encore plus envie d'apprendre le français c'est fou hein alors qu'on me présentait une chanson en arabe c'est comme un message j'en ai la chair de poule quand j'entends on s'intéressait à ta culture on s'intéressait à toi on montrait en fait que la petite rumeur était importante puis tous les autres enfants ils parlent aussi wow c'est vraiment en tout cas c'est pas drôle mais c'est une super belle anecdote puis ça ça a lenti mon coeur
[00:39:35] après les choses qui se passent tout à fait on a besoin de plus de choses comme ça merci beaucoup d'avoir été avec nous est-ce qu'il y a quelque chose que vous voudriez dire pour terminer est-ce qu'il y a autre chose que ça vous a inspiré j'ai juste envie de dire à toutes les personnes qui travaillent en transisation de ne pas se décourager qu'il y a des gens parmi les décidants à l'Assemblée nationale qui trouvent que ce travail-là est important dans la société et de continuer puis invitez-moi
[00:40:05] vous pouvez écrire vous pouvez me trouver facilement dans votre classe dans vos pour rencontrer du monde le plus que j'ai des histoires humaines des histoires vraies que je peux aussi reléguer à l'Assemblée nationale le plus que le discours sur la transisation va pour vous oui bien merci certaines que tous les enseignants qui nous écoutent vont être très très heureux d'entendre ces mots-là puis merci beaucoup d'avoir été avec nous aujourd'hui merci de l'invitation merci beaucoup au plaisir bonne journée
[00:40:34] donc vous venez d'entendre mon entrevue avec Ruben Gazal donc j'espère que vous avez apprécié cette entrevue donc mon objectif c'était vraiment évidemment on a parlé politique mais je ne voulais pas en parler de façon partisane c'était vraiment pour avoir quelqu'un en fait qui connaît bien le dossier de ce qui se passe en francisation mais surtout en fait je l'ai invitée parce qu'elle a elle-même vécu le parcours migratoire l'apprentissage du français en milieu en classe d'accueil en fait dans une école qui est des coisses donc c'était vraiment important pour moi d'avoir quelqu'un
[00:41:04] qui pouvait témoigner de ça donc c'est ma première invitée en fait qui témoigne de son parcours de francisation et de l'importance en fait de ses enseignants de francisation dont M. Gilles et la personne qui l'a aidée en soutien linguistique dans son apprentissage du français et dans le fait qu'elle est une amoureuse maintenant du français donc c'était vraiment ce que je voulais vous donner comme un super portrait en fait de quelqu'un qui pour moi est un modèle d'intégration peu importe
[00:41:33] ce qu'on peut penser au niveau politique là c'était vraiment pas mon objectif et évidemment si quelqu'un d'un autre parti politique serait intéressé à venir parler de francisation à mon balado bien je lance l'invitation donc je pourrais renvoyer la balle pour avoir une équité à ce niveau-là si jamais ça vous intéresse donc vraiment merci à Mme Gazal d'être venu et peut-être que vous découvrez le balado aujourd'hui avec cette entrevue-là donc si c'est le cas bien on vous invite à aller écouter c'est le 17e épisode donc il y en a 16 autres
[00:42:03] ça nous fera plaisir si vous pouvez découvrir les autres épisodes et je prends aussi deux minutes pour vous faire une demande spéciale en fait donc je prends deux minutes pour vous demander deux minutes de votre temps en fait si c'est possible pour vous d'aller laisser un commentaire sur la plateforme sur laquelle vous écoutez le balado que ce soit Spotify que ce soit Apple Balado que ce soit une autre plateforme donc c'est possible pour vous de laisser un commentaire ou de cliquer j'aime ou de mettre des étoiles donc pour nous aider à faire connaître le balado
[00:42:33] donc dans cette nouvelle deuxième saison en fait qui est à son troisième épisode donc je sais que c'est pas beaucoup mais pour moi c'est vraiment important d'avoir quelques commentaires quelques rétroactions sur le balado donc gênez-vous pas c'est aussi un bon moment en fait pour me suggérer des nouveaux invités ou encore pour me bien me suggérer des thématiques à aborder donc ne vous gênez pas et je vous souhaite une super belle journée encore merci à Mme Gazal d'être venue témoigner de son parcours de francisation
[00:43:02] et je vous souhaite une bonne semaine à bientôt merci infiniment
[00:43:08] merci infiniment
[00:43:44] qui partage

