21. Au rythme du Québec : la chanson comme outil culturel et pédagogique en FLS
21 mars 2025
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21. Au rythme du Québec : la chanson comme outil culturel et pédagogique en FLS

Au rythme du Québec : la chanson comme outil culturel et pédagogique en FLS explore comment la chanson québécoise peut devenir un puissant levier d’apprentissage en français langue seconde. Véritable repère culturel, la chanson permet de développer des compétences linguistiques tout en plongeant dans l’histoire, les accents et les sensibilités du Québec. Que vous soyez enseignant ou apprenant, cet épisode propose des pistes concrètes d’exploitation pédagogique ainsi qu’une sélection de chansons québécoises à utiliser, télécharger et travailler en classe. 🎶 Et en bonus : un petit fond musical tout au long de l’épisode pour rester… au rythme du Québec !

Au rythme du Québec : la chanson comme outil culturel et pédagogique en FLS explore comment la chanson québécoise peut devenir un puissant levier d’apprentissage en français langue seconde. Véritable repère culturel, la chanson permet de développer des compétences linguistiques tout en plongeant dans l’histoire, les accents et les sensibilités du Québec. Que vous soyez enseignant ou apprenant, cet épisode propose des pistes concrètes d’exploitation pédagogique ainsi qu’une sélection de chansons québécoises à utiliser, télécharger et travailler en classe.


🎶 Et en bonus : un petit fond musical tout au long de l’épisode pour rester… au rythme du Québec !

[00:00:14] les arts et les sciences et les sciences. Bonjour à tous, je m'appelle Tania Lomprey. L'éducation, l'immigration, la langue française, ça vous intéresse ? Vous êtes au bon endroit parce que moi aussi, ensemble on va explorer plusieurs enjeux reliés de près ou de loin à la francisation, à l'immigration, à l'enseignement et à l'apprentissage. On va aussi aborder les politiques publiques et l'actualité reliées à ces thématiques.

[00:00:38] De mon côté, je suis une fille super animée par l'idéal de faire du Québec un endroit où tous peuvent s'épanouir en français, avec ou sans accent. J'ai la tête qui foisonne d'idées, d'opinions et de solutions. On ne sera peut-être pas toujours d'accord, hein, mais n'est-ce pas une des facettes de la diversité qui fait que c'est vraiment beau chez nous ? Alors bienvenue à tous sur le balado Avec ou sans accent. Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien. Bienvenue à ce nouvel épisode d'Avec ou sans accent.

[00:01:05] Bonjour à tous. Aujourd'hui, en fait, je vous parle d'un outil pédagogique qui est pour moi primordial en classe de français langue seconde ou encore en classe de francisation, ou même en classe de français langue maternelle. Pour moi, c'est un repère culturel incontournable, la chanson. Bon, c'est drôle, hein, je vais vous faire une confidence parce que quand j'ai commencé à m'intéresser après 5 ans d'enseignement ou 6 ans, à poursuivre mes études supérieures, hein, donc après 5-6 ans, je me disais, hop, j'ai envie d'aller travailler des choses de plus, j'ai envie de pousser mes connaissances,

[00:01:35] d'aller chercher davantage de théories sur des problématiques ou des sujets que je vois tous les jours sur le terrain, et je m'intéressais vraiment à deux choses. La motivation dans l'apprentissage du français et l'utilisation de la chanson en classe. Si vous me connaissez, ou même si vous ne me connaissez pas, je vais vous dire que j'ai choisi finalement la motivation, et c'est sur ce sujet-là que j'ai travaillé pour ma maîtrise et, en fait, une bonne partie de mon doctorat aussi.

[00:02:02] Mais je n'ai toujours pas touché scientifiquement à l'utilisation de la chanson en classe, donc le message est lancé. Si vous êtes un chercheur en enseignement du français langue seconde ou en didactique des langues, et que ça vous intéresse comme sujet, bien, communiquez avec moi. J'ai un petit projet de recherche en tête. Pourquoi, en fait, je vous parle aujourd'hui de la chanson, et pourquoi je m'intéressais à la chanson en classe de langue, donc je vais vous répondre en deux temps. Premièrement, je suis une amoureuse de la musique, des chansons, des textes,

[00:02:30] et pour moi, les textes entendus, dont les chans, peuvent aussi être travaillés comme des textes lus, donc écrits. Et c'est vraiment, pour moi, un outil de multimodalité super intéressant, la chanson, à ce niveau-là. Et je remarque aussi plusieurs choses en classe quand je travaille avec des chansons. Je vois aussi que la motivation des étudiants est là. L'engagement dans la tâche est assez... Bien, je vous dirais qu'il est peut-être plus marqué que dans d'autres types de tâches. Et je me sers de la chanson continuellement.

[00:03:01] Si vous venez m'observer dans ma classe, vous allez voir que je travaille au moins une chanson par semaine, si ce n'est pas deux. Des fois, c'est des extraits de chansons. Des fois, c'est juste des passages, en fait, pour regarder, là, pour porter attention à une structure grammaticale, par exemple. Mais c'est vraiment un matériel thématique que j'utilise. Et dans les dernières semaines, j'ai vu et j'ai lu et j'ai écouté un article et un reportage de TVA Nouvelle

[00:03:27] sur, en fait, la chanteuse québécoise Sally Folk, que vous connaissez peut-être. C'est sûr que vous la connaissez. Vous allez taper son nom sur Google ou sur YouTube, puis vous allez trouver que vous, finalement, vous savez qui est Madame Folk. Elle fait des ateliers thématiques culturels dans les classes de français au Québec. J'imagine qu'elle travaille aussi avec des classes de français langue seconde, mais des classes de français langue maternelle aussi au secondaire. Elle déplorait dans les dernières semaines que souvent,

[00:03:54] lorsqu'elle arrive en classe et qu'elle travaille, en fait, des textes ou des artistes reconnus dans l'histoire du Québec et dans la chanson québécoise, bien, elle se rendait compte qu'il y a beaucoup d'élèves, en fait, qui ne connaissaient pas Félix Leclerc. Attends une minute. Félix Leclerc. Pour moi, tu sais, c'est une... Bien, pas pour moi, pour tout le monde, en fait. C'est une légende de la chanson québécoise. Et cette méconnaissance-là, bien, elle m'a surprise. Bien, en fait, malheureusement, peut-être pas tant que ça,

[00:04:24] parce que les jeunes ont dit, on pensait que c'était une école. Et moi, j'habite à Repentigny. Et l'école Félix Leclerc, c'est une école secondaire dans mon coin. Par contre, ce n'est pas normal, en fait, qu'on pense que Félix Leclerc, c'est le nom d'une école, qu'on sache peut-être que c'est le nom d'une autoroute, mais qu'on ne sache pas qui est Félix Leclerc. Eh bien, en fait, la méconnaissance de ces jeunes-là me surprend pas nécessairement, mais elle me désole.

[00:04:52] Moi, qui suis vraiment éperdument amoureuse de la culture québécoise francophone et de la chanson québécoise. D'ailleurs, Félix Leclerc, pour moi, c'est un incontournable. Une de mes chansons préférées, en fait, de la francophonie, c'est Le Tour de l'île, que vous connaissez peut-être, donc soit la version originale de Félix Leclerc ou encore la version qui a été reprise par Louis-Jean Cormier, que j'aime beaucoup aussi. Et, tu sais, c'est une ode au Québec, à la culture québécoise et à l'île d'Orléans. Si vous ne la connaissez pas,

[00:05:20] je vous invite à aller télécharger cette chanson. Et c'est une chanson que je fais souvent écouter à mes étudiants si j'enseigne à des apprenants avancés. Donc, ça m'a surpris, mais je me suis dit, OK, j'ai envie, moi, de me rendre compte, en fait, que la chanson, c'est un repère culturel, tu sais, qu'on doit enseigner, qu'on soit, tu sais, vous êtes enseignant au secondaire, au primaire, à l'éducation des adultes, à l'université, au cégep, peu importe, tu sais, la chanson québécoise, puis la chanson tout court, francophone

[00:05:49] ou de n'importe quelle autre langue, est un repère culturel fondamental pour les apprenants. Et je veux vraiment mettre l'emphase aujourd'hui sur l'utilisation de la chanson comme matériel pédagogique. Puis pour moi, c'est un outil, un matériel pédagogique authentique, puissant. Puis pourquoi j'utilise le mot « puissant » ? Parce que, bien, on le remarque. Donc, tu sais, surtout des chansons avec une mélodie, en fait, qui ressemble à un verre d'oreille ou, tu sais, une musique accrocheuse. Bien, souvent, les apprenants vont trouver ça super intéressant. Puis on peut travailler des notions

[00:06:19] dont ils ne se rendent même pas compte, ou à peu près pas. Bien, pas qu'ils ne s'en rendent pas compte, mais, tu sais, dans le fond, la chanson peut être un prétexte pour faire de la gamme, pour faire du vocabulaire, pour travailler du lexique, pour être une amorce, pour une activité d'écriture. Donc, ça peut servir à plein de choses. Et j'ai vraiment envie, aujourd'hui, d'aborder, là, comment la chanson, en fait, comment vous pourriez l'utiliser, quel type d'activité concrète et quel genre de chanson ou quelles chansons vous pourriez aborder dans vos classes. Je vais aussi voir pourquoi, en fait, la chanson joue un rôle clé, vraiment, dans la transmission de la culture francophone et de la culture québécoise.

[00:06:48] Si vous êtes vous-même un apprenant de français langue seconde, vous comprendrez pourquoi travailler la chanson n'est pas une perte de temps. Pour moi, c'est vraiment pas ça. C'est vraiment une porte d'entrée dans la langue et dans la culture francophone. Donc, découvrir ses artistes, tout ça. Puis souvent, la première artiste, en tout cas celle que mes apprenants connaissent toujours, c'est Céline Dion, évidemment. Puis en plus, moi, j'enseigne dans la région de la Naudière. Donc, notre école est située à quelques jets de pierre de la maison ou de l'ancienne maison, en fait,

[00:07:17] où Céline Dion est née de la ville où elle a grandi. Donc, c'est toujours un repère culturel important d'aborder Céline Dion. Évidemment, Céline Dion, on peut l'aborder. Moi, de mon côté, souvent, je l'utilise pour travailler le subjonctif, donc avec la chanson « Pour que tu m'aimes encore » ou encore la lettre, travailler la lettre avec le texte « Je voudrais parler à mon père ». Donc, c'est des chansons que moi, j'utilise, mais que je vous suggère aussi. Donc, tu sais, d'aller chercher souvent un artiste qui vient

[00:07:46] de notre coin de pays, c'est super intéressant. Je parle de mon coin de pays puis vous comprenez que je viens de la Naudière, donc Céline Dion, mais aussi les cow-boys fringants qui sont des incontournables ici. Moi, j'habite à Repentigny, mais mon école est à Terrebonne et justement, travailler avec les cow-boys fringants, c'est aussi quelque chose que je vais vous suggérer tantôt dans les prochaines minutes. Donc, d'abord, j'ai envie de vous dire pourquoi on utilise la chanson en classe de français langue seconde. Parce que c'est un concentré, je pense, une chanson de langue vivante.

[00:08:15] Donc, ça fait partager des expressions, des tournures de phrases. On se rend compte, en fait, à quel point le français est authentique dans les textes de chanson. Souvent, moi, je vais imprimer un texte de chanson puis je ne le modifie pas. Puis les étudiants vont dire pourquoi c'est J apostrophe T? Parce qu'on sait qu'après un J, s'il y a une apostrophe, c'est parce qu'il y a une voyelle ou un H. Mais pourquoi, madame, il y a un J apostrophe T? Parce que c'est écrit « Je te parle » plutôt que « Je te parle ». Donc, on va vraiment aller voir un français authentique,

[00:08:45] plus vernaculaire. Donc, la langue est manipulée de façon vivante, artistique, créative, actuelle aussi. Donc, on travaille avec des textes qui sont plus récents. Contrairement aux dialogues, en fait, qui sont souvent artificiels dans les manuels ou dans les méthodes de langue. Je ne dis pas qu'ils sont tous artificiels. Je pense que les méthodes et les manuels font vraiment des efforts depuis quelques années pour se rapprocher d'un contenu authentique. Mais je pense que la chanson expose des apprenants à du vrai français tel qu'il est parlé vraiment au quotidien. Je pense que la chanson permet aussi de travailler

[00:09:14] plusieurs aspects de la langue en même temps. On se parle, par exemple, de la phonétique, de la prosodyne. Donc, le rythme de la mélodie va aider à mémoriser certains sons. C'est pour ça, d'ailleurs, que plusieurs enseignants vont travailler la chanson avec des textes lacunaires. Donc, il va manquer peut-être des finales dans les mots ou encore, on va travailler avec les rimes pour entendre les différences entre certains sons. Je travaille parfois la chanson avec un texte lacunaire, mais pour moi, ce n'est peut-être pas la meilleure façon de la travailler, mais je sais

[00:09:44] que c'est une façon que beaucoup de gens aiment. Donc, c'est quoi un texte lacunaire? C'est un texte où on va supprimer des mots. Donc, par exemple, vous prenez Pour que tu m'aimes encore de Céline Dion et vous enlevez les verbes au subjonctif. Vous les mettez dans une boîte de textes ou sur le tableau, sur votre tableau numérique intelligent et vous demandez aux apprenants de remettre les mots ou les verbes à la bonne place, en fait, après avoir écouté la chanson une fois, deux fois, trois fois. Moi, je suggère toujours de travailler en trois écoutes, donc une préécoute où il n'y a absolument rien à faire.

[00:10:14] Souvent, quand j'arrive, bien, en fait, pas souvent, toujours, quand je fais écouter la chanson pour la première fois, je demande à mes étudiants de mettre leur téléphone sur leur bureau, de ne pas leur toucher puis de seulement écouter le texte sans le lire. Puis après, je vais distribuer mon texte puis donner une consigne. On va réécouter une deuxième fois, peut-être une troisième fois, peut-être même une quatrième fois si mes apprenants en ont besoin. Et à la fin, une fois qu'on va avoir travaillé le texte, bien, je vais faire probablement réécouter la chanson une dernière fois s'il y a un besoin, si on fait des textes lacunaires.

[00:10:44] Donc, vraiment, un texte lacunaire, c'est ce qu'on appelle en anglais «feel the blank », donc remettre les mots à leur place et laisser des espaces sans mots dans un texte. Donc, évidemment, ça demande aux enseignants de travailler le texte, mais évidemment, il y a plein d'outils technologiques qui pourront vous aider à découper une chanson si vous voulez faire un texte lacunaire. Je parle de découper une chanson aussi. Pour moi, c'est intéressant aussi comme exercice, en fait, d'imprimer les paroles et de garder seulement

[00:11:13] une partie, deux, trois phrases ou un refrain ou un couplet. Puis, une fois que les étudiants ont écouté la chanson, doivent remettre soit les extraits de chansons ensemble ou encore des phrases de chans ensemble ou encore des lignes et remettre la chanson en ordre chronologique. Pas chronologique, mais en ordre régulier. On peut aussi travailler la grammaire, le vocabulaire en chanson. Donc, toutes les structures grammaticales récurrentes vont faciliter souvent l'assimilation. Pour ce qui est de la grammaire et du vocabulaire,

[00:11:43] c'est vraiment aussi un super outil pour travailler. Tantôt, je vous parlais du subjonctif avec Céline Dion, mais ça pourrait vraiment être n'importe quelle forme, n'importe quel temps de verbe, n'importe quel type de phrase. Par exemple, la phrase négative ou la phrase impérative ou le conditionnel. Donc, vous pourriez vraiment travailler n'importe quoi comme grammaire, mais aussi comme porte d'entrée dans le vocabulaire. Par exemple, si vous travaillez le lexique médical ou la santé, bien, moi, il y a plusieurs chansons

[00:12:12] que je travaille avec la santé. Donc, évidemment, il y a des incontournables. Je pense, par exemple, à Remède miracle de mes aïeux que les étudiants aiment toujours et que moi, j'aime aussi particulièrement. Donc, il y a une chanson que vous connaissez sûrement. Donc, je nomme plein de chansons, mais je vous invite vraiment à aller chercher peut-être ces chansons-là sur YouTube si vous voulez les faire écouter ou les travailler dans votre classe. Pour la santé, par exemple, je pense au Bureau du médecin, des Tronze-Accords. Je pense aussi à Pâté chinois, une autre chanson des Tronze-Accords que j'aime beaucoup.

[00:12:43] Puis, on peut travailler autant l'alimentation que la santé dans cette chanson-là. C'est une chanson assez triste que je vous recommande. Et évidemment, bien, je parle encore des cow-boys fringants parce que pour moi, ils sont encore incontournables ici. Donc, tu sais, il y en a plusieurs, mais celle que moi, je travaille beaucoup en classe, c'est La tête haute et La fin de show qui sont, bien, que vous connaissez tous, si vous connaissez Les cow-boys fringants qui est la chanson, la dernière chanson, en fait, de la chanson qui annonce, en fait,

[00:13:13] la mort du personnage dans la comédie musicale des cow-boys fringants, mais qui est aussi la mort du chanteur Carl Tremblay. Il y a aussi la super belle chanson, super triste, en fait, de Patrice Michaud, La saison des pluies, si vous ne la connaissez pas. Mais en fait, en tout cas, pour moi, c'est la chanson la plus triste que j'ai déjà travaillée en classe. Puis chaque fois que je l'ai utilisée, il y a des apprenants qui pleurent. Le vidéoclip, je pense, c'est très intéressant, artistiquement très beau,

[00:13:43] mais évidemment, très triste parce qu'on suit la fin de la vie d'un homme qui a des jeunes enfants et des moments qui vont manquer aussi. Donc, c'est vraiment une belle chanson. Donc, plein de thématiques comme ça qui sont peut-être complexes, qui sont plus facilement abordables avec la chanson. Au-delà du vocabulaire et de la grammaire, on peut travailler strictement sur la compréhension du sens, donc sur la compréhension orale. Et les chansons vont permettre vraiment

[00:14:12] de s'entraîner à repérer des sons, des mots, des expressions en contexte. Si on n'ira pas poser des questions de compréhension globale à des apprenants débutants, mais avec des apprenants plus avancés, c'est intéressant d'être travaillé sur le sens du texte. Évidemment, je ne ferais pas la même chose si j'étais avec des apprenants débutants. Ça peut aussi être une super belle amorce à une activité. Je pense que je vais revenir à Félix Leclerc parce qu'il y a la chanson « Moi, mes souliers » qui non seulement peut être utilisée pour travailler

[00:14:41] le passé composé, mais peut être aussi une amorce à une activité d'introspection sur le parcours que les nouveaux arrivants ont eu. Sur leur parcours migratoire, par exemple, « Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé. » D'où ils sont partis, ces souliers-là, où ils sont maintenant, je pense qu'il y a vraiment une activité super intéressante à faire que moi, je fais sur le parcours migratoire avec des apprenants avancés, encore une fois, à l'aide du texte de Félix Leclerc. Je vous en ai parlé tantôt, mais je répète aussi les temps verbaux en contexte. J'en ai nommé

[00:15:11] quelques-uns, mais il y a certaines chansons qui sont, selon moi, incontournables pour certains temps de verbe. Évidemment, si vous allez chercher des chansons de la francophonie, vous en avez plein. Peut-être que si vous enseignez depuis longtemps, les chansons que je vais nommer ne sont pas des secrets, mais il y en a, je pense, qui s'utilisent vraiment bien. Le futur simple, pour moi, c'est toujours fait avec « Je reviendrai à Montréal » de Robert Charlebois, qui pour moi est une chanson extraordinaire, non seulement pour l'utilisation

[00:15:40] grammaticale, mais parce qu'elle est magnifique. Et je travaille aussi la chanson française avec cette thématique-là. Et pour moi, mon coup de cœur, c'est la chanson « Octobre » de Francis Cabrel, encore pour travailler le futur simple. Et une chanson qui est pleine de sous-entendus, une chanson d'amour magnifique, selon moi. Donc, je la travaille aussi beaucoup en classe. Et évidemment, pour chacun des temps de verbe, moi, j'ai une liste de chansons. Et j'ai vraiment une déformation professionnelle.

[00:16:10] Je ne sais pas pour vous, mais moi, chaque fois que j'entends de nouvelles chansons, on dirait que je l'analyse avec mon prisme d'enseignante du français, du français langue seconde. Ah, il a dit telle chose, ça c'est super intéressant. Ah, j'ai entendu tel temps de verbe, c'est vrai, je n'ai pas beaucoup de chansons avec ça. Ah, ça pourrait être intéressant vraiment pour telle thématique. Puis des fois, la chanson n'est pas récente, mais ça accorde bien avec ce que je fais comme thématique. par exemple, c'est le temps des vacances de Pierre Lalonde, qui pour moi est un incontournable aussi quand on part en vacances au mois de juin.

[00:16:40] Quand je travaille le futur proche, une autre incontournable selon moi qui est une immense chanson pour moi qui est On va s'aimer encore de Vincent Vallière que je travaille très souvent en classe. Et pour le passé composé, bien, encore une fois, ça, ce n'est vraiment pas une surprise, c'est des générations qui peut aborder aussi le passé du Québec, les mots de la famille, les réalités sociales différentes,

[00:17:09] donc le choc des générations au niveau financier aussi. Donc, des générations est une chanson qui peut être utilisée à plein, plein de sauce. Et pour parler encore de mes aïeux, bien, j'aime aussi beaucoup la Corriveau pour travailler sur les légendes du Québec. Il y a une autre incontournable pour moi pour les légendes du Québec, je vais vous en parler dans quelques minutes. Tu sais, pourquoi utiliser la chanson en classe? Bien, pour moi, l'objectif principal ou la raison principale surtout, c'est que la chanson

[00:17:38] a un impact émotionnel. Une chanson qu'on aime, on veut la réécouter, on veut la fredonner, on veut la mettre sur notre liste sur Spotify, on veut lire les paroles, on veut comprendre ce que c'est, on veut connaître l'artiste, donc tout ça, tu sais, pour moi, c'est un moteur puissant pour l'apprentissage du français. Puis je l'ai tellement vu souvent en accueillant ce moteur-là, tu sais, puis je fais chaque semaine des chansons, mais je ne peux pas en faire trop à brûle pour poing comme ça, parce que si, je ne sais pas moi, un étudiant me dit, ah, j'ai entendu parler de quelqu'un qui s'appelle

[00:18:08] Ginette Renaud, c'est qui ça? Bien là, c'est sûr que moi, j'ouvre mon YouTube, puis je dis, OK, on va écouter Ginette Renaud, puis là, je pars. Puis là, je peux faire découvrir trois, quatre chansons en ligne, et il faut que je me recentre sur ma planification. Donc, je pense que ça laisse justement, place la chanson à des petits moments magiques, donc à faire découvrir des choses, à faire des comparaisons avec, tu sais, par exemple, Ginette Renaud, des apprenants syriens ou libanais, m'avait dit, ah, c'est comme Um Kaltour, je ne sais pas si je prononce bien son prénom, qui est une grande chanteuse arabophone, tu sais, ah,

[00:18:37] ça me fait penser à cette chanteuse-là, tu sais, ou de faire des parallèles avec, ah, tu sais, tel groupe de musique sociale, un peu comme les cow-boys fringants, bien, chez nous, au Portugal, j'ai tel groupe qui fait ça, ou au Brésil, tu sais, c'est vraiment le fun d'aller pouvoir comparer aussi soit les styles de musique ou soit vraiment les thématiques abordées par les groupes ou les chanteurs. Puis, parlant de musique plus traditionnelle, il y a toujours des incontournables, je crois, aussi à aborder ou des chansons qui passent à travers les années et que les apprenants

[00:19:07] aiment, même si les textes sont plus vieillots, donc je pense qu'il y a des chansons qui sont des monuments, donc même si la chanson a 60 ans, 50 ans, 40 ans, bien, c'est pas grave, c'est une chanson incontournable dans l'apprentissage de la culture québécoise et des chansons qui vont faire en sorte aussi que les gens vont comprendre certaines références. Je parle par exemple du temps des fêtes, bien, c'est impossible pour moi de ne pas travailler le 23 décembre de beau dommage et c'est drôle parce que je pense que tous mes apprenants

[00:19:37] qui m'ont eu comme enseignante dans le temps des fêtes ou dans la session d'automne, en fait, sont passés par cette chanson-là. Parfois, je la chante avec eux, on la chante tous les jours pour des spectacles ou mon conjoint est vénézuélien et c'est encore une de ses chansons préférées en français. Pour moi, c'est un monument. 23 décembre, c'est super intéressant et en plus, je ne sais pas si vous savez, mais Audio de Radio-Canada

[00:20:05] produit un super balado sur beau dommage et, bien, pas juste sur cette chanson-là, mais dans la série balado, il y a un épisode consacré à la chanson 23 décembre et j'ai fait de ce balado-là un exercice d'écoute. Donc, pas juste de travailler la chanson, mais maintenant que vous connaissez la chanson, on va aller écouter un extrait d'entrevue de balado pour faire en sorte que les apprenants puissent s'initier aussi à l'écoute de textes audio,

[00:20:34] donc à la plateforme audio, mais aussi les textes audio, A-U-D-I-O. Donc, la plateforme, c'est O-H-D-I-O si vous ne la connaissez pas et pour moi, c'est vraiment un audit pédagogique en soi, cette plateforme-là. Je vais vous parler dans un futur épisode de la plateforme Moril qui est aussi une plateforme vraiment intéressante au niveau de la production et compréhension orale, mais là, je vous parle plus d'audio, en fait, pour l'écoute d'émissions authentiques. Puis quand on parle

[00:21:03] de chansons incontournables, dans le temps des fêtes, il y en a d'autres que moi, je pense qu'il faut écouter. Moi, ma préférée, il y a plein de chansons de Noël préférées, je peux écouter de la musique de Noël pendant trois mois dans mon auto, mais c'est celles qui, pour moi, sont incontournables. Il y a vraiment Marie-Noël de Robert Charlebois encore, et une que j'adore, en fait, qui est, bien, j'aime toutes les chansons de la bottine souriante, puis c'est vraiment de la musique que j'écoute

[00:21:33] dans le temps des fêtes, puis même des fois quand ce n'est pas le temps des fêtes, mais quand c'est bon, c'est bon. Et l'année dernière, j'enseignais dans une classe au primaire, que je sais que vous me connaissez souvent, comme ceux qui me connaissent savent que j'enseigne surtout à l'éducation des adultes, mais je suis une personne qui aime se promener, donc j'aime essayer des choses différentes. Donc, l'année dernière, j'ai fait quelques mois en classe d'accueil au primaire, et l'enseignant de musique, il a appris à mes cocos de troisième et quatrième année

[00:22:02] la zigaison de la bottine souriante. Et vraiment, entendre des enfants de 9 ans qui ne parlent pas français dire « Madame, Madame, le porte-clé, le porte-clé! » Je ne comprenais pas de quoi ils parlaient. Là, ils voulaient réécouter la chanson du porte-clé. Fait que là, ton petit porte-clé, tout rouillé, tout rouillé, son petit porte-clé, tout rouillé, gaiement. Bon, tous les petits enfants de ma classe chantaient ça puis ils trouvaient ça extraordinaire. Fait que là, à la fin de la journée, si elle passait une belle journée, je leur mettrais « Est-ce que vous voulez écouter le porte-clé? » Oui! Fait que là, tout le monde se mettait tranquillement en position d'écoute

[00:22:32] à son bureau. Puis la position d'écoute ne durait pas une seconde. Ils étaient debout, ils dansaient, ils chantaient. C'était super agréable et adorable de les voir chanter en chœur, cette chanson-là. Tant qu'à être dans la bottine souriante, je suggère aussi la tourtière. Pourquoi pas? C'est vraiment une chanson pour aborder certains de nos plats typiques. Tantôt, je parlais de pâté chinois, donc il y a des trois accords, mais c'est une chanson triste alors que la tourtière, bien vraiment, on est dans quelque chose de plus joyeux. Tant qu'à ça, on pourrait aussi aller vers la dinde

[00:23:01] de Yat-Tremblay. Je pense que quand ces gens-là vont aller après dans un party de Noël, s'ils vont dans un party de Noël avec des Québécois, ça va faire partie vraiment des références culturelles partagées qu'ils vont pouvoir avoir dans leur poche arrière. Évidemment, quand on parle de chansons reliées à l'alimentation, bien là, je vous ai nommé la tourtière, la dinde, le pâté chinois, il manque évidemment la poutine. Je vous avoue que ça existe, j'ai fait une petite recherche pour voir ce qu'il y avait comme chanson sur la poutine.

[00:23:31] Bon, je n'en ai pas encore trouvé une qui m'intéresse pour l'exploiter, mais vous pouvez aller voir ce qui existe parce que ça existe aussi. Vraiment, quand je reviens un peu à la zigeaison de la bottine souriante, je repense encore à tous les petits visages de mes apprenants qui étaient vraiment concentrés, qui ne comprenaient pas trop trop ce qu'ils chantaient, mais qu'ils essayaient de bien prononcer les mots, connaissaient le rythme, ils dansaient, puis ils essayaient

[00:24:00] de s'imprégner vraiment de la mélodie qui est tellement typiquement québécoise. Puis pour moi, ce moment-là, c'était comme un moment de magie de l'apprentissage par la chanson. Pour le peuple québécois, je pense que la chanson, justement, c'est bien plus qu'un simple divertissement. C'est vraiment aussi tout un aspect de mémoire collective. Puis je pense qu'il y a des gens qu'il faut aborder, évidemment, j'ai parlé de Félix Leclerc depuis le début de l'épisode, mais que ce soit Gilles Vigneault, quand je leur montre, par exemple, à chanter Bonne fête, bien évidemment, je leur apprends la version aussi

[00:24:29] de Gilles Vigneault. Ils comprennent aussi à quel point cette chanson-là est porteuse de sens. Si par exemple, on approche de la Saint-Jean-Baptiste ou je vais leur montrer, par exemple, bien ça, c'est la chanson qu'on chante beaucoup à la Fête nationale, mais c'est aussi une chanson qu'on chante à l'anniversaire de quelqu'un. Donc, elle a deux sens, que ce soit aussi les chansons de Richard Desjardins, de Pauline Julien. Puis si vous enseignez en francisation à Montréal, bien vous savez qu'il y a un grand centre de francisation qui s'appelle Pauline Julien aussi. Fait que je pense que c'est important

[00:24:59] d'aller voir aussi qui est Pauline Julien. Et évidemment, un texte que j'aime aborder en classe, c'est Mommy Daddy, qui est lourd de sens. Fait que je pense qui doit être abordée. Puis c'est souvent une chanson que j'écoute en même temps qu'une séquence d'apprentissage que j'ai élaborée avec le film Maurice Richard. Puis là, j'attends d'ailleurs impatiemment que la série sorte pour voir comment je pourrais peut-être exploiter cette série-là comme matériel authentique dans ma classe. Évidemment, si on va voir quelque chose de plus récent,

[00:25:29] donc il y a aussi le Colocaust et les Cowboys fringains, évidemment, Richard Desjardins, des monuments, en fait, historiques aussi dans la chanson. Puis pour moi, tous ces artistes-là ont porté vraiment des messages forts sur l'histoire, sur la société, sur la langue. Et je pense qu'il faut que les nouveaux arrivants connaissent. Évidemment, ils ne peuvent pas connaître toutes les chansons que je suis en train de nommer, mais tu sais, d'en choisir quelques-unes comme enseignants, vous dites, bien, cette chanson-là, je pense que pour moi, elle est un incontournable et pourquoi, puis de voir comment vous pouvez la travailler. J'ai vraiment

[00:25:58] une belle anecdote à vous raconter à ce niveau-là avec Alan. Alan, je ne sais pas si tu nous écoutes, mais même si tu ne nous écoutes pas, je vais t'envoyer cet épisode-ci pour que tu l'écoutes. Donc, Alan est un apprenant que j'ai dans ma classe il y a quelques années, juste avant, pendant la pandémie, pendant la pandémie. Alan et toute sa famille. Donc, Alan, son frère, sa mère, son père sont arrivés tous les quatre dans ma classe en 2020, juste quelques mois avant que la... bien,

[00:26:28] au début 2020, avant que la pandémie éclate. Et je pense que c'est cette année-là ou l'année suivante, je décide d'élaborer une activité pédagogique avec la chanson « L'Amérique pleure » des Cowboys fringants. Puis, ils n'étaient pas débutants. On s'entend que je n'ai pas travaillé ça avec des niveaux 1, mais mettons qu'on était peut-être rendus au niveau 4 ou 5. Donc, Alan, je ne sais pas pourquoi cette chanson-là, évidemment, on la connaît. Si vous connaissez la chanson québécoise, vous connaissez « L'Amérique pleure », vous savez à quel point ça a été une chanson phénomène.

[00:26:57] Donc, Alan l'a adoré, l'a aimé, m'a demandé les paroles et Alan était évidemment un musicien. Donc, il jouait de la guitare et pendant plusieurs jours, il était arrivé à l'école un peu plus tôt, pendant l'heure du dîner, il me demandait s'il pouvait utiliser la classe et il apprenait, en fait, « L'Amérique pleure », autant le texte que la partition à la guitare et plusieurs fois, il nous l'a chantée. Je ne sais pas s'il la chante encore, Alan, tu me diras, mais ça a été vraiment un moment pour moi charnière

[00:27:27] dans ma carrière de voir à quel point quelqu'un pouvait tomber amoureux d'une chanson comme ça et chercher les significations des mots, des québecismes, des anglicismes qu'il y a dans cette chanson-là sans les connaître vraiment et d'aller voir à quel point ces mots-là étaient utilisés, c'était quoi les contextes, les expressions et d'aller chercher tout le message social aussi. Donc, pour moi, c'est vraiment beau. Alan n'était pas débutant, il ne baragounait pas le français, il parlait déjà un peu, mais je pense que cette chanson-là était vraiment

[00:27:56] comme une porte vers le premier coup de foudre musical qu'il a eu en français. Il l'a appris par cœur, il s'est vraiment approprié le texte, il a perfectionné sa prononciation puis je l'entendais essayer d'utiliser des mots, en fait, qu'il avait entendus dans la chanson puis c'était vraiment drôle puis c'est super parce que j'ai revu Alan cet été parce qu'Alan, maintenant, travaille sur des chantiers de construction et il était en train de changer les fenêtres dans ma classe cet été

[00:28:25] dans une autre école et il est venu faire un témoignage à mes étudiants pour leur dire à quel point, maintenant, il travaillait en français, il s'épanouissait en français puis à quel point il avait aimé ses cours de français puis que c'était une chance pour les apprenants qui étaient là d'apprendre la langue. Donc, merci Alan pour tout. Je peux bien comprendre Alan parce que moi aussi, j'ai commencé à m'intéresser sérieusement à l'anglais langue seconde en fait à cause ou grâce à grâce aux Backstreet Boys avec, moi j'avais 12 ans peut-être avec mon dictionnaire

[00:28:54] papier à la main avec qu'est-ce que ça veut dire get down puis qu'est-ce que ça veut dire with God going on puis qu'est-ce que ça veut dire I'll never break your heart puis bon, j'ai appris moi-même davantage l'anglais avec mon dictionnaire, avec les Backstreet Boys, avec mes paroles en papier parce que dans ce temps-là c'était des, il n'y avait pas de paroles sur internet là ou très peu là, c'était des petits, des feuillets de CD là que je regardais avec attention, quasiment avec une loupe pour trouver les paroles là-dedans mais ça a vraiment été pour moi un déclencheur puissant

[00:29:23] puis je sais en fait, je constate toutes les semaines que ça peut en être un aussi pour mes apprenants. Pour moi, la chanson c'est aussi un super prétexte pour faire connaître le Québec tantôt je vous disais choisissez un artiste qui est de votre coin, faites-le découvrir aux apprenants, on parle beaucoup, on a vraiment une approche peut-être montréalisante de la francisation, souvent on parle de Montréal dans les cahiers d'exercice, on parle de Montréal dans les méthodes d'enseignement, on parle de Montréal dans beaucoup de matériel pédagogique authentique

[00:29:52] mais je pense que d'aller chercher justement un artiste de votre coin de pays, si vous enseignez au lac Saint-Jean, qui est-ce que vous voulez faire découvrir à vos apprenants Sarah Dufour peut-être, si vous êtes en Gaspésie, Isabelle Boulay, donc comment aller chercher quelqu'un, si vous êtes en Abitibi, Richard Desjardins, il y a tellement comme de gens qui sont associés à des régions, d'aller faire un tour dans les chansons que vous connaissez, de dire qui est un ambassadeur de ma ville, de ma région

[00:30:22] et même de trouver, je vous mets au défi de trouver une chanson qui parle de votre ville ou de votre région puis de l'exploiter en classe, puis il y en a plein là, moi évidemment, je vous parlais tantôt de Céline Dion et des cow-boys fringants parce que la Naudière, c'est ça, mais la Naudière, c'est aussi Marc Dupré puis c'est aussi Éric Lapointe puis c'est aussi Bruno Pelletier, des gens qui ont grandi dans la région, qui sont originaires de la région, qui n'habitent peut-être plus dans la région, mais des gens qui connaissent le coin. On peut dire que cette personne-là a déjà habité à Terrebonne

[00:30:51] ou vient de Terrebonne ou vient de Repentigny ou vient de Mascouche. Bon, ça, c'est la région où moi j'enseigne, mais c'est la même chose si vous enseignez à Laval ou si vous enseignez à Sherbrooke. Je vois très bien une classe de francisation, d'homagogue travaillée avec un texte de Vincent Vallière ou quelqu'un du coin de Joliette avec un texte de Yann Perrault. Je veux dire, c'est important, je pense, d'aller faire des liens comme ça. Puis évidemment, dans la région de Joliette, je vais encore renommer la Bottine souriante. Mais il y a vraiment plein de gens intéressants

[00:31:20] dans tellement de régions. Puis pour moi, ce sont des ambassadeurs qu'on doit faire connaître aussi. Puis c'est drôle parce que je parlais de Bruno Pelletier, mais c'est fou à quel point il y a certaines chansons aussi qui ont voyagé partout dans le monde puis on n'a peut-être pas nécessairement conscience, mais on a beaucoup d'apprenants ukrainiens. Évidemment, je n'ai pas besoin de vous expliquer pourquoi. Et beaucoup d'Ukrainiens à qui j'ai enseigné depuis 2-3 ans connaissent Bruno Pelletier, connaissent Garou

[00:31:50] et connaissent aussi Daniel Lavoie parce qu'ils ont vu, entendu ou écouté des chansons de Notre-Dame de Paris. Donc, certaines chansons qui font vraiment voyager comme ça qui sont vraiment intéressantes à retravailler après puis dire, bien oui, finalement, c'est des Québécois. Est-ce que tu les connais? Ah, je pensais qu'ils étaient français. Bien non, c'est correct qu'ils sont français aussi, évidemment, mais de leur faire comprendre que c'est des gens d'ici. Puis quand on parle des choses d'ici, bien moi, j'aime aussi travailler beaucoup la légende québécoise. Tantôt, je parlais de la Corriveau.

[00:32:20] Il y en a d'autres, beaucoup d'autres chansons qui traitent de légendes, mais pour moi, ma préférée, c'est vraiment La chasse-galerie de Claude Dubois avec Garou et Éric Lapointe qui est plus récente, mais pour moi, l'original est encore la meilleure. Donc, c'est vraiment super intéressant aussi de travailler la légende en multimodalité. Donc, je travaille le texte d'Honoré Beaugrand, La chasse-galerie, mais aussi le texte de la chanson de Claude Dubois. Et bien, Claude Dubois,

[00:32:49] je ne l'ai pas nommé encore, mais pour moi, c'est aussi un incontournable en classe. À mon goût, à moi, c'est probablement la plus belle voix du Québec, Claude Dubois, Bruno Pelletier. J'aime beaucoup les deux. J'aime plein de monde, mais je vais nommer ces deux-là au niveau des voix. Et je pense que cette chanson, non seulement, elle raconte beaucoup de choses, elle peut être utilisée pour les temps, imparfait, pas assez composé, concordance des temps, super intéressante. Et si on tombe dans Claude Dubois, il y a deux autres chansons, trois autres chansons qui, pour moi, sont incontournables.

[00:33:19] Donc, la première, c'est La blues du businessman, Si Dieu existe, qui sont aussi des super, des hits, on va dire, en anglais, vraiment, des succès. Et j'aime beaucoup aussi J'ai souvenir encore, quand je parle de la maison, quand j'aborde la thématique du logement, c'est une chanson que je travaille aussi dans mon cours. Puis tu sais, si on revient à la transmission des villes ou au travail fait sur les chansons, bien, les chansons qui se sont intéressées

[00:33:48] aux villes, aux villages, aux régions, au Québec, il y en a vraiment quelques-unes que j'ai envie de vous partager. Je vous ai parlé de Beaudomage, évidemment, on peut autant parler de Montréal, de Château-Gay ou d'Alaska avec Beaudomage, mais surtout à Montréal, évidemment. Même chose pour l'Oco-Locas, mais avec Québec, donc l'Hymne à Québec qui est pour moi aussi une grande chanson à travailler. Si on parle de Montréal, j'aime aussi beaucoup Yann Kelly, qui est un chanteur anglo-montréalais qui chante la chanson de Montréal en français, super intéressante aussi. Puis c'est le fun

[00:34:18] aussi d'aller voir comment les chanteurs francophones ont chanté le Québec. Puis, tu sais, des chanteurs, bien, que ce soit des Français, des Belges, des Suisses, tout ça, des Africains, mais il y a vraiment des chansons qui sont pour moi super intéressantes à travailler. Donc, si vous habitez à Québec, donc Dans les yeux d'Émilie de Joe Dassin, j'aime la version originale, mais j'aime aussi beaucoup la version de Pierre Lapointe, qui est une super belle chanson aussi, donc, pour faire découvrir la ville de Québec. Si vous êtes encore à Montréal,

[00:34:48] bien là, je vais vous nommer des trucs un peu quiétaines, parce que moi, j'ai une culture musicale qui est vraiment associée à mon papa, qui écoute beaucoup de chansons quiétaines. Salut, papa! Il écoute des grandes chansons aussi, mais quiétaines, si vous m'écoutez de la francophonie, c'est un mot très québécois que vous connaissez peut-être pas. Donc, quiétaines, ça veut dire un peu mièvrant, un peu mielleux. Donc, mon père aime beaucoup Didier Barbe-Olivien, qui a une belle chanson qui s'appelle « Revoir Montréal ». Et,

[00:35:18] toujours avec Joe Dassin, bien, « L'été indien », donc, qui est un incontournable aussi quand on parle de météo. Puis, bien, si vous voulez embarquer dans la langue française, bien, c'est une langue belle d'Yves Dutay qui est magnifique. Puis, si vous êtes à Montréal, bien, encore, là, je vais nommer aussi une autre chanson « Hymne à Montréal », d'Éric Lapointe, super intéressante aussi. Puis, je vais nommer « Ma ville » parce que c'est important. « Ma ville » a une hymne, « Bienvenue à Repentigny by the sea » des cow-boys fringants.

[00:35:48] Incontournable aussi. Puis, c'est une chanson que je vais écouter à tout le monde, là, je l'écoute beaucoup trop souvent. Donc, c'est vraiment une chanson qui est le fun. Puis, ce qui est intéressant aussi, c'est que quand vous avez des chansons qui parlent de ville, vous pouvez même organiser un petit rallye pour aller voir les endroits mythiques. Donc, où est le motel Capri? Bien, certains de mes étudiants le savent. En somme, je pense que c'est vraiment intéressant de choisir des chansons qui résonnent avec plein de choses. En fait, des chansons que vous aimez juste parce que vous les aimez que vous les travaillez. Mais ça peut vraiment

[00:36:18] avoir des liens avec vos objectifs pédagogiques, avec vos intentions de communication. Mais l'important, c'est aussi de vous amuser avec vos élèves. Donc, la chanson, c'est un matériel ludique. C'est intéressant. Si vous avez la chance, il y a d'autres enseignantes que je connais qui ont mis sur pied des chorales avec des chansons québécoises, des chansons de la francophonie. C'est tellement des beaux moments. Donc, je pense que ça, de vous amuser avec la chanson, c'est super intéressant. Puis, je vous invite, si vous êtes enseignant, conseiller pédagogique ou acteur scolaire,

[00:36:48] vraiment, à développer votre oreille pédagogique lorsque vous entendez une chanson. Je vous l'ai dit, moi, j'ai vraiment une déformation professionnelle puis à chaque fois que j'entends une chanson, je remarque quelque chose dedans. Puis, je les note dans un petit cahier. Ah, ça, un jour, je vais travailler ça. Un jour, je vais travailler ça. Puis, je ne les ai pas toutes exploitées, évidemment, mais un jour, je le ferai. Et, tu sais, si vous êtes un apprenant, c'est vraiment important de vous mettre à écouter plus de chansons francophones, que ce soit, évidemment, de la chanson française, de la chanson africaine, de la chanson des Antilles. Tu sais, je parle des Antilles, mais la compagnie créole,

[00:37:18] pour moi, la météo puis le temps des parapluies, c'est important aussi. Donc, tu sais, il faut vraiment aller chercher plein de choses, mais je pense que si vous apprenez le français, vous êtes vraiment exposé à la langue naturellement lorsque vous écoutez des chansons puis vraiment vous développez votre étendue lexicale, c'est super important. Vous allez aussi améliorer votre prononciation, votre fluidité à l'oral. Vous allez vous habituer à écouter des gens qui parlent plus vite. Bon, si vous m'écoutez moi, vous savez que je parle très vite. Vous allez vraiment

[00:37:47] retenir plus de mots, plus facilement, des expressions courantes. Vous allez voir des expressions aussi ou entendre des expressions dans des textes et vous allez développer vraiment une connexion émotionnelle avec la langue, ce qui va faciliter votre apprentissage. Puis pour conclure, bien, j'ai envie de vous dire que vraiment la chanson est plus qu'un simple passe-temps ou qu'une activité de comblement, mais ça peut être intéressant aussi de faire des activités de comblement. Donc, c'est quoi une activité de comblement? C'est une activité qui va durer comme 5 minutes, 10 minutes,

[00:38:20] où vous avez quelques activités de comblement dans votre tiroir si jamais vous avez du temps supplémentaire ou si vous avez une suppléante qui arrive à la dernière minute. Donc, ça peut être vraiment intéressant de travailler la chanson comme activité de comblement, mais c'est surtout une activité pédagogique efficace de travailler une chanson. C'est un pont culturel essentiel vraiment entre la culture d'accueil et les gens qui arrivent ici et un moyen d'intégration puissant pour les nouveaux arrivants. Donc, si vous êtes enseignant, osez vraiment intégrer la chanson dans vos cours puis les apprenants,

[00:38:49] laissez-vous porter par la musique. Elle peut vous apprendre tellement plus que vous imaginez. Puis, si vous m'écoutez et que vous êtes rendus jusqu'ici, j'ai un petit service à vous demander. Connectez-vous à votre plateforme préférée que ce soit Spotify ou que ce soit Apple de balado et écrivez-moi si vous êtes enseignant, c'est quoi votre coup de cœur de chanson ou vos coups de cœur. Je vous en ai nommé à peu près 38 aujourd'hui. Mais de me dire avec quelle chanson vous aimez travailler ou quelle thématique vous abordez avec quelle chanson. Si vous êtes apprenant,

[00:39:19] racontez-nous quel est votre coup de cœur de la chanson francophone avec laquelle vous avez appris le plus. Donc, s'il vous plaît, laissez-moi un petit message dans la section commentaires des plateformes d'écoute pour me dire ça. Et en même temps, si vous êtes rendus sur la plateforme, n'hésitez pas à cocher des étoiles, idéalement 5, pour faire connaître mon balado. Puis, n'hésitez pas à le partager avec vos amis, avec vos collègues. Puis, j'espère vraiment que cet épisode-ci vous a donné envie d'écouter toutes les chansons que je vous ai nommées, de les télécharger, de les mettre sur vos listes, mais aussi

[00:39:49] de les exploiter dans vos classes ou de vous demander comment vous pourriez exploiter une chanson dans vos prochains cours. Donc, merci beaucoup de m'avoir écoutée et je vous dis à bientôt. Merci infiniment d'avoir écouté avec ou sans accent aujourd'hui. J'espère que nos échanges ont été aussi stimulants pour vous que pour moi et que vous serez à l'écoute pour les prochains épisodes. Avant de vous laisser partir, permettez-moi de vous poser une question. Qu'est-ce qui vous a le plus interpellé dans cet épisode? Quelles réflexions

[00:40:18] vous ont traversé l'esprit? N'hésitez pas à m'écrire afin de partager le tout avec moi. N'oubliez pas non plus de vous abonner au balado pour ne manquer aucun épisode. Faites découvrir avec ou sans accent à tous ceux qui partagent nos passions pour ces sujets. Vous avez envie de travailler avec moi? N'hésitez pas à me contacter pour connaître mon offre de service ou visiter mon site web. Au plaisir de vous retrouver pour notre prochain épisode. À très bientôt!