49. Tourisme au Québec : pourquoi miser sur le français peut être payant
27 avril 2026
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49. Tourisme au Québec : pourquoi miser sur le français peut être payant

Et si le français devenait un avantage concurrentiel en tourisme? Dans cet épisode enregistré au Château Laurier de Québec, je discute avec Aude Lafrance-Girard de leur politique éco-franco-responsable et de la place du français dans l’expérience touristique. Un échange sur la langue, la culture, l’immersion… et le potentiel stratégique du français au Québec.

Et si le français devenait un avantage concurrentiel en tourisme?

Dans cet épisode enregistré au Château Laurier de Québec, je discute avec Aude Lafrance-Girard de leur politique éco-franco-responsable et de la place du français dans l’expérience touristique.

Un échange sur la langue, la culture, l’immersion… et le potentiel stratégique du français au Québec.

[00:00:00] Aujourd'hui, je vous amène au Château Laurier à Québec. Le Château Laurier a fait vraiment un choix clair, celui de mettre le français et la culture québécoise au cœur de son identité, notamment travers sa politique éco-franco-responsable. Est-ce qu'un miser sur le français, c'est aussi un choix stratégique? Pour en discuter aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Aude Lafrance-Girard, qui est présidente du groupe Majorat et qui gère, entre autres, l'Hôtel Château Laurier à Québec.

[00:00:33] Bonjour à tous, je m'appelle Tania Lompré. L'éducation, l'immigration, la langue française, ça vous intéresse? Vous êtes au bon endroit parce que moi aussi, ensemble, on va explorer plusieurs enjeux reliés de près ou de loin à la francisation, à l'immigration, à l'enseignement et à l'apprentissage. On va aussi aborder les politiques publiques et l'actualité reliées à ces thématiques.

[00:00:53] De mon côté, je suis une fille super animée par l'idéal de faire du Québec un endroit où tous peuvent s'épanouir en français, avec ou sans accent. J'ai la tête qui foisonne d'idées, d'opinions et de solutions. On ne sera peut-être pas toujours d'accord, mais n'est-ce pas une des facettes de la diversité qui fait que c'est vraiment beau chez nous? Alors bienvenue à tous sur le balado avec ou sans accent. Bonjour Aude. Bonjour Tania.

[00:01:18] J'ai envie de commencer simplement avec toi. Qu'est-ce qui a mené en fait le Château-Laurier à placer le français à la culture québécoise vraiment au cœur de sa position éco-franco-responsable? Exactement. Bien, en fait, ce positionnement-là, cette vision-là a évolué au fil du temps. Mais la genèse, en fait, de cette vision-là a été portée par Alain Girard, mon père.

[00:01:41] C'est vraiment lui qui a eu cet élan visionnaire-là de dire, bien, au Québec, on parle français en Amérique du Nord et en termes de destination.

[00:01:53] Il plaidait pour qu'on utilise le fait français comme étant un élément différenciateur en termes de marketing, de destination. Cependant, cette vision-là ne recevait pas beaucoup d'écoute ou des fois, il y avait une crainte, en fait, que de mettre le fait français de l'avant, ce soit plutôt perçu comme une barrière par les touristes américains, par exemple.

[00:02:21] Américains qui auraient peur de ne pas se faire répondre en anglais. Peu importe. Donc, il y avait moins d'écoute, mais lui, il s'est dit, bon, bien, d'accord, si on y va pas en tant que destination, nous, on va y aller en tant qu'entreprise. Ça fait qu'on va miser là-dessus. Puis, je pense que ce qui était derrière ça, avant tout, c'était une grande fierté.

[00:02:42] Ce n'était pas stratégique en termes de vision que de se différencier de la concurrence. Nous sommes un hôtel indépendant de taille, d'une taille quand même d'un gros hôtel, donc 261 chambres. Nos concurrents directs sont beaucoup des grandes chaînes hôtelières. Et pour se différencier, bien, c'est un élément différenciateur supplémentaire en termes de télésitulants.

[00:03:12] C'est ça qui fait qu'on se distingue dans le marché en se positionnant comme étant un établissement éco-franco-responsal. Puis, on le voit partout. Quand on va chez vous comme client, on voit les citations de poèmes ou de chansons qui sont vraiment gravées sur les murs ou des photos.

[00:03:30] Oui, bien, en fait, c'est le désir qu'il y avait derrière ça. Donc, il n'y a pas de stratégie autre que de faire vivre la francophonie aux gens qui entrent dans nos murs. Donc, qu'ils le ressentent, qu'ils l'entendent, qu'ils soient mis en contact avec des œuvres d'artistes québécois pour la grande majorité.

[00:03:57] Les citations, bien, c'est des auteurs, autrices québécois ou francophones. On a déjà eu des citations aussi d'artistes francophones, de la francophonie. Et donc, c'est vraiment, tu sais, l'art visuel est arrivé un peu après dans cette vision-là. C'est-à-dire, pourquoi pas étendre, c'est ça, le fait de mettre en contact avec la culture francophone québécoise et nord-américaine.

[00:04:25] Pourquoi ne pas mettre aussi les gens en contact avec l'art visuel? Donc, ça, ça a été ajouté. Donc, quand les gens se promènent dans les corridors, il y a de la musique francophone uniquement. On tente de faire découvrir des artistes issus de la francophonie, mais qui font de l'instrumental. Aussi. Donc, tu sais, il y a vraiment un souci. Dans le choix de la musique instrumentale, il y a quand même une référence aux français.

[00:04:47] Tout à fait, tout à fait. Donc, tu sais, il y a un choix, on va dire éditorial là-dedans. Mais tu sais, c'est très réfléchi, c'est assumé aussi comme réflexion. Et comme positionnement. Puis, l'idée, c'est vraiment de partager cette fierté-là, de cet élément qui nous distingue et qui fait qu'on est un endroit unique au monde, en fait.

[00:05:15] Oui, puis justement, tu sais, est-ce que votre père a eu cette vision-là? Est-ce que les visiteurs et les touristes, vous pensez qu'ils recherchent vraiment l'immersion francophone comme ça, tu sais, jusqu'à aller chercher un choix d'hôtel où on le vit? Oui. Bien, on s'est posé la question aussi parce qu'au fil du temps, on a re-questionné, pas nécessairement le positionnement, mais comment le faire vivre.

[00:05:40] Donc, tu sais, les questions de ce que les clients recherchent et répondent à leurs attentes par rapport à ça, on y a souvent réfléchi. Et quand je parle de, tu sais, oui, les clients étrangers recherchent ça, je crois, sincèrement. C'est difficile d'avoir cette donnée-là, honnêtement. C'est très difficile de se le faire confirmer, mais je pense que oui.

[00:06:07] Tu sais, on est une destination qui est attrayante, qui est attractive pour les Américains. On le sait, on est populaire, là. On est une des destinations avec les meilleurs taux d'attractivité au Canada. Puis, c'est pas étranger au fait qu'il y a cet exotisme-là pour les Américains puis les Canadiens-Anglais de venir en immersion française au Québec. Bien oui!

[00:06:36] Puis, à Québec plus particulièrement, un petit peu. Donc, tu sais, moi, je serais vraiment heureuse que d'autres destinations suivent le pas autant que Québec maintenant le fait. Parce que Québec aussi a fini par, tu sais, dans le fond, mettre le fait français vraiment maintenant avec la ville, avec son positionnement d'accès en Amérique.

[00:06:57] Puis, la destination québec, c'est aussi, n'a pas peur du tout de le mettre de l'avant. C'est un élément qui doit rayonner, je pense. Puis maintenant, les gens l'ont bien compris. Et oui, c'est attractif. Mais même pour les Québécois, parce qu'étant un hôtel indépendant, et c'est là que je parle de fierté, hein, c'est...

[00:07:16] Et même pour les clients québécois qui constituent une grande part de notre clientèle, bien, notre souhait pour eux, c'est de refaire sortir cette fierté-là. De leur rappeler comment c'est beau, de leur refaire découvrir des choses qu'ils ont peut-être oubliées, des œuvres qu'ils ont oubliées, un artiste qu'ils n'avaient pas écouté depuis longtemps, ou de leur rappeler des souvenirs, tout simplement.

[00:07:46] Donc, tu sais, je pense que même pour les Québécois qui viennent dans notre établissement, ils se reconnaissent là-dedans, puis ça dégage un sentiment de fierté. Bien oui, puis est-ce que les touristes vous le disent? Est-ce qu'il y a des gens qui, tu sais, qui vous disent « wow, tu sais, je suis heureux de voir qu'il y a du... » Tu sais, évidemment, les Québécois, on connaît les... bien, oui, on connaît ou on reconnaît certains textes, mais un touriste qui vient, par exemple, de New York ou du Michigan, on s'entend que c'est étranger, probablement, pour lui. Est-ce que vous le faites dire?

[00:08:13] Oui, bien, on l'entend parfois, oui, oui, tout à fait. On l'entend parfois. Probablement que c'est moins inné pour eux de, justement, prendre le temps de venir nous voir et de nous le dire.

[00:08:25] Par exemple, à la réception, mais je le sais et on se le fait dire à l'occasion, vraiment. Par contre, encore là, notre clientèle québécoise nous le dit aussi, tu sais, le mentionne ça, cette appréciation de se rendre compte que, tu sais, des fois, en fait, ça fait partie de notre...

[00:08:47] On est habitué d'entendre une chanson en anglais une fois de temps en temps, mais là, quand tu as fait une heure que tu n'en as pas entendu une, tu sais, donc, c'est peut-être plus facile, il y a peut-être une facilité supplémentaire pour les Québécois de nous partager ça. Mais oui, les clients internationaux aussi nous le disent. Les Européens apprécient beaucoup. J'imagine.

[00:09:12] Ça m'en est aussi, tu sais. Mais vraiment, pour les Américains ou pour les Canadiens-Anglais, on peut se rendre compte vraiment qu'une destination francophone, c'est possible, beaucoup moins loin que Paris aussi, mais qu'on vit quand même l'immersion linguistique dans la culture, là, partout, jusqu'à notre chambre d'hôtel.

[00:09:31] Absolument. Puis, tu sais, l'éco-franco-responsabilité ne veut absolument pas dire que tout, qu'on n'est pas en mesure de communiquer avec nos clients dans la langue... Bien sûr, évidemment. Le langue du choix, tu sais, on a des gens qui parlent plusieurs langues dans l'établissement. On ne peut pas tous les parler, mais naturellement, l'anglais, tout le monde le parle.

[00:09:56] Mais nous, on s'assure que les gens sont accueillis tout d'abord en français, même si on sait que c'est quelqu'un qui parle en anglais, pour justement créer cet accueil-là en français. De miser sur le bonjour, tu sais, qui est simple, que tout le monde connaît, tu sais, qu'on vienne d'Ottawa ou de Boston. Ce mot-là, on le connaît en général, même si on ne parle pas français. Tout à fait.

[00:10:24] C'est important, je crois, justement. Puis, est-ce que vous pensez aussi que ça vous permet vraiment de vous positionner différente? Tu sais, la Ville de Québec vous a suivi ou a été inspirée peut-être par les idées qu'avait votre père, mais est-ce que vous avez un vent de d'autres établissements qui ont suivi le même type de politique éco-franco-responsable?

[00:10:46] Bien, aussi clairement et aussi mis de l'avant, je ne crois pas, je n'en connais pas. Par contre, mettre des œuvres originales, assurément.

[00:11:07] Il y en a des fois que c'est aussi, par exemple, la culture autochtone. On en voit un peu aussi de mettre de l'avant cette culture-là.

[00:11:21] Donc, la culture autochtone, quand il y a un lien avec l'histoire de l'établissement, par exemple. Donc, oui, le côté un peu folklorique, on va dire, tu sais, peut-être du Québec, des établissements qui peuvent exploiter ça.

[00:11:38] Mais foncièrement, le fait français à ce niveau-là, pas particulièrement. La musique en français, probablement, sans qu'on le sache trop, que oui, il y en a qui peuvent aller vers là davantage maintenant. Oui, c'est ça.

[00:12:26] Il y a un peu plus sur son authenticité, sur sa personnalité comme ville, comme province, comme langue, comme culture. Je pense que c'est qu'il y a de la fierté qu'il peut ressortir de ça. Je trouve ça très inspirant. J'espère qu'on va vous, pas vous copier, mais s'inspirer de vous davantage. Bien, après, nous, on ne sait pas, sans que les gens utilisent le positionnement éco-franco-responsable, mais s'ils veulent s'inspirer des idées qu'on met de l'avant, pourquoi pas?

[00:12:52] Notre positionnement, celui-là, nous appartient. Mais pour le reste, si les gens veulent faire rayonner ça, le fait français en Amérique, ils devraient le faire. Je les invite à le faire. Donc, je voulais voir aussi pourquoi vous avez intégré à la base la langue française dans une politique de développement durable. Vous en avez parlé un petit peu tantôt, mais est-ce que c'était aussi une responsabilité sociale pour vous?

[00:13:15] Bien, oui, parce que dans le développement durable, en fait, c'est une réflexion qui a été vraiment globale. Puis lorsque, dans l'entreprise, encore là, de façon assez innovatrice, on a commencé à parler de développement durable avant 2010. Avant que ce soit à la mode comme expression.

[00:13:40] Ça fait quand même longtemps, c'était pas trop à la mode. On était dans les premiers à avoir une politique de développement durable. Mais c'est surtout que nous, on a tout de suite considéré le développement durable comme n'étant pas l'environnement uniquement. Comme étant vraiment le développement durable avec ses cinq axes. Maintenant, il y en a davantage, je crois. Dans le temps, il y en avait cinq qui étaient vraiment reconnus. Puis il y a le côté culturel et sociétal.

[00:14:09] Et c'est cette partie-là, en fait, de la communauté qu'on habite, de la société de laquelle on fait partie. Notre langue, c'est un élément de ça. Et donc, pour nous, c'était logique d'inclure ce positionnement des cours franco-responsables-là dans le développement durable. En fait, c'est devenu notre positionnement en développement durable.

[00:14:35] Parce qu'on s'est dit, nous, ça fait partie de prendre soin de notre communauté, de notre société, de valoriser aussi le fait français. Oui, donc il y a vraiment aussi une responsabilité. Puis de partage aussi, de diffusion, de faire connaître aussi la culture autour. Parce qu'une langue et une culture, c'est indissociable. Si on vient pour visiter Québec du niveau touristique, c'est sûr que toute la culture qu'on va découvrir et la langue qu'on va entendre, ça fait partie de notre expérience aussi au niveau touristique.

[00:15:05] Puis justement, est-ce que vous trouvez que l'industrie touristique au Québec pourrait faire un petit peu plus pour valoriser justement l'authenticité de l'expérience en voyage en français? C'est comme d'autres pays le font, comme la Finlande qui met sur l'hiver. Ou des musées, en fait, au niveau touristique, sur la culture, puis sur justement ce qui distingue au niveau linguistique ou culturel aussi dans les œuvres.

[00:15:28] Oui. Bien, je pense que le Québec le fait déjà quand même beaucoup dans son positionnement. C'est-à-dire que le mot justement « bonjour » est très présent dans ce que le Québec fait comme marketing en général. Donc, je pense que le français est mis de l'avant, mais ça pourrait l'être davantage.

[00:15:54] On pourrait justement peut-être miser sur des lexiques. Tu sais, tout à l'heure, on parlait de lexiques comme scénation, mais pourquoi pas avoir des lexiques ludiques d'expression québécoise pour que les touristes les utilisent? Je pense que c'est des choses qui ont déjà été explorées,

[00:16:14] mais ça vaut la peine de jouer là-dedans, puis de rendre ça attractif, le fun, amusant, en fait, le fun, plaisir. On a tout compris, on a compris. Mais non, mais ça vaut la peine de rendre ça attractif, amusant, plaisant, le fait français quand on visite le Québec. Donc, oui, il y a de la place à le faire davantage, assurément.

[00:16:46] Puis aussi, peut-être de quand même rassurer. Ce n'est pas parce qu'on parle français qu'on n'est pas capable aussi d'accueillir, mais je sais si les gens ont encore besoin d'être rassurés de ce côté-là. Dans le temps, c'était plus vrai, je crois. Mais maintenant, lorsqu'on vient au français, on peut vivre l'expérience en français tout en ayant une qualité d'accueil dans toutes les langues qu'on veut.

[00:17:14] Bien oui, évidemment, parce qu'on ne va pas obliger les gens à parler français, mais au moins de leur faire entendre, de leur faire voir, de leur faire lire le français, puis rendre l'expérience aussi immersive, en fait, reliée à la langue et à la culture qu'ils vont découvrir aussi chez vous. Il y a certaines destinations où je pense que c'est davantage difficile. En région, ça va de soi, je pense. À Québec, c'est beaucoup plus facile pour nous de faire cette...

[00:17:43] de miser cette carte-là, on va dire, de vivre vraiment en français. Mais tu sais, c'est des choses de base, comme je ne sais pas, de s'assurer que ça peut être assez banal, mais que le poste de télé, lorsqu'on ouvre la télé, bien, ce ne soit pas un poste anglophone. Même si on peut le... ça, vous pouvez le contrôler. D'après moi, on peut contrôler ça, absolument.

[00:18:09] C'est des choses assez banales, mais probablement que dans les grandes chaînes, c'est peut-être un peu plus standard. Il y a peut-être moins cette... je ne sais pas, ce souci-là, cette réflexion-là, exactement. Oui, parce que vous, le détail, il est vraiment partout. Est-ce que vous pouvez nous donner des exemples de détails, justement, qui entrent dans la politique éco-responsable? On a parlé des œuvres sur les murs, de ce qu'on voit, de dire bonjour au départ,

[00:18:38] mais pouvez-vous nous donner des détails précis, en fait, des décisions que vous prenez à l'aide, par exemple, de votre politique? Ça va, tu vois, la musique dans les corridors, mais tu sais, là, on vient de faire des rénovations, et tu sais, les œuvres dans les chambres ont vraiment été soigneusement choisies une à une. C'est des œuvres tous d'artistes québécois. On fait faire les reproductions par quelqu'un de local,

[00:19:07] donc on n'achète pas de l'étranger, les œuvres d'art, par exemple, pour mettre dans les chambres. Même si c'est du volume, on prend la peine de faire ces choix-là, de probablement payer davantage que ce que ça coûterait d'utiliser un matériel plus généré, on va dire. Donc, il y a ça ensuite, bien, dans des choix de matériaux,

[00:19:34] des choix d'équipements, on va préconiser vraiment des fournisseurs, des fournisseurs d'ici. Je pense beaucoup à certains luminaires dans nos chambres qu'on vient de rénover, par exemple, bien, on a voulu vraiment choisir des luminaires faits au Québec. Quitte à ce que ça coûte plus cher, parce que j'imagine qu'il y a un coût à toutes ces décisions-là aussi. Exactement. Donc, ça impacte un peu toutes nos décisions,

[00:20:03] sans que ce soit une obligation. On continue quand même de faire la part des choses, puis de, tu sais, ce n'est pas une règle qui, c'est pas une règle qui dicte tout, mais ça fait partie de nos réflexions de façon générale. Même, tu sais, dans les pratiques d'affaires, on se pose la question. Des fois, il y a des pratiques en hôtellerie

[00:20:33] où on travaille davantage avec des mots en anglais. Bien, nous, on se force à les traduire, on se force à ne pas utiliser les termes anglophones, même si c'est très commun dans l'industrie, on va dire. Ensuite, tu sais, on a commencé à utiliser l'intelligence artificielle, un petit peu, mais tu sais, ne serait-ce que pour s'aider dans son travail. Bien, on se pose la question sur, tu sais, on se pose les questions sur les impacts,

[00:21:03] sur comment on l'utilise, à quel niveau. Donc, je pense qu'on a le souci de la réflexion. Tu sais, on connaît les intentions des choses qu'on fait quand on les fait. Parce que ça, c'est important d'être intentionnel. Puis l'éco-franco-responsabilité, ça demeure vraiment quelque chose, une trame de fond. Oui, c'est ça. Elle se retrouve partout, en fait, dans l'établissement et pas seulement, en fait, dans ce qu'on voit,

[00:21:33] mais aussi dans ce qui est préconisible. Dans les politiques d'achat responsable, dans vos choix de projets qui sont plus de nature, on va dire environnementale, ou réduction des... gestion des matières résiduelles. Tu sais, tout ça, bien, on met toujours d'efforts, puis on est dans une... On est dans une perspective d'amélioration continue. Donc, l'idée, c'est de ne jamais être en statu quo,

[00:22:01] ou toujours progresser, toujours avancer. Donc, d'être dans cette perspective-là, ça nous permet d'amener des nouvelles initiatives. C'est pas obligé, à chaque année, d'être des grosses choses qui révolutionnent notre positionnement, mais en tout cas, ça vient le consolider. Donc, on continue toujours de consolider ce positionnement-là. Nous, la culture, bien, tu sais, ça, c'est un choix d'entreprise, mais on est très...

[00:22:29] On est quand même très près des organisations, des organismes culturels à Québec. Donc, c'est un choix quand même qu'on a de soutenir la culture. Puis là, dans ce cas-ci, bien, on soutient la culture plus régionale, parce qu'elle est autour de nous. Oui, oui, de Québec et de la région et de sa région. Oui, exactement. Et c'est celle qui va... Tu sais, que nos clients vont consommer quand ils viennent chez nous, que nos employés consomment aussi.

[00:22:59] Donc, c'est ça. La culture... Tu sais, les organismes culturels, la culture de Québec, la artistique, c'est important. Je crois que vous soutenez aussi, là, tu sais, même au niveau des collaborations que vous avez avec les organismes communautaires ou avec, par exemple, des diffuseurs de culture autour de vous. C'est vraiment partie de tout votre rayonnement au complet. Absolument. Puis quand on parle de culture aussi, tu sais, c'est pas seulement l'art. Des fois, c'est une culture...

[00:23:29] C'est ça, de société. Puis une des choses qu'on a soutenues assez tôt, c'est les courses de canaux à glace. Oui. Les courses de canaux à glace qui ont quand même eu un bel essor à Québec pendant plusieurs années. Puis là, ça s'est étendu un peu dans la province. Mais tu sais, ça a eu un regain de popularité dans les dernières années. On est vraiment heureux de ça. Mais ça fait plusieurs années qu'on a soutenu des...

[00:23:56] Mais pour nous, ça faisait partie de notre culture québécoise. Puis ça fait partie de notre histoire. C'était un moyen de transport avant, notamment dans la région entre l'île d'Orléans puis les rives. Donc, bien, tu sais, pour nous, ça faisait aussi partie de ça, les co-franco-responsabilités. C'est de dire, mais oui, on va soutenir ça. Ça sort de les murs de l'hôtel, là. Ça se diffuse partout autour, là.

[00:24:22] On veut faire connaître notre culture francophone, mais ça vient par... On habite dans... On est dans un endroit nordique qui avait ce moyen de transport-là avant. Puis ça nous tente de faire découvrir ça aux gens, autant aux Québécois qu'aux touristes. Puis allons-y, on soutient les premières courses de canoins glaces. On a commandité une équipe. Puis on était vraiment...

[00:24:51] On était volontaires, là, au début, pour participer à ça. Fait que c'est ça. C'est beau parce que, tu sais, dans le fond, vous avez, tu sais, oui, la culture, mais, tu sais, tous les symboles identitaires aussi, là, tu sais, que ce soit d'un sport qu'on n'a pas nécessairement... Bien, d'un sport. Je vais pas dire qu'on peut appeler ça un sport, là. Mais tu sais, qu'on n'a pas... Évidemment pas si on va au Mexique ou au Costa Rica, là, tu sais. Ça vient d'ici. Ça fait partie de notre identité puis de ce qui nous distingue aussi. Fait que vous misez aussi sur ça. Puis j'imagine que ça, même la nordicité,

[00:25:20] ça fait aussi partie de notre culture puis des choses que vous devez mettre de l'avant aussi parce que j'imagine que plein de gens qui viennent visiter Québec, probablement aussi pour l'aspect nordique. Bien oui, bien c'est ça. Donc, ce soutien-là, décider de faire... de mettre de l'avant ce sport-là parce qu'en effet, c'est un sport, mais ça faisait partie de ça, faire référence à notre nordicité. Puis on est chanceux à Québec, tu sais, on a une... on a une ville quand même

[00:25:51] qui est très active dans la période hivernale, tu sais, puis qui attire les gens en été comme hiver. Oui, oui, autant pour le carnaval que pour le festival d'été. C'est ça. C'est à fait. Puis justement, tu sais, on va... Je terminerai avec ça. Tu sais, si vous aviez un message envoyé à l'industrie touristique au Québec, bien, je pense qu'il y en a eu plein dans notre échange, mais ce serait quoi, ce message-là, tu sais? Pourquoi il faut miser sur qui on est

[00:26:20] et non pas faire comme tout le monde? Bien, ce serait doser, en fait, d'avoir cette audace-là de le mettre de l'avant. C'est quelque chose que les touristes, les gens en général maintenant recherchent cette authenticité-là qui peut sembler un peu galvaudée, mais qui est... Qui est importante. Lorsqu'il est fait, en tout... Bien oui, mais c'est ça qui est important.

[00:26:48] Puis quand c'est fait en simplicité, avec bon goût, sans tomber dans le folklore, on n'est pas là pour... Ou dans le cliché, exactement. On est vraiment dans simplement faire rayonner, faire découvrir, transmettre la fierté. Moi, c'est un mot que j'aime beaucoup, transmettre cette fierté-là. Donc, tu sais, je pense que les gens doivent se l'approprier, en fait, puis dire

[00:27:17] qu'est-ce qui leur parle là-dedans? Qu'est-ce qui, eux, est important dans notre francophonie? Qu'est-ce qu'ils aiment? Puis ensuite, d'en parler. Oui, puis de le partager. Qu'est-ce qui va le faire rayonner aussi? De le faire rayonner, exactement. Puis ça peut tellement être déployé de différentes manières. Tu sais, il peut y avoir des... Ça peut juste être de laisser traîner des livres.

[00:27:47] Oui, des petits gestes, là. Ça peut être tout simple. Mais vraiment, je pense que... Personnellement, en tout cas, moi, quand je vais dans un autre pays, une des choses qui me marque le plus, c'est ce que j'entends. C'est l'environnement. C'est l'environnement sonore. Tu sais, quand on se promène dans une rue puis que tout le monde parle une autre langue puis qu'on rentre dans un premier...

[00:28:16] ...une musique qu'on n'est pas habitué d'écouter, d'entendre. C'est ça qui nous fait vivre des émotions. Ça nous sert de notre zone de confort aussi. C'est pour ça qu'on voyage aussi. Si on entend la même musique partout, on se sent encore chez nous. Exactement. Moi, je suis certaine que les gens, lorsqu'ils viennent au Québec, c'est ça qu'ils vivent comme expérience en tant que voyageurs. Mais c'est dommage si en rentrant dans un établissement touristique, ça cesse parce qu'on est à l'aise

[00:28:46] de parler en anglais. Parce que, tu sais, il ne faut pas avoir peur de continuer. Il ne faut pas avoir peur de pousser l'expérience. En fait, pas juste dans la rue. Juste au bout. Exactement. Exactement, juste au bout. Puis la musique, c'est pour ça que ça a été probablement un des premiers éléments qu'on a voulu rendre concret en français à 100 % dans notre établissement parce que ça fait partie de l'expérience. Ça peut créer des soucis. C'est ça. Oui.

[00:29:17] Toute une expérience franco-éco-responsable qu'on vit chez vous lorsqu'on va vous voir dans nos prochaines vacances. Oui, exactement. Bien, Aude Lafranche-Girard, merci beaucoup d'avoir été avec nous et merci d'avoir mis de l'avant votre modèle franco-éco-responsable que vous avez au Château Laurier. Vous avez aussi un autre hôtel? Oui, on a l'hôtel Château Bellevue qui est dans le Vieux-Québec qui a le même positionnement. En fait, notre positionnement est co-franco-responsable. On essaie de le faire vivre

[00:29:46] dans toutes nos entreprises. Donc, on a l'hôtel Château Bellevue. Puis, on a une pâtisserie également, le Croqu'en-Bouche sur la rue Saint-Joseph, dans le quartier Saint-Roch. Donc, c'est quelque chose qu'on met de l'avant. Donc, d'avoir la musique en français, par exemple, justement, c'est dans tous nos commerces. Bien, merci beaucoup de nous avoir partagé ça. J'espère que ça poursuivra, en fait, que ça inspirera d'autres établissements amusés, en fait,

[00:30:15] sur le fait français dans l'expérience touristique au Québec. Bien, merci beaucoup d'avoir été avec nous. Merci, Tania. Merci à vous. Merci infiniment d'avoir écouté Avec ou Sans Accent aujourd'hui. J'espère que nos échanges ont été aussi stimulants pour vous que pour moi et que vous serez à l'écoute pour les prochains épisodes. Avant de vous laisser partir, permettez-moi de vous poser une question. Qu'est-ce qui vous a le plus interpellé dans cet épisode? Quelles réflexions vous ont traversé l'esprit? N'hésitez pas à m'écrire afin de partager le tout

[00:30:45] avec moi. N'oubliez pas non plus de vous abonner au balado pour ne manquer aucun épisode. Faites découvrir Avec ou Sans Accent à tous ceux qui partagent nos passions pour ces sujets. Vous avez envie de travailler avec moi? N'hésitez pas à me contacter pour connaître mon offre de service ou visiter mon site web. Au plaisir de vous retrouver pour notre prochain épisode. À très bientôt! ! Sous-titrage Société Radio-Canada